‹ Guide pratique pour l'étude et le traitement des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 54 sur 122 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Les paupières doivent être examinées d'abord fermées % puis ouvertes. Nombreux sont les points qui doivent fixer l'attention de l'explorateur.

1° L'ampleur de ces voiles mobiles et le degré de leur fonte y étroitesse de celle-ci ou sa grande proportion ; i'étroitesse ou l'occlusion sont-elles congéniales, accidentelles, le résultat de cicatrices, d'inflammations antérieures ou récentes , enfin d'une contraction spasmodique ou permanente des muscles, connue sous le nom de blépharospasme ?

2° Leurs mouvemens doivent être étudiés avec soin : sont-ils lents , vifs , brefs , convulsifs ou paresseux ; leur clignement est-il sympathique de l'affection de l'œil, ou indépendant ?

Il est également important d'observer si les mouvemens sont douloureux , s'ils s'exécutent avec peine , si les paupières s'ouvent complètement, partiellement; s'il existe des traces de paralysie ou de relâchement seulement.

L'action du blépharospasme a-t-elle produit dans le grand angle de l'œil un repli de la peau, pendant en forme de sac,

accident fréquent chez les vieillards et les enfans scrofuleux?

3° Noter la coloration , l'épaisseur des paupières , l'injection vasculaire de leur tissu, la turgescence ou la flaccidité de leur peau. Souvent on prévoit ainsi chez les enfans nouveau-nés une ophthalmie purulente , affection désastreuse que Ton peut presque toujours arrêter au début. (Baron.)

La peau, par sa coloration, indique aussi bien des choses ; c'est pour cette raison qu'il faut l'examiner avec soin. « Une » peau blanche, très-fine , à travers laquelle circulent d'une « manière très-apparente des vaisseaux provenant des veines » faciales et orbîtaires sous la forme de cordons, appartient » aux individus dits à peau vulnérable. Si les vaisseaux sont » plus épais, d'un bleu rougeâtre , si la paupière est épaisse, » c'est un signe de tempérament scrofuleux. » (Jiïngken.) Une peau coiorée en jaune safran indique en général une affection aiguë du foie, ou tout au moins une absorption générale de la bile. Si au contraire elle est sale, terreuse, plombée , entourée de vaisseaux nombreux , noueux , elle indique que les organes abdominaux ne sont pas en un état satisfaisant, fait important à noter. Les filles chlorotiques, si sujettes aux maladies des yeux, ont aussi une peau terne qu'il ne faut pas oublier. Examiner s'il n'y existe pas endurcissement partiel, général, œdémateux, phlegmoneux , furonculeux , exanthématique. L'attention ne saurait être trop soutenue toutes les fois que l'on redoute l'apparition de la petite-vérole. L'emploi de la méthode ectrotique de M. Serres, pratiquée convenablement, prévient bien des accidens. Si elles ne sont point le siège de tumeurs ayant leur place dans leurs rebords libres ou dans leur union avec l'orbite ; promener avec précaution les doigts en divers sens : ces organes rencontrent souvent , des poic:3 saillans que l'œil a laissé échapper.

4° Étudier l'action du muscle élévateur, comparée à cel-

les qui abaissent la paupière, demander si le malade est myope, s'il contracte habituellement les paupières;

5° Enfin prendre une connaissance exacte de l'état des bords des paupières, pour savoir s'il ne sont point renversés en dedans ou en dehors, ou le siège de quelque tumeur, de trajets fistuleux ou d'ulcérations. Cet examen n'est pas facile lorsque les paupières sont recouvertes de croûtes. M. Piorry (1) fait observer très-judicieusement que cette espèce d'opercule empêche les paupières de se renverser. « On remédie, dit-il , à cet inconvénient, en fai- » sant des lotions avec de l'eau pure , préférable à l'eau » de guimauve , parce qu'elle humecte mieux , en plaçant » des cataplasmes mous, ou en pratiquant des onctions hui- » leuses. » (Piorry.)

Les tuméfactions produites parla variole, l'œdème aigu, séreux , les épanchemens , produisent souvent les mêmes empêchemens. Il n'est pas aussi facile d'y remédier que pour les croûtes.

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