‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 196 sur 203 · AR0UN · texte numérisé non relu

AR0UN

Du charme de toute la vie,

DUBREUIL, à part.

Ils sont modestes !

EDMOND

Avec cela , s'il revenait de bonne foi , nous oublierions tout. .

CAROlilNE.

Qh ! oui , nous n^avons pas de rancune.

DUBREUIL , à part.

' Ils sont bien bons !

Et il ne connaîtra jamais nos bonnes dispositions!

Il ne saura pas méxne que nous aurons été si près de lui!

EDMOND. : » w

Il faut le lui dire.

CAROLINE

Comment? ''

EDMOND

Ecoute y il faut fui laisser ici une lettre qui Tinstruise 4e nos regrets, de notre amour ppuy lii^î.

i6o EDMOND ET CAROLINE ,

CAROLINE

Il ne la lira pas.

EDMOND

Il ne répond jamais à celles que je lui écris ; mais je suis sûr quHl les lit toujours^

DUBRËUIL , à part.

Comme il *me connaît bien !

EDMOND

Écrivons. *

CAROUNÉ.

Veux-tu que je dicte ?

( Dubreuil se cache tout-à-fait. ) EDMOND.

Allons, soit! j'écris, (il se met au bureau.)

CAROLINE, dictant.

« Mon cher oncle. »

EDMOND, s*arrétant.

<c Moii fcher !... i> Tu n^y penses pas; il faut plus de respect. « Mon cher oncle ! » c'est tout ce que nous pourrions dire s'il nous aimait.

fcARÔlÎNE.

Eh bien! iriets « Mon oncle, j*

EDMOND

C'est trop familiéf'.

CAROLINE* '

« Monsieur et cher oncle; » à la bonne. heure, forme polie , usitée j et qui n'engage à rieiu

DUBREUIL, à part.

Et qui n'engage à rien ! je m'en souviendrai.

CAROLINE

^^ . « Vous nous haïssez. » Ce mot fait mal à dire.

EDMOND

Et k écrire eiicore plus... Un autre plus doux;

OPÉRA-COMI0UE. 46x

CAROLINE

« Vous ne nous aimez pas. »

EDMOND, écrivant.

« Vous ne nous aimez pas. » Très bien.

CAROLINE

« Il y a à vous trop de sévérité. »

EDMOND

*< Trop de sévérité. »

CAROLINE

« Jyt la barbarie même. »

EDMOND

Encore mieux!

CAROUNE.

« A nous traiter ainsi y nous qui vous aimons , » nous!... » (A Edmond.) Peut-ou risquer?...

EDMOND

Oh ! oui ! au fait , c Vst la ve'rité ^ et , il a beau faire , nous Taimerons toujours.

CAROLINE

Je ne demande pas mieux.

DUBREUIL

Us m'attendrissent malgré moi.

Ecris à présent; il faut qu'il voie que nous sommes unis en tout, de cœur, d'esprit : placetoi là.

caroUne.

J'y suis.

EDMOND

« Nous vous respectons comme le frère d'une » mère adorée. »

GAROLmE, écrivant.

« D'une mère adorëe. »

EDMOND

« £t c'est en son nom que nous osons blâmer une rigueur. . . >»

GAROUNE.

« Blâmer!... » C'est bien fort.

EDMOND

En conscience . . . nous ne pouvons pas l'approuver.

CAROMKE.

Non , mais en gémir.

EDMOND

Tu as raison ; gémir vaut mieux : écris gémir. (Regardant sur son épaule.) Rclisons â présent... Ah ! mon dieu ! mais cette lettre est pleine de ratures.

CAROLINE

iSi tu veux , je vais la recommencer.

EDMOND

Non , tout bien considéré , il vaut mieux qu'il

ignore que Lucas a osé , malgré sa défense , nous

introduire ici... Il nous rend si peu de justice que

nous aurions l'air d'être venus le brar?er jusque

dans sa maison.

caroUne.

Le braver! le ciel nous ea préserve ! déchironsla plutôt.

EDMOND

Oui , déchirons-la.

CAROHNE.

Nous allons donc quitter ce lieu, ou il ne nous appellera jamais du doux nom de ses enfaoÀ 1

EDMOND

OÙ nous ne lui dirons pas : Mon père ! Mais il le veut ; Caroline , partons.

DUO

Adieu , séjour calme et champêtre , Nous ne te reverrons jamais ; Cache surtout , cache h ton maître Et notre audace et nos regrets.

CAttOLIIÏE.

Mais c'est pourtant dommage^

Page 1