‹ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne; contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècleChapitre 16 sur 115 · Pàque» tombait le 4 avril en 142S · texte numérisé non relu

Pàque» tombait le 4 avril en 142S

4. Chronique anonyme, fr., 23oi8j foL 480, r«, P. J, m. Il avait « environ mil Cumbatans, tant hommes d'armes, comme archicrs », selon Monstrelet, U IVtp. 288. L'anonyme est plus près des chiffres du compte d'A, d'Eperaon

5. Le 8 avril (428, larméc de Jean de Luxembourg était reçue à monti l xU- iillon, seigneur de Croissy, Colard de MaiMy, bailli dt \ - Je Lor, gouverneur de Rcthclois, Jean de Sconnevel et llctifi de U i uui, hjiûVi de Viir)\ (Bibl. niit., fr.,4484, fol. 75, v*) ; nous dori norts la liste complète des chevaliers et écuyers qui prirent part à cette expv dition. Oavioi de Poix, Jacques Licven,Waleran de Bournonvillc, le b&tard .ic^'nndnrnmc, .^nc^jucs de Hciliy, Jacotin de Camben, Ferry de Mailly Jean

Hardecourt, Baufiols d'iachy, Licgcoîs de Humiéres» , Girard d*Athi$, Jcati de Montoiivilliers, Aubcllcl de t oUc\ilte, Uirard Rolin, GuiUaume de Chûtilîon» Jean Devilîe, Henri de S&iily, Colard de Mailly, Robert de Baveuses, Pierre d^Estournay. Jacques dtf Hâiu, Raoul d*Arly, Jean DcsmouUns, Bertrand de Mamcamp, Enguer isnd de Gribonvaî, Perccval le Grant> Jeun de Graux^ Girard Marccllci, Itan de Ligny, Henri de la Tour, Guérard de Ploich» Chai les» bâtard 4t LcîiA, WâJcrau de Ficnncs, Jean de Vauli, Jacques de Lor*

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de siège qu'il avait pu trouver, conduisant avec lui les artilleurs et les mineurs de Namur et de Liège, qui jouissaient à cette époque d'une grande réputation ^ Au mois d'avril, Jean de Luxembourg était sur le chemin de Beaumont*.

Guillaume de Flavy avait pu croire un moment qu'il ne serait pas attaqué aussi tôt ^. En fait, il se trouvait à Orléans, près du dauphin, lorsqu'il apprit la marche des Bourguignons sur Beaumont. Il chevaucha en trois jours jusqu'à Mouzon. Beaumont était sur le point de se rendre sans résistance. Guillaume de Flavy prit toute l'artillerie qu'il put rassembler, se jeta précipitamment dans Beaumont où, au grand désappointement des Anglais, il organisait une vigoureuse défense*.

Guillaume de Flavy allait être secondé par René d'Anjou, duc de Bar, qui, dès le 5 avril, concentrait ses troupes devant Stenay. René, au cours de la guerre dite de succession de Lorraine, plus par intérêt que par sentiment peut-être, avait été

1 . Bibl. nat., fr., 4484, fol . 1 67, vo. — Compte de Tartillerie de Jean de Luxembourg : elle se composait de deux bombardes de Paris, des veuglaires de Bcaurevoir,de Saint-Quentin, de Reims, de deux bombarbes et d'un « mantel » de Mézières, d'une bombarde prêtée par Gobert d'Apremont, P. J. viii. La ville de Châlons fit en outre un charroi de veuglaires et de canons au mois de mai. (Arch. com. de Châlons, CC 85, P. J. vu.)

2. Suivant la Chronique anonyTne (Bibl. nat., fr., 23oi8, fol. 480), le siège devant Beaumont aurait été mis le 17 avril, P. J. m; Monstrelet, t. IV, p. 290, dit a au commencement de cest an », c'est-à-dire après le 4 avril. Monstrelet doit avoir raison, puisque le compte de la prévôté de Longwy. (Arch. de la Meuse, B i863, fol. 118), nous apprend que le prévôt dut se rendre à Stenay avec ses hommes a eulx estans en garnison ilec à rencontre de messirc Jehan de Lucembourg, qui tenoit le siège devant Beaumont depuis le v« jour du mois d'avril l'an ccccxxviij... » (P. J. vu.)

3. Le 26 novembre 1427, Amédée VIII, duc de Savoie, avait fait proroger la trêve entre le Dauphin de France et Philippe le Bon jusqu'à la Saint-Jean 1428. Le duc de Bourgogne devait s'abstenir de toute attaque sur Beaumont, Mouzon, Passavant et Vaucouleurs. Le duc de Bedford n'était pas tenu par, ces engagements. Luce, Jeanne d'Arc à Domremy^ Preuves, clxxxii, p. 21 5, et dom Plancher, Histoire de Bourgogne^ t. IV, Preuves, lxxiii.

4. « Apres il s'en ala devers le roy et en son absence vindrent les gens du roy d'Angleterre devant Beaumont : et ceulx que Flavy avoit laissé dedans firent traictié d'eux rendre dedans trois jours. Et quant Flavy le sceut, qui estoit à Orléans, il chevaucha en trois jours jusques à Mouson et la sceut que dedans le landemain vespres, se dévoient rendre. Et print artillerie et s'en ala à Beaumont et entra dedans. Et scurent les Angloiz que Flavy estoit dedans. Et par ce moien les Angloiz s'en alèrent, car cuidoient que cust mené bcaucop de gens... » (Arch. nat.,X** 24, P. J. lxxi.)

LA CAKRlL'HIi: MlttrAlRE I9

ûmené a se tourner vers le parti françalsj tandU que son comp^tîtcurj Antoine de Vaudcmont, adhérait à la coalition bourguignonne*,

Jean de Luxembourg enferma Bcaumont, suivant les règles de rattaque des places au quinzième siècle, dans un cercle de

^ travaux d*approche, de tranchées : les artilleurs de Namur et de Liège ouvrirent les mines. Au cours de la canonnade, une des grosses bombardes de Jean de Luxembourg fut endommagée'. BDans une sortie de la garnison, Guillaume de Flavy s*empira d'Engucrrand de Gribonval, homme de confiance de Jean de Luxembourg \ un « vigoureux et subtil homme d'armes » qui parait avoir eu la direction de ses machines de guerre** Par ruse, Guillaume de Flavj*, fit tendre un grand linceul, visible pour les assiégeants, et célébrer un service funèbre, donnant B ainsi à entendre à Jean de Luxembourg que Thommc auquel il H attachait tant de prix était mort. En réalité, il fut conduit dans m un îiou secret et misa forte rançon ^ Mais, les sorties devin-

I. Sur iu §tucrrc de la succession de Lorraine : A* Lecoy de la Marche, U Rai René^ t. I, p. 6b et sulv. (Paris, 1875, 2 roi. in-8). — Dès le 57 août 1457, Lotti», cflrdiriHl de Bar, s'entendait avec René pour résister su bâtard de Ver|!y (Lucc, Jeanne d^Arc à Domrcmy, Preuves, clv, p. 197») C*cst cette titufltitin particulière qui explique la correspondance suivie avec les gou%erTteitr« de» pUccs françaises, pendant les années 1437-1428 (Lucc, Preuves* fdxi/m)* L^ prévôt de Longu^, à Stenay dès le 5 avril 1428 {Arch. de la MeuMï, B iJ<6.^, fol. tiH; B tH63, foL ï 10, v®); message adressé de Saint- Mihiel à Nancy au duc de Lorraine par le duc de Bar « pour le fait de Bc« 8 avril 1428 (Liice, Preuves, ci,xix, p. 208); 22 avril» message

de ^c ati duc, à Nancy, pour lui faire savoir la marche des Bout*

|u*i;AKm^ iAnrb de la Meuse, B io5i, fol. 234» P. J. vi); i5 mai 1428, message h Errarvi de la Marck n pour le fait du siège qui lors estoit drvattt Beiumont, mis pur incssin: Jehan de Luccmbourgct autres ses complices n ^Lîîcc, Preuves, clxxiv* p. 310); 5ï mai, le duc de Bar fait appeler te Sienay pour savoir rc*»jt des provisions menées par le bailli

de ici, qui avait la garde de cette ville pendant le siège de Beau-

mont* (Arc h. de bi Meuse B 186?, foh 118 et fol, m /»f5, P. J. m.)

ï \\ih\. nnr ,fr ,4484, fol, 16^. — Un certain maître Guillaume conduisit les ir.i itîncurs autour de Ucaumom (fr.,4484,foU!69, v*)î la bombarde

feî *v|^ivc *»ir place p-^ '' - ^ ardeurs venus d'Etain et de Metz <fr;, 4484,

fou 169, P- J. vit!)

3» Àiiï^treUt^ I. IV, 7ifo.

4* Bibl. nat^ ff.«4484, fol. 168, V.

I, Ce? la Chtottique anonyme, fr., 2 3oi8, foU 480,

l%l*»l< /ff, I. IV, p. 290. Cf. /nrroi^ticfiort, p. xi-xii.

rent bientôt impossibles ^ et Jean de Luxembourg continuait à recevoir des troupes nouvelles ^. A la fin du mois de mai, probablement le 28 ^, la ville, qui avait épuisé ses ressources, capitulait. Guillaume de Flavy n'avait eu aucun secours du dauphin : le siège d'Orléans commençait à absorber toutes les énergies françaises.

Les assiégés sortirent avec honneur, la vie sauve, emportant leurs biens. Enguerrand de Gribonval^ fut rendu à Jean de Luxembourg. Celui-ci fit alors raser les murs de cette place, et établit une garnison bourguignonne^.

La situation déjà mauvaise des Dauphinois devait encore empirer. Des trêves furent en effet signées au mois de juin entre Jean de Luxembourg et le cardinal de Bar : celui-ci, au lieu de la bienveillance ou de la neutralité témoignées au parti français, se tourna vers le grand condottiere Jean de Luxembourg : c'est aux efforts des Bourguignons et des Lorrains coalisés que l'on dut la chute des dernières places françaises 7. Mouzon avait

1. « Si furent ilz en brief de toutes pars environnés, tellement approchiés, que bonnement ne povoient saillir hors de leur dicte ville. » (Monstrelct^ t. IV, p. 290-291.)

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