CHAPITRE VI
Le dernier Siège.
Jehan de Brosse obtint enfin de la justice de François Ier, roi de France, la restauration du comté de Penthièvre dans toute son ancienne splendeur. Vous avez lu, dans une autre partie de ce volume, Pacte si important par lequel ce seigneur confirma , le 21 septembre i555, les franchises de Guingamp.
A Jehan de Brosse succéda Sébastien de Luxembourg , son neveu . Ce fut en faveur de ce grand homme que le comté de Penthièvre fut érigé en duché-pairie.
Après Luxembourg, Philippe-Emmanuel de Lor* raine devint duc de Penthièvre , en épousant Marie, fille unique de Sébastien. (1).
(1) Il y a aux archives une délibération des bourgeois pour pré-
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J'ai nommé Mercœur : c'est assez annoncer que j'ai maintenant à raconter quelques épisodes des guerres de la Ligue.
La Ligue , en Bretagne , avait un caractère à la fois religieux et national ; le duc de Penthièvre en était le chef : c'était un triple motif pour que les Guingampais fussent ligueurs.
Après la camisade de Chàteaugiron, dans laquelle le comte de Soissons se laissa prendre comme un novice , Henri III envoya pour combattre Mercœur un généralissime imberbe , le prince de Dombes.
L'arrivée des auxiliaires anglais , qui étaient débarqués à Paimpol , sous la conduite du général Norris, mit l'armée royaliste à même d'entreprendre une campagne sérieuse contre les ligueurs de la Basse-Bretagne. C'était au mois de mai de l'année 1591 . Le prince de Dombes rallia toutes ses troupes à Saint -Brieuc , et vint tout droit assiéger Guingamp.
Mercœur avait eu soin de laisser dans la place
parer la première entrée du duc de Mercœur dans leur ville. — Les bourgeois et autres de la juridiction de Guingamp offrirent au duc deux cents escus pour partie des frais par le dit seigneur supportés pour l'érection du duché en pairie. — Le même compte (1688-89) nous apprend qu'on présenta une collation « à un gentilhomme de la maison de Monseigneur venu exprès pour donner advertissement et assurer les habilans Madame être enceinte , et que tant pour la collation que pour le feu de joie fait pour ladite cause , il fut dépense un écu. » (Arclriv(s Municipales.)
une forte garnison , et en avait confié le commandement à Kergorlin. L7attaque , vigoureusement menée , fut vaillamment soutenue ; « le baron de Molac, qui commandoit l'infanterie, raconte le royaliste Montmorin dans ses mémoires , fît fort bien et courageusement à l'assaut de Guingamp , comme aussi le sieur de Courbouyon et autres mestres de camp qui y estoient. » Les assaillants furent repoussés avec perte ; et comme Mercosur, averti des dangers qui menaçaient sa bonne ville , accourait à son secours avec des forces supérieures , le prince de Dombes allait essuyer un échec complet , si les portes de Guingamp n'eussent été ouvertes à l'ennemi par un traître.
Ce traître se nommait La Cointerie ; il était fils d'un pâtissier d'Angers , et avait été élevé dans les cuisines du duc de Mercœur. Plus tard, il avait pris le métier des armes ; et comme , en ces temps de troubles , on arrivait vite , il avait été promu au grade de capitaine et pourvu d'une compagnie. Mercœur l'avait envoyé , quelque temps auparavant , pour renforcer la garnison de Guingamp ; mais les gentilshommes bas-bretons ne purent supporter la morgue de cet aventurier , qui tranchait du prince et voulait se mettre au-dessus du gouverneur lui-même. Les cinq frères d'Aradon , qui étaient les chefs de la Ligue dans l'évêché de Vannes , et dans presque toute la Basse-Bretagne , demandèrent avec tant de force le rappel de l'arro-
gant personnage , que le duc n'osa les refuser , et V Angevin dut quitter Guingamp.
Mais , à quelques jours de là , lorsque déjà l'ennemi investissait la place et qu'il n'y avait plus de temps à perdre , Mercœur ne put envoyer au secours de la garnison que La Cointerie et son régiment. Le capitaine, qui avait son injure à venger, accepta cette mission avec joie. Il était d'avance vendu au prince de Dombes. A peine arrivé dans la ville , il se mit à décourager les bourgeois, et les engagea à capituler, plutôt que de tenter une résistance impossible. Les Guingampais , franchement attachés au duc de Penthièvre, méprisèrent d'abord ces perfides conseils , et persistèrent dans leur héroïque défense. Le traître ne se rebuta pas. Il fît prévenir sous main le général royaliste , qui ? un beau jour , disposa ses troupes de manière à ce que , vues d'un certain point , elles semblassent de la moitié plus nombreuses. La Cointerie alors invita quelques officiers à sortir de la ville avec lui , et, tout d'un coup, leur découvrit l'armée ennemie. Les officiers furent effrayés de ce déploiement de forces , qu'ils ne soupçonnaient pas au prince de Dombes. En rentrant dans la ville, ils firent si bien valoir l'inutilité de la résistance, et le danger d'être pris d'assaut , de voir la ville pillée et livrée aux flammes , les habitants égorgés et passés au fil de l'épée par un vainqueur irrité , qu'ils communiquèrent leur épouvante aux plus braves , et déterrai-
lièrent les plus résolus à se rendre vie et bagues sauves. (1).
D. Morice a recueilli Pacte de capitulation : « Articles de la capitulation que monseigneur le prince de Dombes entend accorder aux assiégez de Guingamp. Premièrement , mondit seigneur le prince entend quel gouverneur et autres capitaines qui sont en la dite ville de Guingamp , remettront demain , troisième de ce mois , la ville de Guingamp entre ses mains dans demain midi. Mondit seigneur le prince permet aux dits gouverneur , capitaines , lieutenans et enseignes , tant de gens de pied que de cheval , de sortir , à sçavoir les chefs jusqu'au nombre de quatre ou cinq, avec trois cheveaux et leurs armes ? et les autres avec deux cheveaux et leurs armes ; les archers à cheval avec un bidet , Tarquebuze et Tespée , et ceux à pied avec Parquebuze et Pespée seulement. Que tous les drapeaux , cornettes et tambours qui sont en la ville , seront remis entre les mains de mondit seigneur le prince ; ensemble tout ce qu'il y a de canons et autres munitions de guerre. Que tous les Anglois et Irlandois, si aucuns y en a, seront mis entre les mains de mon-
(1) On doit lire l'histoire de ce siège dans le chanoine Moreau, qui la tenait de la propre bouche de La Cointerie, « ainsi que lui-même m'en a fait le récit tout au long , Tan i5g4, en cette ville de Quimper , où il étoit en garnison lors pour le roi , après la reddition de la ville au mareschal d'Aumont. » {Histoire de la Ligue en Bretagne, Gh. XIII, p. i22.Saint-JBricuc, L. Prud'homme , 1857, 2« édition.)
dit seigneur le prince. Que tous les Espagnols demeureront prisonniers. Que tous les gentilshommes qui n'ont charge de gens de guerre et se sont réfugiez audit Guingamp, payeront la somme de quinze mille écus , et par ce moyen demeureront en libre jouissance de leurs meubles et che veaux. Que tous les habitans , ensemble les réfugiez , payeront la somme de vingt-cinq mille escus , et par ce moyen seront garentis de tout pillage , ravage et rançon , et mis en la protection du roy , ayant satisfait aux ordonnances du roy, pour jouir pleinement et tranquillement de tous leurs biens meubles et immeubles. Les prisonniers serviteurs du roy, détenus , seront mis en liberté entre les mains de mondit seigneur. Et pour effectuer la reddition de la place à demain , bailleront dès à présent ostages ; sçavoir : deux gentilshommes pour la noblesse , deux pour les habitants . Accordé par nous soubsignez , députez de la noblesse et habitans de la ville de Guingamp, suivant la procuration à nous passée ce jourd'hui , soubs les seings des principaux de la noblesse et habitans , par devant larcin et Folyart , notaires audit Guingamp, le 2 juin i5ç;i. »
Lorsque les assiégeants entrèrent dans la ville , en vertu de cette capitulation , les habitants de Guingamp s'aperçurent qu'ils avaient été dupes de la plus noire fourberie ; mais il n'était plus temps. On apprit , à la même heure , que le duc de Mercœur et son armée étaient déjà à Corlay. Un jour de plus , et la place était sauvée.
Si le prince de Bombes avait traité pour bien des choses , il n'avait pas été question entre les Guingampais et lui des chaudrons et des marmites de la ville : les canonniers de l'armée prétendirent que tout ce qui était cuivre et airain leur appartenait , et il fallut que les pauvres bourgeois rachetassent leur batterie de cuisine , moyennant une petite capitulation supplémentaire. Ce piquant détail nous est révélé par la pièce suivante , que j'ai trouvée parmi les papiers de rebut de la Fabrique : « Françzois d'Estas , deschargeur de l'artillerye en Farmée de Bretaigne, conduicte par monseigneur le prince de Dombes ; Estienne Labory , fourrier de la dite artillerye ; Gabriel Autreux, Martial Duclos, Pieres Bidavon , canonniers en la dite artillerye , tant en leurs noms que faisant pour touts les autres officiers de la dite artillerye , tant Françzois que Angloys , ont receus présentement de Jan Gouriou , gouverneur de l'église Notre-Dame de Guingamp, tant en l'acquit de la dite église que aultres étantes en la dicte ville que pareillement des habit tans d'icelle , la somme de deux cents escus d'or sol : pour les droietz appartenants aux dits officiers sur les cloches , chandelliers , landiers , poilles , chaudrons , mortiers , devant de feu estants en la dicte ville , a raison de la prinse de guerre faicte par mondit seigneur le prince de la dicte ville de Guingamp -y de laquelle somme ils quittent le dit Gouriou es noms et le promettent acquitter par tous les aultres offi-
ciers sur tout le leur et leurs serments ; faict , gréé, juré par la cour de Guingamp, etc., le septième jour de juing mil cinq cents quatre-vingt-onze, environ midy. (1). »
La Cointerie avait vendu Guingamp pour une somme de trente mille écus , dont deux mille lui furent payés comptant, et le surplus lui fut garanti par la signature même du prince de Dombes. Le traître se réfugia sous les drapeaux de Tannée royaliste, où il entra comme simple cbevau-léger. Il fut condamné par le Parlement de Nantes à être tenaillé , puis pendu sur la place du Bouffai. Cet arrêt reçut son exécution quelques années plus tard , La Cointerie ayant eu la sottise de tomber entre les mains des ligueurs.
Le prince de Dombes confia le commandement de Guingamp à Kergommar (2) , un des meilleurs capitaines de son armée, qui s'était déjà distingué, avec La Tremblay e , à Kerouzéré et à Bréhat. Kergommar trouva peu après occasion de se signaler encore avec Sourdéac et Du Liscouèt (3), seigneur
(1) Archives de l'église Notre-Dame.
(2) Claude de Kerguezay.
(5) Yves Du Liscouet. Il faut lire , dans le chanoine Moreau , les aventures de ce terrible partisan . qui , comme La Noue , s'était fait une main de fer pour remplacer celle qu'un prêtre lui avait coupée lors de l'attaque de Carhaix par les paysans. Le voisinage de Du Liscouet fut peut-être une des causes qui firent malheureusement du pays de Bourbriac le séjour habituel des gens de guerre. Albert-Le~
du Bois de La Roche , en forçant Saint-Laurent à lever le siège de la tour de Cesson.
Le maréchal d'Aumont , qui avait remplacé le prince de Dombes , vint à Guingamp dans les premières journées d'août de Tannée i5o,4. Son arrivée donna lieu à deux expéditions qui valurent au maréchal et à Kergommar les bénédictions de tout le pays , délivré de deux de ces brigands qui firent la guerre pour leur propre compte au milieu de ces temps déplorables , et dont La Fontenelle est resté le type infernal et détesté. J'emprunte aux mémoires de Montmartin le récit contemporain de ce double épisode : « Un nommé le sieur de La Croix , mestre de camp, fort brave et courageux , et qui a toujours bien servy le roy, s'estoit voulu loger en un lieu nommé Poul-manac, au grand mécontement du dit sieur mareschal et de tout le païs ; et n'ayant voulu sortir de la dite place et résolu d'y attendre le siège, mondit sieur d'Aumont s'y achemina et l'assiéga. Quelques-uns de ceux du dit sieur de La Croix estaient allez à la picorée , lesquels furent pris par le sieur du Qermorvan, frère du sieur de Guergomart, et estoient en nombre de vingt-huit. Lesquels ame-
Grand en raconte un touchant épisode , à la fin de la vie de saint Briac , et je vois , par un procès-verbal du 29 juillet 1604 , que les soldats avaient converti l'église de Bourbriac en corps-de-garde. Ce document constate, en effet, que les écussons d'armoiries, peints en divers lieux de ladite église , « avoient estes gastés et noircys par la fumée et feu y fajct par les gens de guère. » (Arch. de La Rivière.)
nez au dit sieur mareschal , faisant sommer le dit sieur de La Croix de se rendre , et n'en tenant compte , les fît tous pendre la nuict sur la contreescarpe. Ce qui estonna le lendemain le dit La Croix , de sorte que, peu de jours après, il se rendit bagues sauves, et le dit sieur mareschal le renvoya trouver le roy avec son régiment, où il servit dignement sa majesté, et fut tué à la reprise de Ham. (1) »
(1) J'ai un chapitre inédit à ajouter à l'histoire de ce capitaine La Croix ; je cite sans commentaires :« A Monseigneur, Monseigneur d'Aumont , comte de Chateauroux , mareschal de France , gouverneur pour le Roy en Dauphiné et lieutenant-général pour sa Majesté en ses pays et armée de Bretaigne : supplie humblement Paul Le Hec'hveder , pauvre marinier demeurant à Peuros Guirec. Comme le capitaine La Croix, bâtissant le fort de Poulmanach , auroit prins pour le service du Roy (comme il disoit) une barque neuffve du port de vingt tonnaulx, appartenant au suppliant , l'assurant que peu de jours apprès il le feroit paier du prix d'icelle, ainsy qu'elle seroit estimée par gents cognoissants ; laquelle barque auroit esté depuis à la prinse du dit fort de Poulmanach , amenée par le capitaine Kerhallec, commandant en l'isle de Bréhat , quy depuis s'en est servy et encore aujourdhuy la tient, reffusant de la rendre ou de paier le juste prix d'icelle au suppliant, quy a vandu tout ce qu'il avoit d'herittages pour construire la dite barque , sur l'espoir de s'en rambourser et de l'augmenter , voyageant cza et là pour le service des marchants ; de quoy il sera frustré et sa ruine totalle assurée , sy la dite barque injustement détenue ne lui est rendue. Ce que considéré , vous plaise , Monseigneur, faire commandement au capitaine de Kerhallec de randre au pauvre suppliant sa dite barque ou le juste prix et valeur d'icelle, avec le fret et louage pour le temps qu'il s'en est servy, et ferez justice. A la requeste du dit suppliant, signé : Bernard. » Et en marge est écrit : o II est ordonné que le dit capitaine Kerhallec rendra au dit suppliant la dile barque ou le juste prix et valeur d'icelle. Faict à Morlaix, ce i3e avril l'an i5q5, signé : d'Aumont. » {Archives de La Rivière.)
— a En ce lemps , cinq soldats de la garnison de Guingamp furent pris par un nommé La Plante , qui s'estoit fortifié dans un moulin près de Carhais, et avoit trente hommes qui faisoient mil maux au pauvre peuple sous l'autorité de Fontenelles. Le dit La Plante renvoya les dits soldats qui recognurent fort bien la place et le moyen de la prendre. Us en donnent advis au dit sieur de Guergomart, toujours prest à bien servir le roy, lequel tout à l'heure fait marcher cinquante harquebusiers à cheval , fait donner à leur barricade ; furent surpris et emportez , le dit La Plante fut tué et grande partie des siens et autres noyez. »
Kergommar et la garnison de Guingamp accompagnèrent ensuite le maréchal au siège de Morlaix. Montmartin assiégeait le terrible La Fontenelle dans le château de Corlay. Le bandit, qui comptait sur des secours espagnols , ne se pressait pas de se rendre ; enfin , à la dernière sommation, il répondit qu'il capitulerait si on lui montrait du canon. Montmartin n'en avait point ; mais il répartit effrontément que son artillerie arrivait le jour même , et qu'elle ne devait pas être à cinq cents pas de Corlay. Fontenelle délégua un bas-breton, son lieutenant , pour véAfîer le fait. Avant de se mettre en route, on fit boire notre homme , et, au- lieu de le mener à cinq cents pas, on le mena, sans qu'il s'en doutât , jusqu'à Guingamp. Le long du chemin , on rencontra quelques charrettes ; le bas-breton les
prit
prit de loin pour des affûts. A Guingamp, « le sieur de Guergomart , gouverneur de la place et fidel serviteur de sa majesté, le fît tant boire, que, pour un canon qu'il luy montra, il en fit veoir dix, et le dit sieur de Montmartin Payant ramené à Corlais, il dit au dit Fontenelles avoir veu quantité d'artillerie , lequel sortit le lendemain avec trois cens hommes bien armez. »
Tandis que les arquebusades se succédaient sans interruption sous les murs de chaque bicoque, prise et reprise par les ligueurs et les royaux , on se battait aussi à coups de procès. Anet Hervé , bourgeois de Guingamp, avait fait condamner, par arrêt du Parlement royaliste de Rennes , en date du 20 février 1592, monsieur de La Rivière-Coatrieux , à l'indemniser, lui Anet Hervé , d'une somme de quarante mille écus, qu'il prétendait avoir perdus lors de la prise de Tréguier (1), à laquelle avait pris part monsieur de La Rivière , qui tenait le parti du duc de Mercœur. (2). Le 11 octobre i5q6, le Parlement
(1) On voit par une pièce du 17 juillet t5o5 , aux archives des Côtes-du-Nord, que, pendant les troubles de la Ligue, la juridiction des regaires et celle de la prévôté de Tréguier siégèrent à Guingamp.
(2) D'autres membres de la maison de La Rivièr#, et notamment la branche du Plessix-Hérupel , suivirent , au contraire , le parti du roi. Si les limites que je me suis imposées n'étaient déjà de beaucoup dépassées , j'aurais pu allonger ce chapitre de curieux épisodes inédits qui ge rattachent indirectement à l'histoire de Guingamp pendant la Ligue , et qui ont été déterrés récemment, par MM. Gaultier du Mottay et de Barthélémy , dans les archives des Côtes-du-Nord
ligueur de Nantes fulmina un arrêt par lequel il « casse l'arrest du prétendu Parlement de Rennes , attendu que tout ce que faist a esté , le fut pour le bien et advancement du sainct parti de l'union des catholiques, à raison que la dite ville de Lantriguer estoit pour lors du parti contraire à la saincte union des catholiques , et , comme telle , commandée par le feu sieur de Chasteauneuf. » C'est bien le cas de songer à l'apologue de Y huître et des plaideurs.
Enfin, la belle duchesse de Penthièvre et la charmante Gabrielle conclurent , au nom de Mercœur et de Henri IV, le traité d'Angers. La Bretagne s'habitua peu à peu à se voir province française. Les cités bas -bretonnes se préparèrent à devenir les chefs-lieux insignifiants des préfectures et des souspréfectures actuelles, dans le calme du servage administratif où les réduisirent le xvne et le xvine siècles. Une fois , cependant , le vieux sang armoricain se réveilla : le duc de Chaulnes dressa ses potences , et ses bourreaux étranglèrent le dernier cri d'indépendance.
et par moi-même , dans les archives de la maison de La Rivière.— (V. les Mémoires de la Société archéologique et Y Annuaire des Cotesdu-Nord.)