SCÈNE VU
NELCOUR, AMBROISE.
NELGOUR.
Nous voilà seuls , Ambroise , tu sais combien , avant ton départ pour le voyage que tu viens de faire par mon or4re , j'étais triste , affligé.
AMIKROISE.
Eh ! mon dieu oui , et je me disais : A quoi donc qu'il sert d^étre riicbe « d'être bon , d'être chéri de tout le monde , puisque cet honaête homme est si malheureiixl
NEIiCOUR.
Tu connais bien la cause de mon chagrin.
AMB&OISE
Sans doute , le fils de votre première femme;
«o ALEXIS,
que celle que voys avez épousée ensuite paraissait aimer un peu d'abord, et puis qu elle n^aima plus du tout par après, dès qu^elle en eut à elle ; ça se voit souvent» et voilà pourquoi je prie le ciel de me conserver notre ménagère , afin que je ne soyons jamais tenté de me marier deux fois.
NELCOUR.
Surtout quand on a déjà des enfans; enfin je voulais donner une mère à mon fils ^ mais bientôt celui - ci , par son caractère insensible , indomptable...
AMBROISE
On le disait, du moins, et vous l'avez cru*
NELCOtJR.
Ce n'était que trop sur , j'en ai eu toutes les preuves... indocilité! ingratitude! pas une lettre de lui pendant une ^nnée entière.
AMBROISE
Eh! Monsieur, qui sait si...
NELCOTJR.
Ne cherche point à Texcuser, Ambroise , et juge de ses torts ; puisque j'éprouvai... faut-il le dire... oui , j'éprouvai presque de la joie quand on m*apprit qu'il s'était échappé , et que j'étais débarrassé de lui.
Oui, mais ensuite... le cœur... c'est tout simple, il y a toujours là quelque chose.
KELCOtJR.
Je l'avoue , sa « jeunesse , c'est à onze ans que
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k malheureux a disparu ( plus de dix - huit mois après que je l'avais éloigné ) , les maux qu^il a pu souffrir , sa mort , qui parait certaine , le repentir qui Ta peut- être accompagnée , me sont revenus cent fois à la pensée ; depuis sa fuite , j^ai perdu ma femme , les enfans que j'avais eus d'elle.
AMBROISE , se contenant à peine.
Oui , ça n'a pas profité à Madame , d'avoir tant hâi votre fils aîné ; dans l'espoir que les si«ns un jour....
NELCOUa.
Tu la juges mal : elle partageait ma juste colère ; mais ne l'excitait pas.
AMBROISE
Une belle-mère... oui, croyez ça.
NELCOUB.
Enfin je suis resté seul, et je pense quelquefois que si mon fils eût vécu , s'il eût pu se corriger... je vais même jusqu'à imaginer qu'il existe peut-être ; mais je me dis bientôt que puisque c'était un enfant dénaturé , ingrat , je suis trop heureux que le ciel l'ait retiré de ce monde , il m'eût dé^onoré sans doute. Ecoute à présent ce qu'il me reste à t'apprendre , et juge de ma faiblesse : la vue des jeunes gens qui sont à peu près de Tâge de ce coupable enfant, m^est devenue insupportable , c'est un supplice affreux ; l'aspect de ton neveu même, de cet intéressant Alexis 5 produit un effet sur moi que je; ne puiâ t'exphquer; je
8a ' ALEXIS,
le cherche , je l'iévite , je reviens à lui , et je le fîiîs encore ; l'idëe que je devrais avoir là... près de moi... ce fils... Enfin c^est une injustice , mon ami , j<e le sens^; mais il faut Téloigner , si tu veux que je retrouve un peu de tranquillité.
AMBROISE
Vous êtes le maître, Monsieur, et si c'est votre fantaisie, j'y obéirons, toute cruelle qu'elle me paraisse.
NBtCOUR.
Je lui ferai du bien , puisqu'il est ton neveu.
AMBROISE
Et quand il ne léserait pas, il est brave garçon , v'ià tout ce qu'il faut pour qu'il reste à votre service.
NETXOUR.
J'aime ta franchise, et je réparerai envers toi...
AMBROISfi.
Envers moi ! est-ce qu'on peut me consoler du mal qu'on fait à un autre ?
NELCOUR.
. Je te le répète , le vt)ir est au - dessus de mes force», cela renouvelle, cela augmente toutes mes peines.
Allons., ce-panvcc Alexis, moi qui tout^à^Pheure encore me rqouiâsaisjde ce qu'il;.. (Montrant le piano.) c'est ⅈ au moins ne lui* en dites rien aujour* d'hui, Monsieiir, c'est votre fête;., il est là... au jardin;^) tout content, à arranger dés fleurs, et
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s^il saTait ça, il ne pourrait plus... c'est que malrheureusement il tous aime , cet enfant !
NEICOVB.
AMBROISE
Pardine ! c^est si naïf! si affectueux ; mais je Yj dirai qu'il a torl, et que...
NELCOUR;
Pourquoi donc?
AMBBOISE.
Eh âam! accoutez donc, puisqu'il ne tous ▼erra plus, ▼oulez-TOus qu'il se désole toujours? et puis , Ton n'est pas obligé d'aimer ceux-là qui ne veulent plus de nous.
NUCOrm, ptqaé.
Ambroise !
AMBROISE
Monsieur !
Ta es crael.
C'est le jour...
NELCOUR.
AMBROISE