LIVRE IV
grands cm l'aisaat* Gemmî , qm ne le quitte point , Gemmi, armé d'une longue lance» {Mrononce le nom de GuUlaame> demande son père à tous les soldats» et montre de loin la pris<m o& il croit encore qu'on retient Guillaume* Le TÎenx Henri, Glaire >£dmëe, se mêlent aux braTessol-" dats, parcoorcnt les rangs, Iûb diiFecses troupes^ et pressent l'instant de Tattacpie*
Tout à coup Guillaume parait an milieu des trois bâtait* Icms. Un cri général retentit et se prolonge dans les montagnes. Un silence profond lui suobède» Tous attendent l'ocdre de Tell , tous Tculent diéir à lui seul* Amis , s'écrie le héros. Gésier n'est plus; cet arc, cette main tiennent de punir $eâ crimes* Le corps de Gésier, étendu sur le riiFoge du lac ^ert entouré de tîIs satellites que la teneur dîs^ perse déjà* Rien n'est à craindre du ddiors. La patrie est ▼engée, mais elle n'est pas lii»re« Elle ne le sera jamais tant qu'il réitéra une êeaïe pierre dti fort qui frappe tos regards. Attaquons ce fiort redOutaUe, seule espérance , seul secours des fétixei Autrichiens. Que nos trois troupeê montent ensemble f que les plus I»aTes marchent les pre*
U dit , et, de sa main gauche saisiissant le drapeau d'Uri, il prend de la droite une hadie, et s'élanœ Ters la montagne* Furst et sa troupe le soirent de près; Schwitset Ver« ner se précipitent ; Mdetal avec Underwald est déjà à moitié diemin, et Gemmi s'avance àcoté de son père* Sar* nom les attend ; Samem se prépare. Une nuée de flèches , de traits, part aussitôt du haut des remparts* Les braves assaillans méprisent cet flèches : elles n'arrêtent point leur course; ils montent , sans 7 répondre, avec leurs arcs. Us
parriennent au- pied des -murailles. Alors le terrible Sarnem y à un signal qu'il donne aux siens , fait précipiter des crâieaux «ne foule de rochers, de pierres , que suivent la poix et Fhuiie bouillantes. Les braves des trois Gantons sont partout atteints , renverses; l'huile les cou-sume sous leurs vètemens. Ils ex[Hrent au milieu des doa* leurs aiguës ] ils mordent la pierre en jetant des cris; mais ces cris sont encore pour la liberté* Les mourans, malgré leur supplice , exhortent , excitent leurs compagnons , les encouragent à marcher sur leurs corps , à s'en faire des édielons pour arriver au haut des remparts. Les Autrichiens insultent à leurs maux; Samem, placé entre deux créneaux, rit de* leurs impuissans efforts; Sameia anime ses soldats , et sa présence , son courage prolongent long-temps cette vive attaque.
Guillaume, au milieu des morts, des mourans , montait toujours d'un air intrépide; mais tout à coup, alarmé du grand nombre de soldats qu'il perd , il s'arrête , appelle Mdctal , et, se reprochant d'avoir trop écouté les conseils de la seule valeur en faisant une attaque unique , il l'exhorte , il lui commande de se retirer du combat, d'emmener avec lui ses braves , et d'aller attaquer le côté de l'est, tandis que Vemer et lui-même redoubleront de fureur pour empêcher l'ennemi d'apercevoir ce mouvement. Melctal obéit ; Guillaume et Vemer redonnent un nouveau signal , poussent des cris plus forts encore, et Samem et ses satellites, occupés dû nouvel assaut , réunissent tous leurs efiorts pour résister à Guillaume. Pendant ce temps, Melc* tal et les siens volent, arrivent à la porte de l'est, mal défendue par un faible poste. Melctal la frappe de sa hache;
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Melctal fait apporter du feu : la porte brûle, et Mdetat s'âance; Melctal pénètre dans le fort avec ses amis dlJnderwald. Tout cMe , toat fait , tout meurt. Samemy occupé de résister à Tell , entend les cris des fuyai^ds, dis* tîngue ceux des vainqueurs» Il veut courir au-devant d'eux 9 il se retourne, et Melctal paraît : Melctal, rapide comme la foudre, lui porte un coup de sa hache , partage en deux son front odieux , et, s'avancant aux créneaux , tend les mains et crie victoire. GuiDaume le joint aussi-^ tôt ; le drapeau d'Uri flotte et brille au*-dessus du fort redoutable. Guillaume, Melctal et Vemer, debout sur un monceau de morts , adressent h Dieu des actions de grâces, et répondent aux acclamations du peuple qu'ils ont délivré.
Bientôt le fort est débarrassé des cadavres dont il est rempli ; les troupes des trois Gantons environnent , prèssent leurs chefs , les portent an milieu des habitans d'Altorf , qui , rassemblés sur la place , accourent de toutes parts pour voir leurs libérateurs , pour confier à leur génie , à leiîr courage , à leurs talens , la défense de la liberté. Mais Guillaume leur demande silence, Guillaume leur adresse ce discours :
Citoyens , vous êtes libres ; mais cette liberté précieuse est peut-être plus difficile à conserver qu'à conquérir. Pour l'un le courage suffit , pour l'autre il faut des vertus austères > constantes, inébranlables. Gardez-vous de l'ivresse de la victoire, gardez-vous surtout de l'idolâtrie pour ceux qui la remportèrent avec vous. Vous partez déjà de nous feire vos chefs , tandis que la récompense que je prétends de mes travaux, la seule que mon cœur envie^
c'est de deyenir soldat , c'est de rentrer ûuèm cette égalité , charme pur et doux des cœurs r^uUioaiiu* Dans une république, amis y nous sommes tous atiks. MaUieur à rhomme qui se ^oit néceivaire ! malbeur «u peufde qui ne le punit pas de cette seule pensée J
Âssembleft-Tous pour peser , dans la méditation de la sagesMiet vos intérêts et tos nouveaux desseins ; que chacun puisse y selon les lois , penser, exprimer^ conseiller tout ce qu'il croit utile à k patrie ; que cette liberté soit donnée à tout cilojen âgé de vingt ans. Aussitôt qu'on aime son pafSy on a le droit de s'occuper de lui, de lai donner le tribut de sa force etde ses lumières* Nommez unlandamnae; que oe nom antique , respecté de nos aïeux ^k soit daTantage par nous; que le conseil le dirige^ et qu'il contienne kconseiL Faites des lois } sana lois • que deviendreu^-YOus ? La liberté n'est que l'csda^»ge des lois sages. Gardea vos mœurs ; qu'elles demiment même plus auKtèies : sans vertus, point de liberté. Le républicain s'est pkcé, par ce nom^ entre ka anges -et ks hommes^ qu'il soit donc meilleur^ qu'il soit donc plus grand que tous kshimiraes dont il eat entouré.
Pour moi , citoyens, je ne veux, je ne demande , je n'«ccepte de tous que k nom de votre £%re, que le droit de<coadnttre dans vos mngs. Attendez-vous à denouveaux combats ; attendez-vous que l'emp^ eur voudra reprendre le soeptre que nous venons de briser* Prépaiez-vous à soutenir ses effiirts ; pr^arez*vons aux batailles ; ne comptez que sur Dieu et sur vos bras : sppelez ptwrtant à la liberté ks autres GimtonB de la Suisse. Ou je me Ixompe , ou leurs cœurs r^MMidmnt à voCne voix : akrs, à force de travaux,