‹ Guide manuel de la bonne compagnie du bon ton et de la politesseChapitre 59 sur 161 · LE VANTARD · texte numérisé non relu

LE VANTARD

Il arrive un peu tard et s'en excuse ainsi : — Je sors à l'instant même de chez le président de la République, qui m'a retenu jusqu'à la fin d'une discussion très importante. Aussitôt que j'ai pu m'en retirer je suis accouru et me voici.

A la maîtresse de la maison, il dit: — Avez-vous été voir hier la course du Champ-de-Mars? quant à moi , j'étais bien tranquillement chez moi , lorsque le prince de est venu m'enlever pour m'y conduire presque malgré moi. Sa Zéphirine , pur sang arabe , devait y courir. Pour le taquiner j'ai parié quatre mille francs pour Tempête contre Zéphirine, et j'ai perdu , ce qui nous a beaucoup amusés.

A un membre du Jockey-Club : — Mon cher ami , je suis sur le point d'acheter le Coureur , vous le connaissez? le plus magnifique barbe qui soit jamais sorti du Maroc. Anatole en veut quinze mille francs; c'est un peu cher, mais enfin, dans ma position on peut bien se passer quelques fantaisies.

A un de ses amis : — Ma foi , mon bon ami , Paris vient de l'échapper belle. Hier j'étais chez mon ami le ministre. Il était sur le point de prendre la mesure la plus désastreuse pour la tranquillité publique ; mais , fort heureusement , je suis arrivé à temps pour l'en empêcher.

A un intime. ~ Mon cher , je suis au mieux avec la charmante madame B , et décidément elle me préfère au duc de *** et au prince de "^^^ qui lui ont fait si vainement et si longuement la cour. Je suis le plus heureux des hommes ! et cependant... tu connais ma bonté : le désespoir que vont éprouver la jolie com-

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