‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 119 sur 203 · I.AFRANCE · texte numérisé non relu

I.AFRANCE

Et en même temps elle paraissait désolée de ne pouvoir pas nous traiter aussi bien que nous le méritons. , '

VALBELLE

C^est charmant!... Et le SQupér , aa-tu jeté un coup - d'œil ?

LArBANCE.

Oui. Du lait , du beurre , des œufs , du bon pain bis... Et tout cela offert avec une affection, un zèle ! . . .

VALBELLE

Qui sont faits pOiir toucher.

LAFRANCE.

Pour attendrir... J'ai dit qu'on nous fît une omelette de vingt-quatre QQufs:^ iparce> que le cocher, Lafleur... Il faut songer à tout le monde.

y ALBELUS;

Nous serons très bien ici. , . . *

LAt*RAN€£.

A ravir! Et surtout quand on pense à tous ces dangers qui nous menaçaient, à ces .f^yins^ ces

OPÉRA-COMIQUE. 3q3

torrens, cesprécipices^,. Monsieur « coïnme nous allons passer uhfe ' soirée agk^eal^ie et une bonne nuit.

VAlBELLï:.

J'y compte.

DUO

iSouper fîmgal , appétissant , Lit assez bon , sommeil tranquille , A notre cœur reconnaissant ^ Voilà ce qu'offre tel asMe. ^

. .. ^ç V^ux aller goûler le xiPî. . . '-W •

Je yeux causer avec l'hôtessq: ., ; ,

* ■ '. ■ ' \ ' * ' * ..." • ■ / Ile*'

Je veux partir demain matin ,

El; je ne veux jpoinl de paresse.

LAFRATSCE.

Ne craignez rien de ma paresse j »

Bien reposés , demain matin , .

Regrettant notre bonne hôtesse , Au jour nous serons eti ebemin. '

Comptez, Monsiètil*, iur ma promesse;

•'• -EÎîSElUfifLE/ ■ • ■-• . •• •''

Félicitons-notis tous deux iEhi; éort 4|ue le ciel nous Jettiné. ' C'e^V^apa 4ou]^e «n^ ipalp divine , ., . r , Qui nous a conduits en ces lieux.

VALBEUiE.

Il faut , Lafrancc, à l'instant même , Souper , se coucher et dormir,

LAFRATSfCE.

Souper! le beau mot! que je Taime!

Se coucher me chariQe de même ;

3o4 / DEUX MOTS,

Dormir me fait un grand plaisir...

Surtout quand on pense à ht ploie.*»

VALBELT^.

A ce bois si long et si noir !

lAFRANCE.

D'honneur, je croyais que ce soir Etait le dernier de ma vie.

ENSEMBLE. Félicitons-nous, etc.

LAFBÀNCE.

Ah! mon dieuî j'ai oablié la cassette... Diable! elle en vaut la peine... Mais Lafleur et le cocher ' sont avec la voiture. Et puis, chez de si honnêtes gens, il n'y a rien à craindre : on pourrait tout laisser sans risque... A propos. Monsieur, avez-vous aperçu la petite servante ?

YAIJiELLE.

Pas du tout.

LAFRANCE.

Vous n'êtes donc pas entré dans la. cuisine?

VALBËLUC.

Non... Elle est jolie celte fille?

LAFB ANGE.

Un vrai bijou ! mademoiselle Koée , fraîche comme son nom, des yeux , une taille « des bras!... Oui, tout cela.

VIRELAY.

Figure aimable, Sourire affable , Frappent d'abord ; Air de sagesse , Grâces, finesse

OPÉRA-COMIQUE. 3o5

Charment encor.

Reine ou bergère , Elle doit plaire , C'est là son sort.

Forme ëlëgante ^ Et qui vous tente , Quoiqu'on en ait :

' Maintien austère , Regard séTèce , Rendent muet ; Le téméraire , Sûr de déplaire , Tremble et se tait.

Si la nature , D'une âme pure I^i fit présent , Il faut qu'on l'aime, A l'instant même , JPen fais serment Car son visage ^ Car son corsage , Tout est charmant

VALB£IXEU

Tu fais là un portrait i . .

LAFRANGE.

: Je ne dis rien de trop... Et des talens! une guitare suspendue dans la cuisine, et vous sentez })ien que ce n^est pas notre bonne hôtesse qui s^a-

muse ?. .. (Il fait 1« signe de pincer de la guitare. )

VA.LBELLE.

Comment ! les arls ont pénétre jusque dans ces lieux.

3o6 DEUX MOTS;

LAFRANCE.

Tout, Monsieur, tout! c*est ici le séjour des grâces, de la beauté et d^ rinnQçeqce.

VALBEIiLE.

Tu t'y fixerais volontiers !

LAFRANCE.

Ecoutez donc , nous cherchons depuis si longtemps la tranquillité , le bonheur 9 la vertu... vous avez toujours passé pour un homme à grands sentimens, vous! un peu romanesque même; moi, qui ai l'honneur de vous servir , il est tout naturel que j'aie pris le genre... D'ailleurs, la vie pastorale a tant de charmes... Quand ce ne serait que deux jours!... Je vais chercher notre porte-manteau et la cassette.

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