MUSÉE CHINOIS
placé dans la même partie du Louyreet qtd renferme
de très-curieax spécimens de l'art et de l'industrie de l'exlrême Orient.
Revenus au pied de l'escalier qui nous a conduits dans ces deux musées (1), nous continuerons notre promenade en visitant les
SALLES DE LA CÉflAMIQUE (2).
des Meubles sealptés. Ivoires» ete. (GoLUSCTioif &iuyÀ6ifoT).
La première de ces salles, dans laquelle se trouve la porte du musée de marine, renferme de très-remarquables bas-reliefs en terre cuite émaillée, de Lucca della Robbia, célèbre artiste italien qui vivait au quinzième siècle.
Dans la pièce suivante est placée la plus belle collection de faïences italiennes qu'on puisse voir. La variété et l'élégance des ornements qui recouvrent ces vases et ces plats, l'exécution large et juste en même temps des fi-
(1) Lorsqu'il y a un grand nombre de visiteurs dans le musée de marine, pour éviter l'encombrement, ou fait descendre le public par une autre issue qui aboutit pcds à$ Vea^m de Htnii li, que nous avons pris pour monter dans les galeries. Dans ce cas il faut se diriger à gauche, dès qu'on est descendu du musée de marine, afin de pouvoir visiter les salles de la céramique, des meubles, des ivoires, etc., Tescalier qui suit la dernière salle des fauences ramène ensuite dan^ la cour du Louvre.
(•9) Du mot grecxspa^jioç, argile, terre àpdtier.
gures^ Tédatet U Fichcsse des couleurs (i), donà^nt à tous ces objets une valeur artistique réelle. Il ne faut pas vouloir trouver dans les sujets représentés, une imitation exacte dç la nature ; tel n'a pas été le but des artistes qui les ont composés. Us n'ont cherché, avec raison, que le côté décoratif, le seul qui convenait à des objets usuels tds que des plats et des assiettes en terre.
Rappelons à cette ôocasion que la faïence passe pour avoir été inventée par les Persans; elle fut importée en Italie par les Arabes d'Espagne, notamment de Majorque, ce qui lui fit donner le nom de majoliqm. C'est de la fin au quinzième ^èele et du commeneement du seizième que datent les plus belles faïences italiennes. D'Italie la fabrication des majoliques se répandit en France, et nos vieilles Tabriques de Nevers, Rouen, Moustier, Marseille et Strasbourg, acquirent une grande réputation dans ce genre d'industrie.
On peut, d'ailleurs, sans sortir de la salle où nous sommes en ce monâent, comparer avec les faïences itali^nes quelques, produite de notre industrie nationale. Husieurs dee vases placés au'^dessits des vitrines et un plat à fond bleu reparéeentant YEnlèvement d'Europe, que Von voit entre les deux fenêtres,- proviennent de la fa-
(1) La fsJirication de la faïence aTtistiquQ, après avoir été longtemps délaissée, est aujourd'hui remise en honneur. Malgré les résultats remarquables obtenus, on n'a pu retrouver Téclat des couleurs <los faïences italiennes que nous admirons en ce moment. Il est même plusieurs de ces couleurs dont le sQ'^ret est eati^rament penJo^
brique deNevers. Sans avoir la richesse de couleur et la' beauté du dessin des faïences italiennes da seizième siècle, ces objets ont cependant des qualités décoratives qui les rendent très-précieux.
Continuons maintenant notice promenade, et après avoir traversé la salle suivante garnie aussi de belles faïences italiennes, nous entrerons dans une pièce qui va nous in- ' téresser d'une manière toute particulière. On y a réuni des produits céramiques très-remarquables de notre pays, ne ressemblant en rien aux faïences étrangères. Ce' sont des plats recouverts d'ornements en relief , œuvres de notre célèbre Bernard Palissy qui se désignait modestement sous le nom de potier de terre et inventeur des rustiques figulines du roi CharletlX, On sera frappé de la vérité merveilleuse avec laquelle sont reproduits les animaux qui garnissent le fond de ces plats. Pour arriver à ce résultat, Palissy moulait du plâtre sur des poissons^et divers autres animaux qu'il faisait ensuite brûler au four. Le vide laissé par ces animaux lui servait à en reproduire les formes. Rappelons aussi que Palissy consacra seize années pour découvrir le secret de Témail qui donne tant de lustre à ces objets. Amaigri par la misère et la maladie, il faillit mourir avant d'avoir atteint son but.
C'est aussi dans la salle on nous sommes en ce moment que sont placées les célèbres faïences dites d'Henri 0. Elles sont exposées, près d'une fenêtre, dans une vitrine supportée par un piédestal. Ces objets remarquables par l'élégance des formes et par la perfection de leur fabrica-
tion, acquièrent aussi une grande valeur par leur rareté. Il n'existe en effet guère plus de 30 à 40 pièces de la nature de celles-ci. Aussi les collectionneurs se disputent-ils arec acharnement ces objets qui dans les ventes publiques atteignent jusqu'à plus de 20,000 francs pièce. Les faïences dites d'Henri H, ont été fabriquées en France au seizième siècle, mais on ne sait pas avec certitude de quelle fabrique elles proviennent. Cependant on croit qu'elles ont été faites à Thouars en Poitou.
Les salles dans lesquelles nous entrons ensuite, renferment d'admirables objets d'art de toutes espèces, objets en fer, vases en verre, médaillons, meubles sculptés, iveires, etc., qui composent en ce genre une collection nnique au monde. Presque tous ces objets et une grandepartie de ceux que nous avons vus dans les salles de la céramique, ont été donnés récemment au Louvre par M. Sa(jvâgeot, qui a consacré la plus grande partie de son existence à les réunir. Nous trouverons sur notre passage, m buste représentant les traits de ce généreux collectionneur dont le nom doit être conservé avec reconnaissance dans la mémoire de toutes les personnea qui s'intéj ressent aux choses d'art.
Après la dernière de ces pièces, celle consacrée aux I objets en ivoire, nous entrons dans la
j SALLE DES PASTELS.
I Tout le monde sait qu'on appelle pastels des crayons
composés de couleurs pulvérisées mises en p&te avec^ Teau de gomme. Par extension, on a donné le nom i pastels aux peintures faites à Taide d.e ces crayons. G genre de peinture était en grande vogue a u siècle derni< Latour y a surtout excellé. Regardons de cet artiste, sa la paroi à gauche, un portrait en pied de madame d Pompadour, d'une vérité et d'une élégance admirables* Viennent ensuite les