‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 25 sur 203 · SCÈNE H. • AMBROISE, ALEXIS · texte numérisé non relu

SCÈNE H. • AMBROISE, ALEXIS

AMBBOISË;

£h bien ? toujours dans Ifli maison ; je parie que tu étais encore là... à gratter, cet ogre..* tii crois que tu en sais jouer peut-fétiei.'^... morgue, au 4ie^ de bicbfirle jardin y s^amiiieir à eôSi fariboles! c'est bon pour les gens, riches d'employier leur» mains à des inutilités^».; maris le pauvre... il faut qu'il travaille ^ et dur eacore !..; .

M<m dier Ai^roise ^ de^niîsrlé leveir^maoieikki

j'anrose/ . <

. . AMBIbÇaSiV, '

jle le sais» jp Ij^ ms,.. ^iiij^ j(ç M te 4» ffM c€lj|

pour te gronder... tu es un bon petit. enfant., il y a même des jours que tu trairailles comme quatre ; quand Monsieur te regarde ^ par exemple.

ALEXIS

Oh! oui , cela me donné un courage..»

AMBROISE

Je k^ voyons beu... c'est pouv .cela qu'il faut,, quand on a fini sa besogne ,• se repioser d'à-* bord..f et puis après, déjeûnec*, »boire un petit coup avec moi... me faire (des contes,» au )i<eu de venir passer ton temps sur c'te grande caisse.^ à faire des tr^n , tron , des pon , pon , pon..*. eomment ça peut-il t'amuserP moi ,-je bâille tant scuh lement que de penser qu'il y aura encore ce matin un concert où que Manl^zelle doit faire voir à M. Nelcour ses progrès ...

ALEXIS

Elle en a fait beaucoup î...

AMlBROISe..

Le btau juge*, ma foi!.;. ■ .-

ALEXIS y >sé ropr ètiant

Je Tai entendu dire. Son<tnaitre va arriver, et elle doit chanter avec lui." < >

AMBBOISE.

Chanter! oui.... ils* appellent ça chanter... ah; mon dieu! ils vont si haut 4 si bas... que je crois toc^oars qu'ils' vont se casser quelque those dans le tuyau de la voix... et puis tout le monde d'apr plaudir ; par ma fine ! je le crois ben , c'est pour les fëlicitèr de ce qu^il ne leui* est pas arrive'

OPÉftA-COMlQUE. 65

queuque fâcheux accident. Morgiié! Je voudrions que par humanité' bn défendît à tous ces grands chantëux de s'exposer comme ça ; tu le verras, ça finira mal.

ALEXIS

Peut-on parler ainsi d'un art si précieux, et de ceux qui le perfectionnent ?

AMBROISE

Oui , eh ben.. . fais comtrie si je ne t'avais rien dit. Ne te fâche pas, mon garçon. Oh! j'ai ben vu déjà que tu avais pris du goût pour c'te chantêrie ; oh , oui ! j't'ons eateiidu dans le jardin , tu faisais aussi tes fredons... ^ends-y garde , je te le dis , cela te gâtera la voix... Eh, par la sandié, pourquoi donc qù^ils'ne charition t pas à la bonne franquette, comme dans mon jeune temps... TEh, oui, je sis comme ça, moi...

COUPLETS

<raiinolti9 qde l'on diante gaiodent , * Quelques .couplets , ^U{Ç|iqu' chansonneitç*.. Où r berger près de sa bergerette , Lui parF d'amour bên gentiment* Eh ooi , i|iorguenne ,

\\ J^y^ufens^'oa^pnenoe^ - .Quelque jc|H petit reffaiu, . .

Qui xnette tout le monde en train ,

Tout en vidant nos verres,

Comiâe faisaient nos pères.

..jTçomnienççnsà m'aperce voir.

Qu'il en est de la musique ,

66 ALEXIS

Comme d'ia politique $ Dont chacun parle sans savoir:

£h ! mais , morguenne , Vaut mieux qu'on prenne :

Quelque joli petit refrain , etc.

Je ne voulons pas me vanter*, Mais si j'sais m'y connaître , S'tila qui chante, trop haut, peut-être , SVerra forcé de déchanter :

£h: oui , morguenne , S'tila quis'mène.

Si vite dans son phaétpn, Un heàiT matin changeant de ton, Pomta i^mdnter derrière , CxnUme faisait son père.

Mais voyez donc où qup me v'ià aile , moi ? je dis aussi mon mot. Tant y a que j^sVons toujours pour les chansons.

ALEXIS

L'un n^empécfae pas Tatiti-c! , et ici même , plus d^une fois , el avec un égal plai^ , On a entendu les airs les plus savans tX les chants les plus gais.

AMBROISE

Eh bien! puisque cela le plaît tant, je te ferons entrer dans ce salon , qnaQd Mam^zelle chantera ; comme c'est la fête de Monsieur , on permettra à tout le monde d'y assister... Mais, dis -moi,

* Des raisons particulières ayant oblige Fauteur de placer le lieu de la scène en Suisse , ce dernier couplet a' dû être supprîtnë à la repréfentatîon.

OPÉRA-COMIQUE. v 67

Monsieur te croit toujours mon neveu. . . pas vrai ? . . .

ALEXIS

Oui, sans doute.

AMBROISE

Pendant Tab^nce que j'ons faite à Lausane, il n'a pas su que je t'avions rencontré seul , égaré, au désespoir , sans que tu aies jamais voulu me dire qui tu étais, d*où tu verrais, et ce qui t'était arrivé.

Vous avez eu la bopté de vous en rapporter à ma parole... Je vous ai juré que je ne méritais pas mon infortune , alors vous m* avez conduit ici , vous m'avez placé , et satns ce service , la douleur , la misère . - *

AMBBOISE.

Faut pas se rappeler ça , je t'ai été utile , et tu m'en récompenses ben ; d'abord tu m'aimes, et tu serais mon neveu que tu tte m'aîmeraîs pas davantage... ni moi noii pius... et d'un... et puis tout le monde te chérit dans la maison^ ; Monsieur tout le premier * . . '

Monsieur ! . • . x ^

AMBaox^. ^

Oui ,; Monaieur t'a distingué , quoique j'aie craint d'abord que ça ne lui fît du chagrin de voir des jeunes gens de Joa âge . . .

Et pourquoi?

68 ALEXIS

ÀMBROISE.

Ça pouvait lui rappeler un fils qui s'est sauvé de Tendroit où il avait été mis en pension... Un enfant qui promettait pourtant... Mais , Monsieur ne voyait pas ça , lui , on ne voulait pas le voir... Il y avait là des gens... enfin Dieu les a punis, ils ne sont plus... pour le petit bonhomme , aigri par les injustices , lés mauvais traitemens qu'il éprouvait , ma fine , il a pris son parti ; on dît qu'il s'est embarqué , on n'a plus entendu parler de lui ; et il y a tout lieu de croire qu'il aura péri dans le voyage.

ALEXIS

Et Monsieur, lui en veut-il toujours?...

AMBROISE

Ah!... à présent qu'il est mort... je crois ben...

ALEXIS

Mais s'il savait au moins que pendant sa vie , ce fils, mal connu...

AMBROISE

Ah! sans doute... et je pourrais, peut-être mieux qu'un autre... mais à quoi qu'ça lui servirait à présent! ça le rendrait encore plus malheureux.

ALEXIS

Plus malheureux!... ah! il ne faut jamais le lui dire.

AMBROISE

Aussi ne saura-t-il pas ; mais malgré ça , quoiqu'il fasse, il le regrette.

ALEXIS

Il le regrette ?.&.

n le pleure souvent, j'en suis sûr... je Tons vu.

ALEXIS

Ambroise !

AMBROISE

Ça t'étoiine , toi , parce que tu n'es pas père ; mais je yv^s te parler de tout ça , moi , et ça ne t'intéresse pas beaucoup.

ALEXIS

Pardonnez-moi , plus que vous ne pouvez croire/

AMBROISE

Ehben ?... une autre fois ^ je te conterai le reste. L'essentiel , c'est que Monsieur prenne de l'amitié pour toi.

ALEXIS

Oui c'est l'essentiel.

AMBROISE

£t que mam'zelle Caroline...

ALEXIS 9 inquiet.

Mademoiselle Caroline...

AMBROISE

Il fatut ben qu'elle t'aime aussi...

ALEXIS

Moi!...

Oh ! elle t'aimera , sais-tu ben qu'elle ne vient pas de fois au jardin qu'elle ne me demande : Comment se conduit Alexis? étes-vous content d'Alexis ! dites à Alexis de m'apporter des fleurs.

70 ALKXIS,

Si elle te protège , ça wr* ben , car elle aura tout le bien de Monsieur, son fils ne reparaissant pins.

ALEms.

Et quand même il reparaîtrait ?'

AMBROISE

Tu ne sais ce que tu dis, mon pauvre garçon^ S*il revenaiè^,, il faudrait ben alors qm mam^aelle C^oline lui rendit... Mais il A^est pas question de ça, elle aura le bien de Monsieiftu,. et tU' pourrais un jour...

ALEXIS

Je pourrais?

AMBROISE

SanS' doute , tu pourrais avoir ma place , après, ma mort s'entend ; ça te ferait un joli sort !.,.

Hélas!...

AMBBOlSe.

Faut pas t'affliger pour ça, je vivrai longtemps , et puis d'ici là, Mam'zelle peut être mariée.

ALEXIS

Maniée..^

Tu t'étonnes de tout!... eh oui, mariée , bientôt elle aura seize ans , et alors une fois établie , elle achètera queuq' beir campag^ où elle te placera comme sont >ajrdiBi^r ; tout, ira heorf mon enfant ; spislaboriieux 9t l)tpn^tew ,, :

Tant que je vivrai.

OPÉRA-COMIQUE. yt

AMBROISE

Y^là ce que c'est, et Dieu te bénira ; faut toujours avoir ça devant les yeux , ça ne peut pas nuire ; et celui qui pense qu'il y à là-haut quelquSin qui punit les mécbans et récompense les bons , à coup sur, il ne trompera jamais les autres... Adieu , mon ami... ( Il retient.) A propos, dîs-moi douc , que diantre fabriques-tu dans la serre ? tu y es ben souvent... et j^n'ons pas pu y entrer depuis huit jours.

ALEXIS

Je vous en ai demandé la permission , c^est une surprise pour Monsieur , pour mademoiselle Caroline, et vous verrez aujourd'hui même ce qui m'a tant occupé.

AMBROISE

A la bonne heure. Je m'en rapporte à toi, arrange be|i tout ça , tâche que ça soit gentil , et que ça fasse honneur au neveu de ton oncle ; motus, v'ià Mam'zelle.

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