VALBELLE, L'HOTESSE, ROSE
( Rose porte une courerture et un oreiller. )
L*HOT£SSE
Pardon si on vous a fait attendre , Monsieur.
VALBELLE
Ah! je ne suis pas très presse. (A part.) A présent y sa figure me parait sinistre.
L* HOTESSE
On vous a fait beaucoup de bruit, n est-ce pas.*^ Oh ! oh ! des pistolets ! Est-ce qu'Us sont chargés f
VALBELLE
Oui , trois balles dans chacun.
l'hôtesse.
Oh ! ici c'est bien inutile... Cette maison... Jamais on n'a entendu parler...
VALBELLE
Je n'en doute pas; mais quand on voyage, on ne sait pas ce qui peut arriver , et avec de bonnes armes et du courage , je ne craindrais pas... quatre voleurs.
L 'hôtesse.
Quatre ! ah ! ah ! ah!
VALBELLE, roulant voir Rose.
Mais , Madame , asseye^vous donc, je ne souffrirai pas que vous restiez debout ; j'aime à causer quand je suis à table. Asseyez -vous, je vous en prie , .je vous demanderai ce qui me sera nécessaire.
OPÉRA-COMIQUE. Saj
L^HOT£SSE
C'est pour tous obéir. (Elle t'assied de manière à voir
Bose.)
VAI^ELLE, à part.
Ce n'est pas mon compte. ( u se sert du laît.)
l'hôtesse , à Rose.
Avez-vous bientôt fini ?
YAI3£UiE, Toulant éloigner THAtesse.
Ah t je n'ai pas de pain.
l'hotesse.
Je vais tous en donner.
YALBELLË, espérant quMle Ta sortir.
Je n'en Tois pas.
L*HOTESSE
Oh ! j'en trouTerai dans ce buffet , et tous ^ez'
en aToir dans l'instant. ( Elfe ra cherdiër dans la hndie.)
En Toilà.
( Pendant ce temps , Rose a fait roir à Valbelle un rouleau de cordes qu'elle avait cache sous Toreiller , et le lui montre d'une main ; de l'autre lui indique » par un geste , la fenêtre par laquelle i) f^|U(ira qu'il se taure. £Ue montre aussi la clef qui doit ouvrir la porte du jardin. Elle remet bien vite Toreiller sur les cordes, et la clef dans sa poche. Valbelle a l'air de s'occuper de son souper , mais il a tout TU.) ; /.
YALBELIiE.
Je TOUS suis obligé. ( L'Hôlesse remet le reste du pain dans le l>as du buffet , et pendant ce temps Valbelle dit son à parie, )
Comment reconnaître le serTice que Rose veut me rendre , et l'instruire de mes vues... Essayons. (Haut.) Votre mari est-il jeune, Ma4ame? .
l'hotesseu Mais, entre deux âges.
33o DEUX MOTS,
YALBXULÉ.
, Et rayesE-TOus ëpouse par amiMtr ? •
L^HOTESSE , à part.
La singulière demande ! (Haut.) L^àmour! Oh!
ma foi, nous ne connaissons pas trop ça, nous autres.
YALBELIiE , regardant Rom^
Je n'en dis pas autant.
L^HOTESSE
Oh ! les jeunes seigneurs comme voué ont toujours...
YALBÈUiE.
Non ; et si Vous connaissiez bien Yalbelle , tous ne penseriez pas... Oui, Madame, je suis libre , Qt tout prêt à renoncer à ma liberté ^ si je trouvais jamais une personne sensible, honnête, et
dont la famille estimée. ( Rose lui montre un« lettre inh ▼erte qu'elle cache vite dans son seîa.) ( A part.) Une lettre !
l'hotbssb.
Oui, unrortân! ah! j^entendst Celanese trouve guère.
VÀIiBELlfE, regardant Rose.
Et moi , j'espère... que cela peut se rencontrei^.
( tlose lui montre encore la lettre. )
VAIiBELLE , inquiet et curieux, à part.
Gomilient pouvoir ?... (il jette exprès son couteau sous la
tâUé. ) (Haut. ) Ah ! f ai laissa tomber mort (ioùteau*
t^HOTESSE.
Restez , je- tais le l'amasser.
YALBELLE.
Pardon, Madame.
OPÉRA-COMIQUE. 33i
L HOTESSE
' Où est'^ÎI donc ?..« ( Vaibelle fait signe à Rose de lui donner k lettre ; ccNe^ veut 9*appr(x:ber» et Ini tend la mam , mais l*Hdtesse
irellve vite sa tâte. Rose s'enfuit» ValbeHe mange.) Eih ! mais,
voua ares le pied dessus.
VALBELUE.
O^ , je ne m^^n doutais pas. ( il m ikte et pouaiie \t
couteau avec son pied , pour que THôtesse soit plus de temps à le trouver. Rose lui fait voir que la lettre est sous IWeilIer ; tous deux ootr^ de se promettre de n« point se quitter, et d^imptoref le ciel Tun pour l'autre. )
l'hotesse.
Le voilà. (^Vaibelle s*est rassis, et a Pair de manger avec action. )
VAtiBELLE.
Je TOUS l:*enlet*cie. ( Rose parait très occupée de finir le lit* l/H^teins n*s^ au^un soupçon ; tout cela se fait très vite. ValbeMè àe lève de tabU* )
L^HOTESSE
Je vois que Monsieur a soupe , Rose , tirez les rideaux du lit , emportez les assiettes et le linge ; moi , je me charge du reste ; en deux voyages , nous aurons tout débarrassé. Nous allons revenir,