Sorel, Prise de Jeanne d'Arc, p
7. H. de Lépinois, iVofC5 extraites des Archives communales de Compiègne [Bibliothèque de l'École des chartes, t. XXIV (i863j, p. 486] et Sorel, Prise de Jeanne d'Arc, p. 268.
LA CARRliaE IttLITAtRE
quelle il donna tous ses soins * : il rendit TOÎse inutilisable en y coulant un bateau*.
La ville devint un arsenal où se concentrèrent les approvisionnements, où se fabriquèrent les munitions de tout genre^. L'investissement ne porta d'ailleurs pendant longtemps que sur la rive droite de TOise*, et les messages purent sortir solliciter des secours^, la ville recevoir des renforts pendant presque toute la durée du siège**.
Selon le plan bourguignon, une bastille venait d'être élevée devant le bouelvard"; celui-ci fut séparé de la place par la rupture du pont de bois, percé par le feu derartillerie^. Après une infructueuse sortie sur Venette, les travaux d^approchc formèrent autour de Gompiègne un cercle de plus en plus étroit^ et le bombardement devint d'une violence extrême, Guillaume de Flavy avait sur les courtines de petites cou leuvrines de cuivre qui firent merveille *^ Le chroniqueur Chastellain nous a rapporté les ter*
!• SorcI, Prise de Jeanne d'Arc, p. a?! ; Chronique anonyme, ï*. S. ixutf. 3* Sorcl, Prise de Jeanne d'Arc, Pièces justif., p. 353. 3. Sorct, Priie de Jeanne d'Arc, p. i33-334; p, 252-253. 4* Chronique anonyme^ fr.» 2 3ot8, fol. 498, r*. P. J. rxxm.
5. Dcpaislc lii mni jusqu'à la tia du iiè^e.H.âcLépinols, Notes extraites âgt archives communales de Compiègne {Bibliothèque de l'École des charto, t. XXVU p» 4'S8-489J ; SorcI, Prise de Jeanne d*Arc, p. 33o, 243, 244^
6, Sorel, Prise de Jeanne d*ArCt p* H4» ^* ^1 ^4^» ^- ^ l Arch. corn, de Crt^p}'*«i-Va lois, 1431-32, fol. 118, va t23; t433-33. fol. 194, v*; Arch. con\, de Scrilis»Bt^i fol, i6i» v»; CC 48, fol. 18, ig, foL 21, v*. — L^s sacriicM de Setilift doivent être pris en considcrntion particulière, si Von songe i reffroj&ble misère de cette ville. Cf. Flammcrmom, Sentis pendant la uc^nJe partie de ta Guerre de Cent ans dans Mémoires de la Société de r Histoire de Paris, t. V (1878).
7« « Item et pour pnrler du fuit de Compiengnc est à présupposer que f^,.M^^,,tr,.*,jf aura,,, mis une bastide au bout du Pont. 1» {Avis du due de i [BibLtjat,, anc. foud« fr*, 1278, fol. I4), P. J. xxjtj— Cette forti-
iK.iu'.ci K\±\i en terre, « k une truite d*îirc ou cnvirom 1» (Monstrelet,\, IV, p. 390.»
8. Oti offatiisa des courtine» uu boulevard* un service de nacelles au moyen de cftbtes* (Sorcî, Prise de Jeanne d*Arc, p. 232, Pièces justif., p. 35S.)
y, BruiVi enregistre» dans Morosini, t. III, p. 3 08.
10. t El s% «voient dcdf ni lu dicte ville grant plenté de pctitâ engiens, BOfamet v \ estotent de métal de coeivre et trayoiem
botiîri de , lit ung homme d'armes tout oultrcs, comme
it iK uu trois fortes croustej de quesne. « (C/iroiii^iic tfiiOMymf
lî :^oi>. %*• P. J. xxiiït.)
5o VIE DE GUILLAUME DE FLAVY
ribles exploits d'un cordelier artilleur, natif de Valenciennes, nommé Noiroufle, «un haut grand homme noir, un laid murtrier visage et une felle vue et portoit une rude et grosse faconde* ». Les bourguignons durent, pour se protéger, creuser de nouvelles tranchées qui devaient faire autour de la ville comme les galeries d'une fourmilière •,
Au cours d'un de ces combats d'artillerie, Louis de Flavy, frère de Guillaume, fut emporté par un boulet. Guillaume de Flavy prouva dans cette circonstance sa force d'âme : il fit approcher peu après les trompettes, qui sonnèrent joyeusement comme d'habitude <c pour resbaudir ses gens^ ».
Mais, au mois de juin, les Bourguignons avaient réalisé le premier point de leur programme. Le boulevard de Compiègne, miné, fut enlevé dans un assaut* que conduisit le duc de Bour-
1. Chastellain, t. II, p. 53. -^ Dans les comptes de Compiègne, il est question d'un certain frère Jean, cordelier de Guillaume de Flavy, et d'un don « par lui faict en faveur des services qu'il a faiz à lad. ville pendant le siège. » (Sorcl, Prise de Jeanne d'Arc, Pièces justif., p. 36o.) Ce personnage n'est donc pas imaginaire.
L'artillerie du duc de Bourgogne était très considérable et fit beaucoup de mal à la ville. « Cravantèrent en pluisieurs lieux les portes, pons, moulins et bolevers de la dicte ville, et tant qu'enfin y eut aulcune partie des moulins mis en tel point que plus ne porent mouldre. » {Afonstrelet, t. IV, p. 3go ;Sore\f Prise de Jeanne d'Arc, p, 23 1, n. i.) — Sur l'importance de cette artillerie (Arch. du Nord, B 1492, fol. 73, r*, P. J. xliv et xlv) ; on remarque parmi les artilleurs, des Allemands (Arch. de la Côte-d'Or, B 1645, fol. iSy, V», P. J. xxxix), et un grand nombre de Portugais (Arch. du Nord, B 1492, fol. 54, vo). « Et avoit ledit duc de Bourgogne grand nombre de Portugalois avec lui à cause que il avoit espousé la fille du roi de Portingal. » {Chro^ nique de Tournai, p. 41 5, et P. J. xliv.)
2. « Aveclesquelz furent fais depuis la dicte Bastille jusques aux diz taudis grans fossés par où les gens de guerre aloient seurement à leur dit guet, pour la doubte des engiens de ladicte ville, dont on estoit servi très largement. » {Monstrelet, t. IV, p. 390.)
3. « Pour la mort duquel ledit Guillaume fut moult troublé et anoyeux, mais non obstant il ne s'en monstra nul samblant, ains pour resbaudir ses gens, brief ensievant, fist devant lui sonner ses menestrelx, ainsi qu'il avoit acoustumé de faire. » (Monstrelet, t, IV, p. 391.)
4. a Et ccdit moix de juing eubt ung assault livré et fait à bellewerp de ceulx de Compiengne, auquel assault fut le duc de Bourgongne en personne... » (Chronique anonyme, fr., 23oi8, fol. 5oo, r», P. J. xxxiii) ; pour défendre ce boulevard, Guillaume de Flavy avait* imaginé de faire construire au fond des fossés « petites maisoncelles de bois où ses gens se tenoient pour faire leur guet moult subtillemcnt » (Monstrelet, t. IV, p. 391); le témoignage
L4 CAttRlÈRE MILlTÂtRE
le . Cette fortification fut alors tournée contre la ville, et Baudot de Noyelles s'y établît ^
Le siège de Compiègne allait entrer dans une autre phase : les Bourguignons avaient en effet rétabli le pont de Veneite et ils se répandirent sur la rive gauche de TOise, entre les murailles de Compiègne et la forêt. Une série de bastilles, complétant Tinvestissement, rendait difficiles les sorties, presque impossible rentrée des secours*. Au mois de juin, arrivaient encore, sous la conduite du comte de Hunringion et d'Arundel, deux mille combattants anglais environ^,
Guillaume de Flavy redoublait d'ardeur et sollicitait partout des secours. Epcmay, Reims, ChâteauThierry, contribuèrent
âc iii Lhronique anonyme (fr, 23oi8, fol» 3oo, r"j P, J. xxxiii) et la nouvelle inrére&sante de Morosinif i. TU, p. 3o6, pnmvent que le boulevard ct.tii en ruine au moment de Tassaut ^uaL \\ se lit avec furie et sans quarucr, < Et peu y eult de cculx qui le gardoicnt qui ne fussent tous noyez, murt «m prin* •* (LeFèvre de Saint-Remy^ u II, p, 180 ; Arch. de la Côte-d'Or, Il t647, *^'*- ï4*^* ^'^' X4XV1IJL Philippe le Bon donna une grande publicité k c^t asAaut du bouïcvani, cf. Documents inédits sur le siège de Compiègne en #4?0tpjir le baron de La Fons Mclicacq, dans fa Picardie^ 1857, p. 28. Jir4îinc l'apprit dans sa prison à Beaultcu. n Celui qui estoit son maistre d usttl avaiii sa prinsc ei qui la servit en sa prison luy dist : « Geste povrc
• ritle de Coinpicngnc, que vous avez moult aimée^ à cesic foiz sera remise
• ii mains et eu la subjection des ancmîs de France, n Et elle lui respon> dit; » Non sera, car toutes les places, que le roy du Ciel a réduit et remises
• ea ia main et obéissance du gentil roy Charles par mon moicn ne seront ■ potat rcprtn»cs par sesancmis, en tant qu'il fera diligence de les garder* t {fgrceval de dsgny^ p. 177.) Sur la date de cet assaut, cf. la uoïc de la P. h xixvtti.
I. Arch. du Nord, B 1:^92, fol. 54, r*, P. J. xuiv; Monstrelety X. IV, p* 397.
;. Muiiitreîfty t. IV, p. 397. — Le 5 juin [1430], de Jnrgeau, Charles Vil
r les rémois d'unclcttrc qu'ils venaient de lui »dress€r:il annonçait,
1 de donner un prompt secours à la ville de Compiègne: t ... le
• i'Orlennti est ores par delà; demain passeront àMcleun les Escoz;
:Mt oprcâ U mare&chal de Saincic Scverc; et dedans huict ou dix
eru arriver vers nous h toute puissance, beau frère Charles d'An*
rcaii cousin de Clcrmoni, les viconies de Thouars et de Turaine et
lottft ikDX barons de ma pays de pnr deçà. Et se Dieu plaist, orrtx de nous
Cl if«» bricfment si bonnes nouvelles que vous en screjt tous joyeux et recon-
foftei.^ «(Arch. çom. de Reims |scne des lettres missives de Charles VII].)
3* Monttrelet évalue tes Ani^lai^ à tout mille archicrs d'jVngleterre ou
erTirffTT f, r ÏV\ p. 3i/t; selon l,c Fèvre de Saint-Remy, 1. U, p. 181-183,
Tiiii été de deux mille hommes ; la Chronique anonyme
• leur donne quatre mille hommes.
à secourir la place assiégée*. Jamet du Tillay entrait avec les gens du bâtard d'Orléans au mois de juin^etPoton de Xaintrailles ^ fut plein de dévouement pour la ville de Compiègne pendant tout le siège. Au mois d'août, Guillaume de Flavy sortit de Compiègne pour aller trouver Charles VII : il passait par Reims et Château-Thierry*.
Le duc et même la duchesse de Bourgogne avaient vaillamment payé de leur personne '^. Mais la situation des Bourguignons, devant cette résistance prolongée, allait à son tour devenir critique. Le 25 juillet, le duc de Bourgogne manquait d'argent et devait réduire les pensions de moitié*. Au mois d'août, il faisait publier des bans pour faire rejoindre le siège aux Bourguignons qui lâchaient de tout côté^. Enfin Philippe le Bon, à la nouvelle de la mort de Philippe de Brabant (4 août 1430)^, rentrait