TRIO
Quand 1'JJelve'tie est un champ de supplices
Oii Ton moisionne nos enfants, Que de Gesler tes armes scknt complices;
Meurs pour nos bourreaisx triomphants !
ARNOLD
Si je meurs, e'est pour la victoire,
Ce but sourit a ma fierte; Maisje vivrai, mais je vaincrai; la gloire Remplace tout, meme la liberty, Y^ALTER.
Pour toi, Gesler, preludant aux batailles, D'un vieillard a tranche le3 jours ;
Cette victime attend des funerailles, Elle a des droits a tes secours.
ARNOLD
Ah! quel affreux mystere!
Un vieiUaid, dites-vous?
WALTER
Que la Suisse revere*
ARNOLD
Son nom?
WALTER.-
Je dois le taire.
Farler, e'est te fnppcr au. cteur,
ARNOLD
Mon pere...
WALTER
Oui, ton pere, Meicihal, 1'honneur de nos hameaun Ton pere, assassine par la main des bourreauxl
ARNOLD
Qu'entends-je ! 6 crime! helas! j'expirel Ses jours qu'ils out ose' proscrire, Je ne les ai pas defendus!
Mon pere, tu mas du maudire !
De remord9 mon coBur sc ddchire.
0 ciel ! 6 ciel ! je ne to verrai plus.
GUILLAUME et WALTER.
II chancelle, a peine il respire,
II frdmit, le remords le ddchire ;
De 1'amour tous les noeudssont rcQpus;
Son effroi remplace son ddlire,
Son malheur le rend a ses vertus.
ARNOLD
II est done vrai I
WALTER
J'ai vu le crime.
ARNOLD
Toi?
WALTER
J'ai vu so ddbattre et tomfeer la victime.
ARNOLD
Grand Dieu! que faire?
Ton devoir.
ARNOLD
Ilfautmourir?
II faut vivre.
ARNOLD
Eh bien ! contre Gesler servez mon desespoir. Dans Altorf voulez-vous me suivre?
Modere les transports ou ton amc sc livre.
WALTER
Reste, et venge a la fois ton pere et ton pays.
ARNOLD
Achevezdonc!
La nuit, a nos desseins propice, Nous entoure deja d'une ombre protectrice. Tu vas voir dansces lieux,que Gesler croit soumis, Surgir de tous cotes de geneieux amis :
lis comprendront tes larmes.
A u soc de la charrue ils empruntent des armes Pour conquerir un digne sort, Ou l'inddpendance, ou la mortl