‹ Guide illustré de Timgad (antique Thamugadi)Chapitre 31 sur 57 · XII · texte numérisé non relu

XII

Temple de Mercure

En obliquant vers l'est, on recontre le soubassement d'un petit temple antique ayant conservé le massif en maçonnerie de son perron, les fondations de ses quatre colonnes, de son pronaos, de sa cella.

L'orientation de sa façade principale est à l'est; les dimensions du monument sont de 7 mètres de large sur 1 1 m. 90 de long. Une inscription, découverte tout près de là, nous a révélé le nom de la divinité a laquelle était consacré l'édifice ; c'est à Mercure, dieu du commerce, et cela s'explique d'autant mieux que, de ce côté de la ville, nous le verrons ci-après, se trouvent d'importants établissements de commerce.

8o GUIDE ILLUSTRÉ DE TIMGAD

Quartier industriel

Il faut ensuite redescendre un peu au sud et visiter les bâtiments situés au sud-est de la colline qui domine la partie méridionale de nos ruines.

Nous nous trouvons en présence d'un quartier industriel se divisant en deux grandes sections : Tune, adossée à la colline même, était limitée à Test par la voie capitoline et se partageait en trois parties d'inégale importance déterminées par autant d'impasses perpendiculaires à la voie; l'autre, de forme triangulaire, était bordée à l'occident par ladite voie, au nord par la voie des grands thermes sud, à l'est par une rue située en prolongement du Cardo Maximus sud.

La première fraction des bâtisses disposées au pied de la colline est la plus intéressante des trois. Sa façade, longue de 36 mètres, se présente sur un carrefour [trivium), et elle n'était autre qu'une usine de céramique dont on peut voir fort clairement les ateliers se composant de vastes salles dont la grande portée était soulagée par des piliers surmontés de grands corbeaux en pierre, les bains destinés au personnel de l'usine, le puits fournissant l'eau nécessaire et l'habitation du propriétaire de la fabrique comprenant un atrium, le tablinum et une série de pièces secondaires donnant sur la rue.

Nous avons trouvé dans l'usine un amoncellement de terre argileuse granulée préparée pour la confection des ouvrages en poterie et soixante-quinze lampes, toutes de l'époque chrétienne, dont les huit dixièmes n'avaient pas encore servi.

La seconde fraction renferme des restes de boutiques ouvertes sur la voie, au nombre de onze.

La troisième se compose d'une ruelle, de quatre magasins et de cinq arrière-boutiques.

MAISON DE SERTIUS

Dans l'ensemble des constructions de contour triangulaire, on voit tout d'abord deux cours intérieures qui éclairaient la masse compacte de cette réunion de bâtisses.

On ne peut déterminer exactement la fonction des services auxquels étaient affectées les constructions environnant la première cour, de forme irrégulière et disposée dans la partie nord des bâtiments; mais, autour de la seconde, plus petite et affectant la figure d'un triangle, on reconnaît l'établissement d'un fondeur de bronze avec ses fours qui, au moment des déblais, étaient encore chargés de combustible, et le bassin de refroidissement qui servait à l'immersion du métal.

Au cours des fouilles on y a trouvé des instruments de travail tels qu'une scie circulaire en fragment, des pilons en pierre, des creusets en terre cuite, etc.

Le long des trois rues rayonnent une grande quantité de boutiques ayant toutes une arrière-boutique et souvent deux, même trois.

Maison de Sertius

En sortant de la fonderie par la voie prolongée du Cardo sud, on arrive devant l'entrée de la plus jolie maison de Thamugadi, celle d'un bienfaiteur de la ville, de Sertius.

Cet édifice particulier mesure 62 mètres sur 36 m. 5o, soit 2. 263 mètres superficiels; ses limites sont : le Cardo sud à l'est, la voie des thermes au s-ud ; un mur mitoyen la séparait à l'ouest de boutiques donnant sur la voie du Capitole; au nord enfin elle se termine à la sixième voie parallèle au Decumanus Maximus. Mais, comme dans la maison de l'Hermaphrodite, on voit les traces du mur épais de l'enceinte rejoignant la porte sud du Cardo. De

plus, dans la grande chambre située au nord-ouest de la maison, nous avons laissé les restes d'un mur circulaire : c'était l'angle sud-ouest du périmètre de la ville.

En examinant la disposition générale de cette habitation, on y voit tout ce qui caractérise la maison antique complète, telle que Tétait celle de Pansa à Pompéi. D'abord, les deux grandes divisions, Yatrium avec ses dépendances affectées aux visiteurs et aux hôtes; ensuite, le peristjrlium entouré de toutes les pièces réservées aux usages domestiques ; puis les boutiques attenantes à l'immeuble, dont quelques-unes communiquent avec l'intérieur, la plupart ne s'ouvrant que sur les rues. Les premières étaient utilisées par le propriétaire qui y faisait vendre, par ses intendants, le produit de ses fermes (l'huile ou le vin) ; les autres étaient louées à des marchands.

L'entrée principale de la maison donne sur le Cardo (pi. 28, page 83. — Entrée de la maison de Sertius) ; un portique précédait l'habitation dans laquelle on pénétrait par un vestibule dallé soutenu par quatre colonnes. De là on parvenait à l'atrium, occupé dans presque toute sa longueur par un bassin.

Au fond du vestibule, sur la droite, un escalier de quelques marches conduisait aux bains [balineum), se composant d'une antichambre et de quatre pièces (deux salles chaudes, un frigidarium, un apodyterium) ; une inscription qu'on y a découverte nous apprend que le possesseur de la maison était un riche citoyen de Timgad appelé Sertius qui, avec sa femme Valentina, avait fait don à sa ville de deux monuments dont nous parlerons plus loin.

Sous le portique du Cardo, des portes percées de chaque côté du vestibule donnaient accès à des boutiques. En face de l'atrium se dressait le tablinum recouvert d'une très fine mosaïque de dallage formée de rosaces et de fleurs ornementales entourées d'une riche bordure en feuillage : cette mosaïque est maintenant placée sur la muraille du musée (pi. 29, page 84. — Mosaïque du tablinum de la maison de Sertius). Sur sa droite au nord, une pièce éga-

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