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rue de la Fusterie. Au fond de ce fossé on avait une cunette qui allait se déverser au Portai del Axugador, au bout de la rue de la Douane (du Bastion Saint-Dominique actuellement) en suivant le Marché au Blé, la rue Foy et la Place Saint- Dominique.
Quand Perpignan se fut agrandi, lis premier roi de Majorque Jit bâtir une voûte au-dessus, de cette cunette , ce qui constitua le grand cloaque où s'écoulent encore aujourd'hui les eaux de la ville. 11 résulte de cette disposition que le cours des eaux de cet égout est eu raison inverse de la pente de la rue de la Fusterie et que, dans le même temps que les eaux du ruisseau de cette rue coulent de l'est à l'ouest, celles du canal vont dans le sens contraire. La grande profondeur qu'atteint le plan de ce canal en a fait diviser la hauteur en deux parties par une double voûte. La partie supérieure forme des caves qui sont utilisées par plusieurs propriétaires de cette rue. D'autres propriétaires ont des caves devant la Halle au blé: celles-ci ont une autre origine. Ce sont des espèces de silos où on serrait les denrées. Le Domaine, qui cherchait à faire le plus d'argent possible, vendait ou plutôt aliénait le dessous des 'rues.
Un embranchement d'égout vient de la paroisse Saint-Mathieu , passe devant le Collège, sous la Place Arago et le Quai de la Préfecture pour aboutir au Castillet. A la Place Arago, il reçoit celui qui qui vient du Marché Neuf, en suivant la rue de l'Ange.
Sur la Place du Marché-Neuf on verra laPoiSSONNEFUE, Peixonaria. C'est à côté que se trouvait, au Moyen-
Age, le Moulin de la Ville mis en mouvement par les eaux du Canal royal, lequel traversait les terrains où a été bâti le quartier Saint-Mathieu et revenait àla Vassa, après avoir fait marcher le moulin.
LaruedesAugustins tire son nom d'un ancien couvent dont les bâtiments existent en grande partie dans la Rue Neuve. Ce couvent des Augustins avait été successivement à Vernet et au Faubourg Notre- Dame. Pendant le siège de 1542 par le Danphin, on le détruisit en môme temps que l'église de Notre- Dame du Pont qui était à côté, entre le Pont de la Pierre et la Porte Notre-Dame.
Avant d'atteindre la Rue Neuve on rencontre, à gauche, la rue Petite-la-Monnaie qui conduit à l'ancien Hôtel de la Monnaie, primitivement l'Université, et au couvent Sainte-Claire, transformé en Prison civile.
La rue des Augustins se termine au Pont d'En, Rastit qui est un grand carrefour d'où se détachent les rues dites Grand" rue Saint-Martin et Grand"rue de la Monnaie.
Dans celle-ci nous trouvons I'Eglise Saint-Mathieu une des quatres églises paroissiales de la ville. Cet édifice date de 1640, époque où il remplaça l'ancienne église Saint-Mathieu, trop rapprochée des fortifications et démolie pour cette raison.
Cette église n'offre rien de particulier au point de vue architectural. La statue de Saint-Mathieu qui est dans la niche du maître autel est très-belle. C'est l'œuvre du sculpteur roussillonnais François Boher. La pose de l'évangéliste qui écoute un ange aux formes gracieuses, est très-bien trouvée. La tête du
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Saint a quelque chose qui rappelle vaguement les traits du célèbre Moïse, de Michel-Ange.
Les chapelles latérales du côté droit de la nef contiennent quelques jolis tableaux dont l'un a tout l'air d'un Murillo. Sur la tribune, on compte jusqu'à douze toiles d'un grand mérite, surtout les deux qui sont encadrées dans un médaillon.
Le Pont d'en Bastit était ainsi nommé, d'un pont établi sur l'ancien fossé, devant la maison d'un certain Baslit. Là, se trouvait, au Moyen-Age, la Porte de Mallqles.
Nous remontons la Grand' rue Saint-Martin qui a porté successivement les noms de rue Saint-François, des Cordeliers, des Orangers et d'Orléans. Le nom de rue des Orangers lui venait de ce qu'elle était plantée dans toute sa longueur de ces arbres que fit périr l'hiver de 1709.
A notre droite, nous trouvons Y Hôpital ou Hospice Suint-Jean, primitivement fondé à côté de la cathédrale, puis I'Hôpital militaire, qui a été jadis le courent Saint-François. L'église était la plus grande de Perpignan, après la basilique Saint-Jean.
A l'extrémité de la rue et en face la caserne Saint- Martin, existait l'église de Saint-Antoine de Vienne et son monastère. Déjà à l'époque où éclata la Révolution ce couvent était occupé par les Filles-de-Notre- Dame, vulgairement désignées sous le nom de Dames Enseignantes.
Nous voici arrivés à la Porte Saint-Martin. Gete-porte que Charles-Quint fit son entrée solennelle dans Perpignan, le dimanche 18 février 1S38. L'Empereur était précédé de l'étendard de la ville et de toutes les bannières des corporations de métiers, de toutes
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les troupes do la place et d'une nombreuse procession. Les clefs de la ville lui furent offertes par les Consuls et présentées par un enfant costumé en ange, tels qu'on en voit le jour de la Fête-Dieu. En recevant les clefs, l'empereur jura le maintien des privilèges de Perpignan et se mit ensuite en marche sous un dais de drap d'or que portaient les quatre premiers consuls. Le cortège se dirigea vers l'église Saint-Jean d'où Charles monta au château. salué par une salve de coups de canon. Le mardi ■suivant, il alla visiter le fort de Salses et, à son retour, il trouva, sur le pont de la Tet, l'étendard de la ville avec toutes les troupes qui l'escortèrent jusqu'à la Loge d'où il vit ce qu'une note du temps appelle le triomphe. Le lendemain, les gentilshommes exécutèrent en sa présence, des joutes sur la Place du Puig. Le samedi, le prince quitta Perpignan et se rendit à Colliure, pour gagner ensuite Barcelone.
Derrière la caserne Saint-Martin, était leCoiwent de la Merci dont presque tout le bâtiment est encore debout. Au jardin Robert, près du Sacré-Cœur (banlieue de Perpignan), on trouvera le sarcophage de Pons de Barells qui fut général de l'ordre de la Merci. Ce personnage mourut en 1368.
Redescendons la Grand'rue Saint-Martin pour aller passer devant le Collège et le Palais de Justice, un édifice nouveau qui fut inauguré le 3 novembre 1868.
La Place Arago est encore privée de tout ornement. On doit y élever prochainement la statue de l'illustre astronome et du grand patriote. Le sculpteur Mercié, si connu pour son Génie des Arlset son Gloria riclis, a été chargé de faire cette statue P).
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Avant la démolition des remparts qui séparaient la ville du Faubourg des Tanneries et qui tenaient tout l'espace aujourd hui occupé par le Palais de Justice et la Place Arago , il existait , à côté du Collège, une porte de la ville qu'on a longtemps improprement appelée Portai de FAssaM (Porte de l'Assaut). C'est Portai delaSal (Porte du Sel) qu'il faut dire, jamais assaut n'ayant été donné aux murs de Perpignan. Le nom de Porte du Sel s'explique parla raison qu'il y avait là, anciennement, le grenier à sel.
Contrairement à ce que nous avons souvent entendu dire, le nom do la Bue de l'Ange n'a rien de commun avec la légende de l'apparition d'un Ange, légende qui fut mise en vers catalans, sous le nom de Goigs de la publica aparicio del Angel en la fidelissima vila de Perpinya ('). La rue s'appelait d'abord delà Angels, probablement d'après quelque enseigne de magasin.
La rue de l'Ange est coupée par la rue Mailly qui tire son nom de Y Hôtel du comte de Mailly, gouverneur de la Province de Ronssillon, lequel hôtel est aujourd'hui YÉve'ché. Elle portait, avant, le nom àeBnedti, Temple qui lui venait de la Maison des Templiers dont la Division militaire occupe une grande partie.
La Maison du Temple se composait d'une vaste enceinte, entourée d'arcades et de boutiques derrière lesquelles se dressaient les murs élevés d'un véritable
eûtes d'après les plans et les dessins de M. Pujol, architecte de- Paris, par M. Laeomlio, habile sculpteur de Perpignan.
(t) Voyez la traduction qu'en a donnée M. Louis Favrc, dans le XVI» Bulletin de la S.ieiélé agricole, etc.
château. C'était le manoir le mieux fortifié de la ville de Perpignan, devenue la capitale du royaume de Majorque, et en 1285, à une époque où le château royal n'était pas encore achevé, c'est ce manoir qui conservait le trésor et les archives de la maison royale. Au reste, cette dernière destination datait de loin, car, en 1180, la maison du Temple de Perpignan servait déjà de dépôt aux actes publics les plus importants. I 1 )
Revenons sur la Place Arago pour prendre le Quai de la Préfecture. Ce quai fut construit en 1859 et en même temps on éleva la façade de la Préfecture. De la même époque datent le Pont échiné et la Porte Magenta.
Nous voici au Castillet dont nous apercevons depuis un moment la masse rougeàtre. Ce monument dont on a attribué la construction à Don Sanche, deuxième roi de Majorque, date de l'époque de Louis XI.
L'entrée de la ville était à travers le Château ; mais elle n'était pas en droite ligne. Elle faisait sans doute, un coude pour venir sortir par le côté oriental.
Avant la construction du Castillet, la Porte Notre- Dame était située entre deux grosses tours qui la défendaient. On répara ces tours, on les exhaussa et on les réunit sans doute entre elles par une galerie placée au-dessus de la porte. C'est ce qui explique la forme singulière de la façade nord de cette fortification.
(1) B. Alart, Suppression de l'Ordre du Temple en Rous.iillt, u, dans le quinzième Bulletin de la Société agricole, de. des Pyrénées-Orientales.
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Le Castillet est presque tout en briques. Un cordon de mâchicoulis allongés lui donne un aspect trèspittoresque. Le cavalier qui s'élève au-dessus de la terrasse a l'air d'un minaret de mosquée. Aussi n'a-t-on pas manqué d'attribuer le plan et l'exécution du Castillet à des architectes arabes.
L'historien Bosch nous apprend que le duc d'Albe se servit, en 1542, des démolitions du couvent des Augustins et de l'église N. D. du Pont pour construire le petit bastion qui couvre le Castillet et où on remarque une guérite de guetteur.
Le Fauboubg Notre-Dame était anciennement traversé par une rue des Teinturiers : c'est aujourd'hui la rue de la Tel, qui va du Pont de la Pierre aux premières fortifications. Ce Faubourg est petit, mais il est très-peuplé et surtout très-commerçant. Il est le rendez-vous des maquignons et des Gitanos dont beaucoup se livrent au commerce des chevaux où ils excellent, d'ailleurs.
Les Gitanos sont beaucoup moins nombreux aujourd'hui qu'il y a quinze ou vingt ans. Plusieurs d'entre eux sont décidément entrés dans une voie civilisatrice et ont renoncé à la vie nomade qui est leur état de nature. L'histoire de cette race, qui est cependant bien loin de s'éteindre, est un des problèmes les plus piquants de l'ethnographie et de la philologie. Ce ne sont pas les recherches et les travaux qui ont manqué. Mais l'origine des Gitanos est encore un problème non résolu.
La première fois qu'il est question de cette race en Roussillon, c'est sous le règne de Ferdinand. En 1512, en effet, Germaine de Foix, épouse de ce prince
etlieuteoante-générale du roi, rendit une ordonnance
qui les bannissait de la principauté de Catalogne et du comté de Roussillon, et les condamnait "à être fustigés s'ils y rentraient. L'ordonnance désigne les Gitanos .sous les noms de Grecs et d'Egyptiens. 11 ne parait pas qu'elle ait produit grand effet, car on en trouve, dans la suite, plusieurs autres rendues contre eux par Charles-Quint et Philippe II. Pour des raisons qu'il serait trop long d'énumérer et de développer ici, nous croyons que les Gitanos sont d'origine indienne.
Du Faubourg, on se rend à la Pépinière, en suivant la route de Prades. A l'entrée de ce beau et vaste jardin public était, il y a cent ans environ, la seule Promenade de Perpignan, sur la route même du Confient; nous vouions parler du Cours Jallais ainsi nommé de l'Intendant qui l'avait fait planter d'arbres (1728). On appelait aussi cet endroit. Allée des Capucins, nom qui lui venait du Couvent des Capucins, démoli au commencement de la Révolution. La Pépinière est une délicieuse promenade que bordent en tous sens des haies de lauriers, de grenadiers et de petit buis. Elle fut créée, en 1818, sur un terrain planté de taillis et gagné sur la rivière de la Tet par les Ponts et Chaussées.
Le Faubourg communique avec la promenade des Platanes par deux passerelles. C'est là incontestablement une des plus belles promenades qui se puissent voir. Ces arbres magnifiques dont quelques uns atteignent une grosseur colossale, ne datent (lue de 1809.
La Foire Franche, la Fira Francha «qui se tenait
M Elle fut établie par lettres patentes du 27 avril 1759. \
anciennement à la Loge, se tient maintenant aux Platanes. Mais cette rivale de la Foire de Beaucaire n'est plus que l'ombre d'elle-même.
La première mention connue des foires pour Perpignan est dans une charte de 1174. Mais le texte de ce document semble indiquer qu'il n'y en avait pas encore d'établies en 1174, puisqu'il y est dit : «... Mais si y établissais une foire dans la ville de Perpignan, etc. » Si autem firam in villa Perpiniani Stattjero, etc. ( l )
(1) Voyez B. Alart, Privilèges el Titres; prern. part. p. Ii6. — ("est le roi Alphonse \~~ qui parle.
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