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I-ES PYRENEES

ne leur sont fermées. Ils peuvent, ils doivent les visiter, les fréquenter, les aimer. A défaut des glaciers ardus, des pics hautains, dont l'escalade est plus difficile dans les Pyrénées que dans les Alpes, parce que, fréquentées et étudiées depuis moins longtemps, les Pyrénées offrent moins de ressources à l'explorateur, et que leur système orographique est mfiniment plus compliqué, — le cycliste a à sa disposition les grandes vallées, les hauts cols qui les font communiquer entre elles, oià passent des routes carrossables ou réputées telles, qu'un vélo peut aff'ronter, et d'où l'on jouira de splendides paysages et d'admirables points de vue sur les glaciers, souvent plus beaux de loin que de près. Ce qu'on admirera surtout, c'est l'abondance extraordinaire des eaux, rivières, torrents, gaves, cascades fraîches et limpides ; — c'est la végétation vigoureuse, vivace, qui couvre les pentes, les sommets des monts, aussi bien que le fond des vallées. Les haies, les pâturages, envahissent d'un manteau vert presque toutes les Pyrénées, et les forêts immenses couvrent presque tout le reste. Aussi ces montagnes sont-elles renommées auprès des botanistes, qui y font des trouvailles innombrables. On trouvera les Pyrénées moins imposantes, mais plus gracieuses que les Alpes : ce sont, a dit un alpiniste éminent, M. Laferrière, des Montagnes femmes. Comme telles, elles ne sauraient déplaire aux cyclistes.

La meilleure manière de bien voir les Pyrénées, pour le cycliste, consiste à les suivre dans toute leur longueur, de Perpignan jusqu'à Bayonne. On peut, pour cela, s'y prendre de deux façons : soit s'enfoncer le plus possible dans la montagne, pénétrer, pour ainsi dire, dans son intimité, et passer d'une vallée dans l'autre par les cols que montent et redescendent les routes de voitures, col de Marmare, col de Port, col du Portet, col d'Aspin. etc ; c'est le trajet le plus fatigant, mais le plus beau ; — soit se tenir à la lisière des Pyrénées, et les passer en revue, pour ainsi dire, en restant sur les bords de

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la grande plaine qui s'étend à leurs pieds : on visite ainsi, en passant, Foix, Saint-Girons, Saint-Gaudens, Pau, etc., et l'on peut, de chacune de ces villes, pousser une pointe vers la montagne. Ce système est le plus agréable, attendu que les routes sont meilleures, les côtes moins longues, les gîtes plus confortables. Les vues sur la chaîne pyrénéenne, surtout dans la région de Lannemezan, y sont admirables.

Afin de mettre le touriste à même de prendre l'un ou l'autre parti, nous détaillons successivement les deux itinéraires. Pour éviter toute confusion entre les diverses sections, celles qui correspondent à ce que nous appellerons le trajet par la plaine sont ainsi désignées : section 1-P, section 2-P, etc. — Celles qui font partie du trajet par la montagne sont intitulées : section 1-M, section 2-M, etc.

Dans les Pyrénées, les routes sont en général bonnes, bien entretenues et bien roulantes dans le bas pays et aux environs des villes. Mais à mesure qu'on s'élève vers les cols, l'entretien devient plus difficile et plus défectueux, la route se rétrécit, se sème de cailloux et se creuse d'ornières. Ces inconvénients, qui laissent le cycliste indifférent pendant la montée, qu'il doit faire à pied durant plusieurs kilomètres, sont fort gênants à la descente. En général la pente est tellement forte aux abords des cols qu'il est bon de commencer la descente à pied.

Il n'y a presque jamais de parapet, ou du moins de parapet sérieux, au bord des routes. En outre, les tournants brusques sont fréquents et nous ne saurions trop mettre le touriste en garde contre la désagréable surprise qu'ils causent. Il nous paraît indispensable, pour un voyage dans les Pyrénées, d'être muni d'un bon frein. Au commencement de la descente, on en serre la poignée contre le guidon avec une corde, ou à défaut avec le mouchoir, de façon à pouvoir obtenir sans fatigue pour la main un serrage immédiat ou prolongé. X. 9

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La seule saison où le cycliste puisse raisonnablement entreprendre la visite des Pyrénées, par notre itinéraire de montagne ci-dessous (Luchon et Luz) est celle des mois de juin, juillet, août et septembre. Le reste du temps, les routes sont rendues impraticables par les neiges.

Dans les mois d'été, le soleil est excessivement chaud pendant la journée, et rend parfois l'ascension des cols très pénible. On fera bien de combiner son voyage de façon à les monter le matin; il serait mauvais de les monter le soir, attendu qu'au sommet des cols des Pvrénées on ne trouve ordinairement ni hôtel, ni auberge, ni refuge quelconque pour passer la nuit. Les descentes sont toujours très dangereuses à faire une fois le soleil couché.

Quelques expressions propres a la contrée pyrénéenne

Core. Port ou passage entre deux montagnes.

Couret. Ruisseau qui sort d'un lac.

Estibe. Prairie dans la montagne.

Gave. Nom donné à tous les torrents.

Hoiirqite, Hoiirqaette^ petit col.

Lanne. Landes, d'où vient Lanneme:^an, milieu des landes.

Néon. Neige, d'où vient Néouvieille.

Neste. Torrent, dans le Bigorre

Ouïe. Cirque de montagnes finissant une vallée.

Pêne. Sommet d'une montagne pointue.

Peyre (pierre), rocher, d'où vient Peyrehorade, pierre dorée.

Pech, Poey, Puch, Puy, Poney, Montagne.

Port, passage entre deux montagnes, du latin Porta, porte.

Raillère. Partie couverte d'éboulis.

Serre, Sarre, Serrât, montagne (en espagnol Sierra, scie).

Seoube, forêt.

Tue, Tuque, Montagne.

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