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Le chemin qui gravit le Bac de Taichach conduit à Sournia par Saint-Martin (195 hab.— 7 kil. de Saint- Paul), Le Vivier où se voient les restes du château seigneurial (249 hab.) et Prats (282 hab.) qui conserve la tour de son vieux château. — On a laissé à gauche, au fond du vallon de la Matassa, le village de Felluns (134 hab.). Tous ces villages, excepté Saint-Martin, font partie du canton de Sournia.
Le sol de cette contrée est montagneux, pelé, nu et offre peu de chances même à de faibles cultures. Une des causes qui ont le plus dépeuplé d'arbres le Pays de Fenouillèdes est la recherche du tan : aussi les terres sont tellement ébranlées le long des pentes que souvent la montagne n'offre plus que le calcaire où le schiste argileux à nu. Le sommet des collines est ordinairement couronné de bordes où l'on entretient des troupeaux de chèvres et de bêtes à laine qui donnent à la population peu aisée, mais sobre, quelques moyens de subsistance.
SOURNIA.
Sournia (850 hab.) est sur la rive gauche de VAdasig (*) à 19 kil. au N. de Prades et à 45 de de Perpignan, il est divisé en deux parties distantes de deux ou trois cents pas, la Ville et le Puch. Son moulin, au bord de la rivière, dans un charmant bosquet frais et toutfu, est un séjour délicieux.
Dans son récit de l'expédition du roi de Wamba.
(1) Faisons remarquer ici l'analogie de ce mot avec ceux â'Atax (Aude) et à'Adesate (Axât).
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Julien de Tolède parle d'un château appelé Clausura Sordonia , Quelques écrivains , M. de Marca en tête, ont fait de cette Clausura une tour qu'ils ont transportée à la Torrè Cerdana dont les débris se voient encore dans la vallée de Querol. Mais, les faits historiques s 'opposant décidément à une pareille assertion, M. Walcknaer, dans sa Géographie ancienne des Gaules, émit l'idée que le château de Sordonia pourrait bien être le Soumia du. Pays de Fenouillèdes. Il existe, en effet, dit M. B. Alart, une grande similitude entre ces deux noms ; mais la situation ne parait pas complètement en rapport avec les circonstances relatées par Julien de Tolède. En conséquence le savant archiviste place la Clausura Sordonia à Opol ( 1 ).
Sournia était anciennement siège d'une baronnie et il conserve encore le château de ses seigneurs. On verra dans un des appartements de ce château une très-belle cheminée de l'époque de Louis XIII.
De Sournia on se rend à Prades en suivant un chemin assez-bien entretenu mais d'une pente rapide. A deux kilomètres et demi environ de la ville, le touriste trouvera, à sa droite, quelques entassements de pierres moins considérables que ceux de Targasséna mais dont plusieurs semblent avoir été disposés par la main des hommes. Peut-être faut-il reconnaître ici des monuments mégalithiques de la famille de ceux qu'on a vus dans le vallon de Montbram.
Arrivé au sommet de la montagne, le touriste
oyez, chapitré premier de la première partie.
jettera un regard eu arrière pour voir les sinuosités du vallon de l'Adasig et le village de Campourci (') (226 habitants) assis sur un large plateau qu'entourent des champs où se récoltent le seigle, l'avoine et les pommes de terre.
Le Cam'gô apparaît bientôt ; puis la vallée de la ïet ; c'est comme un autre monde qui surgit subitement. Après une heure et demie de descente on rejoint la route de Molitg, un peu au-dessus de Catllar, et on arrive à Prades après quatre heures de chemin.
Si, au Pont de la Fo, nous suivons la route (Chemin d'intérêt commun N° 2) qui longe la rive droite de l'Agli, nous atteindrons en peu de temps le moulin de Centernach où nous traverserons la rivière sur un joli pont récemment construit. Un quart d'heure de bonne marche suffit pour arriver au village de Centernach.
C'est par suite d'une singulière erreur que le nom officiel de Saint-Arme a prévalu pour désigner cette petite commune dont l'église paroissiale a toujours été sous l'invocation de Saint-Pierre. Le prétendu Saint-Arnac n'a jamais existé, même clans les légendes, et le véritable nom de ce village est Centernach qui se trouve déjà dans un diplôme de Fan 890
(1) Ou Campursi et non pas Campoussy, comme on l'éeril aujourd'hui. Dans le testament de Seniofred on le trouve eité comme il suit : El ad Sanetum Panlum Apostoliun cujm cœnobium fundatum est iiicomUaiu Fenolietensi caria facialis de Ipsum meumalodemde Gampo Ursito, Marca Mspanica, col. 886. De plus, une Carte du diocèse d'Alel avec ses environs, de 1739, écrit fort bien Cabpobrci.
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et in Payo Fenoledeso , villare quoi dicilur Cenlernacho cum omni mtegritateÇ).
J-.es Templiers eurent des possessions à Centernach flès Fan 1137 et, en 1214, on y trouve des précepteurs de l'ordre. La préception de Centernach dépendait de la commanderie du Mas Déu, en Roussillon (*).
Ansignan ou plutôt Anqnyan (273 hab.) est un peu plus loin (3 kil'.j. On verra ici un pont jeté sur l'Agli pour réunir les deux rives qui, dans ces endroits, ne sont que trop souvent isolées. Ce pont a les parapets très-élevés et il est couvert d'une voûte dans toute sa longueur. Des ponts semblables existent en Suisse, à Lucerne et à Zoblbruck. Plusieurs ouvertures éclairent la voûte. L'eau destinée à l'arrosage de la rive droite passe au-dessus.
Le territoire d' Ansignan est très fertile : il produit abondamment des fruits de bonne qualité, tels que pommes, poires, pêches, ligues.
Caramanh (523 hab.) eut des seigneurs, qui comptèrent pendant longtemps parmi les chevaliers des vicomtes de Fenouillèdes, et Muguet de Karamanh ne prend pas d'autres titres en 1242.
Cette famille de Caramanh, qui déjà à cette époque avait fourni quelques membres à la milice du Temple du Mas Déu, alla s'établir en Roussillon où elle acquit une assez grande importance sous la dynastie des rois de Majorque.
De Caramanh oh gagne Cassantes (418 hab.), le
(1) On doit cette rectification à M. Alart, Suppression de l'Ordre du Temple en Roussillon.
(2) Voyez lo chapitre premier de la deuxième partie.
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château de Cuchous (1 kil. du village), et, laissant à droite Trebillach, Bellesla (436 hab.) et le château de Caladroër, on atteint La Tour que nous connaissons déjà.
De l'autre côté de l'Agli, et, par conséquent sur le versant sud de la chaîne de La Squerde. se trouvent Raziguères (158 hab.— 4 kil. 0. de La Tour) et Planètes (278 hab. — 5 kil. 0. de La Tour). Le territoire de Raziguères est très accidenté. 11 n'a plus ses anciennes forêts ; mais il est fertile et nourrit largement la population de mœurs sobres et paisibles. Il oflre des minerais de for
Au nord du village, se voit, sur une montagne en forme de tronc de cône, une tour qui faisait partie du château de Tremoine. Le Castellas qui est aussi près de Raziguères, était encore un château duMoven- Age. 3
A Saint-Paul nous reprenons la route nationale qui remonte la vallée de La Boulzane. A une demi lieueenviron nous atteignons cette rivière et nous passons sur la rive droite.
Voici une métairie à l'aspect sévère : c'est Peyralade. Ce nom vient du latin Petra lata (pierre large) et se rapporte à quelque pierre mégalithique. Plusieurs de ces pierres se voient encore à une faible distance de la métairie,[sur les bords de la Boulzane. Celles-ci ont appartenu à un dolmen. Non loin du dolmen on trouve un menhir solidement planté en terre ( s ).
(i) Il faut dire Raziguères ou mieux Raygueras. La forme Razieres qu'on emploie très -souvent est mauvaise.
(2) Voyez la note de la page où nous établissons que les monu mente mégalithiques de cette espèce n'appartiennent ni aux celtes ni aux druides.
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La tradition raconte qu'Hercule d'abord, Roland plus tard, fréquentèrent la vallée de la Boulzane. Ils s'amusèrent souvent au jeu de bouchon avec les dalles du dolmen lesquelles servaient de palets, le menhir faisant l'office de point de mire.
D'ailleurs, le bruit des exploits de Roland et de Renaud, ces deux grandes et belles figures de la Chevalerie, avait pénétré de bonne heure dans nos Gorbières et dans toutes les Pyrénées orientales. On a déjà vu le Palet de Roland en Vallespir ; sur la montagne de la Llauso le pâtre ou le bûcheron nous montreront l'empreinte du cheval Bayard, le vaillant coursier de Renaud.
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11 Ml. de Saint -Paul, 52 de Perpignan.
Cette commune (1167 habitants) tire son nom de sources d'eau chaude quisourdaient dans les environs (calidus, et caldus dont on fit Calders et Candies) (').
L'église de cette petite ville mérite d'être visitée à cause de son rétable qui est du XIV e siècle.
Avant 1790, Caudiès était chef-lieu de viguerie et possédait un bureau d'enregistrement, un entrepôt de sel et de tabac et un trésorier de France. 11 avait aussi un tribunal de justice dont les arrêts ne lurent pas toujours empreints de la plus grande impartialité puisqu'on dit encore, dans le canton : Justiço dé Candies, Justico dé tort é dé trabès.
(1) Dans l'Armoriai des États du Languedoc, Caudiès porte d'or an chaudron de gueules.
A l'entrée du vallon de Fenouillet se dresse l'ermitage de Sainte-Anne ou Notre-Dame de la Vcdl dont l'église renferme un' joli rétable en pierre, couvert d'un grand nombrede figures delafin du XV siècle. Il est fait mention de cette église dans une bulle de Sergius IV de l'an 1011.
La petite chapelle qu'on trouve sur le bord du chemin de Fenouillet est dédiée à Sainte-Anne. Sur l'un des côtés on lit cette inscription en langue
vulgaire
L'an 1485 oratoire.