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DES TABLEAUX
La nature des tableaux varie tellement, que l'on ne peut, non plus que pour les frontispices, établir des règles fixes pour tous les cas; et nous devons nous borner à donner ici les préceptes qui suivent, avec les diverses observations qui s'y rattachent.
Avant de commencer un tableau dont la largeur totale est déterminée par la copie, on doit prendre avec exactitude la justification partielle de toutes ses parties. Pour cela, on présente sur les colonnes du modèle un nombre de cadratins (de dix points) qui se rapproche le plus possible de leur largeur, et Ton place ces cadratins dans un composteur, en mettant entre chaque justification le blanc représentatif du filet vertical. Mais conune il est très-rare de tomber ainsi parfaitement d'accord avec le modèle, on augmente la largeur des colonnes les plus chargées (soit dans les têtes, soit dans le texte), au détriment de celles qui le sont moins (1), en ayant soin toutefois que la dimension des unes et des autres se trouve toujours en rapport exact avec des cadrats, lingots ou bois d'un nombre de points déterminé, afin de faciliter le travail tout en l'abrégeant.
Cette opération faite, on s'assure avec le plus grand soin que rien n'a été oublié, et Ton arrête la justification totale en plaçant au commencement et à la fin du composteur un bout du filet de cadre, ou un blanc de sa valeur.
On détermine ensuite la hauteur des têtes en composant, en caractères voulus, celle qui contient le plus de lignes, et en y ajoutant les blancs nécessaires, ainsi que le filet horizontal qui la sépare du texte. ■— On agit de même à l'égard du texte, puis on
(1) Lorsqu'il s'agit d'un tableau à colonnes blanches, comme un registre, par exemple, il faut a\oir le soin de donner à chacune des colonnes la largeur rela^ tive à l'étendue de la matière qu'elle peut être appelée à contenir» ( Voir page 140.)
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le réunit à la tète, pour fixer la longueur intérieure du tableau.
Lorsque la largeur et la hauteur sont arrêtées d'une manière certaine^ on compose^ en commençant par la dernière^ toutes les têtes du tableau 7 auxquelles on donne la hauteur verticale convenable; puis on les place dans une galée à part, avec leurs filets horizontaux.
La tête de la première colonne est alors reprise et placée dans la galée de mise en pages ^ où on la fait suivre de son texte. Lorsque ce dernier est bien redressé et mis d'aplomb, on recouvre la colonne d'un filet vertical dressé à la lime (1) par celui de ses bouts qui porte sur la tringle horizontale de la galée; puis on presse fortement la matière en la poussant de bas en haut, afin de diminuer le plus possible son élasticité^ et Ton fait une marque au côté gauche du filet avec une pointé effilée pour déterminer sa longueur; on le coupe, et on le dresse à la lime jusqu'à ce qu'il soit de la dimension convenable^ ce dont on s'assure en plaçant un filet de cadre en tête et en pied de la colonne^ et en pressimt de nouveau cette dernière. Tant que, durant la pression, le filet ne peut sortir librement, c'est qu'il est encore trop long.
Lorsque le filet est réduit à la longueur désirable, on compose et l'on place successivement de la même manière toutes les autres colonnes.
L'intérieur du*tableau étant entièrement composé, on effectue son encadrement de la manière suivante : On coupe le premier filet vertical de cadre im peu plus long que la page à encadrer, l'épaisseur des deux filets horizontaux coiliprise; puis, après l'avoir dressé d'un bout (celui du haut de la page), on présente de ce côté et sur le maigre un cadratin du corps du filet {K)ur déterminer l'ouverture de l'anglet; on trace un trait avec la pointe
(1) Le filet à limer se met à plat sar le rebord vertical droit du bas de casse, en se prolongeant, sekm sa longoetir, sm- les casseCîns aux cadrais, de la virgule, du point, etc. ; et il est appuyé par son pied sur lintérieur du rebord borizontal. Pendant TefTort de la lime, il est solidement maintenu dans cette position par l'index gauche étendu sur son plat, par les trois autres doigts placés du cMéde rœil , et par le pouce, qui appuie en sens contraire sur l'extérieur du rebord horizontal.
derrière le cadratin, et on lime en biseau jusqu'au trait (i); ou place ensuite ce filet au début des lignes, en repoussant un peu la composition. Cela fait, on coupe un filet horizontal sur la largeur de la page, les deux filets verticaux compris, avec un excédant de quelques points; on le dresse carrément par le bout qui correspond à celui du filet vertical déjà placé, et on en fait Tanglet de la même manière que précédemment; puis on le met en tête de la page. On présente alors, au pied de la page, le second filet horizontal, avec lequel on presse fortement la composition, et Ton fait, par-dessus ce filet, un trait à la pointe sur Texcédant du filet vertical, pour indiquer la longueur définitive de ce dernier. On enlève ensuite le filet vertical, on le dresse en limant jusqu'au trait, et Ton fait le second anglet; on coupe le deuxième filet vertical, en le tenant toujours un peu plus long; on le dresse d'un bout, on en fait l'anglet, puis on fixe sa longueur exacte avec le premier à l'aide d'un trait de pointe, et l'on fait le second anglet. On replace ensuite un de ces deux filets sur le côté gauche de la composition, et l'on met l'autre sur le côté droit, en dedans du filet horizontal de tête. Après avoir fortement appuyé sur la page, en la redressant dans le sens de sa largeur, on tire un trait de pointe sur l'excédant du filet horizontal pour fixer sa longueur, et l'on enlève ce dernier pour en faire le second anglet; puis on prépare le second filet horizontal comme il a été dit pour le second vertical. — Les quatre filets, ainsi achevés, sont soigneusement ajustés à leur place avant de lier la page, afin d'éviter que la partie aiguë de leurs anglets ne se brise en grimpant l'un sur l'autre (2).
(i) Quelques fondeurs de Paris, et entre autres M. Derriey, artiste fort habfle, ont imagmé des coupoirs à l'aide desquels on obtient des anglets qui ont la perfection désirable; mais comme un très-grand nombre d'imprimeries ne possèdent pas ces outils, qui, du reste, laissent encore à désirer sous plus d'un rapport, nous n*ayons pas cm devoir nous dispenser de donner cet enseignement.
(2) Il ne suffît pas, pour qu'un cadre joigne d'une manière convenable, que les filets soient réguliers dans leur longueur et dans leur ouverture d'angle; il faut encore que la matière intérieure soit tfès-bien justifiée, et que le serrage de la forme soit fait avec le soin convenable pour ne point fausser ni déplacer les filets.
DES TABLEAUX
OBSERVATIONS
1. Les tètes des tableaux doivent, autant que possible , être disposées en titre, le mot principal ressortant sur les autres; mais comme le peu de largeur des colonnes peut s'y opposer, il y a souvent nécessité de les mettre en simples sommaires de petites majuscules ou même de bas de casse. On doit, dans ce cas, conserver saillant le mot principal, et l'isoler des autres lignes par un léger blanc :