III. - Hôtel-de-Ville
ive ARRONDISSEMENT.
L'endroit de Paris où se réunissait, sous la première et la deuxième race des rois de France, le corps de ville, autrement dit la municipalité, n'est pas connu ; on sait seulement que déjà, du temps des Romains, la cité de Lutêce avait des magistrats appelés alors les défenseurs de la cité. A la chute de l'empire et à l'avènement des rois francs, ces magistrats cessèrent d'être une institution entièrement populaire ; ils furent remplacés par des échevins; et, comme leurs soins se dirigeaient principalement sur les affaires de commerce, ils prirent aussi le nom de marchands de l'eau de Paris, de confrères de la marchandise. Cette confrérie survécut aux calamités de toute
espèce qui désolèrent la France sous la première et la seconde race des rois ; mais ce n'est qu*au xii® siècle qu'on retrouve des traces de son existence, dans une ordonnance de Louis le Gros, datée de 1131. Louis VU, en 1131, lui cède la place du Vieux-Marché, appelée la Grève, pour demeurer vide d'édifices à perpétuité. Des ordonnances postérieures confèrent de nouveaux privilèges aux marchands de Teau, qui tiennent leurs séances dans une maison appelée Maison de la marchandise, située sur la Vallée de Misère, aujourd'hui le quai de la Mégisserie, près de la place du Châtelet. Us se réunissent ensuite au lieu dit le Parloir des Bourgeois, dans le voisinage. En
Hôtel-de-Ville.
1274, ces magistrats sont désignés sous le titre de prévôts des marchands, échevins et comeillers de ville, Jean Augier, qui vivait en 1258, passe pour avoir été^ magistrat revêtu de la dignité de prévôt. En
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voté avait acheté, près du Grand-Ghàtelet, la Maison aux PilierSy qui avait servi de résidence royale à Philippe- Auguste, et qui devait son nom à de gros piliers qui la soutenaient. Cet édifice remplaça le dernier Parloir des Bourgeois. En i423, Charles VII, pour punir Paris de la révolte des Maillotins, retira à la prévôté et à Téchevinage des marchands sa juridiction et ses privilèges ; mais il les rendit en 1431, et Tancien ordre de choses reprit son cours ; les magistrats continut>rent de siéger dans la Maison aux Piliers, qui, en 1533, disparut pour faire place aux premières fondations de l'Hôtel-de- Ville. Pierre de Viole, alors prévôt des marchands, posa la première pierre de cet hôtel, qui fut élevé d'après les plans de l'architecte itahen Boccadoro, de Cortone. Les travaux ne furent terminés qu'en 1605. sous 'le règne de Henri IV. Dans les guerres de la Fronde, et plus encore durant la Révolution, cet édifice éprouva des dégradations que Ton fit réparer en 1801, en l'affectant pour siège à la préfecture de la Seine. De 1817 à 1840, il a été pour ainsi dire quadruplé. Dans les journées de mai 1871, il a été incendié et complètement détruit. On ne peut plus aujourd'hui en voir que les ruines. Cet incendie a consumé entièrement la bibliothèque municipale, qui, entre autres livres précieux, renfermait une collection d'ouvrages historiques sur la ville de Paris, irès-curieuse et très-complète, et dont la perte est irréparable. La gravure de la page 173 représente une vue do l'Hôtel-de- Ville avant l'incendie de 1871.