Ne condamnez pas si vous ne voulez pas être
condamné. . ,
11. Que ces paroles de lésus-Ghrist couvrant la femme adultère de son manteau, ne sortent jamais de votre mémoire : . Que celui qui n'a pas pèche Un jette la première pierre !!! »
12. Fussiez-vous athée, vous ne pouvez ignorer que la religion est la base de la morale publique.
13. Une nation d'athées serait la nation la plus dépravée qu'il y ait sur la terre; mieux vaudrait le plus absurde fétichisme.
Si vous voulez vous faire détester par toutes les femmes, vous êtes sûr d'y parvenir. Madame, en affectant une toilette plus riche et plus recherchée que la leur. Peut-être serait-il possible qu'on vous pardonnât d'être la plus jolie, mais, à coup sûr, elles ne vous pardonneront pas d'être la mieux mise.
Si vous voulez vous faire une réputation équivoque, affectez une toilette pleine de coquetterie, une sorte d'élégance gracieuse, mais ayant une lointaine ressemblance avec la désinvolture.
Si vous voulez vous faire une très mauvaise réputation, portez des bijoux de grand prix, des châles de Cachemire, et des étoffes précieuses, dont le prix n'est pas en rapport avec la médiocrité de votre fortune.
Si vous voulez vous faire une réputation d'esprit pauvre et étroit, attachez à la toilette la plus grande des importances, et faites-en votre principale occupation.
Si vous voulez vous faire une réputation de pruderie, de tartufe de la vertu, d'hypocrite, en un mot, créez une mode exprès pour vous : robe montante,' sans garnitures, d'une couleur sombre; éloignez de
votre toilette les plumes, les dentelles, les rubans et les bijoux.
On dit que Thabit ne fait pas la religieuse, et cependant nous ne jugeons guère que par l'habit, car c^est le côté faible des femmes, et c'est toujours par là qu'on peut voir percer le bout de l'oreille.
Pauvres jeunes gens qui débutez dans le monde ! vous vous imaginez, dans la naïveté de votre amourpropre, que les femmes aiment la toilette parce que c'est un moyen de vous plaire ! Vous êtes bien loin de votre compte, pauvres innocents, et vous prenez un effet pour la cause. Ecoutez une des grandes célébrités de l'Allemagne, Goethe, il vous dira : ^
« Les femmes ne se 'parent que pour se faire envie les unes aux autres, »
Le goût de la toilette, quand il dépasse certaine borne, est un fatal présent que la nature a fait aux femmes. S'il ne les perd pas tout à fait, il les couvre au moins d'un vernis de ridicule qui, trop souvent, rejaillit jusque sur celles qui le méritent le moins. Un homme de beaucoup d'esprit, Alphonse Karr, va vous en fournir la preuve, si vous lisez le Musée des Familles.
« Remarquez, dit-il, que dans la vie des femmes, tout a pour résultat un changement de robe, tout se termine par une robe ; toute circonstance de la vie féminine est marquée par une robe ; c'est la robe qui est le point important. On se marie : une robe ! Il vient un moment où l'amour, les préoccupations d'une vie nouvelle, l'abandon des parents, tout cela disparaît devant le soin de la toilette de la mariée.
« On perd une parente, la douleur est violente :
mais elle ne tarde pas à s'arrêter, il faut s'occuper de son deuil. Que porte-t-on? quelle est la manière la plus à la mode de témoigner sa douleur? Il faut aller chez le marchand de nouveautés, chez la modiste, chez la couturière, et on se trouve livré à de telles préoccupations qu'il ne reste plus de chagrins, à moins toutefois que la robe n'aille pas bien, ou que le chapeau ne soit trop ou pas assez évasé ; si tout est réussi, si la robe est d'une étoffe nouvelle, si le chapeau sied bien , on ressent un bien-être involontaire, on triomphe, on est... heureuse. Toute amie, toute parente, sert de prétexte à quelques robes. — On va au bal chez celle-ci : robe ; — à la campagne chez ceUe-là : robe; — on marie la troisième : robe; — on est marraine d'un de ses enfants : robe; — on l'enterre : robe^ robe, et toujours robe ! »
Enfin, Alphonse Karr termine par cette cruelle phrase qu'il souligne : « La femme est un animal qui s^habille^ babille, et se déshabille, »
Certainement cette critique est fort exagérée, et les femmes qui font exception à ce portrait sont très nombreuses; mais néanmoins, avec le meilleur vouloir on ne peut se dissimuler qu'il est vrai en général. Et comment pourriez-vous croire qu'il en fût autrement, quand vous voyez la manière dont les parents élèvent leurs enfants. A peine une petite fille commence-t-elle à marcher qu'on lui dit : — Si tu es bien sage on te mettra ta belle robe. — Si tu apprends bien, on te donnera un beau tablier de soie. Puis, à mesure qu'elle grandit : — Sois aimable, et tu auras un beau chapeau, une belle parure, etc., etc. Viennent ensuite les amies qui s'extasient devant sa toi-
lette : ~ Comme elle est charmante avec cette belle robe! comme ce chapeau est de bon goût et la fait gentille ! — Et mille pauvretés pareilles qui se gravent profondément dans les habitudes de l'enfant, gonflent sa vanité, et r impressionnent en corrompant son esprit. On le sait, les premières impressions ne s'effacent jamais, et les habitudes, les préjugés de notre enfance constituent absolument notre nature morale. La cire molle de l'enfance se pétrit avec la même facilité pour mouler le bien ou le mal, le vice ou la vertu; mais avec l'âge cette cire si ductile devient plus dure que l'acier sur lequel le meilleur burin ne peut mordre.
RÉSUMÉ
Toilette des Femmes.
1. La première des parures c'est la propreté. Celle du corps consiste à prendre des bains une fois par mois ; à se laver tous les jours ; à se nettoyer les dents, les oreilles et les ongles chaque matin ; à se rincer la bouche après avoir mangé.
2. Une femme mal peignée a toujours l'air sale; arrangez vos cheveux dès le matin, ou cachez-les sous un bonnet d'une élégante simplicité.
3. Montaigne a dit que pour sentir bon il faut ne rien sentir. Ne vous parfumez donc jamais, et laissez aux femmes galantes ce moyen de se faire remarquer.
4. D'ailleurs, les parfums sont entièrement passés de mode dans la bonne société.