Si la personne à laquelle vous rendez visite se
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préparait à sortir , ne la retenez pas, et quelque in- ^ stance qu'elle vous fasse , retirez-vous aussitôt.
33. On incommode souvent les autres quand on croit ne jamais pouvoir les incommoder , dit Larochefoucauld. Ceci s'applique aux parents et aux amis intimes.
34. Si vous rendez visite à un homme de lettres et que vous le trouviez à travailler, retirez-vous de suite , sans même lui dire bonjour. Lui faire perdre le fil d'une idée, est quelquefois lui faire perdre un chapitre entier. Votre visite ne peut que le contrarier.
35. Après les salutations ordinaires , ne vous asseyez que lorsque le maître et la maîtresse de la maison sont assis.
36. Si le maître et la maîtresse de la maison restent debout, ou seulement l'un des deux, allezvous-en,
37. Si Ton vous reçoit dans la chambre à coucher, faute de salon , ne vous avisez pas de déposer votre chapeau sur le lit nuptial , dussiez-vous le garder à la main ; c'est le plus grand outrage que vous pourriez faire à une femme , chez les petits bourgeois.
38. Si une baronne de fraîche date prend votre chapeau sur le lit et le place ailleurs , vous pouvez être sûr qu'il y a quelque portière dans sa fan)ille ; mais néanmoins, ne courez pas la chance de cet affront , à moins que ce ne soit pour faire une expérience de naissance.
39. Dans les maisons du bon ton vous ne serez jamais reçu dans une chambre à coucher , à moins de la plus grande intimité.
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40. Une femme bien élevée ne reçoit jamais la visite d'an homme dans sa chambre à coucher.
/il. Les boudoirs ne sont restés de mode que chez les femmes galantes.
Zj.2. Quand vous recevez une visite inopportune , ne laissez jamais percer votre mauvaise humeur, mais prenez un prétexte honnête pour vous débarrasser de rimpoinun.
43. Par exemple, si c'est un parasite , dite^-lui , comme en confidence , que vous allez dîner chez la charmante madame une telle ; si c'est un emprunteur, demandez-lui s'jI ne pourrait pas vous prêter une somme dont vous avez grand besoin ; si c'est un solliciteur, racontez -lui comme quoi vous vous êtes brouillé avec le ministre, etc., etc. Si vous êtes physionomiste et que vous ayez su prendre l'avance , vous êles sûr de le voir déguerpir à l'instant.
Quand vous ne trouvez personne, laissez votre carte et pliez un des coins en oreille, afin qu'on puisse voir que vous l'avez apportée vous-même.
45. La carte de bon ton contient, imprimés, votre nom et votre demeure , sans autre chose.
46. Si elle contient votre profession , c'est un prospectus ridicule.
47. Si elle contient vos titres et vos qualités , c'est une sotte vanité , d'autant plus qu'elle peut tomber entre les mains de gens plus importants que vous , qui en riront , et vous prendront pour un nouveau parvenu.
48. 11 n'y a qu'un ci-devant paysan ou un sot, qui envoie une carte avec fioriture, arabesque, dorure, peinture et estampille.
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49. Jamais de cartes grises ou bordées de noir. Le véritable deuil est dans le cœur , et ne doit se montrer que dans les lettres de faire part et dans le costume. Les démonstrations exagérées font douter de la réalité , et fussent-elles vraies , elles prêtent à de mauvaises plaisanteries.
50. Ne faites jamais de cartes collectives, si ce n'est avec votre femme, et encore ! N'envoyez jamais votre carte ni par la poste, ni par une administration spéciale pour cela , c'est malhonnête.
51. Que la vanité ne vous porte jamais à étaler autour d'une bordure de glace les cartes de visite que vous aurez reçues.
52. Dans une visite de cérémonie , laissez votre canne , votre manteau ou paletot , ainsi que votre chapeau , dans l'antichambre.
53. Dans une visite ordinaire, ne laissez dans l'antichambre que votre manteau ou votre paletot ; entrez avec votre canne et votre chapeau.
54. Gardez à la main votre canne et votre chapeau jnsqu'à ce que le maître ou la maîtresse de la maison vous aient dit de les déposer.
55. S'ils ne vous le disent pas après cinq minutes^ c'est un honnête congé qu'ils vous donnent.
56. Dans tout autre cas , portez-les vous-même dans l'antichambre si un domestique ne vient pas les prendre ; mais ne les déposez sur aucun meuble.
57. Si , embarrassé pour déposer votre chapeau , vous le placiez sur le parquet , vous agiriez comme un paysan.
58. Quand on vous offre de vous asseoir, n'attendez pas qu'on vous approche un fauteuil ou une chaise ;
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allez vous-même chercher un siège et asseyez-vous à la place qu'on vous indique avec la main.
59. Si on ne vous indique pas de place , asseyezvous entre la porte d'entrée et le m.aître de la maison, et ne faites pas votre visite trop longue.
60. Une dame ne doit quitter son chapeau et son manteau que lorsqu'elle y est expressément invitée ; si on ne l'en prie pas , sa visite ne doit pas durer plus d'un quart-d'heure,
61. Lorsqu'il arrive un visiteur^ si c'est un homme, tous les hommes doivent se lever ; si c'est une femme, les hommes et les femmes se lèvent.
62. Si le visiteur s'approche pour saluer une dame, elle se lèvera à demi , et fera une inclination de tête pour répondre à son salut.
63. L'étiquette veut que, dans le salon d'un prince, tout le monde , hommes et femmes , se lèvent quand il entre quelqu'un de sa famille.
64. S'il n'y a que vous de visiteur dans un salon , laissez-vous reconduire jusqu'à la porte du salon , mais pas plus loin.
65. Si vous recevez la visite d'un homme de rang supérieur, reconduisez-le jusqu'à l'escalier ; si vous espérez en obtenir quelque grâce, accompagnez-le jusqu'à sa voiture.
66. Même politesse pour les dames , lors même que vous n'en attendez rien. Offrez votre bras pour descendre l'escalier.
67. S'il y a beaucoup de monde dans le salon et que la conversation soit vivement engagée, éclipsezvous doucement, sans rien dire , afin de ne déranger
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personne. C'est un peu leste, mais jusqu'à ce jour c'est encore permis.
68. Si votre visite est collective , laissez entrer les dames les premières , puis vos supérieurs.
69. Ne conduisez jamais d'enfant avec vous dans une visite de cérémonie.
70. Les visites collectives deviennent inconvenantes si l'on est plus de trois ou quatre personnes.
71. Si vous voulez bien recevoir un visiteur, faites en sorte qu'en se retirant il soit content de lui et de vous,
72. Un maître de maison peut recevoir la visite d'un égal ou d'un ami dans son cabinet , mais seulement entre l'heure du déjeuner et celle du dîner.
73. Un artiste peut également recevoir aux mêmes heures dans son atelier.
7Z[. Ceux qui n'ont pas de salon , ni de pièce décorée , reçoivent dans une chambre à coucher , ou môme dans une salle à manger; mais ils ne reçoivent que des amis.
75. Quand vous recevrez une visite, fût-ce celle d'un créancier, prenez un air très gracieux, allez le recevoir à la porte , priez-le de s'asseoir ; approchez-lui vous-même un fauteuil , mettez-le à la place d'honneur, c'est-à-dire à un des coins de la cheminée.
76. Si la dame du logis est assise sur une causeuse, le visiteur ne doit jamais aller s'asseoir à côté d'elle, sous peine de passer pour un impertinent.
77. Ceci est tout au plus permis à une dame, quand c'est une amie intime ou qu'elle y est invitée,
78. Une maîtresse de maison , sous peine de manquer à l'étiquette, ne doit jamais aider une dame à
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ôter ou remettre son chapeau , son châle ou son manteau.
79. Si elle avait la maladresse de le faire pour une, il faudrait qu'elle le fît pour toutes , afm;de ne désobliger personne.
80. TNe laissez jamais vos visiteurs seuls, sous quelque prétexte que ce soit , fut-ce même sous celui de reconduire un prince.
81. Fussiez- vous prince, ne souffrez pas que le maître de la maison vous accompagne plus loin que la porte du salon, s'il y a d'autres visiteurs.
82. Je n'ai pas besoin de dire qu'une maîtresse de maison doit quitter sa broderie , ou tout autre travail, quand elle reçoit une visite , et ne la reprendre sous aucun prétexte , à moins que le visiteur soit un ami qui l'en prie.
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Il y a quelques années que l'anglomanie avait amené à Paris la mode des soirées nombreuses, peu choisies, mêlées , où vous pouviez rencontrer la duchesse de votre premier étage, l'avoué de votre troisième, réf3icier de votre quatrième et l'écrivassier du cinquième. Le tohu-bohu de ces assemblées hétérogènes se nommait un raoïit et ressemblait à une chambre des représentants de 184"^, ou à une grande soirée de Louis-Philippe. Grâce au ciel, cette stupide mode est passée et la société commence à se choisir. On ne connaît aujourd'hui que les petites soirées^ et les grandes soirées musicales ou dansantes.
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On se permet quelquefois la danse dans les petites soirées, mais seulement quand un monsieur ou une demoiselle veulent bien prendre sur eux de toucher le piano, et que la danse vient comme par impromptu, comme par hasard. Alors il n'est question ni de grande toilette, ni de prétention, ni d'étiquette. Une gaîlé franche, un vrai plaisir, en font tous les frais, et, à mon avis, ce sont là les soirées les plus agréables.
Les soirées dansantes, ou grandes soirées, exigent une toilette beaucoup plus élégante.
Les résumés que nous donnons dans cet ouvrage, particulièrement celui du chapitre des Visites, suffisent pour apprendre à se montrer du bon ton dans une soirée ordinaire; mais pour les bals, ou grandes soirées dansantes et les concerts, il nous reste quelques conseils à donner.
RÉSUMÉ
1. Pour bal ou concert, faites des invitations au moins huit jours à l'avance, afin que les dames aient le temps de préparer leur toilette.
2. Les maîtres de maison doivent s'arranger de manière à ce que toutes les dames et demoiselles, jeunes ou vieilles, laides ou jolies, soient invitées à danser.
3. Pour y parvenir, il faut faire quelques invitations hasardées, à un petit nombre de jeunes gens encore peu répandus dans le monde.
4. A ceux-là, le maître ou la maîtresse de la maison pourront, sans inconvénient, recommander les tapisseries.
DES SOIRÉES
5. La recommandation que ferait un maître ou une maîtresse de maison à un homme de quelque importance, de faire danser Madame ou Mademoiselle une telle, serait presque une impertinence»
6. Dans une simple soirée où tout le monde se connaît, une vieille femme et un homme ayant plus de cinquante ans peuvent se permettre de danser, pourvu qu'ils le fassent gaîment et sans prétention. Dans un bal de cérémonie ils se donneraient un ridicule ineffaçable.