QUATUOR
le pêcheur, dans sa barque* Accours dans ma nacelle, Timide jouvencelle ; Du plaisir qui t'appelle C'est ici le séjour.
Je quitte le rivage ; Lisbcth, sois du voyage, Viens; le ciel sans nuage Nous promet un beau jour. «
guillaimr, à demi-voix.
Il chante son ivresse, Ses plaisirs, sa maîtresse ; De l'ennui qui m'opresse 11 n'est pas tourmenté.
Quel fardeau que la vie !
Pour nous plus de patrie \ 11 chante, etl'Ilelvétie Pleure la liberté.
LE PÊCHEUR
Des fleurs ceignent sa lête ; Leur puissance secrète, Conjurant la tempête, Nous répond du retour.
Et toi, lac solitaire, Témoin d'un doux mystère, Ne dis pas à la terre Les secrets de l'amour.
HEDW1G ET JEMMY.
Son imprudent courage,
Se jouant de l'orage,
A côté du naufrage
Ne pense qu'au retour.
Vers l'écueil qu'on redoute
S'il dirigeait sa route,
Des chants de mort, sans doute.
Suivraient ses chants d'amour, Guillaume, seul sur Vavant-scène, tandis qu'on reprend les travaux.
Où trouver le repos que Gésier nous dénie?
Envain les empereurs, les rois,
Respectés dans la Germanie, Par leurs sermens ont consacré nos droits ; Un gouverneur plus puissant que les lois
Nous impose sa tyrannie ;
Et seul j'en connais tout le poids !
Ici l'on entend le ranz-des-\aches.
LE CHOEUR
• On entend des montagnes Le signal du repos ; La fête des campagnes Abrège nos travaux.
Cette fête champêtre, Qu'ignore Pœil du maître,
Nous fera reconnaître, Le doux pays natal.