‹ Guide pratique du diagnostic bactériologique des maladies microbiennesChapitre 7 sur 89 · MILIEUX DE CULTURE · texte numérisé non relu

MILIEUX DE CULTURE

transporter les fausses membranes et autres produits pathologiques du lit du malade au laboratoire, on se sert de tubes larges et courts, préalablement stérilisés et bouchés d’un tampon d'ouate. Ces tubes ont le bord renversé ou renforcé ce qui permet de les coiffer d'une capsule en caoutchouc qui en assure la fermeture exacte pendant le transport (fig. 8\

Quand il s’agit d’un liquide qui imbiberait rapidement le tampon d’ouate, il convient de remplacer l’ouate par un véritable bouchon garni d’une feuille de baudruche aseptique : l’ouate doublée de cette baudruche et surmontée du capuchon suffît généralement.

17. Milieux de culture : sérum, gélose, etc. — Nous avons émis en principe que le médecin-praticien n’avait pas le temps de préparer lui-même ces liquides de culture et qu’il devait se procurer, tout préparés, les tubes qui les renferment. Nous n’indiquerons donc pas ici leur préparation. Cependant pour être complet nous donnerons à l’Appendice (Voyez à la fin du volume) quelques détails à ce sujet. Nous rappellerons ici que les termes « gélose » et « Aga.r-a.gar » sont synonymes et sont employés indistinctement l’un pour l’autre dans les traités de Bactériologie.

Fig. 8. — Tube court et large pour fausses membranes (3/4 grand, nat.).

INSTRUMENTS ET TECHNIQUE GENERALE

18. Eluve. — L’étuve à culture est la seule nécessaire, puisque nous supposons les tubes tout préparés. On trouve chez les fournisseurs d’instruments de bactériologie de petites étuves montées sur pieds en cuivre, à double paroi et porte vitrée, n’ayant que 18 centimètres carrés, par conséquent peu encombrantes. Elles sont munies d’un thermomètre, d’un régulateur et d’un brûleur à gaz (1).

Lorsqu’on ne dispose pas du gaz, on devra se servir d’un bec cli L k veilleuse avec cheminée en mica qui remplace le brûleur à gaz (2).

19. Le four Pasteur et l’autoclave de Chamberland ne sont nécessaires que pour la préparation des tubes et des matras.

20. Appareils pour produire rapidement le dépôt des microbes dans les liquides. — Les bactéries en suspension dans les liquides (urine, liquide pleurétique, etc.), se déposent très lentement par les procédés ordinaires : dans un verre à pied, ce dépôt exige six à douze heures et plus. On a cherché à obtenir le même résultat en quelques minutes au moyen de filtres k trompe aspirante et A appareils k force centrifuge.

21. Filtres. — On peut se servir des filtres ordinaires en papier Joseph ou du Filtre Kitasalo (3) qui est une

(1) Ce pelil modèle coûte 35 francs chez Coc.it; 25 francs sans régulateur ni brûleur.

(2) Le prix de ces becs esl de 3 et 0 francs chez Cogit.

(3) Ce filtre (petit modèle) coûte 4 francs chez Cogit.

APPAREILS CENTRIFUGEURS.

modification de la Bougie Pasteur. Ces moyens sont ordinairement suffisants, mais dans les laboratoires on préfère actuellement les appareils centrifugeurs.

22. Appareils centrifugeurs . — Le plus simple est un tube ordinaire muni à sa partie inférieure d un réservoir en boule destiné à recevoir les bactéries qui s’y déposent par l'effet de la force centrifuge (lîg. 9). On remplit le tube aux trois quarts du liquide à examiner et on le bouche à l’aide d’un tampon d’ouate, puis au moyen d'une ficelle fixée solidement au col du réservoir et formant collier près de l’ouverture supérieure, on fait tourner rapidement le tube comme une fronde. La force centrifuge opère le dépôt des particules solides en suspension dans le liquide : ces particules se réunissent au fond du réservoir. On décante le liquide au moyen d’une pipette aseptique et l’on recueille le dépôt

pour l’examiner au microscope. Fig. 9.— Tube

1 ceulrifugeur.

Ce moyen, tout à fait primitif et fatigant pour l’opérateur, est généralement peu usité. On pourrait se servir d'un appareil à force centrifuge construit sur le modèle de ceux dont on se sert dans les cours de physique, appareil que tout menuisier intelligent peut construire à peu de frais.

23. I ^es appareils centrifugeurs construits pour les besoins de la bactériologie et que l’on voit dans les

INSTRUMENTS ET TECHNIQUE GENERALE

laboratoires bien installés, sont beaucoup plus compliqués, mais donnent un résultat plus rapide et plus parfait.

Nous n'en donnerons pas ici la description complète : il nous suffira de dire que chacun de ces appareils est muni ordinairement de cases mobiles pour quatre tubes de la forme de celui de la figure 9, qui se trouvent ainsi solidement fixés sur un plateau circulaire. Les tubes placés verticalement prennent la position horizontale dès que l’appareil est en marche. Au moyen d'un système d'engrenage convenablement agencé, on fait faire au plateau qui porte les tubes jusqu'à 3000 tours par minute. Quatre à cinq minutes suffisent pour obtenir la sédimentation des particules solides. Les tubes se redressent d’eux-mêmes dès que l'appareil n’est plus en mouvement.

24. Asepsie et antisepsie du laboratoire et de l'opérateur. — Les précautions à prendre pour éviter de se contagionner soi-même ou de contagionner les autres en faisant l’examen d’un produit pathologique dangereux (diphtérie, choléra, etc.), ne doivent pas être exagérées. On pourrait dire que tout se résume en deux mots : ordre et propreté.

Les notions que l'on possède aujourd'hui sur le mode réel de l’infection dans les maladies microbiennes, permettent de formuler les aphorismes suivants :

1° Les microbes sont surtout dangereux par leurs toxines liquides : on peut donc les manier sans danger pourvu que l’on prenne soin de ne pas se les inoculer

ASEPSIE ET ANTISEPSIE.

par une plaie accidentelle ou par un contact avec les mucpieuses (bouche, yeux, etc.). On aura donc soin de ne les manier qu’avec les instruments destinés à cet usa ge, jamais directement avec les doigts.

2° Le contact et l'examen direct du malade sont plus dangereux pour le médecin que l’examen méthodique d’un produit morbide fait à loisir dans le laboratoire. Les précautions prises au lit du malade (désinfection des mains par lavage) sont donc plus que suffisantes dans le laboratoire. Lorsque l’on se sent malade ou indisposé, il est prudent de s’abstenir de toute recherche bactériologique, ou de prendre des précautions qui seraient inutiles à l’état de santé.

3° Les microbes desséchés, sous forme de germes ou de poussières, sont plus dangereux que les bactéries nageant dans un liquide. On pourra sans inconvénient pour les recherches ultérieures maintenir l’échantillon à examiner (s'il est solide) dans l’eau distillée ou faiblement antiseptique (acide borique), surtout si l’on constate que cet échantillon menace de se dessécher. On évitera de le mettre dans un liquide fortement antiseptique (sublimé, phénol, etc.), qui nuirait à l’examen immédiat et aux ensemencements. Mais dès que ces opérations sont terminées, on peut noyer l’échantillon dans un liquide de ce genre.

4° En tout état de choses, cet échantillon devra être détruit dès que l’on est fixé sur sa nature. Le mieux est de le brûler ou de l’aseptiser par une ébullition prolongée. S’il n’est pas brûlé, on ne doit le jeter qu’après cette cuisson qui donne toute sécurité, mais cette précaution

INSTRUMENTS ET TECHNIQUE GÉNÉRALE

doit être prise immédiatement. Tout oubli ou négligence à cet égard peut créer un pressant danger.

25. Précautions à prendre. — Pour se mettre à l’abri des accidents imprévus pouvant provenir d’une dis traction, du bris d’un vase, etc., et pour protéger ses vêtements ordinaires contre les taches pendant la manipulation des liquides colorants ou décolorants (acides, etc.), on doit revêtir, dès que l’on entre dans le laboratoire, un sarrau de toile écrue avec manches, boutonnant par derrière, serré au cou et aux poignets et descendant jusqu’aux genoux. Ce sarrau sera renouvelé aussi souvent qu’il sera nécessaire et aseptisé, s’il est possible, après chaque séance, par un séjour à l’étuve.

En outre on placera sur ses genoux un essuie-main propre et bien aseptique, qui servira à s’essuyer les mains en cas d’accident. On évitera de s’essuyer au sarrau lui-même. L’essuie-main sera renouvelé plus fréquemment que le sarrau et particulièrement après tout accident ou tout contact pouvant inspirer des craintes au point de vue de l’infection.

Les mains et particulièrement les ongles seront lavés avec soin en entrant dans le laboratoire et avant d'en sortir. On fera régulièrement , habituellement et méthodiquement la toilette de la table de travail et du laboratoire en général, de manière à ne rien oublier et l’on serrera tous les objets qui doivent être mis à 1 abri de la poussière.

Le nettoyage aseptique du laboratoire ne peut être fait utilement et en toute sécurité que par une personne

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