CORRECTION EN GALÉE
On place le paquet à corriger dans une galée dont la tringle verticale porte sur le rebord de la casse, du cassetin aux espaces au cassetin aux u. Lorsque la page est déliée, on met un lingot
ou une réglette sur l'extrémité libre des lignes, et on fedresse la composition en la battant légèrement sm» Tœil du bout des doigts
(le la main droite et poussant dans un sens^ tandis que^ de la main gauche^ on pousse dans un sens contraire, soit le bas de la page, soit l'extrémité des lignes du côté et à Taide du lingot. On jette Tœil sur l'épreuve, placée au-dessus de la galée, afin d'y voir la première correction à exécuter; puis, avec la pointe (1), tenue par le pouce, l'index et le médius de la main droite (à peu près à la manière d'une plume), et placée sur le côté droit du mot à corriger, on enlève la partie de la ligne où se trouve ce mot à Taide de l'index de la main gauche, placé soit sur le commencement de la ligne, si le mot s'en trouve près, soit dans le blanc de séparation de deux mots, s'il en est éloigné; on place le fer de la pointe devant la lettre à enlever, et on la soutient en la poussant légèrement vers le bas de la page. L'index gauche abandonne alors l'extrémité de la ligne pour en abaisser ce qui est bon, et prendre, à l'aide du pouce, la lettre ou le mot à changer. On renverse ensuite la pointe de manière que le manche se trouve dans la main, et maintenue par les derniers doigts seulement, le fer en l'air; on prend la lettre de remplacement sans quitter la pointe, on la place, puis on l'abaisse avec le plat du manche de la pointe, à laquelle on fait alors reprendre sa première position par un nouveau mouvement de bascule. Si la lettre de remplacement est plus forte que celle qui est remplacée, on diminue, pour la différence, une ou plusieurs espaces (2) qu'oa extrait et qu'on remplace de la même manière ; si, au contraire.
(1) Depuis quelques années surtout, bon nombre de compositeurs se servent de pinces pour corriger; mais, malgré l'aTantage que celles-d, maniées avec intelligence, devraient offrir sur la pointe, notamment dans la correction des tableaux, nous n'osons en prescrire Fusage , tant nous avons vu et voyons encore de filets et de lettres endommagés par le brusque rapprochement de leurs deux branches mal assurées: — (Voir, chapitre VII, les signes de correction.)
(2) Lorsque la diminution à opérer ne nécessite pas de retoucher à l'espaoeraent total de la ligne, soit pour retirer un point ou un demi-point entre chaque mot, on Teflectue de préférence entre les mots qui finissent et commencent par une lettre de forme ronde. Le contraire a lieu sMl s'agit d'augmenter l'espacement , c'est-à-dire que l'on jette de préférence aux mots où il se rencontre des lettres de forme longue.
elle est plus faible^ on augmente avec discenienient une ou plusieurs espaces de la ligne. Lorsqu'on a une ou plusieurs lettres à ajouter ou à supprimer dans une ligne ^ on agit de même ; en admettant^ toutefois^ que l'addition ou la suppression ne soit pas de nature à rendre la ligne trop serrée ou trop large, cas où il faudrait remanier, comme il va être dit tout à l'heure.
La correction exécutée, on s'assure de la justification en appuyant simultanément le bout de Tindex droit sur l'extrémité de trois ou quatre lignes, au milieu desquelles se trouve celle qui a subi Ift correction ; moyen comparatif qui fait facilement apercevoir si la ligne est ou trop forte ou trop faible. On abaisse ensuite les espaces avec le fer de la pointe, afin qu'elles ne marquent pas à répreuve suivante.
Si l'addition ou la suppression d'un bu de plusieurs mots met dans la nécessité de sortir de ligne, il faut remanier. Dans ce cas, on mouille légèrement les lignes que Fon suppose devoir être retouchées, et on les dégage, si elles se trouvent à la tête ou au milieu de la page, en repoussant l'excédant vers le bas de la galée, puis on les enlève et on les met à la fin de la page, le cran
en dessus. Le bout de l'index droit est placé sur le côté de la première lettre de la première ligne, et le pouce, par sa (nce interne,
sur le devant de la ligne, au point que Ton veut enlever; puis, par un mouvement simultané de pression de l'index et du pouce, on fait monter cette partie de ligne sur le médius à demi plié, placé derrière elle, au-dessus de la ligne suivante, et destiné à lui prêter son appui. Lorsqu'elle est dégagée, on renverse le poignet en dedans, afin que le cran des lettres se trouve en dessous, et
on la met dans le composteur. L'endroit à modifier étant atteint^ on exécute la correction, et Ton reprend successivement et de la même manière le reste des lignes à remanier, lesquelles sont ainsi soumises de nouveau à un espacement et à une justification convenables. On les remet ensuite à leur place au fur et à mesure qu^on les retire du composteur.