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Faits et Renseignements, Conseils, Etc., Etc., Etc.
Les premiers à tenter l'exploitation des régions aurifères du District du Yukon, furent des mineurs qui cherchèrent à pénétrer dans la partie sud du bassin du Yukon en passant par le district de Cassiar, dans la Colombie Anglaise. Leurs efforts ne furent pas couronnés par le succès et l’on finit enfin par n'en plus entendre parler.
En 1873, M. Arthur Harper, Frederick Hart, Samuel Wilkinson, George W. Finch et Andrew Kansellar partirent de la Colombie Anglaise pour ‘‘ prospecter ”
la Liard, la Mackenzie, la Porcupine et le Yukon. Ils pénétrèrent à partir de la Pe ace River, dans le voisinage du Fort St-John jusqu'aux sources de la Nelson, un aff uent de la Liard, dont ils descendirent le cours pendant l'hiver et les premiers mois du printemps, jusqu'au point où l:s eaux sont navigables en canot. Aussitôt après la débâcle des glaces ils partirent en canot, ‘‘prospectant ” à mesure qu’ils avançaient. Au cours de son exploration, Harper ne trouva, me dit-il : ‘‘ rien sur la Nelson, des indices sur la Liard, rien sur la Mackenzie, de bons indices sur la Peel, quelques-uns sur la Porcupine et des indices partout sur le Yukon.” A l’automne ils remontèrent depuis le Fort Yukon à l'embouchure de la Porcupi ne, jusqu’à 400 milles sur la White River qu'ils continuèrent d'explorer ainsi que tous ses tributaires pendant le reste de l’hiver. N'ayant rien trouvé qui en valû t la peine et se trouvant à court de provisions, ils redescendirent le fleuve au prin temps pour arriver enfin à St-Michael où quelques-uns d'entre eux se mirent au serv ice de la ‘‘ Alaska Commercial Company,” qui trafiquait alors dans la vallée du Yuk on.
Pendant l’automne de 1874, Leroy Napoléon McQuesten construisit le fort Reli ance, et l'été suivant—-c'est-à-dire celui de 1875—Harper l'y rejoignit et ils y firent la traite en société juqu’en 1889. Attirés par les nouvelles annoncées dans la correspondance de Harper, quelques mineurs de la Colombie Anglaise vinrent prospecter dans le pays ; plus tard, vers le commencement de la période de ‘80 à ’90, on commença une exploration sérieuse et vers la fin de cette période on finit par obtenir des résultats assez satisfaisants, surtout sur le cours de la Stewart River. Sur tous ces cours d’eau, cependant, on ne recueillit que de l'or fin, qui exige l'emploi du mercure pour le séparer du sable ; les vieux mineurs et prospecteurs ne se contentent guère d’un résultat pareil, même dan s les cas où l’or se trouve en quantités payantes, c'est-à-dire en quantités suffsant es pour fournir un rendement de $100o par jour dans certains cas. Toujours est-i 1 que l’on n'en continua pas moins à chercher du ‘‘ coarse gold” et qu'on finit par en trouver en 1886 sur la Fortymile River, à 2312 milles au-dessus de l'embouchu re de la rivière, c’est-à-dire à quelques centaines de yards au-dessus de la frontièr e internationale. Ces découvertes attirèrent l’attention des mineurs sur le bassin de la Fortymile dont l’exploration fut dès lors continuée jusqu'en 1891, époque à lag uelle on trouva du ‘‘ coarse gold ” près des sources de Birch Creek, en deça de la frontière.
L'existence de gisements de ‘‘coarse gold ” dans ce pays était connue déjà en 1864, comme le démontre la lettre suivante qu'écrivait à son père en Ontario un jeune commis employé au service de la Hudson Bay Company ; cette lettre est datée du ‘‘ Fort Yukon, le 2 octobre, 1864 ” :—
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D'après Photo. par W. Ogiluie.
Caserne de la Police, Cudahy.
{ J'ai pensé à chercher de l'or ici mais ne suis pas encore bien décidé. Je ne m'attends gutre à en trouver en quantités payantes ici au Fort, mais si j: pouvais en trouver le temps, je terais bien une expédition en remontant le Yukon où je crois en trouver en abondance ; le malheur est que je suis toujours en voyage ou bien occupé au Fort pendant l'été, tandis qu'en hiver on ne peut rien faire en fait d'exploration. L'automne prochain j'espère pouvoir remonter la rivière, après mon retour du bas Yukon. Il y a une petite rivière qui n'est pas loin d'ici où notre pasteur, le Revd. McDonald, me dit avoir vu tant d'or ily a deux ans qu'il aurait pu le ramasser à la cuiller. J'ai souvent eu bien envie d'y aller mais jamais je n'ai pu en trouver le temps. En tout cas si je trouve de l'or en quantité payante, je me ferai chercheur d'or mais ce ne sera qu'en dernier ressort et quand je ne pourrai trouver rien de mieux à faire.”
C'est surtout grâce aux indications fournies par le missionnaire canadien, le vénérable Archi-diacre McDonald mentionné plus haut, que ce district a été ouvert.
C'est entre ces deux points, la Fortymile et Circle City, que fut partagée l'attention de tous les mineurs du pays jusqu'en 1896; à cette époque, la Bonanza et l'Eldorado furent découvertes par George W. Carmack, à la suite des indications que lui fournit un nommé Robert Henderson, un ancien mineur qui venait de prospecter sur la Indian River et dans toute la vallée de Gold Bottom Creek. Il rencontra Carmack à l'embouchure de la Klondyke où ce dernier était occupé à la pêche, lui fit une description des richesses de Gold Bottom et lui conseilla de l'essayer. Carmack le fit mais ne parut pas satisfait du résultat de son expédition, et, à son retour, explora le creek connu ües [Indiens sous le nom de That-tat-dik on, en anglais, Muffler Creek, que les mineurs ont depuis appelé Bonanza. C'est sur ce creek et dans le ‘‘claim”” connu anjourd'hui sous le nom de ‘‘ Discovery Claim,” qu'il trouva d'excellents indices et jalonna des claims pour lui et pour ses associés indiens. Il en résulta que bientôt tout le creek, tous ses affluents et tous les ravins avoisinants furent jalonnés. Aussitôt que la saison le permit, ces deux creeks furent prospectés et développés à fond et se trouvèrent être tellement riches que le nom de ‘‘ Klundyke,”” alors donné à tout ce district, est
aujourd'hui connu du monde entier. Depuis lors, on a tellement prospecté dans cette région que l'on connaît aujourd'hui un grand nombre d'autres creeks que l'on a développés en partie, notamment les creeks Dominion, Sulphur et Quartz, tous aMuents de l’Indian Creek qui se décharge lui-même dans le Yukon à 23 ou 28 milles au-dessus du Klondyke, Les nouvelles les plus récentes confirment la valeur de tous ces creeks et sur l’un d'eux on a mème trouvé des gisements qui rendent jusqu'à $9.00 à la ‘‘ pan.” Remarquons que ceci est une ‘‘ pan” exceptionaellement riche, mais cependant toutes les dernières rumeurs confirment la grande richesse de tous ces gisements—-qui ont, dit-on, une étendue de 20 milles chacun. Il est bon, toutefois, de réduire ce chiffre de moitié, car les milles de mineur sont notoirement longs.
Plusieurs autres creeks, affiuents directs du Yukon entre les creeks Klondyke et Indian, ont été prospectés et l'on prétend qu'ils sont riches. Un autre connu sous le nom de Mooseskin Creek, qui se déverse dans le Yukon à 114 mille audessous de Dawson, est aussi réputé bon. On prétend avoir trouvé’ du ‘‘ paydirt""+ d'une profondeur de quatre à cinq pieds et d'une largeur qu'on n'a pas encore déterminée mais qui rend de huit (8) à dix (10) cents la pan et quelquefois jusqu'à quatre-vingt (80) cents. Avec une profondeur et une richesse pareilles et une largeur ordinaire de, mettons (40) quarante pieds et au-dessus, de ‘pay dirt” ce creek est suffisamment bon pour être classé parmi les meilleurs. La longueur des gisements n'est pas encore établie d'une façon définitive. Je ne crois pas qu'on en trouve sur plus de quelques milles à l'embouchure. Ce creek descend d'une haute rangée de montagnes de roches calcaires qui paraîssent être d'une tormation géologique si récente qu'on ne peut guère s'attendre à y trouver de l'or. De fait l'Indian Creek n'a pas encore été exploré. Quelques milles de l'artère principale seulement ont été fouillés mais à part les trois creeks déjà mentionnés, le Dominion, le Sulphur et le Quartz, je ne suis pas sûr qu'on ait prospecté d'autres aMluents. Il est fort improbable cependant qu'on en trouve d'autres dans cette même vallée, et je conseillerai fortement au prospecteur d'accorder une attention toute particulière à ce creek.
A mesure qu'on remonte le Yukon, ou Pel'y, ainsi nommé par feu Robert Campbell, employé de la Hudson Bay Company, d’autres creeks viennent rejoindre le Yukon à de courtes distances ; il y en a beaucoup qui sont d'une étendue considérable et je ne doute pas qu'on n’en trouve encore un grasid nombre dont l'exploitation encouragera certainement les prospecteurs. Au mois de juin dernier (1897), Robert Henderson, dont j'ai déjà parlé, découvrit un nouveau creek auquel on attribue une longueur de 40 milles et qui rejoint le Yukon du côté de l’est à 24 milles environ au-dessous de la Stewart. Pendant quelques jours ce creek occasionna beaucoup de surexcitation ; on y avait trouvé de l'or en quantiien payantes à plusieurs endroits dans les graviers de surface, mais l'enthousiasme s’éteignit aussi
rapidement qu'il s'était allumé et le creek fut eafin abandonné. Je n'ai jamais pu m'expliquer la cause de cet abandon, car tous les prospecteurs s'en revinrent à Dawson dégoûtés, après avoir creusé seulement quelques puits d'exploration. Il est fort possible qu'on le trouve encore digne d'attention, car il est de fait que bien des creeks de ce district, après avoir été explorés par plusieurs partis, puis abandonnés et condamnés, ont encore été trouvés bons plus tard. Je citerai, comme un exemple de ce fait, le Miller creek qui se déverse dans le cours supérieur de la Sixtymile. Ce creek avait été assez bien exploré par deux expéditions différentes pendant deux saisons, et ensuite abandonné. Le troisième parti, cependant, trouva du ‘‘pay-dirt”” et le creek fut reconnu comme l’un des plus riches du pays jusqu’à la découverte de la Bonanza et de l'Eldorado ; j'en conclus qu'il y a donc bonne raison d'espérer que le Henderson Creek donnera encore de bons résultats.
La Stewart River est un cours d’eau qui a de 100 à 200 yards de largeur et, dton Ha losqueur de 1on-puHes, En ajoutant à ce chiffre, la long .eur collective
+ Bapresiido technique employée par les mineurs pour désigner la couche de fond des graviers aurifères proprement dits,
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des affluents, qui est à peu près la même, on arrive à un chiffre total de 800 milles, ou en chiffres ronds, de 1,000 milles. Les ruisseaux et les ravins fournissent une longueur à peu près égale à ce dernier chiffre qui se monte ainsi à 2,000 milles. Or, la Stewart River jouit de la meilleure réputation en fait de ‘‘ pay-dirt” parmi les anciens habitants du district. Lorsqu'on en a commencé l'exploitation, nombre des mineurs recueillaient de $30 à $100 par jour sur les barres, au moyen de ‘“rockers ” ordinaires, et depuis, aucun mineur n'a jamais manqué d'y récolter à &moins un ‘‘grub-stake,” c'est-à-dire assez d'or pour se fournir de provisions, «le vêtements et de tout le nécessaire pour la vie pendant un an. Ces barres sont nettoyées d'une année à l'autre par les mineurs et le flot de la rivière semble toujours y renouveler les dépôts d'or. Cet or vient certainement de quelque part, mais l'exploration n'est pas encore parvenue à en établir la source. Je désire appeler d'une façon toute particulière l'attention du lecteur sur ce district qui est un des plus étendus et des plus pleins de promesse de cette région.
On a fait peu d'exploration sur la Pelly River, et ce qu'on en a fait n’a pas eu grand succès, ce qui peut fort bien être attribué à ce fait qu'on n'a fait que très peu ou pas de travail de fond, c'est-à-dire sur ‘‘bed-rock."”"* Les quelques prospecteurs qui l'ont essayé n’ont exploré que les graviers de surface.
Le cours de ce fleuve et de ses affluents, ainsi que les coulées diverses qui s'y rattachent, sont destinés parfois à fournir autant sinon plus de surface que la Stewart River et quoiqu'il ne soit guère permis d'affirmer que leur avenir est aussi brillant que celui de la Stewart, il est bon cependant, d'ajouter qu'on ne leur à accordé que beaucoup moins d'attention.
I n'y a aucune raison pour que les affluents et les coulées de ce système ne fournissent de bon ‘‘ pay-dirt ”’ dans certains endroits, car il se trouve situé dans la la zône aurifère continue qui s'étend de la Colombie Anglaise au 141ème méridien.
*4* Bed-rock ” signifie le roc de fond sur lequel les gisements de gravier aurifère reposent toujours directement.
Coupe de roche sur le creek Glacier, tributaire de la Fortymile River, Alaska,
Un petit creek qui pénètre dans le Yukon ou Lewes du côté de la rive gauche, à quelques milles au-dessus de l'embouchure de la Pelly, a été fouillé avec un succès passable par plusieurs anciens mineurs, pendant les trois ou quatre dernières années. On prétend aussi avoir trouvé des indices favorables sur un autre cours d'qau qui rejoint la Lewes à environ 30 milles au-dessous Ce l'embouchure de !'1 Pelly ; je n'ai cependant aucun moyen de vérifier, pour le moment, l'authenticité de ces renseignements. L'été dernier, les journaux ont fait passablement de bruit à propos de la Pelly et des découvertes énormes qu'on prétendait y avoir faites, mais je ne suis guère disposé à leur attribuer plus d'importance qu'on n'en rattache habituellement aux rumeurs de la presse.
Le Teslin, ou Hootalinqua des mineurs, qui se trouve à 200 milles plus haut, a été exploré en 1886 et en 1887, et on a trouvé de ben ‘‘ pay-dirt ” sur toutes les barres échelonnées le long de son cours. Au sud des sources de ce fleuve, se trouve le Cassiar District de la Colombie Anglaise, où l'on a fait de riches trouvailles, il y a bien des années, et que les anciens mineurs prétendent être encore aujourd'hui un des milleurs districts de toute l'Amérique, s'il était mieux situé au point de vue de la fourniture des vivres. En 1885, 1886 et 1887, on a beaucoup exploité les barres et les bancs situés le long du cours du Yukon proprement dit, qui s'étend à partir d'un point situé à quelques milles au-dessous du Teslin jusqu'aux approches de la Pelly, Une certaine barre, connue sous le nom de Cassiar Bar, près de la Big Salmon River, a été fouillée en 1586 et trouvée si riche que quatre hommes y ont recueilli $6,000 (30,000 frs.) en trente jours. D'autres y sont venus après leur départ et ont encore recueilli de l'or au même endroit. Les premiers exploiteurs, revenus en 1887, en ont encore tiré $10 par jour et par homme. Les ‘ claims ” de bancs ont aussi fourni de bons rendements et tous ont au moins donné de quoi payer de bons gages. La découverte du ‘‘coarse gold” a été cause que pendant un certain temps on a abandonné tout essai d'exploitation de ces ‘‘ diggings”’ de bancs et de barres, mais il n'y a pas à douter qu'on ne la reprenne avec profit plus tard. :
Sur le cours supérieur de la Lewes on a trouvé de l'argent et de l'or, mais comme l'attention de presque tous les mineurs se portait sur des points situés plus bas, dès leur arrivée dans le pays, ce fleuve n’a été que peu ‘‘prospecté.” J'ai vu plusieurs spécimens de minerais argentifères qu’on prétendait avoir recueillis dans cette région, et un vieux Californien m'a assuré, en 1894, qu'il avait trouvé, dans le voisinage de Tagish Lake un des filons argentitères les plus riches dont il ait jamais entendu parler. Je ne doute pas du tout de la vérité de son histoire, car il m'a montré des échantillons du minerai.
Aux sources de la Alsek River, qui débouche sur l’océan Pacifique, entre les Baies de Lituya et de Yakutat, on a trouvé de l’or en 1896, mais celui qui l'a trouvé n'était pas occupé à ‘‘prospecter ” ; il fit la découverte par accident. Il traversait une rivière à cheval lorsque sa monture trébucha et le précipita dans l'eau qui était froide comme de la glace. Il fit de son mieux pour s’en tirer le plus vite possible, et, en escaladant le bord, s'accrocha à un petit arbre qu'il deraçina par son effort. Il aperçut alors dans la terre qui tenait aux racines quelquechose de jaune qu'il ramassa et trouva être de l'or. Ilen avait conservé des échantillons qu'il me montra plus tard à Cudahy. Il avait pour environ $r de ‘‘coarse gold,” qu'il avait recueilli à cet endroit,
A mi-chemin du ‘‘ Dalton Trail” (route de Dalton), entre le massif des mont:2gnes de la Côte et Selkirk, on a trouvé de l'or fin dans les cours d’eau qui traversent le chemin. C'est encore par accident que cette découverte s'est faite, et non d'une recherche organisée.
En présence des faits énumérés plus haut, il nous est permis d'affirmer avec confiance que nous avons là une région située dans les Territoires du Nord-Ouest et qui s'étend sur une longueur de 300 milles et sur une largeur ce plus de 500 le long de la frontière de la Colombie Anglaise jusqu'au r4rème méridien et audelà, et dont la surface est sillonnée par de nombreux cours d'eau qui sont tous
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Vue depuis la frontière en descendant le Bed Rock Creek jusqu'à la Sixtymile River.
aurifères. (Certains de ces cours d'eau se déchargent dans l'océan Pacifique, à l'ouest du Mont St-Elias, et présentent des bancs aurifères, sur leurs cours inférieurs, d'où il nous est permis de conclure qu'il en est de même des eaux situées aux environs de leurs sources. Plus loin, vers l’intérieur, oma trouvé de l'or sur le cours supérieur de la Tanana, près des sources de la Fortymile, et en.1873 et 1874, Harper et Harte en ont aussi trouvé sur la branche méridionale de la White River, près de la frontière, ce qui paraîtrait justifier les conclusions auxquelles nous scmmes arrivés plus haut. De tout ce qui précède, il ressort donc que toute cette partie du Territoire du Nord- Ouest qui se trouve située à l’ouest d2 la limite orientale du bassin du Yukon et s'étend jusqu'au r41ème méridien, se trouve être plus ou moins aurifère dans toute son étendue.
La limite occidentale de cette région—le r4rème méridien ou frontière internationale—a plus de 300 milles de longueur ; la limite méridionale—la 6oème parallèle de latitude—a environ 300 milles de longueur, et la frontière, nord-ouest, ligne irrégulière qui s'étend de la 6oème parallèle au rg1ème méridien dans la région 65ème, parallèle à peu près, a plus de 600 milles de longueur. Ces trois limites renferment une étendue de pays dont la surface est environ de 125,000 milles carrés et sur laquelle de l’or se trouve répandu partout en plus ou moins d'abondance.
Dans bien des endroits l'exploitation sera profitable même dans les conditions actuelles, et dans bien d’autres elle deviendra tout aussi lucrative aussitôt que nous aurons les facilités voulues (que nous nous attendons à avoir dans un an) pour pénétrer dans cette région et en développer les richesses. Il est bon de rappeler ici que toute cette vaste étendue de pays ne doit sa réputation maintenant uriverselle, qu’à la richesse de 140 ‘‘ claims ” au plus situés dans la ‘‘ Klondyke Division ; ” cent de ces claims se trouvent situés sur le Bonanza Creek et quarante sur l'Eldorado. Pour se servir d’un terme de mineur ce sont des ‘‘ world-beaters ” (les premiers du monde) et si les indications qu'ils ont fournies jusqu’à ce jour valent quel-
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quechose, il n'y a pas moins de soixante ($60,000,000) à ($70,000,000) soixante-dix millions de dollars dans ces deux creeks.
En prenant toute cette division dans son ensemble, c'est-à-dire les trois aflluents de l'Isdian Creek mentionnés plus haut, nous nous trouvons en présence d'un district qui a 35 milles de longueur sur 23 milles de largeur et qui ne contient pas moins de cent millions ($100,000,000) de dollars, si l'on peut s'en rapporter aux indications fournies par le pays. On ne saurait absolument garantir ce chiffre, mais les résultats obtenus jusqu'ici prêtent suffisamment à cette conclusion. Ce district est exceptionnellement riche. Jamais on n'a trouvé rien de pareil auparavant dans ce pays; on peut même affirmer qu'il y a très peu de pays où l'on ait fait de pareilles trouvailles ; mais sans affirmer positiv ement que l’on fera encore des découvertes d'une valeur égale il est difficile de croire que lor répandu sur toute cette vaste région n'existe en abondance qu'à un seul endroit dont la superficie représente moins d'un cent quarantième (,!, ème.) de la surface totale du pays. Si nous ajoutons à cette étendue, celle de la partie Septentrionale de la Colombie Anglaise, la superficie aurifère totale se trouve ainsi être doublée et l'étendue du District Klondyke se trouve ainsi bien diminuée.
A tout prendre, nous avons là une vaste région dont l'avenir est des plus beaux, aussi beau, disons-le, que celui de n'importe quelle autre région du monde d'une étendue égale. Il est vrai que les conditions climatériques n'y sont guère aussi propices qu ‘ailleurs, mais avec du temps, de l'énergie et de l'initiative, il n’y a pas à douter qu'on ne parvienne à les modifier pour le mieux et à en obtenir des resultats les plus heureux.