HISTOIRE
L'étiquette des casses doit porter : ud numéro d'ordre relatif au nombre de casses qu'il y a sur un caractère, lequel sert à indiquer que la casse n« i, 2, 3, etc., est ou a été entre les mains de tel compositeur; la désignation du caractère, et s'il est romain ou italique; et le millésime, nécessaire pour ne point mêler les diverses fontes d'un même caractère :
M* t. — Sept serré romalii. — t9Bû.
On met une seule étiquette sur le devant et au milieu du bas de casse; mais il est nécessaire d'en mettre deux au haut de casse ^ dont une sur la partie libre lorsque la casse est montée, afin de faciliter les recherches dans le cas où l'étiquette du bas de casse se trouverait accidentellement masquée.
Lorsqu'on procède à la formation d'une garniture, il faut avoir égard aux considérations suivantes :
La dimension du papier mécanique variant d'une manière assez sensible dans chaque dénomination (earréy grand-raisin, etc.), il est indispensaUe, pour éviter de retoucher à plusieurs reprises , de se procurer une feuille du papier de Fouvrage, et de la plier avec toute la justesse possible sur le format voulu, pour connidtre la valeur des blancs à répartir, tant en tête, ^ {ùed, que sur les côtés.
Les blancs de tête et de fond sont ordinairement tenus un tiers environ moins forts que le blanc de pied et que celui de la barre; on donne aussi à ce dernier quelques points de moins qu'à celui de la marge extérieure, pour balancer les défectuosités que peut offrir le papier de ce côté. — Le blanc qui est à la barre horizontale doit, autant que possible, être de même épaisseur que celle du biseau de pied et des coins réunis; il en eist de même de celui de la barre verticale relativement aux biseaux et aux coins de côté. Cette disposition est nécessaire pour que les pages se trouvent exactement au milieu du châssis.
Ces différentes parties de la garniture, qu'on doit, autant que possible, mettre d'une seule pièce, se placent de la manière qu'on
le voit ici^ aHn que toutes les pages soient convenablement maintenues :
Lorsqu'on impose une feuille qui doit^ alternativement^ être tirée avec de petits et de grands blancs, on place provisoirement le blanc supplémentaire des têtières, par moitié, au bas des pages; et celui de la barre entre les pages et le biseau de côté.
n faut aussi que le châssis soit approprié à la matière qu'il doit contenir. S^il est trop petit, le maniement en est tout à la fois difficile et pénible, par l'impossibilité de fourrer les doigts dans l'ouverture des coins; s'il est trop grand, et par conséquent trop fourni de bois et de plombs, la matière est susceptible de tomber en pâte. ^
Les garnitures des placards doivent, autant que possible, êti*e combinées de manière à ce que, les blancs étant transposés, elles puissent servir pour imposer les feuilles mises en pages. De cette manière, il y a économie notable de matériel, de place, et de temps pour la conscience et pour le metteur en pages. — De cette manière encore, on trouve facilement , dans le blanc affecté pour
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le fond ou les têtières, la place dont on pourrait avoir besoin pour additions faites à la correction, sans être obligé de faire passer d'un placard sur Tautre.
Q faut éviter, dans les garnitures provisoires des ouvrages destinés à être clichés, d'employer des plombs ou des boift dont la rectitude soit faussée ; car il est souvent impossible, ou du moins trè&-difBcile, de faire perdre aux pages le guingois qu'elles contractent lorsqu'elles sont serrées avec de semblables garnitures.
Les pièces de garniture qui longent les barres horizontale et verticale du ch&ssis doivent, lorsqu'elles sont en plomb, en être séparées par un bois ou par une réglette, afin d'éviter que leur contact immédiat avec ces parties, qui sont rarement bien dressées, ne leur fasse perdre de leur rectitude.
La personne chargée de vérifier les tierces doit s'assurer avec soin de la parfaite exécution des corrections indiquées sur le bon à tirer, et des remaniements, reports de lignes, modifications de blancs, etc., qu'elles peuvent avoir occasionnés. Elle doit aussi jeter un coup d'oeil sur la fin des lignes, pour voir s'il n'y a rien de tombé ou d'écrasé, si rien n'y chevauche, et si la frisquette ne mord nulle part. — Elle est seule responsable de ce qui pourrait avoir échappé, sous ce rapport, à celui qui a corrigé le bon à tirer sur le plomb ; de même que celui qui corrige la tierce l'est à son tour de l'exécution de tout ce qui y est indiqué, à moins cependant qu'il n'y ait une révision, et que, ayant oublié une ou plusieurs fautes, ou même en ayant fait de nouvelles, ces fautes ne soient pas indiquées derechef à la révision : cas où, encore, la responsabilité incombe au réviseur.
On doit également s'assurer de l'imposition, surtout si elle offre une complication de cartons; et, dans ce cas, particulièrement, on doit exiger la tierce en retiration, afin de plier la feuille avant de la signer. — Les erreurs commises sous ce rapport sont à la charge, non du metteur en pages, mais de la personne qui voit la tierce.
LECTURE DES ÉPREUVES
La personne qui est chargée de la lecture des épreuves^ et que nous supposerons connaître , au moins théoriquement^ la composition dans tous ses détails, doit, indépendamment des fautes de français et de ponctuation, envisager encore ce travail sous les rapports suivants :
4* Si Tespacement de chaque ligne est régulier; s'il n'est pas trop large ou trop serré sans motif; si le compositeur, dans la répartition des espaces aux virgules, a tenu compte du blanc que certaines lettres portent naturellement par en bas, comme To, 1>, Vy (bas de casse ) , et le chiffre 7 ; ou de la rencontre accidentelle de certaines autres, comme VA avec le T, le V, TY (AT, AV, AY) ; IT, le T, le V et TY avec l'A (FA, TA, VA, YA) ; FL avec Fapostrophe et l'A (L'A), dans les lignes de titres espacées.
2"* Si les divisions des fins de ligne sont faites d'une manière convenable, et si elles sont nécessaires pour la régularité de l'espacement; s^l est possible de les éviter au bas d'une page, surtout si elles sont muettes ou suivies d'une ponctuation forte, ou si elles se trouvent au recto; si celles des substantifs composés sont d'accord avec le dictionnaire adopté comme autorité; enfin, si leur n(Hnbre successif n'est pas trop considérable, eu égard à la largeur de la justification.
3"* Si la ponctuation est en italique après de l'italique (1), et en romain après du romain; si elle est bien placée relativement
(1) Quoique appartenant à une plu-ase ou à un mot eu italique, la ponctuation i^ met en ronnain lorsqu'elle se trou\c immédiatement après un crochet , une parenthèse, ou un chifTrp, si toutefois ces deux derniers ne sont pas italiques.
282 CUAPITRE Vil. .
aux parenthèses, ( 'est-à-dire en dedans ou en dehors de ces dernières, selon le cas.
i« Si l'interlignage est fait régulièrement.
ri'» Si les espaces, cadrats, ou interlignes, ne lèvent pas.
()*» Si les lettres ne sont pas d*œil ou de corps différents; si elles ne sont pas retournées, sales, gâtées ou basses; de romain dans l'italique, ou d'italique dans le romain ; si elles ne chevau- (;hent pas dans l'intérieur ou à la fin des lignes.
7" Si les vers sont renfonces régulièrement selon leur nature.
8° S'il y a des lignes dites à ifolevr à regagner.
9** Si les alinéa de la copie ont été observés.
10'' Si les folios et les signatures de la feuille à lire cx)rres{>nndent entre eux et avec ceux des feuilles préc^entes (I).
1 !*» Si Tordre numérique des livres, chapitres et paragraphes, est suivi.
tS° Si les titres courants sont coupés convenablement, et s'ils expriment bien le contenu du livre, chapitre, etc., auxquels ils ont rapport.
13* Si les titres intérieurs sont de tyi)es et de forçai d'oeil uniformes, et s'ils sont blanchis régulièrement.
ii<» Si les notes correspondent avec leurs renvois, et si leur (coupure d'une page à l'autre est satisfaisante.
15° Si les additions sont convenablement disposées, et si leur alignement horizontal avec le passage auquel elles se rapportent ne laisse rien à désirer.
16*» S'il ne se trouve pas en tête d'une page une ligne (fin d'alinéa) non pleine.
17'' Si les pages ont la longueur exacte voulue ; et, dans le cas de pages courtes ou longues, les lignes à regagner ou à faire en plus pour les éviter. •
18*» Enfin, si les coins des pages ont la rectitude désirable.
(1) <:ette opi^ration est une dos plus iTn|M)rtantes pour ses conaéqiiencivt ; aussi ne saurioiM-noiis assez recommander de la faire avant tout, c'est-à-dire aussitôt que la feuille est p\\6e et coiipé<'.
LFXTlRi: DES EPRErVES. 2R3
I^e correcteur doit, eu outre, st* renseigner, auprès du metteur en pages , sur Torthographe arbitraire de certains mots, sur remploi des majuscules, de l'italique, etc., exigés par Tauteur, ainsi que des abréviations adoptées, et en prendre une note pour y recourir au besoin.
OBSERVATIONS
I. Les corrections doivent s'indiquer, d'une manière claire, sur la marge extérieure des pages, la première partant de la droite pour la page recto, et de la gauche pour la page verso, et les suivantes s'étendant succ^ssix-ement dans ces deux sens, selon leur nombre.
â. Dans les ouvrages à deux colonnes, les corrections se mai*queut sui* les deux marges. S'il y a plus de deux colonnes, ainsi que cela se voit dans les tableaux, on tire autant de traits verti- <^ux sur la marge extérieure qu'il y a de c>olonnes dans le tableau, et les corrections relatives à chacune des colonnes sont indiquées entre ces traits.
3. Lorsqu'une faute oubliée ne peut être placée, après coup, dans son ordre, on emploie un signe particulier pour l'indiquer.
4. Quand un bourdon excîède quatre ou cinq lignes, on peut se dispenser de l'écrire en entier sur l'épreuve; on se contente de rindiquer à l'endroit où il se trouve par un signe quelconque, (|ue Ton répète en marge avec ('es mots : Bourdon, ( V, copie j p, ...); puis, comme on le voit à la page 28 i, on entoure, sur la copie, le passage sauté, et Ton joint à l'épreuve le^ feuillet où il se trouve.
5. Lorsqu'une correction queUîonque peut, ]>ar sa nature, entraîner un remaniement de quelques lignes, il convient d'en indiquer l'échelle sur l'épreuve.
6. Le nom des compositeurs doit être placé , d'une manière visible, exactement vi&-à-vis de l'endroit (alinéa ou ligne pleine) où ils ont commencé, afin de faciliter au besoin la vérification des comptes, et d'éviter toute contestation pour la correction.
7. l^a réclame doit être indiquée sur la copie, h Tendroit où se
termine la feuille; et^ s'il y a des notes, on répète cette indication au point de rappel, de la manière suivante :
prince attendait avec impatience, arriva à Madrid pour y faire une courte apparition.
On ne tarda pas à apprendre t ouverture des hostilités avec l'AutrichCy et les premiers succès de Napoléon; inais le roi acquit aussi la malheureuse conviction que son frère voyait d'un
mauvais œil sa conduite en Espagne, \Cette con-
dut te , honorable pour Joseph, qui ne voulait agir que dans l'intérêt de la nation espagnole, et pour la soustraire à la dépendance de la France, était diamétralement opposée à celle que Napoléon aurait voulu lui voir tenir.[Ti
devenait facile de prévoir les obstacles qui n'allaient pas tarder à naître sous ses pas. Ne voulant pas servir d'instrument aux projets de l'Empereur sur la Péninsule, Joseph aurait dû peut-être abandonner son royaume; il préféra suivre une marche intermédiaire, espérant, d'une part, par des concessions, obtenir, pour le bonheur des Espagnols, beaucoup d'un frère qui, dans le fond, l'estimait et l'aimait (i); d'une autre, par sa^ïênveillance et sa justice vis-àrvis de ses peuples, arriver à la soumission des provinces plus vite et plus sûrement que par la force des armes. L'ambition, qui
(i) On lit dans le premier volume de l'ou-
I ^^uT)}^""^'" ^^^ ^^ docteur ^Méara, ^ge 232 : « Napoléon m'a parlé de son frère Joseph, qu'il a
Cette réclame doit être vérifiée à chaque feuille; et si elle a été
M. Charles.
LECTURE DES EPREUVES. 285
modifiée par quelque correction ultérieure, on met en tête de la nouvelle feuille en typographique : Vérifier la réclame, — Il en est de même lorsqu'il y a doute pour la concordance des feuilles bonnes à tirer entre elles.
8. Le correcteur en typographique doit se borner, quant au style, à la reproduction exacte de la copie, et ne rien changer à la ponctuation qu'avec la plus grande réserve , surtout s'il s'agit d'une réimpression; le compositeur ne devant pas être responsable des erreurs de la copie sous ce rapport.
9. Lorsqu'un mot ou une phrase parait fautive au correcteur en bon à tirer, il appelle l'attention de l'auteur en mettant en tête de la première page de l'épreuve qu'il lui renvoie : Voir page ... , et en entourant le passage douteux sur l'épreuve.
10. Les corrections ajoutées après coup sur une épreuve déjà lue, ou quelquefois corrigée, doivent être entourées ou écrites à l'encre rouge, afin d'éviter, pour leur recherche, une perte de temps inutile.
il . Lorsque le Correcteur lit deux épreuves successives d'une même feuille, il doit, préalablement, vérifier si les corrections indiquées sur la première feuille ont été exécutées, et il passe ensuite à la nouvelle lecture. Mais si, comme pour une tierce, il ne s'agit que d'une simple vérification, il doit redoubler d'attention, car il arrive assez souvent qu'une correction qui paraît oubliée a été, par erreur, exécutée ailleurs qu'en son lieu, et occasionne alors une faute de plus. Il doit donc, lorsqu'il s'aperçoit d'une omission de ce genre, relire avec soin la ligne où se trouve l'indication, et, au besoin, les lignes qui la précèdent ou la suivent. — Il doit agir de même lorsqu'un ajouté ou une suppression a entraîné un remaniement quelconque; ou encore s'il y a eu des reports de lignes d'une page à l'autre. Que d'erreurs graves ne pourrait- on pas signaler, résultant de l'indifférence des correcteurs sous ce rapport!
12. Le correcteur en bon à tirer est seul responsable des fautes qu'il laisse passer, ces fautes eussent- elles même été déjà indiquées par lui sur de précédentes épreuves ; par la raison que la
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C'est un fait di^ne de remaj(qiie que piivention qui a contribué le plus fê^mmeni à perptuer/souvenire historiques n'ait pu jusqu'à ce (;f( jour répjj^ndre quelque clarté sur le niystère A»» enveloppe sa propre ori- Trois villes, Mayence,|et Strasbourg)