Quérard. La France littéraire, t. Vil, pp
2. Art. Raynal, par D. R. R. Biographie universelle. U XXV, p. 266.
3. Sur les vingt-deux éditions relevées dans la Bibliographie dix-huit- sont publiées de 1770 à 1783.
Fa démontré^ a fait siennes les doctrines politiques de l'Mstoiî^e des deux Indes. Il concourt devant l'Académie de L3^on sur une question posée par le philosophe^, et si, malgré l'affirmation du Mémorial de Sainte- Hélène, il ne remporte pas le prix 3, il n'en parvient pas moins à entrer en relations avec celui qu'il considère comme son maître. Il lui dédie ses lettres sur la Corse*. Il se fait admettre à ses déjeuners scientifiques ^ Bonaparte n'a jamais cessé complètement d'être le disciple de Raynal. Lorsque le Premier Consul exige de la cour de Madrid la restitution de la Louisiane, n'est-ce pas, avant tout, parce qu'il a connu par V Histoire philosophique ce que valait la grande colonie que Choiseul a livrée à l'Espagne ?
Qu'un grand nombre des lecteurs de Raynal le suivent aussi docilement que Napoléon Bonaparte, voilà qui n'est pas douteux. Du brillant écrivain ils n'apprennent pas seulement à détester la superstition et la tyrannie. Ils acceptent, en même temps, ses théories, ses jugements sur la politique coloniale. Ils se laissent convaincre par lui que, s'il faut, à tout prix, recouvrer le Mississipi, il est sage de renoncer au Saint-Laurent. Il n'y a aucune témérité, aucune injustice à attribuer à Guillaume Raynal une part de responsabilité dans cet abandon définitif du Canada qui est consommé au traité de Versailles.