GUILLERY, ISABEAU, GUILLEMETTE, MONOCORDE
ISABEAU , vivement, à Guillery et à Monocorde.
Regardez , cherchez , apportez-les moi , si vous les trouvez. (a c uiii omette.) Nous , nous allons battre ces buissons et ces bosquets. (Guillery et Monocorde entrent dans le bosquet de droite.)
MONOCORDE
As-tu VU?
Quoi?
MONOCORDE
Guillemette.
Eh bien ?
MONOCORDE
Je lui ai serré le bras de toute ma force , et elle n’a pas crié.
Scélérat ! Et l’autre ?
MONOCORDE
Tu n’as pas entendu ?
Non.
MONOCORDE
Elle m’a dit que tu aimais toutes les femmes ; j’ai répondu que tu n’en aimais jamais qu’une à la fois. Alors ù propos de rien, elle m’a embrassé.
GU1LLER Y.
Peste ! tu as fait un joli chemin !
ISABEAU
Ah! traître!
GUILLEMETTE, pleurnichant.
Débauché ! tromper une femme comme moi !
GUI LL ER Y, à Monocorde.
Attends ! nous sommes bien ici pour écouter; elles disent du bien de toi.
MONOCORDE
Non; elles disent du mal de leurs maris.
Cela revient au même.
ISABEAU
Drapier de peu !
GUILLEMETTE
Procureur de rien ! n’est-ce pas assez de me rouer de coups ? Je suis la femme la plus battue de tout Paris ? C’est vous qui êtes bien mariée !
Je le suis si peu ! Savez-vous qu'il a le double de mon âge?
GUILLEMETTE
Vrai ?
ISABEAU
Lorsqu’il m’a épousée, j’avais vingt ans, et lui quarante.
GUILLEMETTE
Le double.
ISABEAU
Aujourd’hui il en a soixante et moi trente.
GUILLERY, à part.
Naturellement.
GUILLEMETTE
Eh bien ! on ne lui donnerait pas l’àge qu’il a.
ISABEAU
On n’a que faire de le lui donner, et mieux vaudrait pour noi qu’on pût les lui reprendre. Ah ! ma chère , une femme t pardonnable de bien des choses lorsqu’elle a dans sa maison -me excuse de soixante ans.