‹ Guide pratique du compositeur d'imprimerieChapitre 11 sur 127 · MISE EN PAGES · texte numérisé non relu

MISE EN PAGES

Cette opération a pour but de réunir les diverses compositions des paquetiers, pour en former des pages de longueur unifonne, revêtues de leurs folios, avec ou sans titres courants, et de leurs signatures et lignes de pied, tout en y intercalant préalablement, et suivant leur place respective, les titres, sonmiaires, vers, notes, blancs, etc., qui peuvent s'y rencontrer. On y procède cx)mme il suit :

Les copies faites sont prises aux compositeurs et classées selon leur ordre numérique; puis, si on ne Ta pas fait d'avancé, on les parcourt, pour conii>oser, en commençant par le dernier feuil-

let; toutes les lignes d'un caractère différent de celui du corps de Touvrage^ laissées intentionnellement de c6té par le paquetier. On compose ensuite les folios^ avec ou sans titres courants, pour une feuille au moins , si les titres courants ne changent pas trop fréquemment, en commençant par le dernier de la feuille, afin que, placés sur la galée, le premier à prendre (et successivement tous les autres) se trouve à découvert, et par conséquent plus facile à enlever. Les lignes de pied et les signatures sont composées aussi, et intercalées méthodiquement entre chaque folio. — La galée contenant les titres, notes, etc., et celle des folios, sont placées, l'une au-dessus de Tautre, sur la partie gauche du bas de casse où Ton met en pages.

On enlève alors, en suivant les noms, les compositions des paquetiers, on les inscrit au fur et à mesul« (1), et on les réunit sous le rang (ou près de soi, sur un marbre), en ayant soin de mettre le premier paquet de chaque c^omposition en dessus, et le dernier en dessous. Cela fait, on prend une galée longue que l'on place sur la partie droite du bas de casse, et sur laquelle on délie le premier paquet de texte ; on met en tête de ce paquet, contenant le nombre de lignes convenu, un folio avec les interlignes nécessaires, puis une ligne de pied, qui doit, par elle-même ou à l'aide d'interlignes, former la force de corps du texte. On présente ensuite une réglette bien dressée par les bouts sur l'extrémité libre des lignes; puis, après avoir redressé et mis d'aplomb la composition, on la presse fortement avec la main gauche en poussant les dernières lignes sur les premières, et on la maintient dans cette position, tout en fixant la réglette au moyen de l'index allongé. On fait alors, sur l'épaisseur de la réglette, juste au niveau de la ligne de pied, une entaille qui détermine la longueur totale des pages. On retire ensuite le folio, pour mettre à sa place les lignes du titre qui précède le texte de la première page, et on les blanchit de manière qu'elles forment un nombre juste de

(0 II est nécessaire, pour ne pas embarrasser l'élève, de le faire débuter par un ouvrage sans difficultés, c'est-À-dire ne contenant uniquement que du texte.

lignes de te\te; on jette un coup d^œil sur ia copie, placée audessus de ia galée de mise en pages, i>our faire les intercalations s'il y a lieu, et en même temps pour s'assurer de la concordance des alinéa de la page^ Ton repousse vers le bas de la galée la matière qui excède le cran de la réglette, plus une ligne pour la ligne de pied ou la signature à placer, puis la page est liée et mise sous le rang. Le folio de la seconde page est alors mis dans la galée, et on en rapproche le reste du texte du paquet précédent; on prend le second paquet, qu'on ajoute à ce reste, on justifie la page, et l'on agit de la même manière pour le reste de la feuille. — Les pages sont successivement et dans l'ordre convenable placées sous le rang, jusqu'à complément de la feuille; après quoi on passe à imposition.

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