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CHAPITRE XVIII LES INSECTES NUISIBLES AUX ARBRES

Je n'entreprendrai pas de donner les noms ni la description de tous les insectes nuisibles aux essences forestières. Il y en a toute une légion, et je constaterai tout

de suite que, malheureusement, dans la forêt, l'homme

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est à peu près impuissant à combattre ces infimes mais redoutables ennemis.

Il y a cependant un fait que je tiens à constater. Les épidémies d'insectes qui envahissent tout-à-coup une région où ils étaient pour ainsi dire inaperçus auparavant, ont toujours une cause tangible et passagère. C’est ainsi, par exemple, qu'un hiver excessivement doux permet à une foule de larves, dont une grande partie sont ordinairement détruites pur le froid, d'hiverner saines et sauves. Il s'ensuit que, l'été suivant, ces insectes se développent en nombre extraordinaire. D'un autre côté, ce développement inusité ne dure jamais plusieurs années. Dans l’économie générale de la nature, Dieu a toujours mis le remède à côté du mal, et c’est ainsi qu’on remarque que chaque insecte a un ou plusieurs ennerhis dans d’autres insectes où des oiseaux qui en font leur proie. Or, lorsqu'un insecte se reproduit de manière à ce que son développement menace l'équilibre de la végétation on voit presqu'aussitôt augmenter le nombre de ses ennemis, et bientot, souvent en deux ans, les choses reprennent leur cours ordinaire.

Si l'homme est à peu près impuissant dans la forêt, il peut se défendre un peu plus facilement et même souvent d'une manière très efficace dans la pépinière.

Je vais indiquer d’une manière sommaire, les remèdes généralement employés. Chacun pourra juger, par la nature des insectes qu'il a à combattre, quel moyen il doit choisir de préférence.

Il est certain qu’en allumant le soir des feux près d'une pépinière, on détruira une foule de papillons nuisibles qui viendront s’y brûler.

On recueille beaucoup de larves d'insectes, en evendant des toiles sur le sol, au pied des arbres, et en agitant fortement ces derniers. On enlève aussi beaucoup de

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chenilles qui filent un cocon, en se servant d’un balai qu'on passe sur les branches.

On enduit l'écorce du tronc de mélasse, d'encre à imprimer ou autre matière grasse, gluante ou onctueuse ; ou, ce qui tt mieux, on pose cet enduit sur du papier ou des toiles enroulées préalablement sur le tronc. Dans ce cas, on peut se servir de goudron, ce qui est très efficace. On renouvelle ces substances aussitôt qu'elles se dessechent.

On établit, tout autour du tronc, au pied de l’arbre,un petit bassin en métal rempli d'huile ou de goudron, pour empêcher les insectes rampants d'avoir accès au tronc. On iave aussi ce dernier avec du savon mou, de la chaux déluyée claire, etc.

On prépare un excellent enduit en mélant ensemble une livre de fleur de soufre avec un quart de minot de chaux-vive, sur lesquels on jette une quantité suffisante d’eau chaude, dans un vase fermé, pour que le tout ait la consistance de la chaux délayée pour le blanchissage ordinaire. On applique cet enduit, venant d’être fait, avec un blanchissoir, en avril.

On saupoudre de la chaux en poudre, de l’ellébore, le matin, avant que la rosée disparaisse, sur les feuilles des arbres mangées par les chenilles.

On bouleverse avec soin le sol, à l'automne, afin d’exposer à l’action du froid les larves cachées sous terre. On sème du blé-d’inde sur le terrain au pied des arbres, afin d'engager les cochons à y fouiller la terre, et par ce moyen on amène la destruction d’un grand nombre de chrysalides. Un labour d'automne, et un autre de bonne heure au printemps exposent aussi beaucoup d'insectes aux ravages de la gelée et à la voracité des oiseaux.

On visite en hiver les arbres, pour y enlever les nids

des insectes, et les anneaux d'œufs qu'on trouve souvent autour des branches.

Enfin, il faut avoir un grand respect pour les oiseaux insectivores, qui sont les plus utiles auxiliaires de l’homme pour la destruction des insectes. On devra s'appliquer à favoriser leur propagation, et à inculquer aux enfants l’idée que les oiseaux doivent étre l’objet de leurs soins, au lieu d’être, comme cela arrive trop souvent, les victimes de leur cruauté.

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