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XIII. — Palais des Beaux-Arts

RUE BONAPABTE, YI* ARRONDISSEMENT.

(Ouvert tous les jours.)

Le terrain sur lequel a été construit le palais des Beaux- Arts, rue Bonaparte, était, avant la révohition de 4789, occupé par un couvent de moines. Les bâtiments servirent, après la Révolution, à former un musée de monuments français, sous la direction de feu Alexandre Lenbir, qui apporta un grand soin à réunir dans ce Ueu les tombeaux, statues et bas-reliefs enlevés aux églises et à des châteaux ou édifices particuliers. Ces objets étaient classés par siècles dans les salles, le cloître et le jardin du couvent. Ce musée, encore agrandi sous l'Empire, subsista jusqu'en 1816, •où la Restauration fit rendre aux églises les monuments qui en avaient été distraits. En 1820, un nouvel édifice fut commencé dans le jardin ; mais il s'élevait lentement, lorsqu'on 1830, après la révolution de Juillet, les travaux furent repris et poussés avec activité; ils ont été achevés en 1839.

L'entrée principale du palais des Beaux-ArU est en face

PALAIS. I(j9

de la rue de ce nom. Celte entrée présente une superbe grille sur mur d'appui, que Ton franchit pour arriver dans une cour d'honneur. On a devant soi une colonne corinthienne en marbre rouge, sur le sommet de laquelle est la figure d'un ange en bronze, débris du tombeau démoli du «ardinal Mazarin. Derrière cette colonne est le beau frontispice du fronton d'un château construit en 1500 à Gaillon, près de Meulan (Seine-et-Oise), sur les dessins de l'architecte protestant Ducerceau, père de celui qui eut aussi quelque célébrité dans son art sous Charles IX, et qui échappa aux boucheries de la Saint-Barthélémy, qu'il avait pressenties, en se retirant d'avance à Turin. A droite et à gauche sont des fragments de vieux édifices, entre autres Je portail du château d'Anet, bâti en 1548 par Henri II pour Diane de Poitiers, sous la direction du sculpteur Jean Goujon ^t de l'architecte JeanDelorme, frère de Philibert Delorme, celui-ci plus célèbre, quoique moins habile.

La seconde cour présente au visiteur la grande façade de l'édifice, c'est-à-dire le nouveau musée des études, façade longue de 80 mètres sur 20 mètres de hauteur. Le bas étage est d'ordre toscan, l'étage supérieur est d'ordre corinthien, et sur celui-ci s'élève un atlique. Cette seconde cour, disposée en hémicycle, est entourée de modèles d'architecture. A droite et à gauche, elle est limitée par des arcades renaissance du plus bel effet. Au milieu d'un dallage où se mêlent le marbre et le granit est une vasque antique, et enfin se présente au visiteur la grande façade. Sur le frontjdu deuxième étage de la façade, on lit cette inscriplion : École nationale des Beaux-Arts, On pénètre dans un grand vestibule en arcades et colonnes en marbre, d'où un double escalier conduit, l'un à droite, l'autre à gauche, au premier étage, où une galerie de môme dimension que celle du Vatican reproduit les Loges de Raphaèl, et conduit à des ateliers de peintres et aux salles du conseil, d'exposition de modèles, etc., et à la bibliothèque, digne d'attirer l'attention. Ces salles entourent une vaste cour vitrée, que M. Coquart, architecte de Pécole, vient de décorer et de

transformer en musée. A droite s'élève un moulage, grandeur naturelle, d'une des colonnes du Par thé non, à gauche une autre du temple de Jupiter Stator, etc. Une porte entourée des médaillons de Jean Goujon et de Philibert Delorme donne accès au grand amphithéâtre renfermant la belle composition de Paul Delaroche. A droite, et sur le dehors de la porte d'entrée, est le buste de Philibert Delorme, et à gauche celui de Jean Goujon. Une pièce à part contient la célèbre fresque due à la palette de Paul Delaroche, et renferme divers groupes représentant les principales écoles de peinture. Cette fresque, détruite en partie par un incendie, depuis la mort de l'auteur, a été rétablie avec un soin tout particulier dans le style du maître.

Le principal escalier du palais est entièrement incrusté de marbre, et une grande profusion d^ornemenls a été répandue sur tout l'édifice. La galerie d'architecture contient des bâtiments de l'Egypte, de l'Inde, de la Grèce et de ritaliC; outre des fragments de l'architecture classique.

Ne terminons pas cet article sans mentionner la chapelle du couvent des Augustins, contenant les copies des chefsd'œuvre de Michel-Ange, les portes du baptistère de Florence, et les deux grandes salles du musée des chefs-d'œuvre antiques, à droite et à gauche de l'amphithéâtre peint par Paul Delaroche.

La chapelle du couvent des Augustins renferme une copie du jugement dernier, de la chapelle sixtine, de Michel- Ange. Une rotonde contient le tombeau des Médicis, la statue de Moïse, d'après Michel-Ange, de Giotto, de l'église Sainte-Marie de Padoue. En sortant de la chapelle, on trouve un grand vestibule où Ton remarque le monument élevé à Suger par Dubau et Guillaume, puis l'ancien cloître du couvent transformé en galerie pompéienne, habilement décorée. Enfin un deuxième vestibule mène à la salle de Melpomène ou galerie d'exposition des travaux des élèves. Un troisième vestibule, sur le quai Malaquais, donne aussi accès à cette salle, enrichie des plus belles copies des maîtres, entre autres, la Dispute du Saint-Sacrement et l'École

d'Athènes, de Raphaël. Dernièrement on y a déposé les copies des fresques.

Au palais des Beaux-Arts siège Y École des beaux-arts, fondée en 1648. Elle a pour objet renseignement de la peinture, de la sculpture, de la gravure et de Tarchitecture. Les élèves qui y obtiennent les grands prix sont envoyés à Rome et pensionnés par TEtat. Tous les ans une salle d'exposition du palais des Beaux-Arts renferme les oeuvres envoyées de Rome par les élèves pensionnaires de l'Etal, et les tableaux auxquels l'Ecole des Beaux-Arts a décerné l'un de ses prix annuels. Cette salle d'exposition est dans la galerie construite de 1860 à 1862, sur le quai Malaquais, et dont la porte en bronze est remarquable.

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