DISTRACTIONS
Je suis d'avis aussi que les malades recherchent la distraction. A ce sujet, je ne saurais trop recommander les promenades , les représentations théâtrales, les bals et les concerts, qui ont lieu tous les jours dans le parc et le casino. On trouve généralement , parmi les visiteurs qui fréquentent Vichy , un parfum de bonne compagnie qu'on rencontre rarement ailleurs au même degré. Cette réputation est tellement méritée, que, malgré le grand nombre d'étrangers venus de tous les points de l'Europe, la conversation n'a lieu, dans tous les hôtels, qu'en français, ce qui démontre qu'on peut passer à Vichy une vie calme et heureuse, élégante sans faste, intime sans familiarité ; on peut aussi vivre en famille dans des maisons particulières avec toutes les convenances du monde. Ce délassement de l'esprit, en éloignant les chagrins, seconde heureusement le traitement médical et produit une diversion salutaire qui vient s'ajouter à l'efficacité des eaux. Je dirai plus , son concours me paraît indispensable aux personnes affectées d'hypocondrie , maladie caractérisée par des idées sombres, par une tristesse insurmontable, sans réaction physique ni morale, fuyant leurs amis les plus affec-
tionnés, et ne prodiguant plus leurs caresses ni à leur femme ni à leurs enfants. Disons ici, en passant, que les souffrances de l'âme produisent plus de la moitié des maux qui affligent l'espèce humaine ; car l'inquiétude, le chagrin, l'amour-propre humilié , la cessation brusque de toute occupation, la perte de leur position, pour quelques hommes d'Etat, sont autant de causes qui oppressent le cœur, dépriment et arrêtent la circulation, la respiration et les digestions. Ces divers états nerveux altèrent le sang, tout aussi bien que les souffrances organiques ; ils provoquent principalement aussi les maladies du foie, ainsi que la détérioration de la constitution , tandis que les émotions gaies , vives et agréables facilitent, au contraire, le jeu des organes et conservent à l'homme une santé brillante.
Il est utile que les malades recherchent également les causeries gaies et familières, les livres récréatifs, les amusements agréables, les promenades à pied ou à cheval, les courses en voiture, et qu'ils éloignent surtout les préoccupations d'esprit, l'amertune des passions et le souci des affaires. Ces souffrances, il faut le dire, rendront les eaux, de même que tous les remèdes , impuissantes , tant que le malade n'aura pas affranchi son âme de leur tyrannie. La vie d'hôtel, sous ce rapport, est très-utile, à cause de la société qu'on y rencontre et du dé-
sir commun de se procurer quelques distractions.Toutes ces recommandations physiques ou morales, mises en pratique, contribueront à leur tour au rétablissement plus prompt de la santé.
De la saison.
Le choix de la saison n'est pas une chose indifférente pour la réalisation d'une bonne cure.
C'était pendant les mois d'avril, mai et juin, septembre et octobre qu'on prenait anciennement en boisson les eaux de Vichy. « Cependant, dit Desbrest, par un abus aussi dangereux qu'inconcevable, les malades ne se rendent aux eaux que vers la fin du mois de juin , précisément dans le temps où ils devraient en discontinuer l'usage ; il suffit , pour se convaincre de cette vérité, d'examiner les principes qui minéralisent ces eaux, et on voit par là qu'il serait peut-être moins dangereux de les prendre pendant les grands froids que pendant les ardeurs de la canicule. Aussi, qu'arrive-t-il ? C'est que les malades qui les boivent pendant les mois de juillet et d'août éprouvent souvent des douleurs de tête, des tiraillements et des contractures dans les muscles, des chaleurs dans les entrailles, des insomnies , des constipations si opiniâtres, qu'ils sont forcés de renoncer à ce remède, qui, dans un temps mieux choisi, leur aurait fait autant de bien qu'ils en éprouvent de mal. »
Je pense néanmoins , malgré l'opinion de Desbrest, qu'il est préférable d'attendre la bonne saison, car il n'est pas douteux que la douceur de la température et la sérénité de l'air ne contribuent pour beaucoup à les rendre efficaces, en aidant l'action de la cure thermale. Nous ferons remarquer, en outre, qu'à cette époque de l'année la transpiration s'établit franchement, et que le besoin de boire et de se baigner se fait le plus sentir, de telle sorte que, si l'on arrivait à Vichy avant le mois d'avril, époque ou la chaleur n'a pas encore commencé , de même que si l'on y restait après le mois d'octobre, époque où le froid resserre les pores de la peau, il serait, dans ces deux cas, ou trop tôt ou trop tard.
D'après toutes ces considérations, ce n'est qu'à partir du 1er mai qu'on peut se rendre utilement aux eaux de Vichy et y rester, avec le même avantage, jusqu'à la fin d'octobre, attendu que le climat y est très-doux, que le printemps y commence de bonne heure, et que pendant le mois d'octobre on aperçoit encore des fleurs et des fruits au milieu des champs couverts de verdure.
Une température modérée est toujours plus favorable au traitement des maladies en général, et surtout aux affections nerveuses et gastriques ou hépatiques ; tandis que pour les rhumatismes, les maladies de la peau ou les scro-
fuies, ce sont les chaleurs du mois de juillet et d'août qu'il faudra choisir.
Nul doute que si, pendant les mois de juillet et d'août, époque à laquelle il faut prendre les eaux avec la plus grande précaution, on se laisse aller au désir pressant de boire, nul doute, dis-je, que les eaux, qui doivent être prises avec tant de modération, ne puissent, au milieu des grandes chaleurs , produire des accidents fâcheux , déterminer des douleurs de tête, des ballonnemens du ventre, et enfin tous les accidents dont nous avons parlé. Ces troubles fonctionnels sont tellement constants, que le baron Lucas a dit aussi que, dans les grandes chaleurs, il fallait surveiller l'emploi des eaux de Vichy, pour ne pas augmenter les maladies du foie, ce qui est vrai ; car les chaleurs fortes et prolongées rendent le traitement des maladies de cet organe plus difficile. Quoi qu'il en soit, il n'est pas nécessaire, ainsi que le conseillaient les anciens inspecteurs des eaux, de suspendre le traitement ; il faudra seulement ne pas oublier qu'en tout il faut de la modération, et que cet axiome doit être encore plus observé au moment des grandes chaleurs et des orages que pendant les mois tempérés de la saison, laquelle commence à Vichy le 1er mai et finit ordinairement à la fin d'octobre. Toutefois, il n'est pas impossible do se rendre à Vichy pendant l'hiver, mieux vaut faire une cure à cette époque, lorsque la mala-
die le commande, que d'attendre dangereusement une saison thermale habituelle.
Eaux de Vichy transportées.
Les eaux de Vichy sont de toutes les eaux minérales celles dont on expédie le plus, tant en France qu'à l'étranger. Cette consommation s'explique par les importants services qu'elles peuvent rendre loin des lieux qui les produisent.
Doit-on conclure de cette grande exportation que le traitement sera le même qu'à la source? Assurément non, car le malade consommant l'eau hors des localités thermales ne se trouve plus dans les mêmes conditions que celui qui, venant aux sources mêmes, modifie ainsi ses conditions hygiéniques sous le rapport de l'air, des lieux et des occupations. Outre ces considérations, il existe auprès des fontaines des substances salines qui flottent dans l'atmosphère, et dont la présence contribue encore à l'efficacité des eaux.
Sous ce rapport, voici ce que nous dit Tardy : « On remarque auprès des sources de Vichy un sel volatil qui frappe l'odorat des buveurs, et qui s'élance hors de la source, charrié par les eaux, lequel ne doit pas y être inutilement.
« C'est une matière éthérée qui, par son efficacité avec les esprits animaux, pénètre sans obstacle dans tous les réduits des viscères et va
leur donner un nouveau mouvement et une nouvelle vie ; mais qu'on ne s'y trompe pas, on ne trouve cet esprit qu'à leur source ; c'est là seulement qu'il se plaît à manifester sa présence et ses bons effets. »
L'altération la plus notable observée dans les eaux transportées consiste dans la perte d'une légère partie du gaz acide carbonique, ainsi que dans un abaissement de température, à l'égard de celles qui sont chaudes ; pour ces dernières, on peut, il est vrai, rétablir cette chaleur. Cependant, et malgré l'absence de toutes ces conditions de nature à rendre la cure moins favorable, l'eau minérale transportée n'en reste pas moins un médicament précieux pour les malades qui, par des motifs ou des circonstances diverses, se trouvent malheureusement privés de pouvoir se rendre à Vichy. Ceci concerne particulièrement les habitants des colonies ou des régions intertropicales, lesquels, par suite d'une action climatérique mauvaise et incessante, se trouvent atteints de ces diathèses bilieuses avec engorgement du foie ou de la rate, compliquées le plus souvent de diarrhées, de dysentéries ou de fièvres d'accès. Tous ces malades, privés par leur éloignement du bienfait de la cure sur place, trouveront dans l'emploi suivi des eaux transportées un médicament précieux, non-seulement pour détruire les diverses causes morbides qui nuisent à leur santé, mais
encore pour combattre les influences pernicieuses du climat qui les menace d'une manière incessante.
Les observations que je suis à même de recueillir chaque année m'autorisent à recommander aujourd'hui l'usage de ces eaux aux personnes malades qui ont fait ou qui sont destinées k faire un long séjour dans nos possessions d'Afrique, ainsi que dans les régions coloniales, où régnent d'une manière endémique toutes ces maladies diathésiques à fond bilieux, dont nous avons parlé plus haut.
Quant au mode de conservation des eaux transportées, celui qui se pratique aujourd'hui par les soins de la Compagnie fermière, sous la surveillance d'un commissaire spécial nommé par l'Etat, et qui consiste à renfermer l'eau puisée au sein de la source dans des bouteilles immédiatement bouchées et capsulées, me paraît convenable. Chaque capsule, en outre, indique, le millésime et le nom de la source. On doit avoir soin, de tenir ensuite les bouteilles dans des endroits frais-, à l'abri de la gelée et de la chaleur. Dans cet état, l'expérience a prouvé qu'on pouvait leur faire traverser les mers et les conserver plusieurs années de suite sans altération, soit en France, soit dans les colonies.
Néanmoins, et malgré le soin apporté à tous ces moyens de conservation, nous conscillous
aux personnes qui veulent obtenir un résultat complètement efficace de faire en sorte de se rendre aux sources. C'est là seulement qu'elles pourront trouver, avec toutes les conditions hygiéniques, tous les éléments constitutifs auxquels les eaux de Vichy doivent leurs propriétés médicales.
La Compagnie fermière, pour diminuer autant que possible les altérations qui proviennent d'un séjour trop prolongé dans des magasins, où les soins de conservation ne sont pas toujours bien observés, a créé à cet effet des succursales à Paris, boulevard Montmartre, 22 ; à Londres, Margaret street, Cavendish square ; à Bruxelles, à Riga, à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Varsovie, à Constantinople, à Madrid, à Alger et dans les colonies tant anglaises que françaises.
Eaux artificielles et sels minéraux, naturels.
« Allez aux sources naturelles, dit M. Bourdon; la chimie de la nature vaut mieux que celle du laboratoire. »
Je ne saurais trop blâmer ici l'emploi de l'eau do Vichy artificielle, qui ne peut, en aucun cas,
nplacer celle qui provient des sources naturelles ; qualifier d'eau minérale de Vichy le produit d'une simple dissolution de bicarbonate fte soude, c'est commettre un abus de langage
aussi choquant que de donner le nom de vin à un mélange d'alcool, de crème de tartre et de sels terreux que ce liquide fournit à l'analyse.
Les éléments des eaux naturelles sont réunis dans un état de combinaison toute particulière que la main des hommes ne peut réaliser ; ils sont minéralisés dans le premier cas, et seulement mélangés dans le laboratoire du chimiste ; il est d'ailleurs bien démontré aujourd'hui que cette dissolution de bicarbonate de soude est prise bientôt avec répugnance, que l'estomac s'irrite et ne peut le supporter comme celui qui est contenu dans l'eau naturelle ; de telle sorte qu'il semblerait que dans les eaux minérales à forte minéralisation, les agents les plus actifs qu'elles renferment sont comme corrigés par le grand nombre et la proportion des autres sels. Les formules pour préparer les eaux artificielles peuvent être exactes ; mais nous devons exprimer nos doutes, par la raison toute simple que la chimie découvre sans cesse de nouveaux éléments plus ou moins importants dans les eaux naturelles, qu'on ne soupçonnait pas auparavant, tels que le cœsium et le rubidium, les acides créniques et hypocréniques, découverts tout récemment; ce qui nous explique certaines cures merveilleuses qu'on n'obtient qu'aux sources minérales, et pas ailleurs. Pouvons-nous, d'ailleurs, introduire des matières organiques dans
les eaux minérales ? et savons-nous comment on peut les reproduir " Artificiellement? non.
Ce qui prouve, a ailleurs, que toutes ces considérations ont leur valeur et ne sont pas illusoires, c'est le nonWe toujours croissant des personnes qui, tous les ans, se rendent à Vichy pour prendre les eaux à la source. C'est ainsi que nous voyons, sur la liste officielle publiée à Vichy, qu'en 1839, 1,940 malades ou visiteurs sont venus dans cette localité thermale ; en 1849, dix ans plus tard, 5,840 ; qu'en 1858, cette progression s'est élevée au chiffre de 12,000, et en 1863 à 20,000.
Cependant cette proscription absolue, quant à l'eau artificielle employée en boisson, ne doit pas être étendue aux sels.pour bains, d'un usage toujours précieux, soit pour les personnes que leurs occupations, leurs infirmités ou la distance tiennent éloignées de Vichy, soit pour celles qui, la saison finie, veulent continuer chez elles un traitement prescrit par le médecin. Ces bains ne sont pas, à proprement parler, des bains artificiels, alors qu'ils sont préparés avec des sels naturels extraits des sources.
Pendant longtemps on s'est contenté de vendre, sous le nom de sels de Vichy, le bicarbonate de soude, saturé par les gaz qui s'échappent des sources, ou même celui du commerce, souvent mélangé de sels étrangers plus ou moins nuisibles. Pour répondre aux réclamations in-
cessantes des médecins et «es malades, la Compagnie concessionnaire dt^Etat a établi près des sources, avec le concours de M. Bru, pharmacien, de vastes laboratoires où l'on extrait, au moyeu d'appareils spéciaux d'évaporation, les sels contenus en dissolution dans les eaux minérales. Ces appareils évaporent par heure 1,400 litres d'eau, donnant chacun 7 grammes de sels par litre, qui se distinguent par leur blancheur mate, leur texture spongieuse et une forme cristalline qui leur est propre. M. Jules Lefort, qui en a fait l'analyse, a trouvé qu'ils étaient composés de bicarbonates de soude et de magnésie , de sulfates de soude et de chaux, de chlorure de sodium, de silicate de soude et d'oxyde de fer, etc.; en résumé, des principaux sels qui minéralisent les eaux de Vichy.
L'État, afin de régulariser cette exploitation commerciale, et voulant donner aux produits de ses sources le cachet de la vérité, a décidé, par un arrêté ministériel, en date du 27 mars, qu'un agent spécial nommé par le gouvernement présiderait à l'extraction des sels, et scellerait chaque boîte ou flacon , de manière à éviter toute fraude et à donner aux malades toute sécurité.
Résumé concernant les maladies qui peuvent être traitées avantageusement par les eaux de Vichy.
1° Organes de la digestion.
Ces eaux sont salutaires dans toutes les maladies de l'appareil digestif caractérisées par un trouble dans les fonctions digestives, tels que défaut d'appétit, lenteur, pesanteur, chaleur ou ballonnement avant, pendant ou après les repas, avec inertie ou faiblesse des intestins, borborygmes et alternatives de constipation ou de diarrhée : maladies que l'on désigne sous les noms de gastralgie, de dyspepsie, d'anorexie, d'entéralgie, de pyrosis ou de fer chaud.
Elles sont également d'une ressource précieuse dans les embarras gastriques, dans les hypersécrétions des sucs acides ou aigreurs d'estomac, dans la gastrorrhée, les nausées, les vomissements alimentaires glaireux ou bilieux, dans les gastrites, les entérites et colites chroniques, par suite de diarrhée ou dysentérie ou d'hypochondrie.
Ces eaux sont salutaires, en outre, dans toutes les maladies qui tiennent à un état général de faiblesse organique abdominale, par suite d'altération des fonctions digestives, d'alimentation insuffisante ou de mauvaise nature, de fièvres d'accès rebelles, de diète trop prolongée ou de pertes abondantes de sang, alors même
qu'elles s'accompagnent de signes scorbutiques et d'œdème des extrémités. Sous leur influence, les forces assimilatrices se réveillent, l'appétit reparaît, les digestions s'améliorent, la reconstitution ou le remontement organique s'opère, les fonctions générales se régularisent, et les épanchements sous- cutanés sanguins ou séreux se dissipent.
Les eaux de Yichy conviennent particulièrement aussi dans les maladies du foie, telles que l'hépatite aiguë ou chronique, les engorgements, empâtements ou obstructions de cet organe ; dans les calculs , les coliques hépatiques ou hépatalgie, dans la jaunisse elles affections ictériques de toute espèce ; dans les engorgements de la rate, du pancréas et des glandes mésentériques ou du ventre, accompagnées ou non des signes dont l'ensemble caractérise la cachexie paludéenne.
2° Organes de l'appareil urinaire et génital.
Les eaux de Yichy sont, en outre, favorables dans les maladies des reins, avec ou sans sécrétions anomales, dans les coliques néphrétiques, la gravelle d'acide ùrique, l'urate d'ammoniaque et d'oxyde cystique, ainsi que dans les calculs vésicaux de même nature ; dans le catarrhe vésical, l'incontinence d'urine, la paralysie de la vessie, les pertes séminales et l'engorgement de la prostate.
Dans le diabète et l' albuminurie, dans les en-
gorgements de la matrice et des ovaires, avec aménorrhée ou défaut d'écoulement des règles.
3° Appareil de la locomotion.
Les eaux alcalines sont indiquées, par leur nature spéciale, dans la goutte, le rhumatisme goutteux articulaire, musculaire ou sciatique, ainsi que dans les ankyloses récentes.
Elles sont également utiles dans beaucoup de maladies de la peau que l'on traite aujourd'hui, avec le plus grand succès, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, par des solutions de bicarbonate de soude , ou par d'autres préparations alcalines ou sulfuro-alcalines, telles que les affections papuleuses, le purigo, les dartres furfuracées, l'exzéma simplex ou chronique du cuir chevelu, la teigne furfuracée, l'exzéma des parties génitales ou des cuisses chez l'homme et la femme, avec démangeaison, enfin la gale, que l'on prend souvent pour l'eczéma simplex. A toutes ces affections, M. Devcrgie ajoute certaines formes squammeuses de psoriasis , et principalement les diverses variétés de lichen, affection liée, dit cet auteur dans son excellent ouvrage sur les maladies de la peau, à des gastralgies avec production acide. Le bicarbonate de soude est encore de nos jours le moyen le plus puissant de guérison dans ces sortes d'affections; de môme aussi pour remédier aux accidents consécutifs, aux divers traitements mercuriels, par l'iode ou le copahu.
'En résumé, toutes les maladies dont nous venons de parler forment le fond général de la clinique de Vichy, à l'égard desquelles ces eaux produisent les plus salutaires effets.
Ici se termine la tâche que je m'étais imposée ; j'ai voulu offrir un résumé, aussi complet que le comporte le cadre que je m'étais tracé, des conseils à adresser non-seulement aux malades qui viennent prendre les eaux aux sources mêmes, mais encore à ceux qui ne pouvant se déplacer, son forcés de les hoire loin de Vichy. Je serai heureux et suffisamment récompensé si les avis que j'ai consignés dans cet ouvrage leur procurent un retour complet à la santé, ou tout au moins un soulagement; car, rendre service à ceux qui souffrent a toujours été à mes yeux la plus helle application que l'on puisse faire de l'étude de la médecine.