‹ Guillaume Raynal, historien du CanadaChapitre 2 sur 62 · Uegrettez-vouà ces jours où lichemeiit voiidus · texte numérisé non relu

Uegrettez-vouà ces jours où lichemeiit voiidus

Par le faible Bourbon <jui régnait sur la ï'r.mce... »

Crkmazie. Le drapeau de Carillon : ŒtiVî'es complètes. Montréal, 1883, p. 128.

— « Un Bourbon nous avait livrés à l'Angleterre! Ce fut un coup mori.el. un long déchirement Quand ce peuple entendit avec effarement.

— Lui qui tenait entin la victoire suprême, — Par un nouveau forfait souillant son diadème,

Le roi de France dire aux Saxons : — Prenez-les! Ma gloire n'en a plus besoin: qu'ils soient Anglais! O Lorraine! ô Strasbourg! Si belles et si grandes. Vous, c'est le sort au moins qui vous fit allemandes I »

F'RÉCHETTe. La Légende d'un périple. Montréal, 1897, p. 194.

— « Et malgré son oubli, comme un fils est capable De respecter encore une mère coupable.

Aucun de nous n'osa j.imais la renier... >•

CiiAi»3K\N. La Mèv. et l'Enfant^ les Aspirations. Paris, l'J04, p. 39.

^ GriLLAUME RAYNaL

détruite, il n'y avait aucuu moyeu de refuser au Cabinet de Londres la consécration du fait accompli. Mais, vingt ans ai)rès, c'est le tour de l'Augleterre d'être vaincue, et c'est alors qu'on est en droit de dire que la France a pu recouvrer le Canada et qu'elle ne l'a pas voulu. C'est alors qu'il y a de sa part véi-itableraent abandon, puisque non seulement le Gouvernement do Versailles se désintéresse du sort de la colonie du Saint-Laurent, mais encore que l'opinion n'en manifeste aucun regret, aucun étonnement.

Certes, les explications ne' manquent pas, et la première est que 'cette renonciation détinitive à la Nouvelle-France est imposée a l'ancienne par les conditions de son alliance avec les Treize Colonies. On peut pourtant penser que le veto mis par la diplomatie américaine sur une revendication a ce point légitime n'eût pas été subi aussi facilement si la France eût mieiL\- counu le Canada.

A dire vrai, le Canada est, au dix-huitième siècle, aussi mal connu que possible du public français. Sans doute le père Charlevoix a publié, en 1744, son Histoire de la Nouvelle- Franre et wn Joimial hisioriqup, d'un voyage fait par ordre du Roy dans l'Amérique septentrionale. Mais Charlevoix n'écrit pas au goût du jour et c'est un jésuite: mauvaises conditions, quel que soit le mérite de l'œuvre, pour attirer les lecteurs. Le Canada est livré sans défense auxépigrammes de Voltaire. C'est le pays « des arpents de neige^ «, où nous nous sommes établis « entre les ours et les castors ^ », c'est le pays dont le philosophe ft conjurait à genoux » Chauvelin de nous débarrasser'.

Mais, depuis la perte du Canada, l'opinion a pu changer. Rien que l'acharnement que les Anglo-Américains ont mis à

i. Candide, cL. x\m, Voltaire, édit. Garnier, Œuvres complètes, t. XXI. p. 196.

2. « \ous RVODS eu l'esprit de nous établir en Canada, sur des neiges entre des ours et des castors. » A :M^« du Deffaod. 13 octobre 17.J9 — Id Coiresp t. Vfîf, p. 41.

3. An marr^uis de Ciiauveiia, 3 octobre 1760. — Id.. t. IX., p. 3.

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