‹ Guillery comedie en trois actes, en proseChapitre 51 sur 55 · ACTE 111, SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE Vil

MONOCORDE

Pour faire comme toi. Je veux être digne de baiser la main des belles femmes.

L’idée est lumineuse ! il s’agit bien de toi !

MONOCORDE

Pourquoi pas? tu sais bien ce que tu m’as promis. Je ne suis pas ton nègre pour te sei’vir gratis, et, puisque j’ai commencé, je te suivrai jusqu’au bout !

Mais!...

MONOCORDE

J’apprends la grande guerre à ton école.

Quand je te dis...

MONOCORDE

Je te dis que nous sommes associés et que tu escaladeras avec moi ou point. .

Oh! oh! tu as marché sur l’herbe d’éloquence! Eh bien! c’est toi qui l’as voulu! nous monterons ensemble à l’assaut. Appuie-toi solidement contre ce mur. (il le place sous le balcon d’isabeau.) Tu ne plieras pas.

MONOCORDE

Comment vas-tu faire?

Je grimpe sur tes épaules; j’allonge une jambe par dessus la balustrade, puis l’autre; j’arrive sur le balcon, je casse un carreau, je saisis l’espagnolette, j’ouvre la fenêtre et je réponds du reste.

MONOCORDE

Bien ! Et moi ?

Toi, tu en fais autant de ton côté : tu montes sur mes épaules, tu enjambes la balustrade, tu...

MONOCORDE

J'y suis.

Nous n’avons pas de temps à perdre ; les maris ne dormi-

vont pas éternellement.... mets-toi là. (Monocorde s’appuie au mur; mais au moment où C.uillery va monter sur ses épaules, il se retourne brusquement vers lui.)

MONOCORDE

Une observation!

Plus tard!

MONOCORDE

Laisse-moi te dire. Quand tu seras entré ici, qui est-ce qui me fera la courte échelle pour monter là ?

Sois tranquille !

MONOCORDE

Mais encore...

Commençons toujours.

MONOCORDE, le repoussant jusqu’au milieu du théâtre.

Pas si bête! j’ai prêté mon dos assez souvent, et cette fois...

GUILLERY, à part.

J’entends des pas. Qui est-ce qui peut bien se promener par les rues à pareille heure?

. Cherche, cherche !

GUILLERY, à part.

11 y a du mari là-dedans !

MONOCORDE

On s'imagine, parce que j’ai l’air un peu naïf...

GUILLERY, à part.

C’est eux!

MONOCORDE

Mais on ne m’attrape pas tous les jours, moi.

Tu as raison, Monocorde, je te dois bien cela. ( n s’appuie au mur de Brid’oie.) Monte!

MONOCORDE

Vrai?

Monte!

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