‹ Guillery comedie en trois actes, en proseChapitre 13 sur 55 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

GOILLERY.

Réponds, Monocorde, m’as-tu dit qu'il était plus grand que toi de toute la tête?...

• MONOCORDE

Cela n’est pas un poisson, c’est un veau marin.

TROPH ÊME, à Goillery.

Est-ce bon, le veau marin?...

GOILLERY.

Peuh! cela a comme un goût de faisan... Mais vous dînerez aussi bien chez vous. Ma cousine m’a conté le menu, et l’ca4 m’en venait à la bouche.

TRUPHÈME.

Ah ! qu’est-ce qu’il y a?

GOILLERY.

D’abord, la bonne grosse panade avec un œuf dedans. Ensuite le bon oison de deux ans cuit à la casserole; puis, l’ample purée de fèves de marais au beurre de Bretagne, et pour arroser tout cela, le bon pot de jolie petite bière des Batignolles. (a Monocorde.) Voilà un dîner!...

MONOCORDE

Tiens! j’aime mieux l’autre.

Mais si tu étais marié, et que ta femme te défendît de diner en ville ?

TROPHÊME.

Ma femme ne me défend rien ; je lui ai défendu de me défendre.

GOILLERY.

Je le sais bien, (a Monocorde.) Si l’on t'interdisait l’approche du Pré-Gaillard à la distance d’une lieue !

TROPHÊME.

On n’a pas besoin de m’interdire le Pré-Gaillard, et je...

G OILLKRY.

Je le sais bien, (a Monocorde.) Si enlin tu craignais d’être battu par?... ’

TROPHÊME.

Ma femme ne me bat pas, entends-tu?

Je le sais bien J Monocorde, est-ce que j’ai dit que ma cousine battait mon cousin ?

■Non, dà !

MONOCORDE

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