‹ Guide pratique d'urologie cliniqueChapitre 3 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

et trop souvent négligées, ont été rajeunies comme Vexigeaient les progrès scientifiques modernes,

U élu de de la Perméabilité rénale a fait V objet d'un chapitre spécial indispensable, et les résultats indiscutables mais encore délaissés de la Cryoscopie ont été nettement mis en évidence.

Permettre au médecin de pratiquer luimême rapidement et sûrement une analyse d'urine, l'aider a raisonner et à interpréter uiihmcnf les résultats de cette analyse, voila le but que nous avons tenté d'atteindre.

L^accueil si bienveillant fait a ce modeste travail par le public médical a encouragé MM. J.-B. Bailliére et Fils, nos Editeurs, ;i le rééditer.

Nous sommes heureux de leur adresser nos vifs remerciements.

Dr J. ANDRÉ.

(h*l*ifjre 4903.

D'UROLOGIE CLINIQUE

L'urologie prend chaque jour une place plus importante en séméiologie , et son application au diagnostic, au pronostic et au traitement des maladies a été, ces dernières années, magistralement développée par le professeur Albert Robin.

La difficulté n'est pas seulement dans la recherche et le dosage des éléments urinair es, mais

réside surtout dans rinterprétation clinique du résultat des analyses. Cette difficulté d'interprétation tient en grande partie, dit A. Robin, i\ ce (|uo les traités classiques d'urologie sont plutôt t'hinnques que cliniques.

Le savant ouvrage de Vieillard représente un progrès réel; mais' la science biologique, comme les tiutres sciences dont elle est la synthèse et le but, progresse sans cesse et, tous les jours, marque uiie étape nouvelle.

Si le laboratoire demeure l'auxiliaire précieux, indispensable même, de la clinique, et si quelquefois les recherches d'urologie demandent du matériel, tlu temps et aussi de l'habileté qui ne s'improvise pas, il ne faut pas oublier que, le plus souvent, les examens d'urine simples et rapides s'imposent et permettent, au lit du malade, de recueillir les éléments les plus importants du diagnostic et du pronostic.

Dans les travaux pratiques, ce sont ces réactions qu'il faut s'efforcer de montrer et d'expliquer; mais, pour interpréter utilement les modiiications du liquide urinaire, il est nécessaire, avant tout, de rappeler les modifications que la maladie fait subir à la nutrition générale.

La nutrition normale peut se résumer en deux actes essentiels :

lo Dissociation et utilisation des aliments ingérés.

2o Elimination des déchets et des produits nuisibles engendrés au cours de cette utilisation *.

Toute perturbation dans ces deux phénomènes essentiels amène une gêne, un véritable encombrement des tissus, soit par des apports trop

^ La ration d'entretien devra compenser les pertes subies par l'organisme et correspondre aux éléments nécessaires à l'énergie vitale de chaque individu.

Dans nos régions, la ration d'entretien d'un homme npoyen qui travaille sans fatigue est :

Albuminoïdes environ 130 grammes

Graisses » 90 »

Féculents et sucres. ... » 500 »

Chlorure de sodium. ... » 10 )> Les autres matières minérales sont combinées aux

albuminoïdes » 20 »

Eau » 2 litres 1/2

le tout produisant environ 20 grammes d'azote et 300 grammes de carbone et fournissant environ 3 bOO calories, susceptibles de subir les différentes transformations de l'énergie animale.

10 PHYSIOLOGIE DE tk NUTRITION CELLULAIRE

nombreux, soit par des déchets trop abondants.

La conception des maladies par ralentissement ou par accélération de la nutrition . est sortie tout entière de cette notion de physiologie.

Avec Bouchard, P. Brouardel, A. Robin, Armand Gautier, Gharrin, l'école française peut revendiquer l'honneur d'avoir jeté la plus vive lumière sur ce point essentiel de la biologie.

De plus, beaucoup de maladies, dit Robin, débutent par un trouble fonctionnel général ou localisé, la maladie resté fonctionnelle et curable plus ou moins longtemps; puis, par un effort réactionnel contre la cause morbigène, de véritables lésions organiques , alors souvent incurables ^ se développent.

A. Robin rappelle la célèbre formule de Darwin :

(( La fonction crée l'organe. »

Et, la transportant sur le terrain de la pathologie, il inscrit en tête de la pathologie fonctionnelle :

« G 'est la maladie de la fonction qui crée la lésion de Torgane. »

. NORMALE ET PATHOLOGIQUE li

C'est Vimminence morbide dépistée.

Il cite, entre autres, l'histoire de la dyspepsie et donne Fulcère de l'estomac comme l'étape lésionnelle terminale.

L'entité morbide décrite sous le nom de mal de Bright n'est souvent aussi que la complication anatomique de maladies antérieures ayant déterminé d'abord des troubles purement fonctionnels de l'élimination rénale.

Les lésions se constituent peu à peu et deviennent ensuite définitives.

A l'ancien organicisme anatomique, A. Robin oppose ou plutôt surajoute l'organicisme fonctionnel.

Reconnaître le vice fonctionnel, dit Robin, le localiser dans l'organe en cause, puis fixer son mode, tel est le but de la séméiologie chimique*.

Ces troubles fonctionnels initiaux, qui sont aussi l'origine des diathèses, ne seront guère décelés, le plus souvent, que par l'examen

* Analyse des urines, chimisme respiratoire, chimisme gastrique, analyse chimique du sang, analyse des fèces, étude du bilan nutritif.

attentif des liquides organiques, et l'urologie réclamera pour son compte la plus grande part des résultats thérapeutiques heureux.

Chez l'arthritique dont le coefficient d'acide urique est surveillé, et dont le régime de vie est établi en conséquence, on peut retarder l'apparition d'une attaque goutteuse, l'empêcher même et éviter plus tard des lésions anatomiques graves de la goutte.

L'uricémie, en effet, est un syndrome caractérisé par une activité exagérée des phénomènes d'assimilation et un retard très marqué de la désassimilation : l'accès de goutte n'est qu'un effort aigu d'élimination.

D'autre part, deux mécanismes interviennent pour rendre un terrain tuberculisable : l'exagération des combustions organiques (hérédité ou excès de tous genres) et la déminérali^ sation de l'organisme. Le tuberculisable, dit A. Robin, est un consomptif avant d'être un infecté.

La cellule vivante normale, chez l'homme, parait utiliser les molécules azotée, hydrocarbonée, minérale, suivant un processus biologique toujours semblable k lui-même, mais

variable cependant suivant les tissus et spécifique pour chaque variété de protoplasmes *.

Ce qui le prouve, c'est la constance des rapports que présentent les éléments de ses résidus à l'état de santé.

La vie cellulaire , la nutrition cellulaire , ainsi comprises, toute modification dans la nature ou les rapports des excréta reflétera un état cellulaire pathologique.

A l'heure présente, dit Gharrin, l'action directe ou indirecte des tissus dans le mécanisme des phénomènes morbides devient de plus en plus manifeste, et le retour à la pathologie cellulaire plus largement comprise cependant que celle de Virchow s'impose.

Les troubles physiologiques des états infectieux observés par la clinique ne sont que les conséquences des modifications de la nutrition cellulaire ou des tares imprimées aux éléments anatomiques par les toxines excrétées par les parasites pathogènes.

* L'activité cellulaire est, la conséquence d'actes chimiques simples, tels que des dédoublements; ou compliqués, tels que des hydratations, des oxydations et des réductions.

L'auto -intoxication de l'organisme dans les états diathésiques procède également du même mécanisme toxique.

Lti défense de l'organisme contre les intoxications exoj^ènes ou endogènes, et même son immunisai ion par les réactions de ses éléments cellulnircs propres (agglutinines et, en général, lout produit autogène parasiticide ou réactionnel), ne snni donc plus que des cas spéciaux de la nutrition cellulaire.

La molécule hydrocarbonée (sucres, graisses) est brûlée dans l'organisme et donne, comme priuluits ultimes, de la vapeur d'eau et de l acide carbonique, que le poumon surtout excrète.

L utilisation imparfaite des molécules hydrotaibonLcs engendre l'acide lactique, l'acide acétique, l'acide formique, l'acide butyrique, l'acide succîniquc, Facide oxalique même, la gomme animale de Landwehr, etc., qui désalcalinisent les tissus et les plasmas et les déminéralisent en s'étiniinant.

L'acide lactique et l'acide butyrique des feràenia lions gastriques s'éliminent cependant aussi ^Tétat acide par la sueur, déterminant au niveau

NORMALE ET PATHOLOGIQUE ib

de la peau soit du prurigo simple, soit àa prurigo eczémateux.

C'est de la combustion complète des matériaux ternaires que l'économie tire une grande partie, mais non la totalité de l'énergie mécanique et calorifique dont elle dispose, car les processus d'hydratation anaérobie fournissent aussi une forte proportion de chaleur.

Par les reins filtrent surtout l'eau , qui représente plus des neuf dixièmes du volume de l'urine normale, les minéraux et la molécule protéique après la série de transformations subies dans la cellule vivante.

Dans tout protoplasma vivant, les substances protéiques fondamentales se désassimilent principalement par hydratation en milieu réducteur et à l'abri de toute intervention d'oxygène libre.

Armand Gautier a montré que, par simplifications successives anaérobies, les substances azotées nouvelles donnent finalement de l'urée, des hydrates de carbone et des corps gras, préparant ainsi dans l'organisme les phénomènes d'oxydation favorisés surtout, comme l'on sait, par les oxydases, ferments solubles sécrétés par le protopla^ma cellulaire.

La molécule albuminoïde introduite dans Torganisme pour y être assimilée subit une série de InuinformationB qui, commencées dans l'estomac et rintestin, continuées dans le foie, «'aclièvcnt eu chaque espèce de cellules grâce à raclivité spéciale de leur protoplasma.

(lotlo molécule s'hydrate grâce aux ferments (ligcîHlif» (pepsine et pancréatine) et passe par uiio Hério de dédoublements qui la transforment un molécules plus simples, encore albuminoïdes, ni ((ui constituent les diverses peptones,

Ia) premier terme des dédoublements des ull)uminoïdes est la syntonine ou acidalbuniine, dont le poids moléculaire est à peu près deux foÎH moindre que celui de l'albumine initiale.

Lu molécule d'albumine se dédouble donc (lûjh, sous l'influence des acides de l'estomac, en doux molécides de poids moitié plus petit.

(lotte syntonine se transforme par hydrata- [UnxH successives en peptones de poids molécu- WilVH successivement moins élevés qui, de plus, ^out dyi^lisables.

Do nouveau cette molécule peptonisée se disloque , et ce sont ses tronçons qui vont former dans le foie : de la leucine, de la tyrosine, du

glyçocoUe, de la taurine, de l'asparagine, de la cholestérine, du glyeogène, des sucres, des matières grasses dont une partie importante, reprise par le sang, va vivifier les tissus.

Dans la série de ces transformations, certains corps très toxiques sont produits et détruits principalement dans le foie. C'est ainsi qu'il se forme du carbamate d'ammoniaque, corps très toxique du groupe des amides-acides que la cellule hépatique déshydrate et transforme en urée :

Carbamate d'ammoniaque qui donne, par soustraction d'eau,

^^ Az IP

^-^ Az Il«

qui est de l'urée.

Certains corps comme le glycocoUe et la taurine sont transformés en acides biliaires; la leucine, la tyrosine ne paraissent pas devoir être utilisées indirectement et sont transformées en urée dans le foie.

Dès que la glande hépatique est atteinte gravement, on constate, comme Frérichs et

Brouardel l'ont montré, que l'urée diminue considérablement dans l'urine, tandis qu'on y voit apparaître de la leucine, de la tyrosine et des acides amidés qui ne s'y trouvent jamais à l'état de santé, alors la toxémie hépatique est créée.

Rappelons enfin qu'Armand Gautier a montré que les toxalbumines ou toxines, les diastases et les ferments solubles, les venins, les vaccins, les pigments, les leucomaïnes étaient des dérivés immédiats des matières albuminoïdes.

Ces corps peuvent se retrouver dans l'urine normale ou pathologique, mais en proportions ordinairement faibles.

L'urine contient, à elle seule, la presque totalité des sels et des déchets azotés expulsés par l'organisme sain.

Le volume d'une urine normale chez l'homme sain est évalué à environ un litre et demi en vingt-quatre heures ; mais cette quantité est susceptible de variations, comme aussi les chiffres respectifs de chaque produit d'élimination contenus dans l'urine *.

/■■ ^ Le volume moyen par vingt- quatre heures et par '^V kilogi'amme de poids est de 18 à 24 c. c.

A Tétat physiologique, on sait que la quantité d'urine émise pendant la journée est ,plus considérable que pendant le repos ; la différence est dans le rapport de J .

Ce rythme urinaire est troublé toutes les fois que l'élimination est à prédominence nocturne; on dit alors qu'il y a nycturie.

Les malades qui présentent ce symptôme sont ceux dont la pression artérielle affaiblie se relève par le repos au lit, et aussi grâce à l'absorption de certains médicaments pris le soir avant de se coucher.

On l'a signalé dans les affections cardiaques, vasculaires et rénales; dans le diabète, la maladie d'Addison et toutes les cirrhoses (hépatiques, pulmonaires et rénales).

L'urine normale présente une réaction acide, bien qu'elle ne contienne pas d'acide libre.

Cette acidité est due normalement à des sels acides, phosphate acide de soude surtout, que les bases minérales et organiques de Turine sont impuissantes à convertir en sels neutres.

Cette réaction doit être recherchée aussi près que possible du moment de l'émission, car la

fermentation rapide de Turine la rend alcaline.

Les couches supérieures du liquide urinaire étant directement en contact ayec Tair deviennent plus rapidement ammoniacales que les couches profondes, où Ton peut encore retrouver la réaction acide normale.

On se sert de petits fragments de papier bleu de tournesol, qui deviennent rouges à son contact si l'urine est acide, et restent bleus si elle est neutre ou alcaline.

Pour doser l'acidité urinaire, l'on prend 50 c. c. d'urine fraîchement émise, et Ton ajoute un volume égal d'eau distillée; on verse une quantité de tournesol liquide jusqu'à coloration rouge, et on laisse couler, à l'aide de la burette de Mohr, la solution normale * de soude, en agitant ^;;>' le liquide, jusqu'au virage au bleu, terme de la ^<Téaction.

1 c. c. de la solution normale de soude correspond à 0,049 d'acide sulfurique.

^ . ^ Soude 40 grammes ;

( Eau distillée pour 1 000 c. c.

centimètre cube de cette solution correspond donc à ()40 de soude.

Si Ton veut exprimer Tacidité urinaîre en acidité sulfurique et s*il a fiadlu 1 c. c. 6 de solution normale de soude, on aura :

0,049x1,6 = 0,0784 SO*H«

Ce produit, multiplié par 20 , donnera Tacidité

sulfurique par litre :

i gr. 568

L'urine est dite simplement acide lorsque l'acidité est inférieure ou égale à 2 grammes par litre.

Elle est dite hyperacide^ toutes les fois qu'elle est supérieure à 2 grammes par litre.

Le papier rouge de tournesol devient bleu si Turine est alcaline.

L'alimentation peut, normalement, modifier la réaction acide, et les aliments végétaux riches en sels organiques (oxalates, tartrates, citrates, malates) provoquent une réaction alcaline de Turine par leur transformation dans le sang en carbonates alcalins.

L'alimentation camée, protéique, provoque, au contraire , vme acidité urinaire manifeste.

Pathologiquement, l'urine devient alcaline

toutoH los fois qu'il y a déminéralisation de Torj^aiHHine, dans toutes les cachexies, surtout dans la luIxMvulose.

La (loiisilé de Turine oscille normalement niliv i,OI8 et 1,022.

On la dolormine au moyen d'un urinomètre m'inluô pour la température de 15o centigrades; on lail rnsuito les corrections au moyen de la Inhio (Irrssc'c par Bouchardat.

A|)i^s ingestion d'une grande quantité de ImÙnnoii, la densité peut descendre à 1,004, et aprôs une transpiration abondante ou une niarohe forcée remonter à 1,040.

Vax somme, la densité de lurine normale est Hi-nsililini^nt proportionnelle à la quantité de substances dissoutes.

Los corps les plus importants de Turine normale sont Turée, Tacide urique, des phosphates, des sulfates et des chlorures.

On y trouve en faibles proportions de Tacide

hippurique, de la créatinine, des bases xanthiques,

de Tacide oxalique, de Tacide lactique, des acides

. aulfoconjugués , des pigments, des traces de

L*. ferments solubles (pepsine, ptyaline, lab-fer-

mL ment), des carbonates, des traces de silice, de

fer, de Tacide carbonique, un peu d'azote, gazeux et des traces d'oxygène.

Toutes ces substances se retrouvent dans l'urine des vingt-quatre heures, et leur quantité divisée par le poids du sujet donne leurs proportions par kilogramme de poids et par vingtquatre heures; c'est ce qu'on appelle le coefficient du poids.

Il faut savoir que les chiffres qui représentent ces corps sont variables suivant Tâge, le sexe, les climats, l'alimentation, l'état de veille ou de sommeil, le travail fourni et bien d'autres considérations encore*, d'où la nécessité d'opérer toujours l'analyse sur une urine de vingt-quatre heures-.

* La station debout (orthostatisme) apporte au fonctionnement du rein une gêne très sensible ; la sécrétion de l'eau est seule sensiblement gênée (20 p. 100) chez des sujets à reins normaux , tandis que chez les sujets dont les reins sont malades on constate non seulement une diminution encore plus prononcée de la sécrétion de Teau, mais en outre il se produit une diminution dans la sécrétion de l'urée et des autres matériaux de l'urine.

2 Le cycle des transformations ne serait même pas complet dans les vingt-quatre heures , et la valeur réelle d'un coefficient urinaive ne pourrait être. déterminée que

Si nous voulons un exemple frappant de ces variations, nous n'avons qu'à comparer les quantités d'urée (dernier terme d'utilisation azotée régulière) que rejettent les peuples voisins.

Nous constaterons que l'Anglais, l'Allemand et le Français présentent des différences considérables.

Ainsi, tandis que Becquerel donne pour le Français de 28 à 30 grammes d'urée pour vingtquatre heures, Harley signale pour l'Anglais environ .50 grammes, dans le même temps et pour le même produit, et Lehmann 70 grammes environ pour l'Allemand.

Les conditions d'existence, d'alimentation, de travail sont différentes chez ces divers hommes, et c'est là l'explication de ces variations.

Le nouveau -né, d'après Robin, absorberait, par kilogramme de son poids, plus d'oxygène, deux fois plus d'azote que l'adulte, et excréterait six fois moins d'urée; ici, les phénomènes d'assimilation l'emportent sur la désassimilation.

par l'analyse successive et quotidienne de Furine totale émise pendant deux et trois jours.

Des différences semblables accompagnent Télimination des autres produits d'excrétion de l'urine .

Ces variations, quoique plus faibles, n'en existent pas moins lorsqu'on compare entre eux les individus d'un même milieu, mais d'âge, de sexe et d'activité différents.

Dans nos régions , pour un adulte normal , la moyenne du poids des matériaux solides de l'urine qui expriment la somme totale des échanges est de 53 à 58 grammes pour vingtquatre heures, et de gr. 824 à gr. 895 par kilogramme du poids.

La moyenne du poids des matières organiques (échanges organiques) est de 37 à 39 grammes par vingt-quatre heures et de gr. 564 à gr. 605 par kilogramme du poids.

La moyenne du poids des matières inorganiques (échanges inorganiques) est de 16 gr. 9 à 18 gr. 8 par vingt-quatre heures, et de gr, 260 à gr. 289 par kilogramme du poids (A. Robin).

Il n'existe donc pas de type fixe et absolu d'urine normale.

A Albert Robin revient le mérite d'avoir montré ce qui reste fixe et invariable dans l'or-

gânisme sain ; ce sont les rapports entre les différentes quantités de substances éliminées.

Chaque fois que ces rapports seront détruits, c'est que la vie cellulaire sera perturbée.

Nous verrons, en effet, que chaque maladie modifie les rapports urologiques.

Une bonne analyse d'urine permet de mesurer non seulement les actes généraux des échanges organiques, mais encore les activités particulières de la plupart des organes. Ainsi la désassimilation exagérée de la matière nerveuse, qui est , comme on le sait , composée d'albuminoïde», de graisses phosphorées, de sels minéraux, parmi lesquels la magnésie et Tacide phosphorique en très fortes proportions, se traduit urologiquement par une augmentation du rapport de Facide phosphorique et de la magnésie à r azote total.

Sans contenir d'éléments anormaux (albumines , peptones , albumoses , sucres , acétone, acides biliaires, pigments biliaires, urobiline, indican, acide oxalique, etc.),. une urine pourra donc être anormale.

On admet qu'à l'état de santé, avec un bilan nutritif normal, l'organisme humain rejette ses

différents produits d'élimination dans les proportions ou rapports suivants :

Az urée 85

Az total 100

Acide urique 1

Urée ~~~W

Acide phosphorique 1

Ûréë ~'~8~

Chlorures 1

Acide sulfurique 1

Urée ~~8"

Matières minérales 1

Matières dissoutes 4

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RAPPORTS UROLOGIQDKS 29

A mesure que les phénomènes d'hydrolyse et d'oxydation seront plus parfaits, l'azote urée tendra k devenir égal à Tazote total, et le rap- P^^^ -^totir s® rapprochera de l'unité.

On a donné le nom de coefficient d'utilisation azotée à ce quotient.

Ce rapport, ce coefficient d'utilisation azotée ^ varie un peu chez les individus sains; mais 0,87 est le chiffre moyen. Chez le soldat, qui brûle ses aliments presque complètement, il devient 0,90.

La quantité d'urée éliminée en vingt -quatre heures est très variable, suivant la nature de l'alimentation, et elle peut atteindre 80 grammes avec une nourriture animale abondante, tandis qu'une nourriture végétale ou le jeûne peuvent la réduire jusqu'à 6 grammes environ.

L'ingestion d'une grande quantité d'eau ou de diurétiques augmente l'élimination de l'urée.

Le travail musculaire modéré augmente ce coefficient; la fatigue l'abaisse.

Les ferrugineux, les chlorures alcalins, la colchique, augmentent la proportion de l'urée.

Le café, le thé, la kola, les carbonates alcalins, les bromures, lés iodures la diminuent.

ÉTUDE DES DIFFËRBIITS RAPPORTS UROLOGIQUES

i>.»»»*t . Aeote urée 8S ^PP°'*- Azote total - ÏÔÔ

Si Forganisme était parfait, à l'état d'équilibre physiologique, on devrait montrer que la quantité d'azote éliminée sous forme d'urée correspond à celle ingérée sous forme d'aliments.

En réalité, cette vérification n'est pas faite; l'écart subsistant entre l'azote total éliminé et l'azote rejeté sous forme d'urée mesure le déchet normal.

L'azote total mesure l'activité de désassimilation des albuminoïdes , l'azote urée mesure leur utilisation.

RAPPORTS UROLOGIQUES 29

A mesure que les phénomènes d'hydrolyse et d'oxydation seront plus parfaits, Tazote urée tendra à devenir égal à l'azote total, et le rap- P^^^ S^ttr s^ rapprochera de l'unité.

On a donné le nom de coefficient d'utilisation azotée à ce quotient.

Ce rapport, ce coefficient d'utilisation azotée , varie un peu chez les individus sains; mais 0,87 est le chiffre moyen. Chez le soldat, qui brûle ses aliments presque complètement, il devient 0,90.

La quantité d'urée éliminée en vingt -quatre heures est très variable, suivant la nature de l'alimentation, et elle peut atteindre 80 grammes avec une nourriture animale abondante, tandis qu'une nourriture végétale ou le jeûne peuvent la réduire jusqu'à 6 grammes environ.

L'ingestion d'une grande quantité d'eau ou de diurétiques augmente l'élimination de l'urée.

Le travail muscidaire modéré augmente ce coefficient; la fatigue l'abaisse.

Les ferrugineux, les chlorures alcalins, la colchique, augmentent la proportion de l'urée.

Le café, le thé, la kola, les carbonates alcalins, les bromures, les iodures la diminuent.

'4i) RAPPORTS UROLOGIQUES

Dan» leb étais fébriles, l'urée augmente au début } baisse dang la période d'état et redevient normale et même exagérée au début de la convalescence.

Déjà, en 1877, Robin avait montré que vers la fin des états infectieux qui doivent guérir, il se produisait de véritables décharges précritiques qui se caractérisaient par des proportions d'urée excessives allant jusqu'à 40 grammes par litre. En versant dans l'urine, qui contient de l'urée en excès, une petite quantité d'acide nitrique, on précipite une masse cristalline et brillante qui n'est autre chose que de l'azotate d'urée.

Cet élément de pronostic représente une réelle valeur.

Dans les Mnin fébrile», en général, les produits d'excr/ttion fl/otée autres que l'urée sont en proportion pbi» forte qu'à l'état de santé.

Dan» h iiUi\tHti »ti(;ré, l'urée peut atteindre 60 gramrm*» p«r jour; h la période d'état, Robin a montré que la déHaHMimilation totale est augmentée, que le» déchet» azoté» s'accroissent finalement, et que le coefficient d'utilisation azotée a été souvent trouvé égal à 0,90.

RAPPORTS UROLOGIQUES 31

Cette utilisation azotée, dans le diabète sucré, paraît être une circonstance heureuse, car Robin a remarqué que chaque fois que ce coefficient baissait dans le voisinage de 0,80 à 0,82, les phénomènes cachectiques suivaient.

Dans la tuberculose, les anémies, l'hystérie, l'obésité, l'urée peut baisser considérablement.

Dans le diabète azoturique, elle peut atteindre 70 et 80 grammes par jour.

Lorsqu'ils se cachectisent , les brightiques peuvent rendre des quantités d'urée de beaucoup supérieures à celles qu'ils devraient éliminer d'après leur alimentation. Cet excès est dû surtout à la fonte musculaire.

Dans les intoxications, elle baisse et parait, dans certains cas, même disparaître.

L'antipyrine , k la dose de 2 grammes, fait tomber le coefficient à 0,75; l'acide phénique, la résorcine également, d'où une contre -indication de ces médicaments dans les états infectieux et surtout la fièvre typhoïde , qui abaisse beaucoup le coefficient d'utilisation azotée dans la période d'état.

L'antipyrine rendra, d'autre part, quelque

32 RAPPORTS UROLOGIQUES

service chez les diabétiques dont le coefGcient azoté sera trop élevé.

Parmi ces diabétiques cependant, il en est pour qui ce médicament est plutôt défavorable, l'urologie les désignera:

On dose journellement le sucre, et Ton mesure la quantité et la densité de Turine.

L'action de Tantipyrine est favorable, d'après A. Robin, quand, pendant les trois premiers jours de son emploi, la quantité, la densité urinaire et le taux du sucre s'abaissent parallèlement; mais si, même avec une certaine diminution du taux du sucre et du volume de Turine, Ton voit la densité s'élever, il importe de supprimer l'administration de l'antipyrine, dont les effets nuls alors deviendraient nuisibles, engendrant même une légère albuminurie.

La fermentation de l'urine par Turéase, sécrétée par différents microorganismes, transforme \ti molécule d'urée en carbonate d'ammoniaque on rhydratant :

CO

Az II*

^ OAz H*

Az H« ^

\OAz H^

RAPPORTS UROLOGIQUES 33

En clinique, on recherche et Ton dose l'urée au moyen de Thypobromite de sodium.

Cette réaction est basée sur la propriété que possèdent les hypobromites alcalins de décomposer l'urée en anhydride carbonique et en azote, Tazote se dégageant seul lorsque le réactif est suffisamment alcalin.

Un volume d'azote correspond à un poids d'urée.

La meilleure formule de Thypobromite de soude a été donnée par Yvon :

Lessive de soude à 36°. . . bO grammes.

Eau distillée ....... iOO grammes.

Brome 5 centigrammes.

Le réactif récemment préparé est jaune et doit être remplacé dès qu'il a perdu sa couleur,

11 faut le conserver à Tabri de l'air et de la lumière.

Les uréomètres sont nombreux; mais le plus simple et le plus pratique est Turéomètre d'Esbach, c'est celui qui sert en clinique. C'est un tube de verre long de 30 centimètres, d'une capacité de 30 centimètres cubes divisés en dixièmes de centimètres cubes.

34 RAPPORTS UROLOGIQUES

Pour doser exactement l'urée, il faudrait déféquer Turine au moyen du sous -acétate de plomb, car les composés et dérivés uriques sont également décomposés par Thypobromite alcalin ; mais , dans la plupart des cas , en pratique courante, on dose approximativement Turée et Ton néglige cette précaution.

Le dosage exact de l'urée n*est réservé qu'à certains cas spéciaux.

L'urine dont on doit doser Turée ne doit pas contenir d'albumine.

Si l'urine est albumineuse , si elle contient du sang ou du pus, il faut €n porter un volume déterminé au bain -marie bouillant pendant un quart d'heure, laisser refroidir et ramener au volume primitif par addition d'eau distillée; on filtre ensuite, et l'urine peut alors servir au dosage.

Pour doser l'urée, on verse dans l'uréomètre d'Esbach d'abord 7 c. c. de la solution d'hypobromite, on ajoute ensuite lentement 7 c. c.

d'une solution sucrée au dixième (Méhu ayant montré que rhypobromite dégageait tout l'azote de l'urée en présence de la glycose ou de la saccharose, alors qu'en présence de l'eau seule il

RAPPORTS UROLOGIQUES 35

n'en dégage que les 92 centièmes), puis enfin 1 c. c. d'urine.

On ferme immédiatement l'ouverture du tube k l'aide du pouce muni d'un doigtier en caoutchouc, on provoque la réaction par des mouvements non saccadés de renversement et de redressement du tube.

Au bout de quelques instants, la réaction est terminée; on ne voit plus de bulles gazeuses traverser le liquide.

On redresse le tube, la main en bas, et l'on vient le déboucher dans un bain d'eau.

On constate alors un brusque abaissement de la colonne liquide dû à la pression du gaz qui la surmonte et qui prend le volume que lui permet la pression atmosphérique du moment.

On couche légèrement le tube de façon à faire coïncider sensiblement les deux niveaux intérieur et extérieur.

On ferme l'ouverture du tube à l'aide du pouce, comme au début de l'opération, et l'on renverse l'uréomètre.

On enlève le pouce obturateur, et on lit le point d'affleurement du liquide restant, qui sera^ supposons -le, 110. ;

36 RAPPORTS UROLOGIQUES

Le point d'affleurement du liquide, au début de l'opération, était 150.

L'urée que contenait un centimètre cube de lurine à doser a donc dégagé un volume d'azote égal à la différence entre les deux volumes 150 et 110, c'est-à-dire 4 c. c.

Ce volume d'azote varie, bien entendu, avec la température, la pression atmosphérique, l'état hygrométrique de l'air. Le poids d'urée correspondant à un volume d'azote a été calculé pour la température Oo et pour la pression de 760 millimètres; il faudrait ramener, par le calcul, la température du moment à 0° et la pression à 760 millimètres.

On évite, en clinique, ces corrections assez longues en consultant le baroscope d'Esbach, et au moyen de ses tables baroscopiques on a le chiffre d'urée correspondant par litre d'urine.

Si Ton veut déféquer Turine pour ne doser exactement que l'urée, on prend 10 c. c. d urine, on y ajoute 6 c. c. de sous -acétate de plomb, 4 c. c. de sulfate de soude en solution au |^ , on filtre, on ramène au volume de 20 c. c. avec de l'eau distillée , et l'on verse dans l'uréomètre

RAPPORTS UROLOGIQUES 37

7 c. c. de solution d'hypobromite , 6 c. c. d'eau sucrée, et 2 c. c. d'urine déféquée et filtrée; on fait la réaction comme précédemment, et le volume d'azote dégagé correspond à celui réellement fourni par 1 c. c. de lurine.

Pour doser l'azote total on emploie le procédé de Kjeldahl, qui est le plus pratique.

Le dosage de l'azote total par la méthode de Kjeldahl comporte les deux opérations suivantes :

Destruction de la matière organique et mise en liberté de l'azote sous forme d'un composé ammoniacal ;

Dosage du sel ammoniacal formé.

La technique définitive a été établie par Denigès et Moreigne.

Voici le manuel opératoire de Vieillard : Dans un ballon à long col, d'une capacité de 375 c. c. environ, on introduit successivement 10 c. c. d'urine, Sec. d'acide sulfurique pur, puis 10 c. c. d'une solution à 3 0/0 d'oxalate neutre de potasse.

On porte alors le ballon ôur un brûleur Bunsen, en le protégeant du feu par une double toile métallique.

Guide prat. d'Urologie clinliiue. 2

38 RAPPORTS UROLOGIQUES

L'eau s'évapore tout d'abord, puis la masse se boursoufle et mousse abondamment, surtout avec les urines qui renferment du sucre ou de l'albumine.

Au moment où, la mousse tombée, Tacide sulfurique commence à émettre des vapeurs, on place sur Touverture du ballon un petit entonnoir à douille taillée en biseau pour permettre à l'acide sulfurique condensé de retomber dans le ballon, et on élève la température au voisinage du point d'ébuUition de l'acide. On laisse alors l'opération se continuer toute seule, et l'on reconnaît qu'elle est terminée lorsque le liquide est complètement décoloré, ce qui ne demande jamais plus d'une heure à une heure et demie.

Le liquide qui reste au fond du ballon renferme, à l'état de sulfate d'ammoniaque, tout l'azote des 10 c. c. de l'urine primitive.

Pour doser maintenant, par l'hypobromite , l'azote de ce sel ammoniacal, voici comment on opère :

Au liquide acide, non encore refroidi, on ajoute un peu d'eau distillée tiède, et Ton complète, avec les eaux de lavage du ballon, un

RAPPORTS UROLOGIQUES 39

volume très exact de 50 c. c. Dans ces conditions, 10 c. c. de cette solution correspondent à 2 c. c. de Turine primitive. On prélève ces 10 c. c. au moyen d'une pipette, et on les introduit directement dans le gazogène de Turéomètre de Moreigne, avec ime ou deux gouttes de phtaléine. Cela fait, on ajoute avec précaution et goutte à goutte de la lessive de soude jusqu'à saturation indiquée par la persistance de la teinte rouge, que l'on fait ensuite disparaître avec quelques gouttes d'acide sulfurique au dixième. Le liquide ammoniacal est alors prêt à être décomposé dans Turéomètre, par l'hypobromite de soude.

Supposons maintenant la réaction terminée dans l'uréomètre, comment en traduire les résultats?

On fera le dosage comparatif en opérant sur une solution titrée de sel ammoniacal :

Sulfate d^ammoniaque pur et sec. . 4,714 Eau distillée, q. s. pour 200 c. c.

La formule du sulfate d'ammoniaque étant :

(AzH*)«SO* = 132

40 RAPPORTS UROLOGIQUES

il est facile de voir que 132 grammes de ce sel renferment deux équivalents d'azote, soit 28 grammes, d'où Ton tire que 4,714 en renferment un gramme environ. Par conséquent, 2 c. c. de la solution titrée correspondent à \in centigramme d'azote; comme d'ailleurs 1 c. c. d'azote à Oo et à la pression de 760""" pèse environ 1/8 de centigramme, il faudrait exactement 8 c. c. de ce gaz pour un centigramme d'azote si l'on opérait à cette température et à cette pression, ou environ 8 c. c. 5 pour la température moyenne de -|- 15o.

On n'a ici à se préoccuper ni de la température, ni de la pression. On introduit dans l'uréomètre 2 c. c. de la solution de sulfate d'ammoniaque, et l'on note le volume d'azote dégagé, soit par exemple 8 c. c. ; on sait que ces 8 c. c. correspondent à un centigramme d'azote.

Répétant maintenant dans les mêmes conditions sur le liquide correspondant à 2 c. c.

d'urine, supposons que l'on ait 30 c. c. d'azote dégagé, on pourra écrire :

RAPPORTS UROLOGIQUES 41

C'est-à-dire que 2 c. c. d urine contiennent 0,0375 d'azote, d'où 1 c. c. en contient :

et 1000 c. c. en contiendront 18 gr. 75.

■^-P"" ■■ ^ Prtf^" = è-

L'acide urique est probablement une des phases de transformation des matériaux azotés aboutissant à la formation de l'urée.

Par hydratation et oxydation successives, l'acide urique se transforme en urée.

Une urine normale contient quarante fois moins d'acide urique que d'urée par litre.

Tout ce qui entrave simultanément les phénomènes d'hydratation et d'oxydation surtout, augmente la proportion de l'acide urique et diminue l'urée.

L'acide urique, la xanthine, qui est également un uréide, s'accumulent alors dans les tissus ou passent dans les urines en quantité surabon^ dante.

L'acide urique existe dans l'urine à l'état d'urates alcalins.

RAPPORTS UR0L06IQUËS 43

Dans les tissus, dans la vessie et à Texte* rieur, grâce à certaines réactions acides , on le trouve quelquefois précipité à l'état d'acide urique.

Par le refroidissement de l'urine , il se dépose sous forme d'urate de soude. Il n'est soluble dans l'urine qu'à la favem* de l'alcalinité du phosphate de soude, avec lequel il forme de l'urate de soude et du phosphate acide qui donne à l'urine normale son acidité propre.

La lithine donne, avec l'acide urique, de l'urate de lithine, combinaison assez soluble utilisée en thérapeutique.

Chez les arthritiques, l'urine dépose de l'acide urique sous forme de précipité rouge brique (coloré par l'uroérythrine).

Les maladies chroniques avec ralentissement de l'activité hépatique, l'arthrite à la période d'acuité, la quinine, l'atropine, abaissent le taux d'excrétion de l'acide urique.

Les affections cardiaques l'augmentent.

Les maladies infectieuses, la leucémie, Taugmentent également par destruction des nucléînes des leucocytes plus abondants. ■

L'acide nucléinique, élément fondamental des

44 RAPPORTS UROLOGIQUES

nucléineSy présente un pouvoir de dissolution très marqué de l'acide urique.

Les arthritiques qui absorbent du rix, de veau voient le taux de leur acide urique excrété s'élever jusqu'à 2 grammes par vingt-quatre heures ; le thymus est, en effet, un organe des plus riches en acide nucléinique.

Une nourriture exclusivement carnée l'augmente fortement.

Ceux qui s'alimentent trop et qui, par conséquent, abaissent leur coefficient d'oxydation générale en augmentant la quantité de matériaux à désassimiler, l'augmentent également.

Toutes les fois que, d'une façon permanente, on trouve une augmentation du rapport ^^^^^^^^ , on est en droit de conclure à une diathèse retardante avec prédisposition à la goutte (uricémie).

Les uricémiques, au début, éliminent, en vingt-quatre heures, moins d'urine qu'ils ne devraient; l'eau surtout n'est pas suffisamment abondante. C'est Gautrelet qui a signalé Voliffurie prégoutteuse.

Toutes les fois que la nutrition est ralentie.

RAPPORTS UROLOGIQUES 45

on peut trouver de la gravelle urique et oxalique.

La proportion d'acide urique et aussi d'acide oxalique (qui est normalement d'environ 0,02 par litre) augmente.

Cependant il faut, lorsqu'on examine une urine présentant un dépôt rouge brique, ne pas se hâter de. conclure à une teneur exagérée en acide urique ; car si cette urine est peu abondante, si elle présente une acidité exagérée, elle peut déposer des cristaux d'acide urique sans que le chiffre absolu d'acide urique soit augmenté.

Pour reconnaître Facide urique soit à l'état d'acide urique, soit à Tétat d'urates, on met dans une capsule de porcelaine soit un peu de dépôt ou sédiment de l'urine , on l'humecte avec quelques gouttes d'eau bromée (S à 6 gouttes de brome dans 100 c. c. d'eau distillée), on chauffe modérément jusqu'à siccité, et Ton obtient un résidu rouge brique ; on ajoute alors à ce résidu une goutte d'ammoniaque très étendue, et l'on observe immédiatement une belle coloration rouge pourpre (réaction de la murexide).

Pour doser l'acide urique ou les urates, on les transforme en iu*ate acide d'ammoniaque.

46 RAPPORTS UROLOGIQUES

Après avoîr éliminé Falbumine, s'il y a lieu, on prend 100 c. c. d'urine , on y ajoute 10 grammes de sulfate d'ammoniaque pulvérisé, on agite et Ton abandonne au repos pendant deux heures environ; on jette le précipité sur un filtre, on le lave avec 50 c. c. environ de solution aqueuse de sulfate d^ammoniaque à -^, on dissout le précipité sur le filtre avec de l'eau bouillante légèrement alcaline , on laisse refroidir, et l'on complète le volume à 100 c. c. On prend cette liqueur, on y ajoute IS c. c. d'acide sulfurique, — la température du mélange se trouve portée à 60° environ, — on laisse couler une solution de permanganate de potasse sur ce mélange jusqu'à coloration rose persistante; cette coloration persiste lorsque l'urate est complètement détruit, c'est le terme de la réaction.

La solution de permanganate de potasse est au millième.

S'il a fallu 2S c. c. de solution titrée, 1 c. c. correspondant à 0,00222 d'acide urique, 25 c. c. correspondent à 0,00222X25 = 0,04550.

A ce résultat il faut ajouter 1 milligramme pour compenser la perte par solubilité de l'urate d'ammoniaque .

RAPPORTS UROLOGIQUES 47

On a alors 0,04650 d'acide urique pour 100 c. c. d'urine, et 0,46 d'acide urique par litre d'urine.

Pour doser Tacide oxalique , on acidulé légèrement l'urine par de l'acide chlorhydrique pour dissoudre le dépôt d'oxalate de chaux qui aurait pu se former, et l'on filtre.

On prend 100 c. c. de la liqueur filtrée qu'on alcalinise par de l'ammoniaque, on ajoute une solution de chlorure de calcium à ^j^ô, on acidulé fortement par l'acide acétique, on laisse au repos pendant vingt -quatre heures, on recueille ensuite le précipité cristallisé d'oxalate de chaux, on le lave à l'eau distillée, on sèche et l'on calcine sans dépasser le rouge sombre ; le résidu est humecté avec du carbonate d'ammoniaque, on calcine à nouveau très légèrement, et l'on pèse : le poids de carbonate de chaux formé multiplié par 1,08 donne le poids d'acide oxalique dans 100 c. c. d'urine.

En dehors de la diathèse oxalurique, on rencontre des oxalates dans l'urine en assez forte proportion après l'ingestion de certains fruits, d'épinards et de fortes quantités de sucre.

50 RAPPORTS UR0L06IQUES

Toutes les pyrexies amènent une diminution manifeste des phosphates urinaires, et cependant la fièvre provoque toujoiu*s une désassimilation exagérée; mais l'insuffisance des mutations nutritives qui accompagne toujours les phénomènes fébriles accumule dans les tissus et le sérum qu'il encombre le phosphore à l'état de phosphore organique imparfaitement désassimilé.

L'abondance des phosphates urinaires est donc fonction de deux facteurs :

lo Quantité de phosphore désassimilé au niveau des tissus; 2o intensité des processus de simplification des molécules phosphorées en voie de désassimilation.

Si, comme dans la fièvre, une partie importante reste dans l'organisme à l'état de phosphore organique incomplètement désassimilé, son élimination urinaire baissera d'autant, et lorsque la guérîson surviendra , l'économie se débarrassera et brûlera toutes les substances qui l'encombrent, provoquant une véritable décharge phosphaturique .

Dans les états chroniques, il faut admettre que la quantité de phosphates urinaires est égale

RAPPORTS UROLOGIQUES 51

à celle du phosphore désassimilé, car Taccumulation intraorganique prolongée de ces déchets engendrerait un état de sursaturation incompatible avec la vie. (Gouraud.)

Le diabète azoturique , la tuberculose , la goutte, peuvent accompagner la phosphaturie.

Yemeuil a signalé du retard dans la formation du cal chez les fracturés phosphaturiques.

Le travail musculaire et lalimentation camée augmentent Télimination phosphorique.

Les neurasthéniques , les dyspeptiques ont fréquemment des urines lactescentes, alcalines, et c'est cette alcalinité même qui produit la précipitation des phosphates terreux, provoquant souvent des mictions douloureuses et tous les symptômes de cystite calculeuse passagère.

A. Robin a signalé la phosphaturie crayeuse chez les hyperchlorhydriques.

Quelques gouttes d'acide azotique dans ces urines suffisent à dissiper ce trouble lactescent en redissolvant les phosphates précipités.

A l'état normal , le rapport des phosphates terreux aux phosphates alcalins est égal à -|- ; le travail cérébral intense et les affections nerveuses, l'épilepsie, l'hystérie après les crises, la

52 RAPPORTS UROLOGIQUES

lypémanie, détruisent ce raj^rt et le renversent.

Pendant la période d^inrasion de la tuberculose pulmonaire, on observe une élimination abondante de phospbates et surtout de phosphates terreux.

Certains médicaments : sulfate de soude , alcool, acide salie jlique, augmentent l'élimination de Tacide phosphorique; d*autres, le bicarbonate de chaux, de magnésie, le citrate de potasse, le chlorure de potasse, la cocaïne, la diminuent.

Rommelaëre a signalé Thypophosphaturie dans les néoplasmes malins , en particulier dans le carcinome.

Dans la diathèse urique , l'excrétion de l'acide urique est forte, et celle des phosphates alcalins ne varie pas. Ce rapport de l'acide urique à l'acide phosphorique des phosphates neutres et alcalins oscille normalement entre 0,20 et 0,3S ; il est connu sous le nom de coefficient de Zcrner^ et peut atteindre dans la goutte un chiffre très élevé.

Pour doser Tacide phosphorique, on le précipite à Tétat de phosphate d'urane.

On commence par ajouter à l'urine quelques

RAPPORTS UROLOGIQUES 53

gouttes d'acide acétique si elle est trouble , et Ton filtre.

Si Turine contient de l'albumine, on l'élimine par la chaleur.

On prend 50 c. c, d'urine, et l'on ajoute 5 c. c. de la solution d'acétate suivante :

f Acétate de soude 50 grammes.

Sol. } Acide acétique cristallisé. . 50 »

( Eau distillée pour 500 ce.

On chauffe presque à FébuUition , on laisse tomber goutte à goutte une solution d'acétate d'urane :

t Oxyde d'urane 20 grammes 3,

Sol. < Acide acétique q. s.

( Eau distillée pour. ... 1 000 c. c.

dont 1 c. c. correspond à 0,005 d'acide phosphorique, jusqu'à ce qu'en pratiquant sur une feuille de papier blanc l'essai du mélange avec une solution de ferrocyanure de potassium au ^^^ on arrive à la coloration jaune chamois, terme de la réaction.

S'il a fallu 20 c. c. de solution uranicpie , 1 c. c. de solution titrée correspondant à 0,005

54 RAPPORTS DROLOGIQUES

d'acide phosphorique , 20 c. c. correspondront à 0,005 X20, c'est-à-dire 0,10.

L'opération étant faite pour 50 c. c. d'urine, il faudra multiplier ce résultat par 20 pour avoir le poids de l'acide phosphorique contenu dans un litre, soit 2 grammes.

Rapport: Chlorures

Urée

Une urine normale contient trois fois plus d'urée que de chlorures, c'est-à-dire 7 à 8 grammes par litre, environ.

C'est à l'état de chlorure de sodium principalement qu'on rencontre les chlorures combinés dans l'organisme et par conséquent dans l'urine.

On admet aujourd'hui le rôle prédominant joué par le chlorure de sodium dans le maintien de l'équilibre osmotique des liquides des tissus vivants (Achard).

La quantité de chlorures éliminés dépend d'abord de la quantité ingérée avec l'alimentation.

Les chlorures sont en faibles proportions dans l'urine pendant le jeûne et le régime lacté.

Après l'hémorragie , les chlorures diminuent dans l'urine pendant un certain temps , les chlo-

56 RAPPORTS UROLOGIQUES

rures des aliments devant être en partie utilisés à la réparation sanguine.

Les diarrhées abondantes et la formation rapide d'épanchements diminuent la proportion des chlorures; mais dès que ces épanchements se résorbent, les chlorures augmentent dans Turine.

Dans les affections fébriles , la chlorurie diminue ; dans la pneumonie , les chlorures peuvent disparaître presque complètement de lurine.

Pendant la convalescence des maladies fébriles, il se produit une véritable décharge de chlorure de sodium.

Lorsque Thypochlorurie se produit d'une façon graduelle et progressive, on peut soupçonner une période d'incubation d'un travail inflammatoire qui pourra aboutir à la purulence.

Le phénomène de la rétention des chlorures chez les fébricitants et les brightiques aurait une importance de premier ordre en clinique, car il serait chez les brightiques surtout le fond de la physiopathologie des œdèmes ; les auteurs ont montré, dans ce cas, les heureux effets d'une alimentation déchlorurée sur l'œdème et

RAPPORTS UROLOGIQUES 57

ralbuminurie de la néphrite parenehymateuse , en même temps qu'ils signalaient le danger des injections de sérum artificiel chez les sujets porteurs de lésions rénales.

La chlorurémie artificielle peut même déterminer, d'emblée, de Talbuminurie.

Castaigne et Rathery ont montré dans leur important travail que, chez des sujets atteints de néphrite interstitielle, sans albuminurie, ou ayant un épithélium rénal spécialement fragile , l'épreuve de la chlorurémie alimentaire fait apparaître Talbumine d'une façon passagère dans les urines.

Chez des brigh tiques avec œdème, l'épreuve de la chlorurémie alimentaire continuée pendant plusieurs jours fait augmenter les œdèmes et l'albuminurie.

Chez des patients atteints de néphrite atrophique lente , on a constaté des accidents urémiques mortels à la suite de l'injection massive de sérum artificiel.

Les diurétiques les plus actifs , comme la théobromine, sont aussi ceux qui font éliminer lé plus de chlorure de sodium.

Dans les maladies chroniques, où la nutri-

58 RAPPORTS UROLOGIQUES

tion languit , on trouve en même temps une diminution de Turée et des chlorures.

La diminution permanente des chlorures peut aussi faire soupçonner la présence d'un néoplasme aflfectant un organe essentiel.

Ventuajol et Labonne ont constaté, après des vomissements abondants, une disparition presque complète des chlorures de Furine.

Pour doser les chlorures, on les transforme à Fétat de chlorure d'argent.

On prend 10 c. c. d'urine filtrée, on y ajoute trois gouttes d'acide sulfurîque et dix centigrammes de permanganate de potasse, pour détruire les matières organiques qui précipitent les sels d'argent, on porte à l'ébuUition pendant quelques minutes, on retire du feu, on ajoute du carbonate de chaux pour saturer l'acide sulfurique, et, lorsqu'il ne se produit plus de dégagement d'acide carbonique, on étend d'un peu d'eau distillée, et l'on filtre; on ajoute au tout quelques gouttes d'une solution de chromate de potassium (jaune) au -^, et l'on fait couler la solution argentique. On agite à mesure, jusqu'à coloration rouge brique persistante (formation de chromate d'argent), terme de la réaction.

RAPPORTS UROLOGIQUES 59

S'il a fallu 10 c. c. de solution titrée argentique, 1 c. c. de la solution argentique décinormale correspond à 0,00585 de chlorure de sodium, 10 c. c. correspondent à 0,0085 X 10, c'est-à-dire à 0,0585 pour 10 c. c. d'urine et à 5 gr., 85 par litre d'urine.

Rapport : Acide sulftirigue ± ~FP"^ Urée 8

La molécule albuminoïde contenant du soufre, on peut prévoir que les variations de lurée suivront celles de Tacide sulfurique.

L'acide sulfurique de l'urine provient presque exclusivement de Toxvdation du soufre des matières albuminoïdes , et ses variations journalières sont parallèles à celles de l'azote urinaire.

Il est donc naturel de constater qu'ime alimentation animale augmente la proportion d'acide sulfurique des urines, tandis que le jeûne et une alimentation végétale la diminuent.

Une urine normale contient ordinairement huit fois plus d'urée que d'acide sulfurique, à l'état de sulfates alcalins surtout.

L'acide sulfurique augmente dans certaines affections chroniques, le diabète insipide, et dans

RAPPORTS UROLOGIQUES 61

les maladies fébriles aiguës; il diminue dans les affections chroniques du rein.

Le soufre se rencontre dans Turine aussi sous forme d'acides sulfo- conjugués en proportions très faibles par rapport aux sulfates alcalins et dans la proportion de -^^ ; ce nouveau coefficient, c'est le coefficient de Baumann,

Le coefficient de Baumann est susceptible de variations assez fortes toutes les fois que la dévolution intestinale est défectueuse , toutes les fois que de grandes suppurations envahissent l'organisme et aussi après l'emploi de Tacide phénique , du naphtol , de la résorcine et de l'acide salicylique.

D'une manière générale, toutes les fois qu'il y a production de fermentations microbiennes dans l'organisme et que , par suite , des produits à fonction phénol, tels que l'indol, le scatol, le phénol se forment en quantité notable, la proportion des acides sulfoconjugués augmente.

Ou dose Tacide sulfurique de l'urine par pesée à l'état de sulfate de baryum.

On met 20 c. c. d'urine dans une capsule, au bain -marie, on porte à l'ébullition , on laisse tomber goutte à goutte la solution de chlorure

62 RAPPORTS UROLOGIQUES

de baryum (solution au -Jq-), de façon à ne pas interrompre TébuUition et sans se préoccuper s'il y a un excès de liqueur de chlorure de baryum; le précipité de sulfate de baryte se rassemble au fond de la capsule. On laisse reposer, on décante le liquide surnageant, on jette le précipité sur un petit filtre Berzélius, on lave à Teau bouillante jusqu'à ce que le liquide laveur ne soit plus acide.

On dessèche à Tétuve, on calcine le filtre et le précipité dans un creuset, et Ton pèse.

1 gramme de sulfate de baryte correspond, à 0,42 d'acide sulfurique.

Le poids du précipité sera multiplié par 50 et donnera le poids d'acide sulfurique par litre d'urine.

RaDDort • Matières minérales JL^ ^^ ' Matières dissoutes "~ 4

Ce coefficient est Tun des plus importants ; c'est Robin qui Ta mis en évidence et Fa appelé coefficient de déminéralisation.

Lorsqu'on dose aussi exactement que possible les substances que contient une urine , aussi bien les substances organiques que les substances minérales , et si Ton fait ensuite la somme de tous les résultats, on est frappé souvent de Técart considérable qui existe entre le total des corps dosés et l'extrait sec obtenu à lOOo.

On trouve souvent une différence qui jpeut varier de 3 à 10 grammes.

Sans cette inconnue, la formule "^^^^^^^^^

' matière organique

est ordinairement égale à -|- ; avec elle , elle devient sensiblement égale à -^-•

Le professeur Huguet a cherché à découvrir

64 RAPPORTS UROLOGIQUES

cette inconnue, et a montré que les pigments et certaines substances que Ton englobait sous le nom d'extractif étaient précisément ce qui échappait au dosage et constituait la cause de Terreur apparente.

L'homme normal rejette chez nous une quarantaine de grammes de matières dissoutes, par litre d'urine , sur lesquelles une dizaine de grammes représentent des matières minérales.

Normalement donc, 25 0/0 du résidu solide sont constitués par des matières minérales.

Dans le diabète, ce coefficient peut s'élever k 40 0/0, et Ton comprend alors comment le diabétique peut devenir tuberculeux; en effet, le tuberculeux est un déminéralisé.

L'arthritique, au contraire, est un surminéralisé.

L'extrait sec varie normalement de 35 à 45 grammes par litre, mais il peut subir de grandes variations pathologiques.

L'urine humaine peut contenir depuis -^ jusqu'à jô" de son poids de matières fixes.

Pour obtenir l'extrait sec , on évapore pendant trois heures, au bain-marie, 10 c. c. d'urine

RAPPORTS UROLOGIQUES 65

déposée dans une capsule de platine à fond plat ; on dessèche à Tétuve à 100» jusqu'à l'obtention dun poids constant. En multipliant le poids trouvé par 100, on a le poids correspondant h un litre d'urine.

Pour obtenir le poids du résidu minéral, on incinère complètement l'extrait sec, de préférence à la lampe à alcool, afin de ne pas volatiliser les chlorures. Quand l'extrait est amené à letat de cendres blanches, on pèse.

La différence entre le poids de l'extrait sec et le poids du résidu minéral donne le poids des matières organiques.

ORPS ANORMAUX

Nous avons vu qu'il n'était pas nécessaire qu'une urine contînt des éléments anormaux pour être anormale elle-même , pour caractériser un état pathologique, et qu'enfin la série est longue d'affections engendrées par le déséquilibre de la nutrition cellulaire se traduisant par les variations des rapports urologiques.

Cependant, au bout d'un certain temps, comme Robin Ta montré, ces perturbations biologiques créent dans les organes des modifications qui entraînent l'apparition dans l'urine de substances anormales.

Dans d'autres circonstances , d'emblée , la

maladie provoque rapparition de ces substances anormales.

Ce sont ces substances et la signification clinique de leur présence anormale dans le liquide upinaire que nous allons étudier.

Albumines urinaires.

Toutes les albumines urinaires ont des réactions communes :

ChauflFées avec un alcali fixe , elles dégagent de Tammoniaque.

En solution aqueuse et en milieu acide ou neutre, elles se coagulent généralement par la chaleur.

Il faut remarquer qu'en solution alcaline la chaleur ne coagule pas l'albumine.

On peut ranger les albumines urinaires en huit espèces :

i^ La serine. — Albumine du sérum sanguin, soluble dans Veau et précipitée par la chaleur ainsi que par les acides minéraux forts.

On la rencontre dans les néphrites inflammatoires en fortes proportions.

2o La globuline. — Albumine du sérum sanguin et des globules , insoluble dans Teau, mais

soluble dans Feau additionnée de chlorure de sodium et précipitée de ses solutions par la chaleur et les acides faibles; de plus, caractère distinctif, le sulfate de magnésie précipite la globuline à froid.

On la rencontre dans les néphrites inflammatoires en proportions plus faibles que la serine, la moitié environ.

Pour déceler là présence de la serine et de la globuline connues en clinique sous le nom à' albumine ordinaire y on verse 3 à 4 c. c. d'urine dans un tube à essai ; on chauflFe jusqu'à TébuUition, puis on ajoute quelques gouttes d'acide azotique. Si le liquide renferme de Valbumine ordinaire, il se trouble et prend une coloration jaune plus foncée : c'est la réaction xanthoprotéique.

Par l'usage des balsamiques (copahu, térébenthine, etc.), l'urine renferme des acides résineux qui précipitent par l'acide nitrique, et qui se redissolvent si l'on ajoute quelques gouttes d'alcool concentré.

L'absorption d'antipyrine ou d'alcaloïdes donne également un précipité et peut fausser les résultats.

Un réactif très sensible et très usité en cli-

nique, c'est le réactif de Tanret* (bichlorure de mercure et acide acétique).

Pour déceler de petites quantités d'albumine on verse le réactif, avec un tube effilé, au fond du tube à essai contenant Turine à analyser, et à la zone de contact des deux liquides on peut voir apparaître, à froid, un louche caractérisa tique qui se maintient et se renforce par la chaleur.

Un réactif également très recommandable , parce qu'il est très sensible, c'est l'acide trichlorucétique ; on l'emploie comme le réactif de Tanret.

3® Les nucléO' albumines. — Albumines combinées avec des substances phosphorëes, les nucléines, précipitables par les acides, mais non coftgulubles par la chaleur, elles donnent à IVciiil, par l'addition de quelques gouttes d'acide ueélique étendu, un trouble insoluble dans un oxoès d'acide acétique étendu, mais soluble dans

' Bichloruro de mercure. 4 gr. 05

« Réactif do Tanrot '°'!";*' *^^ potassium 9 gr. %

I Acide acétique cristall. 60 ce.

Eau distillée, q. si p. 192 ce.

Tacide chlorhydrique (catarrhe purulent des voies urinaires).

4o La mucine. — Albumine de sécrétion cellulaire qui se rencontre assez fréquemment dans Turine (aspect visqueux et filant), et qui est précipitée dès que l'on ajoute à Turine quelques gouttes d'acide acétique, ne se coagule pas par la chaleur ( catarrhe vésical surtout).

So Les peptones, — Albumines solubles à chaud.

Pour déceler leur présence, il faut préalablement éliminer l'albumine ordinaire et les propeptones, s'il y a lieu, en faisant bouillir Turine soit avec quelques gouttes d'acide acétique ou nitrique et du chlorure de sodium; on laisse refroidir, on filtre, et sur la liqueur filtrée on opère la réaction du biuret.

On peut aussi précipiter toutes les matières albuminoïdes par l'acide trichloracétique, et avec la liqueur filtrée et neutralisée opérer la réaction.

2 à 3 gouttes d'une solution de sulfate de cuivre à 5 0/0 et 10 à 20 gouttes de soude caustique diluée au -^ donnent une belle coloration violette (réaction du biuret).

Pour simplifier la réaction, on prend 4 à 5 gouttes de liqueur de Fehling, et la réaction se manifeste.

D'après Boureau, la présence des peptones est liée à un état infectieux; on Ta signalée dans la pneumonie, le rhumatisme articulaire aigu, la phtisie, l'infection puerpérale, les suppurations.

Armand Gautier a fait remarquer que les toxines répondaient, en général, aux mêmes réactions que les peptones.

6o Albumoses ou propeptones. — Comme les peptones, les albumoses se coagulent par la chaleur vers 60o, et redeviennent solubles partiellement ou en totalité à TébuUition.

La présence, dans l'urine, des albumoses a une signification clinique importante qu'il est nécessaire de préciser.

Depuis longtemps déjà Bence Jones, en 1848, a décrit une albumosurie myélopathique ^ affection caractérisée par le développement de tumeurs multiples (lymphomes ou sarcomes myélogènes des os) au sein de la moelle osseuse , principalement au niveau des côtes.

D'autres auteurs l'ont signalée dans l'ostéomalacie vulgaire.

Cette albumosurie a donc une réelle valeur diagnostique pour les affections de la moelle osseuse.

Plus récemment, le professeur Teissier a décrit une forme d'albumosurie différente, au point de vue clinique, de Talbumosurie de Bence Jones.

Elle se rencontre dans les néphrites chroniques graves qui ont une tendance à revêtir une forme gastrique avec crises viscéralgiques.

Dans ce cas, la variété d'albumose décelée par le professeur lyonnais a une valeur pronostique des plus nettes et se caractérise par la réaction suivante :

A l'urine qui se coagule par la chaleur on ajoute une demi -goutte d'acide azotique pour plusieurs centimètres cubes d urine, et l'on constate alors que l'urine cesse de se coaguler par la chaleur.

Cette variété d'albumose a reçu le nom d'aZbumose nitro-soluble,

la'albumose nitro-soluble pourrait être confondue avec les acides - albumines , car ils présentent également la réaction de la nitro- solubilité; on évitera cette erreur en ajoutant au

Guide prat. d'Urologie clinique. 3

mélange quelques gouttes d'une solution de potasse à -;^; on voit le précipité albumineux se reproduire si Ton a affaire à des acides- albumines.

Il existe, enfin, une foule d'états pathologiques, états infectieux, syphilis, affections cérébrales, etc., qui présentent de Valbumosurie,

Une réaction fort simple a été signalée par Jacquemet, qui a accordé à la présence des albumoses dans l'urine des états infectieux une valeur pronostique réelle.

La réaction de Jacquemet consiste, après avoir débarrassé l'urine fraîchement émise de l'albumine et des phosphates, à l'agiter dans un tube à essai avec un tiers de son volume d'éther. Si l'urine contient des albumoses, l'éther se charge de gouttelettes d'aspect graisseux, qui viennent former à la partie supérieure du tube un magma tellement épais parfois, qu'on peut retourner le tube sans que l'urine s'écoule.

D'après d'autres auteurs, la réaction de Jacquemet, connue aussi sous le nom de réaction éther-albumosey se rencontrerait dans la moitié des cas chez les sujets normaux.

En réalité, les erreurs d'interprétation sont nombreuses, car il se produit spontanément des albumoses dans les urines longtemps abandonnées à elles-mêmes, et les différentes variétés d'albumine ainsi que les phosphates peuvent présenter la réaction de Jacquemet.

70 La fibrine, — Se présente à l'état d'élément figuré et passe dans l'urine au cours de l'hématurie.

Elle a été signalée à la suite de la diphtérie et dans l'empoisonnement par les cantharides.

On trouve de gros caillots de fibrine dans les urines graisseuses.

80 L'hémoglobine'. — Albumine ferrugineuse se coagulant par la chaleur.

Se rencontre dans l'urine hématurique et hémoglobinurique.

On la caractérise dans ses diverses combinaisons par les différents spectres qu'elle donne, spectres parfaitement déterminés et distincts les uns des autres.

On recherche le sang, chimiquement, dans l'urine soit en provoquant la formation des cristaux de chlorhydrate d'hématine ou hémine ( acide acétique et chlorure de sodium ) , soit en

faisant bleuir la teinture de Gaïac (teinture de Gaïac et réactif térébenthine).

L'urine hémoglobinurique montre à l'analyse spectrale les deux raies caractéristiques de Toxyhémoglobinè pouvant se transformer en la bande unique (bande de Stokes) de l'hémoglobine réduite.

Il est des cas où Ton peut constater une troisième bande, dans le rouge et le vert (lorsque l'urine est acide) : c'est celle de la méthémoglobine.

On trouve spécialement de la méthémoglobinurie dans certaines intoxications, par le chlo^ rate de potasse, par la résorcine et certains phénols.

Pour le dosage de l'albumine ordinaire, il faut éviter de se servir de l'albuminimètré d'Esbach, assez usité dans les services des cliniques; la méthode en est défectueuse, et les indications erronées.

Les alcaloïdes précipitent avec la liqueur d'Esbach, et toutes les variétés d'albumines ne précipitent pas. De plus , la densité de l'urine modifie sensiblement la réaction.

Il faut, de préférence, avoir recours au pro-

cédé de la coagulation par la chaleur et la pesée du précipité après dessiccation, L albumine entraînant des sels au moment de la formation du précipité, et d'autre part se dissolvant partiellement dans Teau du lavage de ce précipité, il est nécessaire de prendre les précautions suivantes : On porte à FébuUition 30 c. c. d'urine albumineuse additionnée d un centimètre cube d'acide azotique, et après la formation du précipité on laisse reppser quelques heures; on jette le coagulum sur un filtre taré, et on lave à plusieurs reprises avec de l'eau phéniquée froide à S 0/0, on sèche à HO^, et l'on pèse exactement.

Comme le dit le professeur Dieulafoy, c'est dans les néphrites aiguës que Valbuminurie a une importance de premier ordre, elle ne manque jamais, tandis que dans les néphrites chroniques à prédominance interstitielle, l'albuminurie est un signe inconstant, infidèle et trompeur : il peut même manquer pendant les grands accidents urémiques.

Le pronostic est variable suivant le taux de l'albumine, la variété d'albumine et d'autres facteurs encore.

Chaque fois que l'albumine sera représentée

m CORPS ANORMAUX DE LTRINE

\\{\v \\\\ chifFrc élevé, pouTant dépasser 2 grammes o| ni (oindre 15 grammes en vingt-qaatre heures \^{ \\\\\^ loH différents rapports urinaires seront dolnul»» lo pronostic deviendra grave.

\ \^ jUMnostic restera bénin toutes les fois que \ \\Umuununo ivlntivement peu élevée sera d'ori- \»^^^ ^uslio«monieuse (antipyrine, chloroforme, X -^N^* , l^hoiuuHHiuo, salol, naphtol, etc.), toutes •^ * ^^'* v{\u^ Jos aulivs substances de Turine res- * N^ ^i ux^uuaU^v malgré la présence de Talbu-

^ •' « Av vkc (Mr Tother et le chloroforme pro- \ i vl.r.ix vut hoi^ dos cas, une albuminurie

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CORPS ANORNfAUX DE L*URINE 79

Il faut reconnaître cependant que certaines albuminuries fonctionnelles débutant dans Fenfance, par exemple, sans entraîner de troubles graves de la santé générale, persistant même avec lallure intermittente pendant l'adolescence, peuvent aboutir à un mal de Bright confirmé et définitif chez Tadulte.

Parmi les albuminuries qui ne paraissent pas liées à une lésion rénale, on range aujourd'hui plusieurs variétés d'albuminuries fonctionnelles :

Ualbnminurie dyspeptique ^ l'albuminurie uppendiculairCy l'albuminurie gravidique , l'albuminurie orthostatique y l'albuminurie cyclique prégoutteuse y l'albuminurie physiologique.

\j' albuminurie dyspeptique dépend d'un trouble digestif, d'une auto -intoxication gastro- intestinale; elle ne produit pas d'oedèmes, elle est peu abondante (quelques centigrammes par litre, et uniquement constituée par de la serine) et ne s'accompagne d'aucune modification dans la quantité des urines émises en vingt-quatre heures.

Elle apparaît ou augmente après les repas et n'existe pas à jeun; elle est intermittente et ne devient continue qu'au bout d'un temps très long.

Le régime lacté a peu d'influence.

On trouve aussi de rindican notablement et des phosphates terreux en excès, mais jamais on ne rencontre de cylindres urinaires.

Elle est fréquente dans la dyspepsie hyperchlorhydrique avec dilatation de l'estomac, chez lesjeimes sujets surtout (Bouchard, Robin), ainsi que dans^la dyspepsie intestinale.

Elle est rarement associée à la dyspepsie hypochlorhydrique , malgré la fréquence des fermentations qui s'y produisent.

L'albuminurie disparaît des urines quand la dyspepsie est guérie.

U albuminurie appendiculaire, étudiée par le professeur Dieulafoy, appartient également à cette catégorie d'albuminuries fonctionnelles nées d'intoxications relativement légères.

Apparaissant dans les premiers jours de l'appendicite, ^Qus l'influence de la diffusion des poisons renfermés dans l'appendice, elle disparaît après l'extinction ou l'ablation du foyer.

Elle ne produit pas d'œdèmes et ne s'accompagne ordinairement d'aucun des symptômes des néphrites aiguës.

La quantité d'albumine est faible et ne dépasse pas habituellement 1 gramme.

Cependant si les toxines appendiculaires sont plus violentes, leur action sur Télément noble rénal détermine des lésions véritables (dégénérescence, nécrose et cylindrurie consécutive), provoquant alors Tinsuffisance urinaire et pouvant déterminer rapidement l'intoxication générale de r organisme.

L'albuminurie provoquée par la pyorrhée alvéolaire, signalée par Galippe, rentre égale-^ ment dans cette catégorie d'albuminuries fonctionnelles.

lu albuminurie gravidique est une des manifestations fréquentes de l'auto -intoxication gravidique; elle apparaît pour la première fois pendant la grossesse.

L'albuminurie peut également exister avant la grossesse, mais être liée à une lésion rénale plus ou moins ancienne et plus ou moins accentuée; les modifications de la fonction rénale dues à la grossesse ne constituent alors qu'un épisode dans l'évolution d'un mal de Bright qui ne pourra que s'aggraver par cet incident physiologique.

L'albuminurie purement fonctionnelle, d'origine gravidique, apparaît, elle, au cours de lia

grossesse, sous la forme passagère ou persistante, et disparaît après raecouchement , sans laisser de traces le plus souvent.

La prîmiparité paraît une des causes les plus importantes de l'albuminurie gravidique.

L'influence du froid, de la misère, de certaines dystoeies, sont manifestes. On observe le plus fréquemment l'albuminurie gravidique dans les trois derniers mois de la grossesse.

La symptômatologie clinique de ce syndrome se réduit souvent k la seule albuminurie; c'est cette forme latente qui est la plus dangereuse, car elle peut passer inaperçue.

Il faut examiner systématiquement l'urine chez toute femme enceinte, quels que soient ses antécédents. L'examen se pratiquera tous les quinze jours à partir du sixième mois, et tous les huit jours pendant le neuvième.

Chez la femme, la recherche de l'albumine est sujette à une cause d'erreur fréquente que ron peut, d'ailleurs, facilement éviter. Une leucorrhi-e plus ou moins abondante peut souiller Turluo nu moment de la miction; dans ce cas, la ft^!nnie sera sondée si une injection vaginale n'était pas jugée suffisante.

CORPS ANORMAUX DE LUniNE 83

te dépôt d'une urine d'albuminurie de la grossesse renseignera utilement sur la nature et le pronostic; la présence de cylindres urinaires témoignant d'une altération épithéliale constitue un pronostic grave, surtout si Ton découvre des cylindres granulo- graisseux, qui indiquent une dégénérescence marquée des reins.

L'albuminurie gravidique favorise Favortement ou Taccouchement prématuré en provoquant des hémorragies dans le placenta.

Ualbuminnrie orthostatique ^ signalée récemment par Linossier et Lemoine, est développée ou augmentée sous Tinfluence de Torthostatisma, qui, d'ailleurs normalement, comme nous l'avons déjà dit, apporte toujours une gêne au fonctionnement rénal. Il s'agit sans doute, là, de reins en état d'imminence morbide tout au moins, et Castaigne n'hésite pas à caractériser cet état de débilité rénale.

L'albuminurie orthostatique apparaît dès que le malade prend la position debout; elle cesse au bout de quelques heures par le repos au lit , l'alimentation lactée, mais s'exagère, au contraire, dès que la fonction rénale est surchargée.

h* albuminurie cyclique préffoutieuse^ fréquente chez Fenfant, est caractérisée par quatre périodes; la première, constituée par une crise uroérythrique, la seconde par une crise urobilique, la troisième par une crise albuminurique , la quatrième par une crise urique et uréique.

Ce cycle se reproduit tous les jours ordinairement, et Ton constate, pendant le jour, de Toligurie, et de la polyurie pendant la nuit.

On ne trouve pas de cylindres, et la toxicité urinaire reste élevée, comme le professeur Teissier Ta montré.

Cette forme d'albuminurie fonctionnelle peut aboutir au mal de Bright confirmé avec petit rein contracté.

JS albuminurie physiologique de Sénator ne doit être affirmée qu'en l'absence de tout état morbide réel; on l'a signalé^ après im exercice musculaire violent, un travail cérébral excessif, après les bains froids, chez des individus sains en apparence. On peut ranger dans cette catégorie l'albuminurie qui succède aux crises chez les névropathes; mais, en clinique, c'est le plus souvent un diagnostic d'attente.

Glycose.

Normalement le sang contient 1 pour 1000 environ de glycose.

Cette glycémie représente Tétat d'équilibre entre les apports du sucre (qui peut dériver, d'ailleurs, aussi bien des matières amylacées et grasses que des matières albuminoïdes ) et les dépenses organiques en matériaux sucrés.

Cet état d'équilibre est assuré grâce au rôle régulateur du foie et à l'intégrité du système nerveux central.

Que Ton admette, avec Claude Bernard et Robin, un excès de travail et de production du foie, ou que l'on pense comme Bouchard à un ralentissement ou à un défaut de consommation du sucre dans les éléments anatomiques dû, comme le dit Lépine, à une modification du ferment glycoly tique pancréatique, le sucre peut, sous l'influence d'un état anormal, s'accumuler dans le sang et créer l'hyperglycémie.

Normalement, chez un sujet à reins sains, lorsque le sang contient trop de sucre, plus de 3 pour 1000 environ, celui-ci passe dans les urines ^ .

Normalement aucun produit d'excrétion n'en contient, et il est brûlé entièrement dans l'organisme comme source de chaleur et de travail en donnant finalement de Teau et de Tacide carbonique.

La présence du sucre dans l'urine peut être passagère, cyclique (diurne) ou permanente.

Chez certains individus, après un repas riche en féculents ou en matières sucrées, l'urine contient de la glycose.

La présence passagère du sucre dans l'urine des nouvelles accouchées ou des nourrices, toutes les fois qu'il y a rétention lactée dans la glande, n'est pas rare, et dans ce cas la glycosurie est produite par de la lactose.

Si Ton fait avaler à des malades, atteints de cirrhose atrophique, 150 grammes de sirop de

* R. Lépine et Boulud ont signalé récemment , dans rintoxication par l'urane, de la glycosurie qui ne paraissait pas sous la dépendance d'une hyperglycémie manifeste.

OMK ISOUUCIK ME LTBEKE ST

sucre, ils deriennttent t«ea!Lji{wrailT^eim'eiif £rÎTOL>suriques; le sucre stht^j^vhé dams llnïestîa passe dans la cireulatioD ^U'ër^e et d^us Funne sans avoir été retenu norans^J'enaent dans le foie, Taliération de la cellule Ltr^palique se montre ainsi nettement au clinicien: mais cette glycosurie expérimentale se produit, en réalité, toutes les fois que ces ciirfaotiques absorbent avec leui*s aliments une trop grande quantité de suciv«

Il ne faut donc pas conclure au diabMe suoih^ après une seule analyse.

De même, Tabsence du sucre de Turino no permettra pas d*écarter le diagnostic do diuhMo sucré; car, en dehors des formes do dialH^fv fruste décrites et dépistées par Achard ol Woil , on sait que dans les débuts du diahMo nuoro la glycosurie est non seulomout légoro, niaÎM inconstante, et de plus, quand ollo osl rogiiliôroment installée , elle peut disparaît ro passagôroment, sous Tinfluence d'une alTootion fohrilo aiguë, par exemple.

Ce ne sera donc qu'après plu.siourH vhhi\\h consécutifs, et sur des urinos do vingt -tpiutro heures, qu'on pourra affirmer le syndronio glyoosurique.

88 CORPS ANOt^MAUX DE L^URINE

L'intoxication par Toxyde de carbone, le catarrhe gastrique, la cirrhose du foie, la commotion cérébrale, peuvent provoquer une glycosurie plus ou moins longue pouvant aboutir au diabète sucré confirmé,

La présence dans les humeurs des glycosuriques de matières ternaires incomplètement oxydées paraît favoriser les infections microbiennes (furonculose, etc.), et Ton sait combien les traumatismes en général sont graves et les interventions chirurgicales souvent contre -indiquées chez les diabétiques.

La quantité de sucre que peut contenir Furine de glycosurique peut varier de quelques grammes k 600 et même à 800 grammes par vingt-quatre heures.

On a signalé jusqu'à 1 800 grammes dans un cas de, diabète grave pancréatique.

La quantité moyenne que l'on rencontre communément est de 5 à 30 grammes par litre.

La farme clinique la plus commune est celle décrite sous le nom de diabète arthritique^ dans laquelle la dyscrasie constitutionnelle arthritique est manifeste.

La polyurie, la polyphagie, la polydypsie, sont

peu accentuées et subissent facilement Tinfluence de la médication antigoutteuse associée à la diète du glycosurique.

Les cas de diabète sucré existent, mais sont relativement rares, chez les enfants.

On Ta signalé dans la deuxième enfance surtout ; la polyurie et la polydypsie sont accentuées dans presque toutes les observations, et la glycosurie est ordinairement forte.

Au lit du malade , on peut approximativement évaluer la quantité de glycose que renferme une urine sucrée, au moyen d'une formule indiquée autrefois par Bouchardat.

Elle est basée sur la densité élevée que présente Turine des glycosuriques.

La densité de Turine normale oscille entre

1 018 et 1 022; la densité des urines sucrées peut atteindre et dépasser 1 050,

Cette formule ne peut être employée qu'à la condition que la densité de Turine ne soit élevée par aucune autre cause que la présence du sucre.

Voici la formule de Bouchardat : Après avoir déterminé la densité de l'urine, on multiplie par

2 les deux derniers chiffres qui expriment cette

densité ; ce produit est multiplié par le nombre de litres ou de fractions de litre émis dans les vingt -quatre heures; de ce nouveau produit on retranche 50 ou 60 grammes, s'il y a polyurie, et la diJGFérence représente le poids du sucre.

En clinique, le procédé de choix de recherche et de dosage est la réaction de Fehling.

Cette réaction est basée sur la propriété de la glycose de réduire les sels cuivriques.

La liqueur de Fehling, connue aussi sous le nom de liqueur cupro- potassique, est très sensible et titrée de façon que 10 c. c. de cette liqueur réduite correspondent exactement à 5 centigrammes de glycose.

Pour rechercher le sucre dans l'urine, il est nécessaire de la débarrasser de toutes les substances pouvant troubler la réaction,

La présence d'albumine dans les urines, si fréquente dans le diabète sucré à la période d'état, puisqu'on la rencontre dans les deux tiers des cas environ, empêche la réduction de la liqueur de Fehling.

Il est donc nécessaire de précipiter l'albumine et d'opérer ensuite sur l'urine filtrée.

D'autres causes d'erreur peuvent gêner la

recherche du sucre : les urates surtout, qui se trouvent normalement dans Turine, réduisent la liqueur de Fehling; Tammoniaque et, par suite, les corps qui, sous Tinfluence de la potasse, à chaud, donnent facilemeift de Tammoniaque, dissolvent Toxyde cuivreux qui se forme sous l'influence réductrice de la glycose.

Afin d'écarter les composés uriques, on défèque l'urine préalablement par le sous- acétate de plomb liquide, on filtre, et c'est avec l'urine claire qu'on fait la réaction.

Pour éliminer l'ammoniaque, on chauffe l'urine au bain-marie, dans une capsule à large surface, avec de la magnésie, pendant une demi- heure environ.

La présence dans l'urine de l'albumine, des composés uriques, de l'ammoniaque, n'est pas la seule cause d'erreur que l'on puisse rencontrer dans la recherche et le dosage de la glycose.

Après l'absorption de certains médicaments, le chloral, le chloroforme, l'acide chrysophanique (rhubarbe), la térébenthine, le camphre, le benzoate de soude, la glycérine, le copahu, le cubèbe, l'ujine réduit la liqueur de Fehling

sans renfermer de glycose en produisant, dans certains cas, un précipité verdâtre au début de la réaction.

Pour éviter ces nombreuses causes d'erreur, il faudra supprimer* l'emploi de ces médicaments au moins deux jours avant Texamen des urines.

Pour rechercher la glycose, on procède de la façon suivante : On verse dans un tube à essai 1 c. c. de liqueur de Fehling et 5 c. c. d'eau distillée, et Ton fait bouillir ; on s'assure ainsi que le réactif ne se réduit pas spontanément, et l'addition d'eau n'a pour but que de diminuer l'intensité de la coloration bleue du réactif qui pourrait masquer la coloration du précipité. On fait ensuite couler, le long des parois du tube, dans le réactif bouillant, 5 c. c. d'urine préalablement dépouillée , s'il y a lieu , de toutes les causes d'erreur signalées plus haut.

Lorsque l'urine contient une assez forte proportion de glycose, on voit se former, à la surface de contact du réactif et de l'urine, un précipité jaune qui est de l'hydrate cuivreux et qui se transforme rapidement en oxyde cuivreux, donnant un précipité rouge brique.

Lorsque Turine ne contient qu'une faible dose de glycose, ^ l'apparition du précipité n'est pas nette ; on doit alors mélanger l'urine et le réactif en secouant le tube à essai et le porter de nouveau à l'ébuUition ; on laisse ensuite reposer le liquide, et l'on voit un léger dépôt rouge au fond du tube.

Pour doser la glycose, on procède de la façon suivante : On prend un volume déterminé d'urine à analyser, et, après avoir éliminé l'albumine et l'ammoniaque si elle en contient, l'on ramène au volume primitif avec de l'eau distillée.

A 25 c. c. d'urine filtrée, on ajoute 5 à 10 c. c. de sous -acétate de plomb liquide, et de 15 à 20 c. c. de sulfate de soude en solution ; on agite, et on ajoute de l'eau distillée afin d'avoir un volume égal à 100 c. c; on filtre sur double filtre, et l'on verse une trentaine de c. c. de cette urine ainsi déféquée et filtrée dans une burette de Mohr fixée sur son support.

On verse , d'autre part , dans une capsule de porcelaine, 10 c. c. de liqueur de Fehling à laquelle on ajoute quatre fois son volume d'eau distillée, on chauffe et l'on porte à l'ébuUition

SOUS la burette de Mohr, on ouvre doucement le robinet de la burette de façon à verser Turine goutte à goutte, et Ton agite en même temps avec un agitateur en verre la liqueur de Fehling bouillante; lorsque la réduction est complète, le réactif est complètement décoloré.

Par une simple règle de trois, on a la proportion de glycose que contient un litre du liquide de la burette, et comme la dilution de Turine était au quart, il suffit de multiplier par 4 le chiffre obtenu pour avoir la quantité de sucre que contenait réellement un litre de Turine analysée.

Au polarimètre, la difficulté d'identification des teintes des deux moitiés de cadran expose à un écart de quelques dixièmes de degré constituant une erreur d'observation d'autant plus sensible, qu'il s'agit de proportions de glycose plus faibles.

Parmi les substances que l'urine des glycosuriques peut contenir, il en est qui peuvent fausser les résultats de l'analyse physique ; l'acide oxybutyrique , entre autres, qui, par opposition à la glycose, est lévogyre.

Acétone.

L'acétone est un dérivé par oxydation des composés organiques connus sous le nom d'alcools secondaires et paraît également se former aux dépens de Tacide oxybutyrique et de l'acide acétyl-acétique, auxquels on le trouve associé en proportions notables dans le sang et l'urine des diabétiques graves qui évoluent le plus souvent vers le coma.

L'haleine de ces diabétiques exhale une odeur particulière de vin ou de fruits caractéristique. L'acétone est une substance volatile, surtout excrétée par les poumons.

On a cependant décelé des traces d'acétone dans l'urine et l'haleine d'individus sains.

Hirschfeld a, d'ailleurs, montré que l'acétonurie survient au bout de quelques jours chez Thomme sain s'il se nourrit exclusivement de graisses et de viandes ;. en réalité , c'est surtout

la privation d'hydrates de carbone qui engendre Tacétonémie et raeétonurie.

Jaccoud pensait que l'aeétonurie n'était pas constante dans le coma diabétique et l'avait observée en forte proportion chez des diabétiques non comateux.

La toxicité des acides acétyl- acétique, formique , oxybutyrique , paraît plutôt la cause de l'auto -intoxication qui produit le coma*.

On a signalé l'acétone dans l'urine des états infectieux et dans le cancer à la période cachectique.

D'après les plus récents travaux, l'aeétonurie, chez les femmes enceintes, serait un signe presque certain de la mort du fœtus.

Pour déceler l'acétone dans Tiu'ine, on en soumet un volume de ISO c. c. à la distillation après l'avoir acidulé par quelques gouttes d'acide chlorhydrique.

L'acétone bouillant à 060 se trouve entièrement dans les vingt -cinq premiers centimètres

* Cette opinion n'est pas acceptée par tous les physiologistes, et Klemperer, pour expliquer le coma diabétique, suppose une toxine inconnue.

cubes, on recueille ce volume, et Ton pratique la réaction suivante :

A 5 c. c. du distiUatum on ajoute quelques gouttes du réactif de Chautard, et si une coloration rose apparaît, elle indique la présence de Tacétone.

Le réactif de Chautard est composé de fuchsine, gr. 03 dans 100 c. c. d'eau distillée.

Ce réactif doit être incolore.

On Ta décoloré en faisant passer un courant d'acide sulfureux et en évitant un excès de gaz décolorant.

L'acétone réduit la liqueur de Fehling.

Acide âcétyl- acétique 9 Acide oxy butyrique.

L'acide acétyl- acétique produit une coloration rouge lorsqu'on ajoute à l'urine fraîchement émise quelques gouttes de perchlorure de fer ; mais il faut s'assurer, au préalable, que le malade n'ait pas absorbé d'antipyrine, car ce médicament provoque la même réaction. (Réaction de Gehrardt.)

L'acide acétyl -acétique est détruit par l'ébullition; on a donc, de plus, une contre -épreuve.

L'acide oxybutyrique peut être excrété en quantité considérable, jusqu'à 200 grammes en vingt-quatre heures, mais exceptionnellement.

On a signalé la présence de l'acide oxybutyrique dans Furine des états infectieux (variole, scarlatine).

Par oxydation et déshydratation successives, l'acide oxybutyrique devient de Tacide acétylacé tique, qui se transforme lui-même en acétone et en acide carbonique.

L'acide oxybutyrique dévie à gauche la lumière polarisée ; pour le doser, on fait fermenter avec de la levure de bière Turine du diabétique, et lorsque tout le sucre a disparu on ajoute environ un dixième du volume de sous-acétate de plomb liquide, et Ton filtre. On examine ensuite au polarimètre.

Matières colorantes et acides d'origine biliaire.

L'urine normale est limpide et contient un pigment, Furochrome, qui lui donne sa couleur jaune ambrée.

Bien des causes modifient la coloration de Turine , qui peut varier de la teinte jaune pâle (polyurie diabétique) au brun noir (alcaptonurie, élimination des phénols, urines mélaniques); mais lorsqu'elle est jaune foncé ou verdâtre, il faut rechercher les pigments et les acides biliaires.

L'acide chrysophanique que contiennent la rhubarbe et le séné donne à Turine une teinte jaune foncé pouvant faire soupçonner la présence de la matière colorante biliaire.

La santonine provoque également cette même coloration de l'urine.

Afin d'éliminer, d'emblée, ces causes d'erreur, on ajoute à l'urine un alcali (potasse); il se pro-

duit une coloration rouge carmin très intense, et en agitant ainsi lurine avec de l'éther, Tacide chrysophanique se dissout dans celui-ci, tandis que la santonine ne s y dissout pas.

Tous les pigments biliaires étudiés paraissent dériver de la bilirubine et sont des produits de désassimilation de Thémoglobine.

Ils présentent tous une propriété commune :

en présence de Tacide nitrique nitreux et de la lumière, ils donnent une série de dérivés de colorations différentes ,

La réaction de Gmelin est basée sur cette propriété ; on observe au niveau du réactif et de l'urine, débarrassée de Valbumine, s'il y a lieu, une série d'anneaux colorés qui présentent de haut en bas les couleurs suivantes : vert , bleu , violet , rouge , orange ; le vert et le violet sont caractéristiques.

On peut aussi faire la réaction suivante ;

Dans un tube à essai, on verse 2 c, c, d acide sulfurique concentré, on ajoute une pincée de nitrate de potasse pulvérisé, on verse doucement Turine à examiner sur ce mélange en inclinant suffisamment le tube pour ne pas mélanger les deux liquides, et Ton obtient, si l'urine contient

des pigments biliaires, une coloration verte au contact des deux liquides.

Pour déceler la présence des acides biliaires dans Turine, il faut préalablement isoler les acides biliaires.

On précipite les acides biliaires à Tétat de sels de plomb, on les isole, puis on les transforme en sels de sodium solubles dans Teau.

La réaction de Pettenkofer consiste à chauffer à 60^ une solution de sels biliaires en présence de quelques gouttes d^une solution de sucre de canne et d'acide sulfurique concentré; le liquide se colore alors en rouge pourpre.

Hayeraft a indiqué un procédé rapide et sensible pour rechercher les acides biliaires ; sur la surface de Turine on verse un peu de fleur de soufre ; si l'urine contient des acides biliaires, le soufre va immédiatement au fond du verre; s'il n'y en a pas, le soufre reste à la surface et ne se dépose que graduellement et lentement.

Cette réaction, qui d'ailleurs n'est pas expliquée, reste une simple réaction clinique.

L'acide acétique, Talcool, Téther, le chloroforme, l'essence de térébenthine, la benzine, le phénol, l'aniline, le savon, produisent cette réac-

CORPS ANORMAUX DE L'URINE f03

lion; il faut donc s'assurer qu'aucune de ces substances ne se trouve dans l'urine suspecte.

Dans l'ictère ordinaire, décrit en clinique sous le nom d'ictère biliphéique^ les produits biliaires passent dans l'urine, et l'on peut retrouver les réactions caractéristiques précédentes.

Mais il est des malades dont les muqueuses et les téguments présentent une teinte subictérique, dont les urines ne contiennent pas de pigments biliaires, et dans lesquelles l'acide azotique nitreux produit une teinte vieil acajou que Gubler croyait due à l'hémaphéine.

On avait donné, en clinique, le nom à^ictère hémaphéique à ce syndrome; en réalité, la réaction brun acajou que donnent les urines dites hémaphéiques tient à la présence d'un dérivé de la bilirubine, l'urobiline. Hayem en fait le pigment du foie malade; on le signale dans les états infectieux, dans les intoxications et les affections cardiaques.

L'urine normale ne contient pas d'urobilîne, mais possède un chromogène capable en s'oxydant de donner de lurobiline en faible proportion.

L'usage du spectroscope est indispensable dans Texamen des urines ictériques.

On peut se servir du petit spectroseope utilisé en clinique.

L'urine normale ne modifie pas sensiblement le spectre solaire.

L'urine chargée de pigments biliaires éteint toute la partie droite du spectre ; la large bande obscure commence à droite de la raie E en ne laissant seulement entre cette raie et l'extrémité gauche de la zone obscure qu'une mince bande lumineuse jaune- vert.

L'urine chargée d'urobiline en solution acide donne deux zones obscures : la première éteint complètement le violet et l'indigo et obscurcit la partie droite du bleu; la seconde siège dans le vert en masquant la raie F.

Si l'on ajoute à l'urine chargée d'urobiline (pielques gouttes de chlorure de zinc ammoniacal, il se produit une fluorescence verte, et la bande obscure qui masquait la raie F se déplace vers la gauche, laissant cette raie F visible à droite de cette bande.

Récemment, M. le professeur A. Gilbert et son élève Herscher ont publié des travaux importants sur l'urobilinurie.

lis ont substitué une notion nouvelle à celle

de l'insuffisance hépatique , ils ont fait de Turobilinurie le signe révélateur de la cholémie ; en somme, ils ont réalisé l'unité du syndrome ictérique.

La conséquence clinique de leurs travaux, c'est qu'il n'existe réellement que des troubles cholémiques plus ou moins intenses qui avaient fait croire anciennement à deux formes distinctes : l'ictère biliphéique et l'ictère hémaphéique.

Ici encore, Turologie a aidé puissamment la clinique et l'a simplifiée.

Sans entrer dans le détail de leurs recherches vraiment attachantes, il est nécessaire de mettre en lumière les points essentiels de leurs travaux.

Dans lès théories nombreuses émises sur l'urobilinurie, il fallait qu'il y ait forcément urobilinémie. Or, de l'examen de cas nombreux, il résulte que l'urobilinurie existe sans urobilinémie ; mais, dans ces cas, le sérum contient toujours des pigments biliaires en plus ou moins grande quantité.

Dans la grande majorité des cas étudiés par Gilbert et Herscher, le sérum contenait des pig-

lOe CORPB ANCmMAUS I)£ LURINE

iiu'iits biliaires, et les urineB renfermaieiit de J'uiol>iline en plus ou moins grande quantité. tiolt seule, soit associée à des pigments biliaii«s : ils suj>j>os<Vrent que rurobiline avait pris naishHiiiA* vryiseuiblabiement au nireau des reins, leurs iv< herches les ont conduits à énoncer la théorie rénale de Turobilinurie.

On sait que les pigments biliaires soot snseeplibles de se tiansformer en urobiline par des l>lU'Hoinîni*i> de réduction et d'hydratation.

Iji formule suivante le prouve :

UïiïnilAtm Urobiline

(Ich d/*iiv<-i>oxydéb du la bilirubine donnent aussi de rurobiline).

i )v le rein j)ossède à un haut degré un pouvoir rt'Jucteur (expériences d'Ehrlich avec le bleu d'îiji/iâriue) et oussi un pouvoir d'hydratation, uLiuni diabtasique probablement (expériences de ^Jérard et Abelous).

(iilbert et Ilerscher placèrent alors des portions de zone corticale de reins de chiens, lavées lit broyées, dons une solution de bilirubine abandonni^e h l'abri de l'air, de la lumière et de la

putréfaction; quarante -huit heures après, en traitant par la réaction de Riva (alcool amylique et chlorure de zinc ammoniacal), ils obtinrent une belle fluorescence verte due à Turobiline née de ce contact.

Une objection se dressait maintenant : dans le cas d'ictère intense, l'urine ne contient souvent que peu d'urobiline, quelquefois pas du tout, mais présente, au contraire, d'abondants pigments biliaires; d'abord, Gilbert et Herscher ont constaté rarement l'absence absolue d'urobiline dans l'urine de ces ictériques, et, pour expliquer ensuite la faible proportion d'urobiline dans ces cas où il fallait s'attendre à en trouver de fortes doses, ils ont émis l'opinion, très soutenable d'ailleurs , que le rein, recevant une trop grande quantité de pigments biliaires à éliminer, voyait sa propriété réductrice diminuer et même cette fonction frappée par des phénomènes d'arrêt, d'ailleurs si fréquents dans l'organisme humain.

Du reste, à la fin des ictères accentués, quand la cholémie diminue, on voit apparaître, de nouveau, l'urobilinurie seule ou associée à la cholurie, et Robin, qui depuis longtemps avait observé ce phénomène, en avait fait un signe

pronostique de la plus grande valeur ; il le donnait déjà, en 1877, comme la preuve de la fin de rictère.

Récemment, Mya et Patella ont établi qu'au début de ces mêmes ictères , alors que la cholémie est encore peu marquée, on observe aussi de Turobilinurie.

La théorie rénale permet de considérer la transformation des pigments biliaires au niveau du rein comme une défense de Toi^anisme contre des éléments toxiques, et qui n'est possible qu'avec l'intégrité des fonctions réductrice et diastasique rénales.

L'urobilinurie devient un signe de cholémie avec rein sain: Turobilinurie permettra encore de dépister la « cholémie simple familiale > décrite récemment, et où souvent on n'a ni ictère vrai, ni cholurie.

La théorie rénale explique mieux que la théorie hépatique les faits constatés. On ne voit pas bien, en effet, le foie insuffisant au début et à la fin de la maladie, quand la cause commence et quand elle est près de disparaître , devenir suffisant en pleine période d*état.

On comprend d^autre part que, dans le cas de

lésions de la cellule hépatique avec syndrome ictérique et cholémie légère, l'on ait, forcément, urobilinurie ; ce qui, précisément, avait permis à Hayem de donner l'urobiline comme le pigment du foie malade et le signe de Tinsuffisance hépatique.

Guide prat. d'Urologie clinique.

Indican ou Indigogène.

L'indican est un sel de potasse d'un acide sulfoconjugué (Tindoxyl- sulfate de potassiurti) qui dérive de Tindol.

C'est la substance chromogène de Tindigo.

Lorsque l'oxydation de cette substance se fait lentement, au sein de l'eau et à froid, il y a formation i'indigo bleu.

C'est la réaction qui se produit dans les urines qui contiennent une assez forte proportion d'indican et qui sont exposées à l'air.

Quand l'oxydation se fait à chaud , par l'acide nitrique ou au moyen d'autres réactions oxydantes (nitrite dépotasse et acide sulfurique, acide azoteux ou acide chlorhydrique ) , on obtient en plus de l'indigo bleu un isomère qui est rouge , et dont la couleur domine dans la réaction.

L'urine normale peut contenir de très faibles quantités d'indican, 3 à 5 milligrammes par litre environ.

CORPS ANORMAUX DE L'URINE ill

L'indol est un produit de la fermentation intestinale des albuminoïdes, se formant pendant la digestion pancréatique, sous Tinfluence, probablement, de la flore bactérienne intestinale, car on ne retrouve plus que des traces infinitésimales d'indican dans les urines après Tabsorption par la voie buccale de doses moyennes de calomel, de salicylate de bismuth, de benzonaphtol.

En traversant le foie, Tindol se transformerait en indican par oxydation.

L'excrétion de Tindican permettrait donc, en quelque sorte, de mesurer le degré de septicité du tube digestif.

On voit, en effet, apparaître Tindican dans l'obstruction intestinale et dans les troubles digestifs qui accompagnent la maladie en général.

On a admis également que les proportions d'indican étaient liées à l'état de la cellule hépatique (Recherches du professeur Fr. Arnaud dans la variole grave); mais Charrin a montré que l'indicanurie était surtout sous la dépendance des fermentations digestives, et Caries, de Bordeaux, a récemment publié le résultat

il2 CORPS ANORMAUX DE L'URINE

de ses recherches, qui démontrent que Tindicanurie varie aussi suivant la fonction gastrique.

Il a constaté que a: Tindicanurie fait défaut chez les hyperchlorhydriques 5) , et a émis l'opinion très judicieuse que l'hypersécrétion acide devait entraver la digestion microbienne ; par contre, « dans tous les cas d'hypochlorhydrie et d'anachlorhydrie , il a vu augmenter progressivement rindican. »

Cette nouvelle notion d'urologie fixe un point de clinique important, car l'on sait les difficultés souvent insurmontables de l'analyse du suc gastrique.

On recherche l'indican de la façon suivante :

Dans un tube à essai on verse parties égales d'urine et d'acide chlorhydrique pur, puis un peu de chloroforme; on chauffe légèrement, et l'on ajoute quelques gouttes d'eau oxygénée. On renverse à plusieurs reprises le tube sur luimême, et l'indican se dissout dans le chloroforme en donnant, selon le taux d'indican, les teintes suivantes : lilas, bleu, violet, indigo.

On décante le chloroforme chargé d'indican retenu dans l'organe où il a pris naissance, et

on le dose par comparaison avec des tubes contenant des quantités déterminées d'indigotine chimiquement pure en solution chloroformique.

\tt'/:^^. qi^ir'i-eç iT'.-r.ies diciie siitriqîie et de /J,)ofoform*r. oa v:;t ^izî5riitr>e une coloration

Diazoréaction d'Ehrlich.

La diazoréaction d'Ehrlich est une réaction empirique basée sur la production, sous Tinfluence de substances chromogènes indéterminées, probablement de la série aromatique, et assez abondantes dans Turine de certains malades, d'une matière colorante rouge qui s'obtient en ajoutante Turine, additionnée d'ammoniaque, de l'acide diazo - benzène -sulfonique ou tout autrq corps diazoïque *.

La recherche de la diazoréaction est délicate, il faut de nombreuses précautions pour éviter les erreurs et les insuccès.

* Monfet a reproduit, avec les dérivés sulfoconjugués de rîndol et du scatol, extraits de Turine, ainsi qu'avec les dérivés glycoconjugués, extraits de la feuille de Tin* digo, la diazoréaction d'Erlich dans toute son intensité.

La diazoréaction d'Ehrlich n'indiquerait donc , probablement, que l'exagération du processus des fermentations digestives dés albuminoïdes.

H 6 œRPS ANORMAUX DE L*URINE

La bonne qualité des réactifs employés et la fraîcheur des urines à examiner sont des conditions essentielles.

De plus, certains médicaments, précisément ceux qui sont le plus souvent indiqués dans les états infectieux où la diazoréaction est recherchée : le salol, le benzornaphtol, le naphtol, empêchent la réaction de se produire,

Ehrlich signala la diazoréaction dans les urines des typhiques, des morbilleux, des phtisiques (forme aiguë) et des pyhémiques.

D'autres auteurs Font retrouvée dans Finfection gastrique, quel que soit l'élément infectieux, dans rinfection tuberculeuse, quelle que soit sa localisation, dans la pneumonie franche, dans la scarlatine, dans la diphtérie, la variole et le paludisme.

Dans la fièvre typhoïde, on admet qu'elle apparaît du deuxième au dixième jour, précédant par conséquent souvent la séroréaction de Widal; mais, outre que la diazoréaction d'Ehrlich n'est pas pathognomonique de la dothienentérie, elle n'est pas constante chez tous les typhiques.

Ici, sa valeur diagnostique n'est pas réelle,

puisqu'elle se rencontre aussi bien dans^Tenibarras gastrique fébrile, la tuberculose aiguë, le typhus exanthématique , affections simulant le plus souvent, au début surtout, la fièvre typhoïde.

Sa valeur pronostique est également discutable.

Dans la tuberculose pulmonaire, la diazoréaction aurait une valeur pronostique relative; car on a signalé que, le plus souvent, les malades qui la présentent succombent rapidement.

Dans la pneumonie, on a signalé sa persistance dans les formes graves ; mais elle manquerait souvent aussi.

En somme , on a attribué à cette réaction une grande valeur dans le diagnostic urologique ; cette manière de voir ne paraît pas justifiée.

Pour pratiquer la diazoréaction d'Ehrlich, on recueille aseptiquement les urines du malade et on les examine une dizaine d'heures, au plus, après leur émission.

On prépare le réactif au moment de l'opération.

On dissout, dans un litre d'eau distillée contenant 50 c. c. d'acide chlorhydrique, 1 gramme d'acide sulfanilique.

On prend 250 c. c. de ce liquide, on j ajoute 5 c. c. dune solution à 1/2 pour 100 de nitrite de sodium.

On verse dans un tube à essai o c. c. environ d'urine filtrée et un volume sensiblement égal de réactif.

On bouche le tube avec le pouce et on le renverse plusieurs fois de haut en bas, sans secousses.

On verse ensuite à Taide d'une pipette une quinzaine de gouttes d'une solution saturée d'ammoniaque, que Ton fait glisser doucement le long des parois du tube; les liquides se superposent et ne se mélangent pas.

On voit alors, au niveau du contact des deux liquides, un anneau coloré dont la teinte varie du jaune pâle au rouge écarlate.

Si Ton agite le tube, la coloration s'étend à tout le liquide, une mousse plus ou moins colorée en rose se forme.

Et , si l'on abandonne au repos le tube à essai après l'avoir bouché, on observe, une trentaine d'heures après, la production d'un dépôt brun ou brun verdâtre occupant le plus souvent le fond du tube.

On considère comme positive la diazoréaction dans laquelle les teintes rouge écarlate, rouge cerise ou rouge vermillon sont observées au niveau de Tanneau coloré.

La mousse est de couleur rose à rose carminée.

Le dépôt doit être vert ou brun verdâtre.

Leucine et Tyrosine.

On trouve ces corps du groupe des Leucomaïnes, en notables proportions, toutes les fois que la fonction hépatique est troublée fortement, dans les infections et intoxications aiguës.

On les détermine en clinique à Taide de l'examen microscopique ; leurs cristaux se trouvent dans le dépôt de l'urine et sont caractéristiques.

La tyrosine, qui peut exister normalement en très petite quantité, se montre nettement dans les urines des diabétiques en général, mais n'existe pas dans les urines des malades atteints de diabète pancréatique.

Pour rechercher la tyrosine on évapore à sec l'urine , et l'on carbonise le résidu dans une capsule de porcelaine recouverte d'un entonnoir de verre ; la tyrosine se sublime et se dépose sur les parois de l'entonnoir sous forme de cristaux caractéristiques.

Cystine.

On considère la cystinurie comme symptomatique d'un état infectieux intestinal,

La cystine présente des cristaux hexagonaux caractéristiques, dont on provoque la précipitation par un peu d'acide acétique.

Piiéaols.

Ils existent, comme nous Tavons dit, en petite quantité dansTurine normale, et augmentent dans les putréfactions intestinales surtout.

Il est intéressant de noter qu'un antiseptique puissant ait ses origines dans les putréfactions elles-mêmes.

Alcaptone* ou Acide* phéaols.

L'alcaptonurie est une particularité assez rare que présentent les urines de certains sujets en parfait état de santé.

Si on les alcalinise et si on les agite à l'air, elles absorbent énergiquement l'oxygène et se colorent en noir.

Le principe chromc^ène est un dérivé anormal de la tyrosine, un alcaptone.

Graisses 9 urines chyleuses.

Les urines qui renferment de la graisse à Tétat d'émulsion sont troubles , laiteuses ; on les appelle , en clinique , urines chyleuses.

Quelquefois les corps gras forment, à la surface de l'urine, de grosses gouttes étalées (lipurie par ingestion exagérée de corps gras).

Ces urines tachent le papier comme la graisse ; abandonnées à elles-mêmes, elles se séparent en deux couches : •

La supérieure est laiteuse et plus ou moins épaisse ;

L'inférieure est limpide.

Par le refroidissement elles se congèlent.

A l'examen microscopique, les gouttelettes graisseuses sont caractéristiques et se colorent en rouge par la teinture d'alkana.

On caractérise la graisse en l'extrayant par l'éther, et en évaporant l'éther qui abandonne

un résidu facile à reconnaître. Ce résidu, chauffé fortement, donne des vapeurs irritantes d'acroléine.

Les états pathologiques provoquant la chylurie sont nombreux : parasites du sang, cachexies, certaines fractures , lésions du cœur et des reins, enfin rétention intestinale dans la hernie étranglée.

Les urines graisseuses contiennent ordinairement des albumines (serine, fibrine, peptones).

Principaux médicaments décelés facilement dans Tarine.

Bromures alcalins. — Il faut les rechercher près du moment de leur absorption, car ils passent rapidement dans Turine.

Il suffît d'ajouter à l'urine un quart de son volume d'eau de chlore firaîchement préparée, ainsi qu'une faible quantité de chloroforme ; le chlore déplace le brome, qui se dissout dans le chloroforme et qui donne une teinte jaune foncé.

lodures alcalitis. — Il faut également les rechercher près du moment de leur absorption.

On ajoute à Turine une faible quantité de chloroforme, ainsi que quelques gouttes de perchlonire de fer; on agite le mélange, et Ton voit se rassembler au fond du tube le chloroforme coloré en rouge ^-iolet.

Chloroforme. — On distille lurine au bainmaric, on ajoute au distîllatum de TakooK de

la potasse et du B-naphtol; le mélange bleuit aussitôt si Toii chauffé doucement.

ChloraL — LWine renferme de Tacide urochloralique qui réduit la liqueur de Fehling et dévie vers la gauche le plan de polarisation de la lumière.

Antipyrine: — LWine qui contient de Tantipyrine en quantité suffisante présente une teinte rouge, qui persiste à TébuUition si l'on y ajoute un peu de perchlorure de fer dilué.

Acide salicylique, — On ajoute à Turine quelques gouttes de perchlorure de fer; il se produit une coloration violette intense.

Tanin, — On ajoute à Turine quelques gouttes de perchlorure de fer; il se produit une coloration bleu -noir.

Sédiments non organisés.

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