I.AFRANCE
Et en même temps elle paraissait désolée de ne pouvoir pas nous traiter aussi bien que nous le méritons. , '
VALBELLE
C^est charmant!... Et le SQupér , aa-tu jeté un coup - d'œil ?
LArBANCE.
Oui. Du lait , du beurre , des œufs , du bon pain bis... Et tout cela offert avec une affection, un zèle ! . . .
VALBELLE
Qui sont faits pOiir toucher.
LAFRANCE.
Pour attendrir... J'ai dit qu'on nous fît une omelette de vingt-quatre QQufs:^ iparce> que le cocher, Lafleur... Il faut songer à tout le monde.
y ALBELUS;
Nous serons très bien ici. , . . *
LAt*RAN€£.
A ravir! Et surtout quand on pense à tous ces dangers qui nous menaçaient, à ces .f^yins^ ces
OPÉRA-COMIQUE. 3q3
torrens, cesprécipices^,. Monsieur « coïnme nous allons passer uhfe ' soirée agk^eal^ie et une bonne nuit.
VAlBELLï:.
J'y compte.
DUO
iSouper fîmgal , appétissant , Lit assez bon , sommeil tranquille , A notre cœur reconnaissant ^ Voilà ce qu'offre tel asMe. ^
. .. ^ç V^ux aller goûler le xiPî. . . '-W •
Je yeux causer avec l'hôtessq: ., ; ,
* ■ '. ■ ' \ ' * ' * ..." • ■ / Ile*'
Je veux partir demain matin ,
El; je ne veux jpoinl de paresse.
LAFRATSCE.
Ne craignez rien de ma paresse j »
Bien reposés , demain matin , .
Regrettant notre bonne hôtesse , Au jour nous serons eti ebemin. '
Comptez, Monsiètil*, iur ma promesse;
•'• -EÎîSElUfifLE/ ■ • ■-• . •• •''
Félicitons-notis tous deux iEhi; éort 4|ue le ciel nous Jettiné. ' C'e^V^apa 4ou]^e «n^ ipalp divine , ., . r , Qui nous a conduits en ces lieux.
VALBEUiE.
Il faut , Lafrancc, à l'instant même , Souper , se coucher et dormir,
LAFRATSfCE.
Souper! le beau mot! que je Taime!
Se coucher me chariQe de même ;
3o4 / DEUX MOTS,
Dormir me fait un grand plaisir...
Surtout quand on pense à ht ploie.*»
VALBELT^.
A ce bois si long et si noir !
lAFRANCE.
D'honneur, je croyais que ce soir Etait le dernier de ma vie.
ENSEMBLE. Félicitons-nous, etc.
LAFBÀNCE.
Ah! mon dieuî j'ai oablié la cassette... Diable! elle en vaut la peine... Mais Lafleur et le cocher ' sont avec la voiture. Et puis, chez de si honnêtes gens, il n'y a rien à craindre : on pourrait tout laisser sans risque... A propos. Monsieur, avez-vous aperçu la petite servante ?
YAIJiELLE.
Pas du tout.
LAFRANCE.
Vous n'êtes donc pas entré dans la. cuisine?
VALBËLUC.
Non... Elle est jolie celte fille?
LAFB ANGE.
Un vrai bijou ! mademoiselle Koée , fraîche comme son nom, des yeux , une taille « des bras!... Oui, tout cela.
VIRELAY.
Figure aimable, Sourire affable , Frappent d'abord ; Air de sagesse , Grâces, finesse
OPÉRA-COMIQUE. 3o5
Charment encor.
Reine ou bergère , Elle doit plaire , C'est là son sort.
Forme ëlëgante ^ Et qui vous tente , Quoiqu'on en ait :
' Maintien austère , Regard séTèce , Rendent muet ; Le téméraire , Sûr de déplaire , Tremble et se tait.
Si la nature , D'une âme pure I^i fit présent , Il faut qu'on l'aime, A l'instant même , JPen fais serment Car son visage ^ Car son corsage , Tout est charmant
VALB£IXEU
Tu fais là un portrait i . .
LAFRANGE.
: Je ne dis rien de trop... Et des talens! une guitare suspendue dans la cuisine, et vous sentez })ien que ce n^est pas notre bonne hôtesse qui s^a-
muse ?. .. (Il fait 1« signe de pincer de la guitare. )
VA.LBELLE.
Comment ! les arls ont pénétre jusque dans ces lieux.
3o6 DEUX MOTS;
LAFRANCE.
Tout, Monsieur, tout! c*est ici le séjour des grâces, de la beauté et d^ rinnQçeqce.
VALBEIiLE.
Tu t'y fixerais volontiers !
LAFRANCE.
Ecoutez donc , nous cherchons depuis si longtemps la tranquillité , le bonheur 9 la vertu... vous avez toujours passé pour un homme à grands sentimens, vous! un peu romanesque même; moi, qui ai l'honneur de vous servir , il est tout naturel que j'aie pris le genre... D'ailleurs, la vie pastorale a tant de charmes... Quand ce ne serait que deux jours!... Je vais chercher notre porte-manteau et la cassette.