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ARC DE TRIOMPHE DE L'ÉTOILE

(On y monte tous les jours, en s'adressant au gardien.)

Varc de triomphe de l'Etoile^ érigé près de Fancienne barrière de ce nom, sur les dessins primitifs de Chalgrin, est tout à fait grandiose et imposant. La première pierre de ce monument, destiné à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises qui, dans l'espace de quatre mois, avaient détruit les forces de l'Autriche et de la Russie, fut posée de 15 août 1806, jour anniversaire de la naissance de l'empereur Napoléon : cette pierre contient une inscription qui rappelle cette circonstance. Quelques-unes des parties du monument s'élevaient à peine au-dessus du sol le 1*"^ avril 1810, quand Tarchiduchesse d'Autriche Marie-Louise, dont le mariage avec l'empereur Napoléon avait été conclu le 7 février de la môme année, fit son entrée solennelle à Paris. Une charpente provisoire et des toiles peintes représentèrent le monument tel qu'il est aujourd'hui. Les événements de 1814 firent suspendre les travaux; on les croyait môme entièrement abandonnés, lorsqu'à l'occasion de l'expédition du duc d'AngouIôme en Espagne, en 1823, on les reprit pour lui en faire hommage. Après la révolution de 1830, on les modifia de nouveau, en leur rendant leur caractère primitif; ils ont été complètement terminés en 1836, et le monument a été inauguré le 29 juillet de la môme année.

C'est le plus grand arc de triomphe connu; il a 49 mètres de hauteur, 45 mètres de largeur, et 22 miitres d'épaisseur. Le grand arc qui s'élève sur Taxe de l'avenue de la Grande-Armée a 29 mètres de hauteur, sur 14 mètres de largeur. Les petits arcs latéraux ont 18 mètres sur 8 mètres. Les fondations ont 8 mètres de profondeur audessous du sol, sur 54 mètres de longueur et 27 mètres de largeur.

L'architecte Chalgrin étant mort en 1811, élève et son adjoint, continua les travaux et 1g|

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qu*à la liauteurde l'imposte du grand arc. La chute deTEmpire, en 1814, laissa les choses en cet état jusqu'en 1823,

Ârc de triomphe de TÉ toile.

ainsi que nous l'ayons dit tout à l'heure. Alors le monument, qui allait être consacré à un autre souvenir, fut continué par le môme architecte Goust, sous la surveillance de MM. Fontaine, Debret, Gisors et Labarre; il poussa les

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constructions jusqu'à la première assise de rarcliitrave de Ventablement. En 1828, M. Huyot devint Tarchitecle principal, et fit exécuter le grand entablement, la voûte ogive destinée à supporter le dallage supérieur et la sculpture d'ornement de la grande voûte. Après la révolution de juillet 1830, un des premiers actes de Louis-Philippe, roi des Français, fut de rendre le monument à sa destination première, et d'en accélérer rachèvement. L'architecte Blouet, en 1832, fut appelé à remplir cette tâche nationale, et l'on vit rapidement s'élever l'attique, la grande salle voûtée, le dallage de la plate-forme, la balustrade supérieure et l'acrotère qui surmonte le monument. On termina le pavage sous l'arc principal et les arcs latéraux ; on disposa le sys^ tème d'éclairage et d'illumination par le gaz>; enfin, on exécuta les travaux de sculpture, et, comme nous l'avons dit, le monument, dont l'édification venait de coûter 9,651,000 fr., fut inauguré, le 29 juillet 1836, à l'occasion de l'anniversaire des trois journées de juillet 1830.

Les deux grandes faces traversées par la route regardent, l'une les Tuileries, et l'autre le pont de NeuiUy ; les deux petite faces regardent, l'une, à droite en venant de Paris, la campagne de Clichy, et l'autre, à gauche, le village de Passy. Chacune des grandes faces présente, dans sa partie inférieure, deux groupes de sculpture de grandes proportions, l'une à droite, l'autre à gauche de la grande voûte. Chaque groupe ail mètres 70 centimètres de haut, et les figures 5 mètres 85 centimètres. Sur la face du côté des Tuileries, le groupe de droite, composé et exécuté par Rude, représente le Départ, en 1792. Le génie de la guerre, le glaive en main, pousse le cri d'alarme ; un chef agite son casque pour appeler à lui les guerriers citoyens ; un jeune enthousiaste se serre contre lui ; à droite, un autre personnage se dispose à marcher contre l'ennemi, en se débarrassant de son manteau et en tirant déjà l'épée. Derrière est un vieillard qui adresse des conseils à ceux qui l'entourent. A gauche, un guerrier assis tend son arc, pendant que derrière lui un guerrier, revêtu d'une coUe

de mailles, sonne de la trompette. Derrière encore est un cavalier domptant un cheval fougueux. Enfin, au-dessus de ces personnages flotte le drapeau national. Le groupe de gauche, sur la même face, composé et exécuté par Cortot, représente le triomphe, en 1810. L'empereur Napoléon est couronné par la Victoire ; la Renommée publie ses hauts faits, tandis que THistoire les burine. Les cités vaincues se soumettent au vainqueur, et les trophées sont suspendus à un palmier ; plus loin est un prisonnier chargé de fers.

Sur la face qui regarde Neuilly, le groupe de droite, par Etex, représente la Résistance en 1814. Un jeune guerrier défend son pays envahi par l'ennemi : son père blessé embrasse ses genoux ; sa femme, tenant un enfant dans ses bras, cherche à le retenir. Derrière est un cavalier blessé, tombant de cheval ; au-dessus, le génie de l'Avenir, planant sur ce groupe, encourage le jeune homme à combattre. Le groupe de gauche, exécuté aussi par Etex, représente la Paix, en 1815. Un soldat remet son épée dans le fourreau ; à gauche, une femme caresse son enfant couché sur ses genoux; un autre enfant, qui lit, s'appuie sur elle. A droite, on voit un homme occupé à un soc de charrue, et un guerrier qui, rentré dans ses foyers, dompte un taureau qu'il destine au labourage ; au-dessus est une figure de Minerve, couronnée de lauriers.

Entre l'imposte du grand arc et l'entablement sont deux bas-reliefs sur chacune des grandes faces, et un seul basrelief sur chacune des faces latérales. Le bas-relief de droite, qui est de Lemaire, sur la face tournée vers les Tuileries, représente les funérailles du brave général Marceau, tué à Hoschsteinball, le i9 septembre 1796 ; le bas-relief de gauche, par Seurre aîné, représente la bataille d'Aboukir, livrée le 24 juillet 1799. Le bas-relief de droite, qui est de Feuchère, sur la face tournée vers le pont de Neuilly, représente le passage du pont d'Arcole , le 5 novembre 1796. Celui de gauche, sur la môme face! par Chapponière, représente la prise d'Alexandrie, le 2 juillet 1798. Le bas-relief de la façade latérale de droite, par

Gechter représente la bataille d'Austerlitz , gagnée le 4 décembre 1805; celui de la façade latérale de gauche, par Maroehetti, représente la bataille de Jemmapes, gagnée le 6 novembre 1792. Les Renommées des quatre tympans des deux grands arcs sont de Pradier.

Dans la frise du grand entablement, et tout autour du monument, règne un bas-relief représentant sur la face du côté de Paris, et en retour sur la moitié des deux faces latérales, le départ des armées, et sur la face du côté de Neuilly, et en retour sur l'autre moitié des deux faces, le retour des armées; cette frise est des artistes Brun, Laitié, Jacquot, Caillouette, Seurre aîné et Rude.

Trente boucliers placés autour de Tattique offrent trente noms de batailles, savoir : Valmy, Jemmapes, Fleurus, Montenotte, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, Pyramides, Aboukir, Alkmaer, Zurich, Héliopolis, Marengo, Hohenlinden, Ulm, Austerlitz, Jéna, Friedland, Somo-Sierra, Wagram, la Moskowa, Lutzen, Bautzen, Dresde, Hanau, Montmirail, Montereau, Ligny.

Voilà quelle est à peu près la décoration extérieure du monument ; voici la décoration intérieure :

Les tympans des petits arcs, sous la grande voûte, représentent l'artillerie et la marine ; le premier par Bay, le second par Seurre jeune. Des inscriptions, destinées à perpétuer le souvenir des exploits de nos armées, sont gravées, par ordre chronologique, sur les emplacements que la sculpture avait laissés libres sous la grande voûte. La nomenclature est divisée en quatre parties : le Nord, rEst,le Sud et l'Ouest. Ces quatre divisions offrent les noms des villes et des lieux où nos armes se sont illustrées. A côté des tableaux sont quatre listes de guerriers, de six colonnes chacune, gravées sur les parois des petits arcs, et contenant trois cent quatre-vingt-quatre noms; ceux qui sont suivis d'un astérisque sont ceux des officiers morts sur le champ de bataille, et ils sont soulignés.

L'arc de triomphe de l'Étoile, par son impo^ torique, par sa simplicité et sa grandeur maj^

>un des plus beaux monuments modernes de la capitale.

PORTE SAINT-DEJtlS.

Varc de triomphe de la porte Saint-Denis, qui avait iprécédé de deux années son voisin de la porte Saint-Martin,

Porte Saint-Denis.

fut érigé par la ville de Paris, en 1672, d'après les dessins de Blondel, en souvenir des premières victoires de Louis XIV;

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prince qui, dans le èourt espace de deux mois, avait pris trente villes et trois provinces, qu'il réunit à la couronne de France. Ce monument a 24 mètres de hauteur; l'arche principale a 8 mètres de largeur, 14 mètres de hauteur, et de chaque côté sont deux arches de 2 mètres de large sur 3 d'élévation ; sur les arches latérales sont des pyramides en relief, surmontées de globes ornés de fleurs de lis et de couronnes. Leurs faces sculptées représentent des trophées militaires : la Hollande, le Rhin, etc. Au-dessus de l'arche est un bas-relief montrant Louis XIV à cheval et traversant le fleuve. Sur la frise est gravée l'inscription : Ludovico Magno : A Louis le Grand. Un autre bas-reUef représente la prise de Maéstricht et plusieurs Renommées. Ce monument, qui tombait en ruine, fut réparé en 1807, par Cellerier, d'après les ordres de Napoléon. Des combattants, en juillet 1830, étaient montés sur le sommet de la porte Saint-Denis et de la porte Saint-Martin, d'où ils tiraient des coups de fusil aux troupes royales, et leur lançaient de gros pavés. Ces deux points ont été aussi plusieurs fois depuis lors des lieux de rassemblements populaires.

PORTE SAINT-HARTIN.

L'arc de triomphe de la porte Saint- Martin, érigé en 1674, d'après les dessins de BuUet, élève de Blondel, architecte de la porte Saint-Denis, a 18 mètres de largeur et 18 mètres d'élévation, avec un attique de 4 mètres de hauteur. Il est percé de trois arches, dont la principale a 5 mètres de largeur et 5 de haut. Dans les espaces, entre les impostes et l'entablement sont des bas-reliefs qui représentent plusieurs des victoires de Louis XIV : la Prise de Besançon, la Triple Alliance, la Prise de Limbourg et la Défaite des Allemands. Louis XIV apparaît sous la figure d'Hercule, avec une énorme perruque et appuyé sur une massue. Entre les colonnes et l'entablement sont divers attributs mihtaires, et au centre est le soleil, que ce prince avait adopté pour emblème. Sur l'attique est une inscrip-

lion rappelant quelques-unes des victoires du monarque.

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