ACTE II, SCÈNE IX
brid’oie.
Où est-elle?
TRUPHÊME, prenant la bouteille.
Bois un coup! Il n’y a que cela au monde. Vois-tu, mon pauvre procureur, le solide, c’est le liquide.
GUILLEMETTE, à Gujllery.
Avouez que j’ai l’esprit bien fait.
GUILLERY, galamment.
Comme tout le reste , Madame.
urid’oie.
On va me montrer au doigt.
TRUPHÊME.
Est-il naïf! Est-ce qu’on me montre au doigt? Le monde n’est pas méchant. Du reste, sois tranquille, si quelqu’un te montre au doigt, je te le dirai.
BRïd’ûIE, pleurant.
Avais-je rien fait pour mériter cela?
TRUPHÊME, même jeu.
Oui, tu bats trop ta femme.
BRID’oiE, même jeu.
Puisque c’est par principe ! J’ai lu dans un livre que les Romains, hommes sages, plaçaient toujours dans la corbeille un bon bâton de bois de cormier.
tfRUPHÊME, même jeu.
Et tu crois qu’on ne les trompait pas, les .Romains? Mais qu’est-ce que cela te fait? Tu aimes donc bien ta femme?
rrid’oie.
Moi! Je la déteste, je la méprise, je l’ai en horreur, je la considère comme un animal inférieur, cher à habiller, cher à nourrir, fatigant à promener, difficile à amuser et impossible à gouverner ! Mais on a son amour propre !
CUILLER Y, à Guillemette.
Vous entendez!
GUILLEMETTE
Oh! il me le paiera tôt ou tard.
Belle Guillemette, savez-vous en quoi la justice française diffère de la turque? Chez nous, lorsqu’un homme a tué, on
4$ G.U1LLERY.
attend six mois pour le . pendre ; en Turquie , on lui tord le cou séance tenante. .Soyez turque, ô Guillemette !
I S A B K A U , à part.
Guillemette et Guillery ensemble! c’est la faute de ce Monocorde qui m’a entraînée ici. Monocorde, vous dormez ?
MONOCORDE
Oh ! que non pas, Madame !
Et songez-vous où est Guillemette ?
MONOCORDE, niaisement.
Oui, Madame, elle est là-bas.
ISABEAU
Et Guillery?
MONOCORDE
11 est là-bas également.
ISABEAU
Et vous souffrez?...
MONOCORDE
Non, Madame, je suis heureux.
ISABEAU
Mon ami, vous êtes une oie; où avez-vous la tète?
MONOCORDE, s’avançant pour l’embrasser.
Ici, Madame. (Elle lui donne un soufllet; au mime instant Guillery embrasse Guillemette.)
BR1D OIE, en sursaut.
Avez-vous entendu?
TRUPHÈME.
Oui.
brid’oie.
Un baiser.
Un soufflet.
brid’oie.
Un baiser ici.
TRUPHÈME.
Non, un soufflet là.
brid’oie.
Les oreilles vous cornent.
TRUPHÈME.
Les cornes VOUS oreillent. (ils se lèvent tous deux et s’avancent vers