‹ Guide illustré du sylviculteur canadien [microforme]Chapitre 18 sur 116 · CHAPITRE II OU FAUT-IL REBOISER · texte numérisé non relu

CHAPITRE II OU FAUT-IL REBOISER

Je classerai en six catégories les terrains sur lesquels il est nécessaire de reboiser.

La première comprend les clairières qui se rencontrent dans les forêts. J'en ai dit un mot dans la deuxième ! partie de ce travail. Ces clairières causées, soit par des !

UE Jin O0: PATES DRM TRS MERS

3, lante,

rûlante, repos.

eut-Ôtre :

en,

iens !

et ce hètre, tre, ens.

ns au monde Le, auits !

esse.

> peut-être que ntaires. Planyons comment

is sur lesquels

se rencontrent la deuxième 8, Soit par des

SŸLVICULTEUR CANADIEN. 31

incendies partiels où des abattis pratiqués par les bûcherons, soit par des tourbillons tempestueux ou des inondations, sont des portes ouvertes par où pénètrent les agents destructeurs de la forêt. Le sol de ces clairières, desséché par les rayone du soleil, n'offre plus l’ombre protectrice nécessaire à la croissance des jeunes arbres. Il en résulte que, tout autour, les graines tombées des arbres ne font plus que germer pour périr aussitôt. Les arbres plus exposés aux atteintes du vent, sont, de plus, attaqués par les mulots et autres rongeurs qui trouvent un repaire hospitalier dans les herbes qui croissent sur ces clairières. Pour ces deux causes réunies, ils meurent vite, violemment arrachés ou imperceptiblement minés ; et, comme une nouvelle pousse n’est pas là pour les remplacer, le vide s'agrandit et le mal va toujours en augmentant. Donc, il faut reboiser les clairières des forêts.

La seconde catégorie de terrains à reboiser est celle des pentes, des collines et des montagnes. Il s’agit ici d'une question vitale. Les arbres qui croissent sur ces terrains ont pour effet de retenir l'humidité du sol. S'ils disparaissent, les neiges fondantes du printemps, les eaux d'orage de l'été et les pluies continues de l’automne, enlèvent le sol qui n’est plus retenu par les racines des arbres, l’entraînent au fond des vallées, et laissent la roche nue, dépouiilée de toute végétation. De plus, les eaux qui, lorsque le ivrroin était boisé, filtraient doucement à travers l'humus, et descendaient pour ainsi dire goutte à goutte vers la plaine, n'étant plus retenues par le sol, se précipitent par torrents, creusent de profonds ravins dans les flancs des montagnes, et portent subitement l’inondation dans la vallée. C'est là l’histoire des inondations quasi-périodiques dont souffrent la France, l'Espagne et d’autres pays déboisés.

Je dois en avoir dit suffisamment pour démontrer la

ami.

nécessité de reboiser les flancs des montagnes. Nos fils et leurs enfants nous remercieront d’avoir travaillé pour l'avenir, et de leur avoir évité les désastres qui se répètent presque chaque année, là où l’on a laissé se dénuder les terrains en pentes, les coteaux et les montagnes.

Les terrains impropres à la culture forment la troisième catégorie des terrains à reboiser. L'économie rurale veut que toute partie d'une terre apporte son contingent au produit général. Or, certains sols, pour une cause ou pour une autre, sont impropres à l’agriculture proprement dite. Le seul moyen de les rendre productifs, c’est de leur faire pousser du bois. Presque tous ces terrains se prêteront à la sylviculture et donneront, sinon toujours du bois de première qualité, du moins du bois propre à servir de combustible de plus ou moins de valeur.

Les terrains stériles proprement dits, peuvent, avec un peu de soin, être convertis en bocages. Ceux où la pierre domine, de manière à rendre la culture o:iraire impossible, peuvent toujours se boiser, à moins qu'ils ne soient formés de roc vif. Enfin, les terrains humides, les tourbières, qui n’ont pas d’égoût pour se drainer peuvent encore être boisés. J’indiquerai plus loin les méthodes à suivre pour reboiser ces divers terrains.

Je place dans lu quatrième catégorie, la partie de chaque ferme qui devrait être en bois pour l’usage de son propriétaire. Partout où le bois est disparu, il importe que chaque cultivateur plante quelques arpents de bois. Il peut et doit choisir les parties de sa terre qui se prêtent le moins bien à la culture, pour faire cett:: plantation. Les terres qui n'ont pas d’endroits faibles sont rares. Mais, en supposant qu'une terre fut toute d'excellente qualité, il n’en faudrait pas moins en reboiser une partie pour remédier au manque de bois. Qu'on ne dise pas que ceci n’est pas pratique ; la chose se fait en

agnes. Nos fils travaillé pour qui se répètent se dénuder les agnes.

ent la troisième mie rurale veut contingent au une cause ou tre proprement uctifs, c’est de ces terrains se sinon toujours L bois propre à > valeur.

peuvent, avec s. Ceux où la ture oliraire oins qu’ils ne humides, les ainer peuvent les méthodes

la partie de ur l'usage de isparu, il imlques arpents

de sa terre

rre fut toute sen reboiser is. Qu'on ne se se fait en

SYLVICULTEUR CANADIEN. 33

grand et en petit chez nos voisins des Etats-Unis et donne les résultats les plus satisfaisants.

La cinquième catégorie des terrains à planter sont ceux qui doivent fournir lé bois nécessaire à la consommation des chemins de fer, pour les traverses, clôtures, poteaux de télégraphe, etc. Qu'on ne s'étonne pas si je fais une classe spéciale des terrains qui doivent être reboisés pour l'avantage des compagnies de chemins de fer.

Les voies ferrées sont certainement l’une des causes les plus immédiates de la ruine de nos forêts. C’est par millions de pieds qu’on compte la quantité de bois coupés annuellement pour fournir les seules traverses ou dormants ({ies ou sleepers) destinés à supporter les rails. Ces dormants pourrissent vite et doivent, conséquemment, être souvent remplacés.

Le développement merveilleux de notre réseau de voies ferrées, fait entrevoir la Puissance sillonnée avant iongtemps, sur toute sa surface, par les chemins de fer. Le Nord-Ouest surtout, qui se peuple rapidement, grâce aux torrents d'immigration qui s’y dirigent de tous cotés, vase couvrir d’un vaste réseau de chemins, qui vont exiger à eux seuls une plus grande consommation de bois que tous le reste de la confédération. Or, le Nord- Ouest n’est pas riche en bois. (C’est dans les autres provinces de la Puissance qui ont déjà peine à fournir à la consommation locale, qu’on va recourir pour avoir le bois nécessaire. Il est donc temps, avant que la disette et la ruine arrive, de mettre sous les yeux de nos capitalistes l'exemple de certaines compagnies des Etats- Unis. Là, et spécialement sur le grand Pacifique américain, on plante des millions d'arbres propres à fournir les dormants et autres matériaux requis. Nos compagnies

devraient en faire autant et commencer tout de suite. Je

connais certains endroits de nos forêts, à proximité de nos premières voies ferrées, qui ne fournissent déjà plus le bois de grosseur voulue pour l'usage que je viens de mentionner. Et, que sera-ce dans vingt-cinq, dans cinquante, dans cent ans ?—la ruine, la disette, non seulement pour les compagnies de chemins de fer, mais encore pour la Puissance entière.

Je dois faire une sixième catégorie des terrains à boiser, pour y classer les prairies du Nord-Ouest. Chacun sait qu'à Manitoba et dans le grand-ouest, il y a des espaces considérables où l'on constate l'absence complète de la flore sylvestre. Quelques milles boisés sur le bord des rivières, sont les seuls terrains où l’on peut trouver du bois, mais en quantité bien minime comparée aux ressources forestières des autres provinces de la Puissance. Pour trois r:.isons majeures, il faut absolument semer et planter des arbres dans ces régions.

La première de ces raisons, est le besoin de bois de construction et de chauffage po”r la population. Si l’on trouve déjà, aujourd’hui, que le bois est rare dans le Nord-Ouest, que sera-ce lorsque la population actuelle sera centuplée ? On peut dire, sans exagération, que, dans vingt ans, si on laisse les choses suivre le cours ordinaire, on ne pourra y trouver du bois pour faire une allumette. La population augmente dans des proportions incroyables, et le besoin de combustible et surtout de bois de service, grandit en proportion. Il y a là un danger et un danger immédiat pour l'équilibre qu’il faut maintenir entre la dépense du bois d’un côté, et la capacité de production des forêts canadiennes, de l’autre côté. Il est donc de toute importance que l’on pratique le boisement dans le Nord-Ouest immédiatement et sur une grande échelle.

La seconde raison pour laquelle il faut pratiquer là le boisement, est fournie par la science. Les météorolo-

, à proximité de issent déjà plus que je viens de mgt-cinq, dans lisette, non seu- 1s de fer, mais

errains à boiser, st. Chacun sait y a des espaces complète de la sur le bord des eut trouver du 1parée aux rese la Puissance. ment semer et

soin de bois de ilation. Si l’on t rare dans le lation actuelle tion, que, dans ours ordinaire, une allumette.

ns incroyables, ois de service, r et un danger itenir entre la de production [1 est donc de ement dans le rande échelle, Lt pratiquer là Les météorolo-

SYLVICULTEUR CAADIEN. 35

gistes qui s'occupent de déterminer l’origine des tempêtes, et de se rendre compte de leurs causes et de leurs effets, ont constaté que les pays complètement déboisés sont exposés à des tourbillons tempestueux d'une violence extraordinaire en certains temps, et ensuite à des vents chauds desséchants qui nuisent beaucoup à la végétation. Cela est dû, pour les tourbillons, à ce que le vent a toute liberté de parcourir l’espace, dans les prairies qui ne présentent pas un seul obstacle à son cours sur des centaines de milles de leur surface. C’est pour us qu'un vent dont la vitesse initiale est peu considérable, peut se développer en un ouragan terrible, s’il ne trouve rien pour arrêter ses progrès et sa vitesse. D'un autre côté l'absence d'arbres fait que le sol toujours exposé aux ardents rayons du soleil, perd vite l'humidité que lui communiquent les violents orages dont je viens de parler, ce qui fait qu’il est nécessairement soumis à des extrêmes d'humidité et de sècheresse, qui sont fort nuisibles à la végétation.

La troisième et dernière raison est celle suggérée par le fait que les régions sans arbres sont bien plus exposées que d’autres aux invasions périodiques de certains insectes dévastateurs, tels que les sauterelles, dont on a souvent eu à se plaindre à Manitoba. Si, à cela, on ajoute les exigences de l'hygiène, qui veut que l’air contienne toujours une certaine quantité d'humidité et qu'il y ait des arbres disséminés çà et là pour servir de filtres propres à purifier l'atmosphère d’une masse d'émanations putrides qu’elle contient, on se convaincra qu'il est absolument nécessaire pour le bien-être de la population des régions des prairies de pratiquer immédiatement, d’après un système judicieux, le reboisement partiel.

Page 1