‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 17 sur 95 · DE PERPIGNAN A C O RN ELL A-DE-L A-RI V 1ÈRE · texte numérisé non relu

DE PERPIGNAN A C O RN ELL A-DE-L A-RI V 1ÈRE

(rive gauche de la Tel).

A l'extrémité du Pont-de-la-Pierrc, nous laissons la route nationale n° 9 et nous prenons, à gauche, le

chemin qui remonte la rive gauche de laTet (Route départementale n° 5).

Nous traversons une longue file de jardins qui forment une de ces magnifiques Ilortes dont Perpignan est entouré de trois côtés. Celle-ci s'appelait déjà la Horta nova, en 1225 (').

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SAINT-ESTÎ3VE

4 kit. 0. de Perpignan.

• Quelques minutes avant d'arriver à ce village, on trouve les restes d'une ancienne église qui est citée au Moyen-Age sous le nom de Saint-Mamet. C'était une dépendance de l'Abbaye de La Grasse, au diocèse de Carcassonne.

Saint-Estève s'est d'abord appelé Villa Aguzan (955), comme on peut le voir dans nos vieilles archives. Ce nom disparut dans le xi e siècle sans doute, et on ne trouve plus, à partir de cette époque, que celui de Sainù-Estève-sur-la-Tet ou plutôt de Saint-Estève-<M-Jf onastir (1214), nom qui s'est perpétué jusqu'à nos jours. C'est sur les ruines de la Villa de Aguzano que fut fondé le monastère de Saint-ÉUenne (Cœnobium Sancti Stephani).

Le village se montre avec sa paroisse et son territoire dès 1149, formant une seigneurie particulière dont l'origine et les premiers possesseurs nous sont

(1) Alart, Notices historiques sur les communes du Uoussillon, première série. Pour tous les villages que nous allons visiter sur la rive gauche de la Tel il faut consulter cet excellent ouvrage que nous avons nous-même copié on maints endroits.

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généralement inconnus. Cette seigneurie appartint, dans le courant du xn e siècle, à la famille dite dé Montesquûi ( x ), puis à la couronne d'Aragon dont elle fut aliénée en 1387 pour passer entre les mains de divers personnages qu'il est inutile de nommer ici. ^ En 1642, pendant le siège de Perpignan, Louis XIII établit son quartier dans la Métairie cVEn Jolmn Pauques qu'on appela plus tard Mas del Rey en souvenir de cette circonstance. Le roi avait avec lui les gardes-françaises et les Suisses, les chevau-légers de la garde, lès chevau-légers et les mousquetaires du cardinal. Il séjourna à la métairie d'En Johan Pauques depuis le 23 avril jusqu'aux premiers jours de juin et c'est là qu'il reçut les députations de la plu- Part des communes roussillonnaises qui venaient lui prêter serment et le reconnaître en qualité de comte de Barcelone, de Roussillon et de Cerdagne, car la province s'était déjà soumise et la garnison espagnole de Perpignan prolongeait seule la résistance.

A la veille de 1789, la seigneurie de Saint-Estèvo appartenait à la marquisedeBlanes. Leroin'y conservait plus que la régale sur la rivière de la Tet.

Saint-Estève compte actuellement 1210 habitants Le territoire s'arrose au moyen d'un canal bien alimenté, dérivé de la Tet et dont la concession remonte à l'année 1040.

Comme les autres communes de la rive gauche Saint-Estève produit des légumes et des fruits en abondance et toutes les espèces de céréales : vin, huile, maïs, haricots, pommes de terre.

(1) Mont Esquiu ou Mont Squiu, non loin de La Roca, dans la montagne det'Albera.

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7 kil. 0. de Perpignan.

Les actes du Moyen-Age écrivent Baso et Bason (forêt, en langue basque). On ignore l'origine de ce village qui fut vendu en 975 à Oïiba, comte de Besalu et de Cerdagne. En 1010 on trouve Yalleu de Baso parmi les propriétés de l'abbaye de Saint-Michel de Cuxa à laquelle le comte en avait sans, doute fait présent. Baho était fortifié et on y voit en 1261 on châtelain ou commandant militaire (Castellanns de Basono).

La population de Baho est aujourd'hui de 808 habitants.

VILAA T OVA-I)E-LA-RIVIKRE

9 kil. 0. de Perpignan.

C'est un tout petit village (470 hab.) dont le sol. d'une fertilité admirable, produit un vin très recherché pour la table. Les fruits et les légumes y abondent. Vilmiom ou Villeneuve ne parait pas remonter à une haute antiquité, comme l'indique d'ailleurs son nom. Au xn e siècle, on le trouve sous le nom de Vilanova de Beuter ou plutôt del Bauler (du routoir) appartenant au chapitre d'Espira-de-1'Agli. Comme nous l'avons déjà vu, le chapitre d'Espira fut transféré à l'église de la Real de Perpignan en 1381, mais il garda jusqu'à la Révolution le droit foncier de la seigneurie de Villeneuve avec la basse justice.

Le nom de Renier est aujourd'hui inusité pour

ne pas dire inconnu. On dit Vilanova de la Rivera qu'on ne trouve guère avant le xv° siècle.

PEZILXjA-DE-LA-RIVIERB

•12 kilomètres 0. de Perpignan, 7 kilomètres E. de itillas,

Les communes que nous venons de visiter font partie du Canton-Ouest de Perpignan. Celle-ci appartient au canton de Millas, petite ville située sur la rive droite de la Tet.

Pezilla, Villa Pediliani, Villa Pecilianuin, Villa Pezilianum (la forme Pezilla ne se trouve pas avant le xiv e siècle) est assis au milieu d'une plaine fertile, arrosée par le canal de Pezilla. Ce canal est dérivé de la Tet qui est à un quart de lieue, et des sources nombreuses l'alimentent en été. Il existait déjà au xip siècle, mais il ne fut définitivement' concédé qu'en 1411.

Au Moyen-Age, Pezilla était une dépendance de l'abbaye de La Grasse, mais on ignore à quelle époque il faut placer l'origine de cette possession. — Son château fortifié a été converti en maison particulière.

Nul doute que la Villa Pediliani ne remonte, comme tant d'autres, aux premiers temps de la domination romaine dans nos contrées. On a trouvé dans son territoire un grand nombre de médailles impériales, consulaires et emporitaines et un autel antique qui porte, dans toutes ses parties, l'empreinte du style et de la manière des Anciens, avec quelques attributs de Diane et d'Apollon.

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45 kil. 0. de Perpignan, 4 /«(. £. <fe Millas.

Si Pezilla est une ancienne villa romaine, oh peut en dire autant de Cornella. C'est là incontestablement un domaine de cette Gens Cornelia qui comptait, au siècle d'Auguste, plus de quatre cents familles répandues dans toutes les provinces de l'Empire, surtout en Espagne,

Notre Gornella des bords de la Tet subit sans doute les mêmes destinées que Pezilla et devint, comme ce dernier, une possession de la célèbre' abbaye de La Grasse. Une bulle de Fan 9ol signale déjà, comme appartenant à ce monastère, la Villa Cornelianum avec son église.

Le sol de Gornella est très-productif. Le vin qu'il donne est, par sa liqueur et son bouquet, un des meilleurs du département.

On se rend à Millas, le chef-lieu du canton, en une heure. On rejoint au Pont de Millas la route départementale n° 4, dite iVEstagell à Elire.

LA SALANCA.

Revenons maintenant au chef-lieu du département pour le quitter aussitôt.

En suivant la route nationale n° 9 à partir du Pont-de-la-Pierre, on entre dans un nouveau faubourg de Perpignan qu'on peut diviser en deux parties, savoir: le Bas- Vernet, tout réoeut, etleBwt- Vemet qui est très-ancien. Le Haut-Vernet est à cheval sur les deux routes nationales n° 9 et n° 117 et sur la route départementale n° 1 .

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A côté du moulin du Haut Vernet existait le château de la famille qui a donné son nom à ce hameau. Pons de Vernet qui vivait au milieu du xm° siècle fut une des nombreuses victimes de

l'Inquisition roussillonnaise. « Cependant, dit

M. Alart, les deux inquisiteurs dominicains, Pierre de Cadireta et Bernard dez Bach, commissaires du Saint-Siège dans les Etats du roi d'Aragon continuaient les procès contre les hérétiques et venaient de s'attaquer à une des plus puissantes familles du Boussillon. « Ils venaient de trouver par des témoignages suffisants, que feu Pons de Vernet, père de Pons de Vernet actuellement existant, avait reçu chez lui, recelé, soutenu et fréquenté des hérétiques (Albigeois), leur avait fait du bien et les avait adorés, par quoi il constait qu'il avait cru à leurs erreurs, sans qu'il pût conster qu'il s'en fut confessé ni qu'il en eût fait pénitence. » C'était plus qu'il n'en fallait pour que ce tous les biens dudit Pons défunt fussent confisqués de droit au profit du Trésor royal » , sans préjudice des mesures que l'autorité ecclésiastique allait prendre contre les restes du chevalier hérétique et de la tâche d'infamie qui allait rejaillir sur ses descendants. ( J ) »

Pons de Vernet avait, en effet, combattu contre les croisés commandés par Simon de Montfort ; mais il était mort depuis plus de quarants ans !

Le roi voulut bien restituer au lils les biens de son père, mais d'un autre côté, il exigea vingt-deux mille sols de Malgone, (*) somme énorme pour

(1) B. Alart, Privilèges et Titres etc., seconde partie, p. 232.

(2) Le Sol Malgonais ou de MelgueH valait en moyenne, à -Montpellier, 1 franc de notre monnaie. Il est évalué en Roussillon à 16 S. 4 d. 1/15, valeur de 1771, par Joseph Bosch.

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l'époque. Pons III fut obligé de vendre la majeure partie de ses biens et il mourut misérablement moins de deux ans après.

Nous suivrons maintenant la route départementale N° 1, pour aller visiter la Salanca ou Salanque (ml, sel) que nous avons laissée à notre gauche en venant de Salses à Perpignan.

On appelle Salanca, l'espace de terrain compris entre l'Étang de Salses, la route N° 9, la Tet et la Méditerranée. C'est un terrain de formation récente, conquis sur le domaine de la mer. Cette terre s'est rapidement colmatée, et aujourd'hui elle est transformée en un véritable jardin où la végétation se développe avec une activité et une intensité qu'expliquent facilement la nature alluvionelle du sol, la multiplicité et la fréquence des submersions et des irrigations, et surtout l'élévation de la température, souvent comparable à celle de l'Afrique septentrionale.

La Salanca renferme huit communes qui communiquent toutes entre elles par des chemins commodes et bien entretenus. La première que nous rencontrons est

BONPAS

a 7 kil. de Perpignan.

Il n'offre rien de remarquable au touriste. On y compte 1777 habitants. Il conserve fort peu de chose de son ancien château du Moyen-Age et de la Préceptorie de l'Hôpital de Saint -Jean-de- Jérusalem.

A gauche de Bonpas, nous voyons :

à 7 Ml. N. de Perpignan.

Ce Hom parait être une abréviation du latin Appia. Mais l'histoire de la période romaine est muette sur cet endroit qui était sans doute la villa d'un Appins.

Au Moyen-Age, les archevêques de Narbonne étaient seigneurs de Pia. C'est, en effet, un de ces prélats qui fit construire le château (1245 — 1257).

Les habitants de ce ce village ont eu, pendant longtemps, comme les Béotiens en Grèce et les Champenois en Fiance, la réputation d'avoir l'esprit obtus et grossier. Les Pianenehs étaient devenus un sujet d'amusement et cependant ils ne sont pas moins intelligents que le reste des Roussillonnais.

TILALLONGA-DB-IjA-SALANCA

9 Ml. iV.-E. ie Perpignan.

L'Archéologue pourra lire clans l'église de cette commune deux inscriptions dont l'une , colle du sanctuaire, porte la date de 1449. Elle est en gothique carré, écriture ordinaire de nos inscriptions lapidaires avant le xv e siècle. L'acclamation est en majuscules romaines qui paraissent pour la première fois à la même époque. L'autre inscription date de 1324.

Le clocher qui remonte à l'année 1508 est bâti en prolongement de l'étroite et vieille nef romane. Vers la fin du xv a siècle, on a construit une seconde nef du côté du nord. Les deux nefs communiquent entre elles par deux grands arceaux ouverts dans l'ancien mur.

A 3 kilomètres de Villelongue nous trouvons

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