IX
liait ce mémoire. Je dois ici un hommage public tic reconnaissance a la mémoire du Dr Sabaticr , qui paralysa, par la droiture de son caractère, Pacte peu courtois dont mes concurrens et moi avons failli être la victime.
Maintenant parlons du plan de l'ouvrage , auquel nous avons donne' le nom de Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies des yeux. Son titre seul indique le but dans lequel il a été fait, savoir : de favoriser Pétude et le traitement des maladies des yeux sous le rapport pratique ; car, que désirent les médecins , si Ce n'est guérir leurs malades le plus promptement possible ? et ceux-ci s'accommodent très-bien de ce désir. Convaincu de la nécessité de rappeler les ouvrages publiés avant nous, afin que ceux qui veulent se livrer à cette partie de la science pussent les consulter avec fruit , nous avons tracé un aperçu bibliographique des ouvrages qui méritent d'être consultés. Si la forme et rétendue de ce livre nous P eussent permis , nous aurions voulu , à l'exemple du célèbre professeur Béer (1), donner après chaque auteur l'analyse succincte de ses opinions et de ses doctrines; mais nous avons dû nous restreindre aux simples désignations indiquées. C'est pour cette
(d) BiUiotheca ophthalmica. Viennes, 1799.
partie de ma publication que je réclame surtout l'indulgence que j'ai sollicitée pour chaque publication; car, composé en plusieurs langues, dont le plus grand nombre me sont inconnues , Ton rencontrera, sans aucun doute, un bon nombre de fautes de langue et d'impression. Pourquoi, me dira-t-on , ne pas faire un errata. Je répondrai avec un de nos plus spirituels écrivains : « Un erratum est toujours défavorable à une publication, parce qu'il signale des erreurs qui échappent souvent au lecteur, et que , s'il les découvre , il a assez de bon sens pour ne pas croire que Fauteur ou l'imprimeur les aient faites volontairement ! ! ! »
Comme notre livre est surtout destiné aux médecins praticiens , nous avons cru devoir rappeler brièvement Fanatomie générale de l'oeil et de ses annexes : Fanatomie intime et microscopique devant faire le sujet d'une publication spéciale : c'est dans le même but que nous avons esquissé l'histoire de Toplithalmologie , et que nous avons fait connaître les formules et les médicamens de quelques oculistes célèbres de l'antiquité.
Dans l'intime persuasion où nous sommes que le diagnostic joue un très-grand rôle dans Fétude et le traitement des maladies des yeux , nous avons donné avec soin les moyens de rendre le diagnostic plus facile , en faisant précéder notre travail par un
=~*j manuel de l'exploration pratique de l'oeil et de ses annexes. Dans le cours de l'ouvrage, nous avons suivi l'ordre anatomique : il nous a paru le plus commode pour l'étude, quoiqu'il nous exposât à des répétitions indispensables.
Cette nouvelle publication rappellera nécessairement les principes émis dans diverses autres publications , notamment dans la Lettre au professeur Maunoir, le Guide pratique pour l'exploratton de Vœïl et de ses annexes , et les Recherches sur les causes qui font échouer V opération de la cataracte.
L'ouvrage enfin est terminé par un mémento thérapeutique et pharmaceutique qui doit être de la plus grande utilité pour les praticiens. On s'étonnera peut-être de voir les formules écrites en latin ; mais , ce livre étant destiné à être vendu en Belgique et en Hollande , les médecins et les pharmaciens de ces pays , ont l'habitude de formuler en latin de même que les médecins allemands , j'ai dû laisser pour l'édition française les formules écrites en langue latine.
Un dernier mot : ce livre n'est point un traité complet ni un travail didactique ; il a été écrit sous l'influence pratique, et c'est ainsi que je le présente : il n'est point destiné a suppléer, ou à éclipser telle ou telle production contemporaine , mais à
— xij — former un travail qui pût dans un cercle assez étroit rassembler 33eaucoup de choses : Favenir prouvera si j'ai bien compris les besoins des praticiens , et des e'tudians. Je terminerai par ces paroles de l'illustre auteur des Messéniennes : « T'ai toujours li- » vré mes ouvrages au public sans les défendre : je » n'ai pas pris parti contre mes juges : j'aurais mauvaise grâce a le faire aujourd'hui où une bienveil- » lance presque ge'nérale est venue adoucir pour moi » ce que la critique pourrait avoir de sévère. »
Paris , 30 juin 183S.