CHAPITRE II DEVOIRS DES GOUVERNEMENTS POUR LA RÉPARATION DES FORÊTS
Les gouvernements peuvent faire beaucoup pour aider à la réparation des forêts. Ils n’ont pas, ici, d'action directe à exercer, comme dans le cas Ge conservation, vu que les forêts à réparer sont généralement sorties de leur domaine.
Cela n'empêche pas qu’ils peuvent contribuer pour beaucoup au travail de réparation dont nous nous occupons.
Je vais rapporter un fait isolé qui va me servir à démontrer comment les législateurs peuvent atteindre le ‘but proposé. . Une société d’horticulture de la province de Québec, quelque peu encouragée par le gouvernement, et laissée presque à ses seules ressources, a offert des prix pour le reboisement. Un cultivateur qui a concouru pour ces prix a remporté le premier après avoir démontré qu'il a reconstitué soixante-deux arpents en érable, là où le bois avait été en grande partie enlevé, il y a vingt-
SYLVICULTEUR CANADIEN. 21
cinq ans. Eh bien! je voudrais voir faire par les gouvernements ce qu'a fait une simple et pauvre société d’horticulture.
Il y a dans la province de Québec quatre-vingt sociétés d'agriculture et cinq sociétés d’horticulture, subventionnées par le gouvernement. Il y a, en outre, trente-neuf cercles agricoles organisés et fonctionnant dans les différentes paroisses du pays. Voilà donc cent vingt-quatre sociétés de cultivateurs disséminées sur toute l'étendue de la province. Il y a des sociétés analogues à celles-là, en plus ou moins grand nombre, dans les autres provinces de la confédération. Que les gouvernements consacrent, chaque année, une certaine somme pour être distribuée à ces associations, afin qu’elles en disposent sous forme de primes pour encourager la réparation des forêts.
Si une société d'agriculture purement locale a réussi à amener les cultivateurs à concourir dans un comté où les terres boisées sont encore fort communes, combien mieux réussira-t-on, par tout le pays, et avec l'initiative des gouvernements, là où il n’y a plus que quelques terrains à demi boisés, et où le bois pour les fins de construction et de chauffage est sur le point de disparaitre. .
Voilà, si je ne me trompe, un excellent moyen d’engager les cultivateurs à se prémunir contre la disette de bois, et je le soumets avec confiance à l'attention des législateurs.