EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DE LA SALIVE
outre les microbes du pus, le Bacillus coli , et plus rarement un bacille semblable au bacille d’Ebcrth, mais qui se colore par le Gram. Les crachats ont une odeur fétide qui se retrouve dans les cultures.
III. — Examen bactériologique de la salive buccale, du tartre dentaire et des produits pathologiques de la bouebe.
124. Renseignements préliminaires. — On sait qu’un très grand nombre de microbes, dont plusieurs sont pathogènes, se trouvent dans la bouche à l’état de santé, mais en petite quantité. On sait en outre que la plupart de ces microbes pathogènes continuent à se développer dans la bouche longtemps après la guérison des maladies (diphtérie, pneumonie, etc.). Bien que l’on ait pu constater, dans certains cas, l’atténuation de ces microbes (cultures plus lentes à se développer), il est souvent utile de les rechercher en raison du danger qu’ils présentent pour les personnes faisant partie de l’entourage du malade, ou pour le malade lui-même (rechutes et complications possibles).
D’après Valude et Sanarelli, la salive exerce normalement sur ces microbes, notamment sur celui de la tuberculose, un pouvoir bactéricide. Malheureusement les cas où ce pouvoir bactéricide se trouve impuissant, souvent sous l’influence des causes les plus banales (refroidissement, ulcérations accidentelles, perte ou fracture d’une dent), ne sont que trop fréquents.
Les microbes les plus fréquents à l’état de santé sont : le pneumocoque, les streptocoque et staphylocoque pyo-
TECHNIQUE SPECIALE
gènes, le pneumobacille de Friedlaender, le microcoque tétragène, le bacille de Loeffler (spécialement chez les convalescents de diphtérie), des spirilles et des spirochètes, le champignon de l’actinomycose, le Leptothrix, etc.
On trouve en outre les nombreux bacilles étudiés par Vignal, Biondi et Miller et qui ne sont peut-être, pour la plupart, que des formes d'une seule et même espèce. Ces derniers (décrits par Miller) seraient les agents essentiels de la carie dentaire. Nous renvoyons pour leur étude à l'ouvrage de David (1) où ces microbes sont décrits et figurés avec soin.
D’après Dittrich les microbes saprophytes entrent en concurrence vitale, dans la bouche, avec les pathogènes et les détruisent.
125. Examen immédiat. — On recueille avec la spatule du fil de platine une parcelle de crachat, et on l’étale sur une lamelle en suivant le procédé indiqué pour les crachats bronchiques (85).
On peut encore recueillir, à l'aide de la spatule stérilisée et directement dans la bouche , les produits que l’on veut examiner. On portera la spatule sur les points qui présentent un intérêt particulier suivant le cas que l'on a sous les yeux (amygdales, joues, langue, tartre dentaire, etc). On enfermera la spatule dans un tube stérilisé pour examiner à loisir, dans son laboratoire, l'enduit qu’elle aura recueilli. Au lieu de spatule, on peut employer un écouvillon d'ouate (12) que l'on transportera de la même manière.
(1) David, Les microbes de la bouche. Paris, IS90.
SALIVE
126. Ensemencements sur milieux de culture. — Ces ensemencements se feront de préférence en faisant des stries sur plaque de gélatine (9) afin d’arriver à isoler les colonies des divers microbes et d’étudier séparément leurs formes et leurs propriétés.
127. Précautions à prendre. — Pour ne pas être gêné par les microbes apportés par les aliments, Vignal conseille de procéder de la façon suivante :
La veille du jour où l’on veut faire la cueillette, avant de se coucher, on lave la bouche à plusieurs reprises avec de l’eau stérilisée, en se servant pour se brosser les dents d’une brosse également stérilisée. Le lendemain, avant de manger, on se lave encore la bouche à l’eau stérilisée. Alors seulement on enlève, avec le fd de platine flambé, un peu de tartre dentaire ou d’enduit lingual ; on délaye cette parcelle dans un tube de bouillon neutralisé, et c’est ce bouillon que l’on ensemence sur le milieu à observer. Faute de ces précautions on n’obtient que les microbes superficiels, les autres, plus adhérents, ne sont pas atteints.
Les plaques de gélatine doivent être placées dans une étuve à 20-22°, température la plus favorable pour ce genre de culture.
128. Diagnostic et renseignements cliniques. — C’est encore le streptocoque qui joue ici le rôle prépondérant surtout dans la bouche des enfants. Le staphylocoque vient ensuite. Quant à l'enduit lingual, les espèces qui y prédominent sont le pneumobacille de Friedlaender et
Diagnostic bactériologique. 7
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des formes voisines du Bacillus coli , du bacille d’Eberth et du vibrion septique.
Nous passerons rapidement en revue les principales maladies dont la bouche est le siège.
129. Stomatite ulcêro-memhraneuse . — On suppose que cette affection relève d’un microbe spécial qui n’a pas encore été isolé. Les spirilles, qui abondent dans les ulcérations, n’ont rien de caractéristique, car elles se trouvent dans les bouches saines au collet des dents : mais elles ont un pouvoir pyogène (Gueit). Pour Galippe toutes les stomatites, quelle que soit leur forme ont pour origine commune les microbes du pus, qui s’observent à l’état normal dans la salive.
130. Stomatite aphteuse. — On admet que cette. affection est identique à la fièvre aphteuse du bœuf et de la vache qui serait transmise par le lait et le beurre. Cependant le microbe spécifique de cette maladie n’est pas connu. Récemment on l’a attribuée à la présence de protozoaires (Behla).
On trouve dans les vésicules des aphtes de la bouche de l’homme des microcoques et des streptocoques (, Slreptococcus involutus de Kurth), quelquefois le pneumobacille. — Siegel a isolé un petit bacille très court, ovoïde, qu’il considère comme spécifique.
131. Stomatites à gonocoque et à staphylocoques. — Le gonocoque produit quelquefois des stomatites coïncidant, chez les nouveau-nés, avec 1 ophtalmie blennor-