Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au XIIe siècle, d'apres des documents inédits
Ému de la bonté si affectueusement paternelle avec laquelle Votre Grandeur avait daigné m’accueillir à une heure qui m’était douce quand je regardais au ciel et dans ma conscience, mais difficile quand je considérais les hommes, je cherchais dans mon cœur le moyen de vous exprimer ma reconnaissance, lorsque le souvenir de Guillaume de Champeaux me vint
à la mémoire. 11 y a, en effet, entre vous et lui, des analogies plus frappantes que celle du nom. Comme lui, n’avez- vous pas enseigné, à Paris même, dans celte grande Université dont il a jeté les premiers fondements, après s’être éclairé au double flambeau de la science allemande et de la science française? Comme lui, n’avez-vous pas été archidiacre de Paris? Comme lui enfin, n’avez-vous pas été élevé à ce siège de Châlons, dont il fut une des gloires les plus sérieuses et les plus éclatantes, par cet esprit d’activité pacifique et de sage conciliation qu’il a su déployer au service de l’Église et au service de l’Etat, et que vous possédez vous-même à un degré si éminent?
J’avais donc lieu de croire qu’un livre qui retracerait la vie et le rôle, à la fois scientifique, politique et religieux, de ce grand homme sur son siècle, serait l’hommage le moins indigne que je pusse offrir à Votre Grandeur. Croyez, Monseigneur, que ma meilleure joie sera de ne m’être pas trompé, et que votre souvenir a déjà apporté une compensation délicieuse à toutes les fatigues que j’ai pu m’imposer. Ubi amatur non laboratur , ant, si laboratur , labor amatur. Ces
belles paroles sont toujours vraies, mais surtout lorsqu’on travaille avec le désir de faire progresser la vérité, de servir l’Église et de remercier un père et un ami tel que vous.
Daignez, Monseigneur, en me bénissant, agréer l’hommage de ma vénération pleine de reconnaissance et de dévouement.
E. Miciiaud.
Paris, fête de saint Guillaume, 16 janvier 1867.
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