‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 10 sur 115 · Oiscmont (Somme), arrondissement d'Amiens · texte numérisé non relu

Oiscmont (Somme), arrondissement d'Amiens

L'action de Mons s'engagea le 3o août 142 1, et non le 3i comme le rapportent Monstrelet et les autres chroniqueurs bourguignons qui en dérivent. Le chroniqueur Pierre de Fenin dit a Geste journée fut par un samedi, derrain jour d'aoust » (p. 169). Le samedi est une indication exacte, correspondant parfaitement aux renseignements si précis sur cette journée donnés par la Chronique anonyme, dans Monstrelet, t. VI, p. 3o2 : le 3i août était d'ailleurs un dimanche. La mention du service funèbre de la Vieuville, aux Cordeliers d'Abbeville, le 3i août tranche en effet la question en faveur du 3o. Cf. La Picardie , t. Ill (1857), p. i32.

3. « Mais la marée qui estoit grosse les cmpcscha et ne se y peut joindre que Poton de Santraillcs qui passa à no lui quatriesme. » Chronique dite de Jean Raoulety p. 179.

4. Dans la Journée de Mons en Vimeu et le Ponthieu après le traité de Troy es (Paris j 1861, in- 12 de 107 pages), le marquis de Bellcval a utilisé et amplifié Fenin, Monstrelet et surtout le beau, mais lointain récit de Chastellain. Une seule de ces sources, Fenin, est originale, — L'auteur de la Chronique dite de Jean Raoulet et celui de la Chronique anonyme sont au contraire des témoins oculaires. Le Livre des Trahisons de France, édition Kervyn de Lettenhove, p. 164-165 (1873, in-4) [Col. des Chron. belges], nous offre également un récit d'un extrême intérêt, d'un homme qui a vu cette action. —

Les Dauphinois paraissent bien n'avoir eu que de la cavalerie : c'est pourquoi le duc de Bourgogne fit monter tous ses gens à chevaP. Sa bataille était formée d*un corps flanqué de deux ailes*.

A midi, la cavalerie s'abordait en une formidable charge ^. L'aile gauche des Bourguignons fut emportée de ce coup*, tandis qu'à la droite, où se tenait le duc de Bourgogne % des hommes d'armes, montés sur de gros chevaux de Flandre, offrirent plus de résistance ^.

L'acharnement fut tel que Ton combattit, cette journée-là, par « monceaux^ ». Le seigneur de La Vieuvillc, qui portait la cotte d'armes du duc de Bourgogne fut tué® : le bruit courut ainsi de la mort de Philippe le Bon.

Une débandade se produisit : les Bourguignons, affolés, s'en-

Jcan Germain, Liber de Virtutibus Philippi Burgundiœ ducis, cap. vii. De bello equestri Sancti Richarii, édition Kervyn de Lettcnhove, 1876 [Col, des Chron. belges (textes latins)], a résume cet engagement avec précision et élégance. — Les comptes de la recette générale des ducs de Bourgogne {Arch,de la Côte-d'Or,B 161 2, 1617, Arch. du Nordy B 1929) [extraits dans Documents inédits^ Siège de Saint-Riquier, Bataille de Mons en Vimeu, par Lafons de Mélicocq, dans la Picardie, revue littéraire et scientifique, t. III [1857], p. i45-i55J, les comptes des argentiers d'Abbeville surtout, et ceux d'Amiens fournissent également de précieux renseignements inédits sur cette mémorable journée. '

1. « Quant le duc de Bourgogne vit l'ordonnance de ses anemis, lesquelx demouroient tous sur leurs chevaulx, il fist ordonner touts ses gens à cheval. » Chronique anonyme, dans Monstrelet, t. VI, p. 3oi.

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