COLLE A ÉTIQUETTES
Sublimé corrosif.2 grammes.
CORAIL
Farine de froment. 500 grammes.
Absinthe.250 -
Tanaisie. 250 —
Eau. 7 litres.
CORAIL ». — Polypier fixe, à rameaux, pris longtemps pour un arbrisseau marin ; d’un beau rouge, soit incarnat, soit rosé; d’une consistance pierreuse assez fine et pouvant recevoir un beau poli ; inaltérable à l’air et composé de carbonate de chaux, de matière animale en assez grande quantité et d’un peu de phosphate de chaux.
C’est la plus belle production de la nature sous-marine. Ressemblant à un petit arbre dépouillé de ses feuilles, sans autre racine qu’une espèce de calotte un peu convexe qui s’attache fortement aux rochers ou autres objets qu’elle rencontre, et qui ne contribue en rien à son accroissement, on le trouve toujours renversé en opposition aux arbrisseaux terrestres; du reste, enveloppé d’une espèce de réseau animal et cartilagineux, d’une contexture assez tendre dans la mer, mais durcissant à l’air.
Le corail proprement dit, quelque apparence qu’il offre, n’est que le produit de la sécrétion d’un polype particulier, dont les tentacules, ressortant souvent en forme de fleurs, ont fait longtemps hésiter sur sa nature végétale ou animale.
La patrie du corail, tel que nous venons de le décrire, est, sans contredit, l’immense littoral de la Méditerranée et principalement nos côtes d’Afrique; car les noms de récifs de corail donnés par les navigateurs aux endroits tristement célèbres par de nombreux naufrages dans
1 Nous devons cet intéressant article à notre ami Ch. Barbot, diamantaire distingué, enlevé trop tût à la science qu’il cultivait avec le plus grand éclat.
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toutes les mers, ne s’appliquent nullement à la production dont nous parlons. Ces bancs, ainsi faussement désignés, sont formés de madrépores agglomérés en masses considérables, qui, aidées du temps, produisent insensiblement ces redoutables écueils destinés à former de nouveaux continents.
Le corail, dont la production assez lente est en raison du plus ou du moins de profondeur de ses gisements, se pêche abondamment, tantôt par de hardis plongeurs qui vont le cueillir à la main, tantôt au moyen d’une espèce de drague nommée salabre. construite en bois ou en fer, en forme de croix de Saint-André, à chaque branche de laquelle est attachée une poche-ou filet qui reçoit le corail, arraché par des chocs réitérés.aux bords et dans les creux des rochers. Ce mode de pêche, pratiqué sans progrès depuis longtemps, laisse perdre les plus beaux morceaux en les accrochant dans les endroits faibles. Pourquoi n’essayerait-on pas d’employer pour cette pêche précieuse le bateau sous-marin, si bien perfectionné par MM. Payerne et Lamiral?
Cet ingénieux appareil, qui simplifierait et faciliterait ce travail pénible, permettrait de cueillir le corail avec choix, sans fracture aucune, et empêcherait la dévastation de bancs nouvellement formés, immense préjudice porté à l’avenir.
En effet, tous les naturalistes et les pêcheurs sont d’accord sur l’accroissement et l’acclimatation de ces zoophytes producteurs en tout lieu, pourvu que ce soit dans les mêmes eaux, et nous croyons la corailliculture presque aussi facile à pratiquer que la pisciculture.
En 1754, lord Ellis constata que le polype du corail possédait un ovaire rempli de petits œufs plus ou moins prêts à éclore. Tous ces œufs étaient attachés ensemble par une espèce de cordon ombilical, tenaut encore à la partie postérieure du polype ; les plus avancés se déta-
chèrent du cordon, s’étendirent en perdant la forme sphérique qu’ils avaient, pour dcvénir semblables à des vers auxquels il poussa à l’instant de petites griffes ou tentacules, qu’ils agitèrent de la même manière que les polypes adultes. Or, il est évident que cette pratique, basée sur ces observations et aidée de celles employées en pisciculture, pourrait arriver à d’excellents résultats pour la propagation des polypiers corailleurs.
En mars 1856, M. Focillon présentait à la Société d’acclimatation un rapport tendant à l’exploitation en règle des bancs anciens et naturels, et, de plus, à la création de bancs artificiels, placés dans les conditions les plus favorables pour opérer une récolte sûre et facile.
On sait déjà par des observations, quoique encore incomplètes par les difficultés qu’elles ont présentées, qu’à 7 à 8 mètres de profondeur, le corail nouveau est dans de bonnes conditions de grosseur et de grandeur au bout de huit à neuf ans, tandis qu’il faut de vingt-cinq à quarante ans pour la pousse de celui situé dans des profondeurs de 89 à 50 mètres et au-dessous.
Nos côtes d’Afrique (Algérie), dans les parages d’Oran, de Boue et surtout de la Galle, se prêteraient facilement à cette exploitation; on pourrait, d’ailleurs, faire préalablement des essais sur les côtes déjà corailleuses de Marseille. Ces essais, dirigés par d’habiles acclimateurs, seraient tentés par des pécheurs et des plongeurs français, dont l’intelligence aurait bientôt dompté la concurrence faite par les grossiers procédés des pécheurs étrangers, qui trouvent cependant encore le moyen d’y faire de beaux bénéfices.
L’élevage, l’entretien et le cueillage de nos bancs corailleurs naturels et artificiels, outre les avantages financiers qu’on en retirerait, formeraient une pépinière d’habiles explorateurs de la mer, habitués à se servir fin bateau sous-marin, et qui pourraient rendre d’im-
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menses services pour la défense des côtes et le sauvetage des navires échoués, en même temps que cette industrie triple rétablirait en France le monopole du corail, exploité aujourd’hui presque exclusivement par les Napolitains et les Maltais, qui en pêchent pour près de 3 millions par an, lesquels leur rapportent 10 millions sur les marchés italiens.
La consommation du corail, assez restreinte chez nous à cause de sa cherté, prendrait un accroissement qui égalerait bientôt son immense débouché aux Indes et dans tous pays orientaux ; car, employé en parure, c’est peut-être la seule pierre précieuse, après le diamant, convenant à toutes les carnations, quoique plus spécialement aux brunes. La main-d’œuvre pour sa taille en perles unies ou facettées, étant excessivement bon marché, en permettrait l’usage aux classes moyennes aussi désireuses de parures que celles élevées.
Sous le Consulat et l’iïmpire, et même encore sous la Restauration, le corail d’un beau rouge, taillé à facettes, fut en grande faveur et était le seul estimé. On en fit des garnitures de peignes, des bracelets, des colliers, des boucles d’oreilles, des agrafes de ceinture, des croix, etc., etc. ; puis la mode en passa et il devint à vil prix. Dix à quinze ans après on essaya de le faire reprendre, on en fit des camées pour broches, bracelets, boucles d’oreilles et épingles qui se vendirent assez cher ; mais l’imperfection de leur travail, dès le commencement de leur apparition, les fit bientôt abandonner. Le corail retomba encore en oubli, et on ne s’en occupa plus que pour l’exportation. Depuis quelque temps cependant, il semble vouloir rentrer en faveur ; mais la mode ne l’a adopté que sous une autre forme et une autre nuance. Au lieu de rouge — écume de sang — tant recherché jadis, c’est le rose taillé en boules unies, ce qui le fait ressembler un peu à la perle rose, si rare et si prisée. Les plus petits
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morceaux de ce corail rose sont montés, dans ces derniers temps, à des prix fabuleux, et tel ouvrage en corail qui n’eût pas valu 50 francs en 1800, à cause de sa pâleur, vaut maintenant 500 francs.
La substance du corail est d’une dureté assez grande, quoique ne résistant pas à la lime. Il se taille et se grave par les procédés employés pour les pierres précieuses et les coquilles (camées), tantôt en boules; poires ou lentilles facettées ou unies pour nos pays, et pour l’orient, le plus souvent en demi-boules unies — nommées gouttes de suif ; — il entre dans l’ornementation d’une quantité d’objets divers, tels que poignées d’épées, de sabres asiatiques, de poignards, d’yatagans algériens, crosses de fusils et pistolets turcs et arabes. Les musulmans aisés et dévots n’ont pas d’autre substance pour former les grains de leurs chapelets, qu’ils ne quittent jamais, même après leur mort. On sculpte aussi les plus gros morceaux de corail en forme d’animaux, de fleurs, de main figurant 1 ejettatore des Napolitains, en breloques de tout genre, etc.
Les belles branches ou plutôt les beaiix arbres de corail bien conservés, avec toutes leurs ramifications sans aucune fracture, possèdent un grand prix et sont fort recherchés pour les cabinets d’amateurs. Si dans leur plus forte grosseur ils atteignent 0,04 centimètres, et 0,40 centimètres en hauteur, que les branches soient gracieusement disposées et d’une belle couleur uniforme, la valeur en est excessive. Ces belles branches d’abord débarrassées de leur écorce membraneuse, sont polies avec du fil de chanvre, du blanc d’œuf et de l’émeri fin.
Quoique la consommation du corail soit bien diminuée en France, nos produits sont tellement recherchés sur les marchés étrangers, qu’on peut encore évaluer à près de six millions de francs la valeur des objets qui y sont fabriqués annuellement. Nul doute qu’une exploitation
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toute française et Lien entendue, exécutée de nos jours avec l’aide de la science appliquée, en faisant baisser le prix de la matière première, n’augmente considérablement et la fabrication et les débouchés.
On nommait autrefois corail préparé celui qui, pulvérisé dans un mortier de fer, tamisé et porphyrisé, puis mêlé avec parties égales de nitre et de quinquina, était parfois employé en médecine contre les hémorrhagies de toutes natures.
La science moderne ayant reconnu que son adjonction était d’une inutilité complète, ne s’en sert plus que comme dentifrice. Soumis à quelques expériences chimiques, le corail nous a présentés les phénomènes suivants :
Bouilli dans l’huile d’olive, il perd sa couleur rouge, et devient d’un gris jaunâtre, qui n’est pas sans agrément.
En dissolution dans les acides étendus, sa sublance calcaire est rongée peu à peu sans que sa couleur soit diminuée; il paraît cependant, étant'retiré, beaucoup plus pâle, mais c’est qu’il est recouvert par le précipité calcaire provenant de sa propre substance et qui adhère assez fortement, quoique quelques lavages le fassent disparaître.
Les alcalis ne lui font perdre aucune de ses qualités. Il est donc difficile d’expliquer comment, porté longtemps sur la peau par certaines personnes, on en a vu perdre de sa couleur et même devenir blanc, à moins d’attribuer cette détérioration à une transpiration d’une nature particulière.
On fabrique un corail artificiel, nommé, dans le commerce de bijouterie, fausse purpurine. C’est une pâte assez ductile, formée de poudre de marbre cristallin cimentée avec de la colle de poisson et parfois avec une huile très siccative. La couleur s’obtient au moyen du vermillon de Chine mêlé à un peu de minium de pre