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chlore et le chlorure de chaux peuvent également être déterminés avec un papier de gaïac. Je suis donc porté à penser que ma méthode sera d'un grand secours à ceux qui emploient du chlore et du chlorure de chaux. Ce qu'on doit surtout ne pas perdre de vue, c'est que toutes ces déterminations s'exécutent avec une singulière facilité et avec une inappréciable économie de temps.

8° Remarques, Pour obtenir avec la plus grande exactitude possible la détermination des différents corps, suivant cette méthode comparative, il faut apporter un grand soin à ce que le papier réactif soit d'une couleur et d'une épaisseur bien uniformes. Le papier doit rester pendant un espace de temps rigoureusement égal dans les deux liquides à comparer; si Ton négligeait cette dernière précaution, on tomberait facilement dans de graves erreurs, parce que l'action

modifiante est en raison directe du temps pendant lequel les solutions sont restées en contact. Mais cette action ne s'exerce pas seulement en raison directe du temps de l'immersion, elle existe encore en raison directe du corps modifiant, il s'ensuit que dans la pratique l'expérimentateur doit prolonger d'autant moins l'immersion des bandes colorées dans les solutions, que"celles-ci sont plus concentrées.

Les deux liquides que l'on compare doivent être à la même température, parce que l'action des solutions semble être en raison directe de la température, au moins dans la plupart des cas. Enfin il faut une certaine habitude pour apprécier exactement les divisions des tubes gradués, parce que, en vertu des lois de la capillarité, la superficie du liquide forme un ménisque concave; et si l'on examine horizontalement le verre, on s'aperçoit que le liquide marque deux limites différentes de hauteur. La limite supérieure n'est pas très-bien définie, mais la limite inférieure est très-distincte ; aussi, pour ohftenir une suffisante exactitude dans les expériences, il faut toujours que la ligne de graduation marquée sur le verre, que le centre ou le point le plus déclive du ménisque et l'œil de l'observateur, forment une seule ligne droite.

H. NOUVEAU PROCEDE POUR LE, TIRAGE DES ÉPREUVES POSITIVES, SUPPRIMANT L'EMPLOI DES SELS D'ARGENT

par M. Y. J. Sella.

Au moment où les dernières feuilles de cet ouvrage allaient être tirées, nous recevons de M. Sella la communication d'un procédé de tirage des épreuves positives, qui, par sa simplicité et l'économie quii présente, comparativement aux anciennes méthodes, nous paraît appelé à un grand succès d'avenir. Nous 1 laissons l'auteur exposer lui-même sa méthode :

« Une longue pratique de la Photographie et del fréquents voyages m'ont fait passer sous les yeux une M multitude innombrable d'images photographiques. ! J'ai visité le palais de Sydenham, l'exposition uni- : versene de Paris, les exposition particulières ou gé- 1 nérales des différentes sociétés de photographie, et 1 les portefeuilles d'un grand nombre d'artistes et d'à- 1 mateurs m'ont été ouverts. Cependant, tout en admi- > rant les nombreuses merveilles étalées sous mes yeux, î je ne pouvais me défendre d'un sentiment pénible,- < j'avais remarqué que la plupart de ces épreuves, ou j portaient déjà les traces d'une altération assez avan- < cée, ou qu'elles recélaient en elles ce ver rongeur, ce { parasite destructeur qui, avec le temps, devait fe- s talement anéantir le fruit de tant de soins, de tant de î peine et de tant d'argent. Il était véritablement désolant de penser que la photographie, si elle restait ï soumise à ces causes permanentes de destruction, de- t viendrait une source de déceptions et de regrets pour J

tous ceux qui se livrent à l'étude d'un art déjà si difficile. Poursuivi par cette préoccupation, je me suis mis à la recherche d'un procédé de tirage des positifs, exempt des défauts trop justement reprochés à ceux qui ont pour base les sels d'argent, et qui fût en même temps simple, économique et irréprochable, quant à la permanence des images. Je crois y avoir réussi.

» J'avais cru de bonne foi, au premier abord, que la méthode à laquelle je me suis arrêté, était absolument neuve, et que personne avant moi n'avait encore suivi la même voie. Cependant, quelques recherches faites pour m'en assurer,, m'ont fait découvrir dans le Bulletin de la Société française de Photographie (N° de janvier 1856), la description d'un procédé qui a pour auteurs' MM. E. Rousseau et Masson, et où l'on indique les mêmes substances que celles que j'ai adoptées. Bien que ce procédé diffère notablement du mien, soit par les formules quantitatives, soit par l'ordre et la succession des opérations nécessaires pour obtenir l'image, et bien que je sois arrivé à mon but, sans avoir aucune connaissance des travaux antérieurs de MM. Rousseau et Masson, je suis loin de revendiquer le mérite de l'invention et j'en laisse volontiers tout l'honneur à ceux qui ont eu le bonheur de tomber avant moi sur l'idée d'utiliser le bi-chromate de potasse, les sels de fer et l'acide gallique, à la production des épreuves positives.

» Ceci dit, pour éviter tout prétexte de susceptibilité, je crois qu'il sera utile de faire connaître mon procédé tel que je l'ai trouvé, parce qu'il me paraît à la fois simple, facile et économique.

Guide du photographe. il

» D'après les indications de M. Ponton sur les propriétés photographiques du bi-chromate de potasse, et sachant d'ailleurs que ce même sel est utilisé en teinture pour fixer sur les étoffes les matières colorantes, j'avais pensé qu'on pourrait obtenir des images photographiques colorées en exposant à la lumière, sous un cliché, une feuille de papier préparée au bi-chromate de potasse, en lavant ce papier, pour dissoudre les parties préservées du contact de la lumière, et en le plongeant ensuite dans une décoction • de matière colorante, comme le campêche,la garance, la cochenille, le bois jaune, le quercitron, etc. Je suis en effet arrivé à obtenir, par ce moyen, différentes images colorées fort curieuses, mais dont le fond était légèrement teinté." En les traitant ensuite avec de l'eau chlorée, ou simplement avec une solution très-étendue de bi-chromate de potasse, j'ai fini par produire des images colorées sur fond blanc. Cependant, comme mon but était d'obtenir des images plus intenses, et avec un contraste plus accusé de clairobscur, comme je tenais surtout à avoir un dessin qui résistât plus fortement à l'action oxydante et blanchissante du chlore et du bi-chromate de potasse, j'essayai de traiter l'image avec du sulfate de fer avant de la porter dans le bain colorant. Je savais qu'en teinture, ce sel de fer est presque toujours employé pour foncer les couleurs et pour les fixer.

» En opérant ainsi, je suis arrivé, comme je m'y attendais, à donner au dessin une plus grande intensité, mais d'un autre côté je fus tout étonné de voir, que dans les réactions de l'image avec les matières co-

lorantes, on observait la manière de réagir de l'oxyde de fer, et que la réaction propre à l'acide ohromique, que Fon remarquait dans le procédé primitif, avait complètement disparu (1). Comme je m'étais aperçu d'ailleurs que la coloration du fond n'était causée que par un effet d'attraction mécanique entre le papier et la matière colorante , j'ai pensé qu'en me servant d'acide gallique, j'arriverais à obtenir une image noire sur un fond blanc , et c'est ce qui m'a parfaitement réussi.

» Je vais maintement exposer mon procédé avec tous ses détails, afin que ceux qui voudront l'essayer puissent sans peine réussir à obtenir les résultats satisfaisants auxquels je suis arrivé moi-même.

» 1° Je plonge une feuille de papier blanc dans une solution de bi-chromate de potasse 'parfaitement saturée et à la température ordinaire (2). Je l'en retire et je la fais sécher à l'obscurité, sur une ficelle tendue

(1) Les réactions de l'image avec les matières colorantes sont semblables à celles de l'acide chromique, mais le. précipité insoluble qui produit cette image ne peut pas être de l'acide chromique ; ce serait plutôt une combinaison de sesqui-oxyde et d'oxyde de chrome, et la réaction de cette image avec le sulfate de fer semble devoir être exprimée par la formule suivante :

CrO,Cr«03 + 2FeO,S03 = 2(CrO,S08) + CrO, Féj2 O3.

et ce dernier composé doit être celui qui reste sur le dessin et qui, au contact de l'acide gallique, prend la coloration noire- violette qui constitue l'image terminée.

(2) Le bichromate d'ammoniaque, plus soluble que celui de potasse, doit lui être préféré pour obtenir une image plus intense. En opérant à une température plus élevée, on obtiendrait aussi une plus grande intensité.

en l'air, ou bien encore je la comprime entre les feuilles d'un cahier de papier buvard, et je la laisse sécher dans ce cahier.

» 2° J'expose ce papier comme à l'ordinaire dans le châssis à reproduction, mais en abrégeant à peu près de moitié le temps de pose exigé pour les papiers préparés aux sels d'argent. Aussitôt que les détails de l'épreuve négative sont bien accusés, je plonge l'image dans l'eau, et je l'y abandonne jusqu'à ce qu'elle se dépouille entièrement de la teinte jaune qui forme le fond du dessin. Cette opération exige à peu près une demi-heure, si toutefois on a soin de renouveler l'eau trois ou quatre fois pendant cet espace de temps. Cette opération peut être faite à une faible lumière diffuse.

» 3° Je transporte alors l'image dans un bain filtré de proto-sulfate de fer, dans la proportion de 5 parties de ce sel pour 100 parties d'eau. Après deux ou trois minutes d'immersion, je retire le papier du bain et je le plonge dans l'eau claire que je renouvelle souvent, et je le laisse séjourner dans cette eau pendant 30 minutes au moins.

» 4° Je termine eii plongeant le papier dans une solution d'acide gallique qui peut, sans inconvénient, être plus ou moins concentrée. En quelques instants, l'image acquiert tout son développement ; elle se distingue par une belle teinte d'un noir-violet, qui est la nuance la plus artistique et la plus recherchée dans le procédé ordinaire. L'épreuve une fois obtenue, on la lave pendant quelques instants à l'eau bien propre et on la fait sécher.

» 11 est facile de comprendre que les épreuves obtenues par ce procédé doivent présenter une grande économie de temps et d'argent; mais ce qui est bien plus important 9 tout porte à croire qu'elles doivent être inaltérables à Faction du temps, puisque la substance qui constitue l'image n'est pas autre chose qu'un gallate de fer, ou une espèce d'encre déposée à la superficie et dans le corps même du papier.

» J'ajouterai, avant de terminer, que le papier, après avoir été traité au sulfate de fer, peut être plongé dans une solution de ferro-cyanure de potasse, au lieu d'acide gallique, et qu'on obtient alors une image d'une teinte bleu de prusse, qui, traitée par les acides, devient verdâtre. Les solutions alcalines étendues la rendent d'un bleu plus foncé et tirant sur le violet.

» Enfin, le même papier passé au sulfate de fer, lorsqu'il est traité ensuite avec des substances qui produisent un composé coloré insoluble avec le sesqui-oxyde de fer, peut également produire des images colorées. Mais il faut éviter l'emploi des sulfures, parce que l'image obtenue serait sujette à s'altérer spontanément par Faction du temps, comme cela arrive pour les images produites par les sels d'argent. »

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