‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 126 sur 203 · SCÈNE yra · texte numérisé non relu

SCÈNE yra

VALBELLE , L'HOTESSE , ROSE , ponam du boU.

un pot-à-reau , une poignée de paille et une chandelle allumée.

DUO

VALBELLE , à part.

La voilà donc !... Qu'elle est charmaûte.

Sa figure est noble et Récente.

L'hOI'ESSE.

Approche7.-vô(is , Monsieur attend...

Avancez donc... quelle paresse!

VALBELLE , à THÔtease. ,

Ah ! parlez-lui plus doucement.

Il suffit que Rose paraisse Pour désarmer le plus méchant ; Parlez-lui donc plus douceUncnt.

(Hose, par ses regards, témoigne qu'elle est touchée de la ^onne

volonté de Valbelle.)

l'hoi'esse.

Je le yeux bien... Allons , ma chère enfant.

Mais ces scrvarities' . .<

Sont si ientes !

Si Ton ne se fSchait , MV)hsiii^r , {« vous te dis , Jamais les. vôyaMgeors lie sêt^ièhtlHeil servis,

VALBELLE , à Rose. '

Ah t donnez-moi , je viMis en prie , Ce^tQ lumière et ce fago!^

( Rose le regarde et parait émue.) L^HOTESSE. *'

Un vain -je parle , en vaîA je cne...

Allons , finiras-tu bientôt.

' ( Se Vd^-efiant d*une voix douce.) Kosè, (imrez-vmfs hiekrôt.

3oa DEUX MOTS,

( A part.) Us devaient revenir pIotAl.

VALBELLE

Point de colère , je vous prie.

(A part)

Quel air triste et toochant !...

D^où viennent ses alarmes ?

Elle pleure ! Et pourquoi ? pourquoi verser des larmes ! Qu'a-t-elle donc en ce moment?

( Rose tressaille, et baisse les yeux en soupirant ; elle s'approche de la cbeminëe. Valbelle prend une chaise comme pour s* asseoir. Rose le regarde de nouveau , et lui fait signe de se taire , en mettant le doigt sur la bouche. Elle se remet à arranger le feu. L'H6tesse ouTre le buffet. Valbelle regarde toujours Rose avec le plus grand intérêt ; celle-ci se retourne , et , profitant du moment où l 'Hôtesse a ouvert Farmoire, elle met la main sur son cœur, et regarde le del , comme si elle le prenait à témoin ; elle a Tair de faire une promesse à Valhelle, elle répète le signe qui lui prescrit le silence ; et se remet h souffler le feu.'A la fin du morceau, dès que THôtesse quitte Parmoire , Rose se tourne brusquement vers le feu , Valbelle se rasseoit , pour que THôtesse ne s 'aperçoive de rien. )

l'hôtesse.

Les trois couverts , ils étaient là ; Je les ai serrés là y peut-être i ( Ouvraat le buffet.)

Oui j c^est bien là qu^ils doivent être.

Voyons , voyons , ah ! les voilà.

VALBEUtE y pendant que PH6tesse cherche.

Que vois-je P dieux !... Bon , les voilai I^'hOTESSE, à Rose.

Aurez-vous bientôt fini ? Faut-il une heure pour allumer un fagot ?

VALBELLE

C'est que le bois est vert et mouille.

OPÉRA-COMIQUE. Sai

l'hôtesse.

Vous avez raison. La vivacité m'emporte toujours. Mais c'est qu'on croirait qu'elle l'a choisi exprès pour perdre ici son temps, car nous en avons

de plus sec. ( Rose souffle le feu ; on frappe avec force à la porte

de la maîfton. ) ( A part.) Ah ! ah ! ce sont eux , je les entends. (Elle crie par la fenêtre qu'elle ouvre et referme. ) :

Passez par la petite porte , je Tai laissée ouverte.

( Rose frissonne , le soufflet tombe de sta mains. Valbelle est inquiet.)

YALBELLE.

Qu'est-ce ceci?

l'hotesse.

Rien ; c'est mon mari qui rentre... Je ne l'attendais pas aujourd'hui.

YALBELLE.

Il revient seul ?

LHOTESSE.

Oh! je ne sais pas trop... Ils pourraient bien être plusieurs... Ce sont ses garçons.

YALBELLE.

Plusieurs î

(Rose 8*appuie sur son soufflet, comme prêté à se trouTer mal* L^Hôtesse lui donne un coup sur le bras. )

l'hotesse, à Rose.

Eh bien ! donnez- vous ? ( Elle va à la porte faire signe

am voleurs de ne pas entrer.)

('Rose y que Yalbelle regarde toujours avec inquiétude , veut designer que les voleurs sont au nombre de quatre ; pour cela elle prend une branche mince de fagot, et la casse en quatre fois, ce qui fait un léger bruit qui s'entend bien de Valbelle > et ne peut donner de soupçons à THAtesse. )

3aa DEUX MOTS,

YALBELLE , comptant bas, et des lëyres seulement, dît haut ef

à part , le dernier.

Quatre! (à l'Hôtesse.) Comment , vous ne savez pas

précisément le nombre des gens qui sont chez

vous ?

l'hôtesse.

C'est que... C'est qu'il y a un homme de journée qu'on n'amène que lorsqu^il y a quelque travail extraordinaire. ( A part. ) Pourquoi donc toutes ces questions.

( Au mot de travail extraordinaire , Rose fait un signe d^horreur, et| d'un geste, elle montre le lit, fait le signe.de dormir, et annonce l'action de tuer d'un coup de poignard.)

VAJLBELLE. .

Ah! et peut-être aujourd'hui y a-t-il quelque

travaiL.

l'hotesse.

C'est ce que nous apprendrons l)ientôt ; mais

cela ne doit pas vous inquiéter. Ce sont tous de

braves gens ; et , s'il arrivait quelque chose ici ,

nous sommes là pour vous défendre.

YALBELLE.

Oh! rien ne m'effraye! Je me suis trouvé quelquefois dans des circonstances assez embarra^santeii. Je me disais alors lin de ces vieux refrains qu'on nous apiprend dans notre enfance , et qui nous reviennent souvent à l'esprit... G -est fort peu de chose , mais ce qu'il conseille est sage , et pourrait être utile dans certaines occasions.

l'hotesse.

Eh ! qu'est-ce donc qu'il conseille » ce vieux refrain ? ;. .

OPÉRA-COMIQUE, 3a3

VALBELLE

Attendez , que je tne le rappelle. Le voici.

( II regarde Rose , et dit les deux premiers vers.) '

CHANSON

PrudeDce , espoir et vigilance Sont à propos dans tous les temps ; Je puis braver tous les méchans , Quand un bon cœur prend ma défense.

Plus le danger parait pressant, Plus le sang- froid est nécessaire!

(Regardant Rose.)

Un geste, un mot, tout nous éclaire!

Et Ton se dît en cet instant :

Pmdenèe , espoir et vigilance Sont à propos dans tous les temps ; ' Je puis braver tous les méchans ,

()uaQd un bon cœur preû^ paa défci^ise.

> Il serre la main à l'Hètesse, qui remercie, croyant que cela est pour elle r fi regarde tendrement Rose'qui est tf ^ i^mije. ) •

L*ÏIÔTESSE*

Les mécfaarts! Ah! vous n^avez pas à craindre èela, vous.

. Je le.crpis.; .

' L^HOTESSE

Pour les bons cœurs , ce n'est pas pour nous vanter, mais il y eji^a iiçi.

YALBE:^!^', regardant Rose.

Ah! j'en suis sur.

Pardonner si je vous laisse an momei^l; , mais

il faut bien que j'aille voir le cher homme, et mUnformer s'il n'a besoin de rien.

V ALBELLE.

C^est bien juste , et cela fait honneur à votre sensibilité.

L^HOTESSE

Rose , suivez-moi. ( L*H6te5se avance doucement , Rose derrière elle , après avoir posé lentement le soufflet , joint les mains

avec expression , et réitère le signe du silence. ) AlloHS donC !

allons donc ! venez prendre la couverture et l'oreiller , pour faire le lit de Monsieur.

VALBEIXE.

Puisque voilà votre mari , vous pouvez rester en bas , Rose suffira pour me servir.

l'hôtesse.

Nenni! nenni! je ne laisse pas une jeunesse comme ça toute seule avec un officier.

VAIiBELLE.

Vous avez des principes austères , Madame.

l'hote6$p.

Il faut bien , Monsieur ; oh n'a que ça ; la pauvreté et l'honneur. ( A Rose. ) Que faites-vous donc

là? Avancez , avancez donc. ( En sortant , et presque dehors » elle la pousse rudement. ) Ah ! je te relèverai du péché de paresse. Va , marche donc , marche.

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