‹ Guillery comedie en trois actes, en proseChapitre 25 sur 55 · GUILLERY, ISABEAU, GUILLEMETTE, MONOCORDE · texte numérisé non relu

GUILLERY, ISABEAU, GUILLEMETTE, MONOCORDE

ISABEAU , vivement, à Guillery et à Monocorde.

Regardez , cherchez , apportez-les moi , si vous les trouvez. (a c uiii omette.) Nous , nous allons battre ces buissons et ces bosquets. (Guillery et Monocorde entrent dans le bosquet de droite.)

MONOCORDE

As-tu VU?

Quoi?

MONOCORDE

Guillemette.

Eh bien ?

MONOCORDE

Je lui ai serré le bras de toute ma force , et elle n’a pas crié.

Scélérat ! Et l’autre ?

MONOCORDE

Tu n’as pas entendu ?

Non.

MONOCORDE

Elle m’a dit que tu aimais toutes les femmes ; j’ai répondu que tu n’en aimais jamais qu’une à la fois. Alors ù propos de rien, elle m’a embrassé.

GU1LLER Y.

Peste ! tu as fait un joli chemin !

ISABEAU

Ah! traître!

GUILLEMETTE, pleurnichant.

Débauché ! tromper une femme comme moi !

GUI LL ER Y, à Monocorde.

Attends ! nous sommes bien ici pour écouter; elles disent du bien de toi.

MONOCORDE

Non; elles disent du mal de leurs maris.

Cela revient au même.

ISABEAU

Drapier de peu !

GUILLEMETTE

Procureur de rien ! n’est-ce pas assez de me rouer de coups ? Je suis la femme la plus battue de tout Paris ? C’est vous qui êtes bien mariée !

Je le suis si peu ! Savez-vous qu'il a le double de mon âge?

GUILLEMETTE

Vrai ?

ISABEAU

Lorsqu’il m’a épousée, j’avais vingt ans, et lui quarante.

GUILLEMETTE

Le double.

ISABEAU

Aujourd’hui il en a soixante et moi trente.

GUILLERY, à part.

Naturellement.

GUILLEMETTE

Eh bien ! on ne lui donnerait pas l’àge qu’il a.

ISABEAU

On n’a que faire de le lui donner, et mieux vaudrait pour noi qu’on pût les lui reprendre. Ah ! ma chère , une femme t pardonnable de bien des choses lorsqu’elle a dans sa maison -me excuse de soixante ans.

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