‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 4 sur 203 · OMAR, SEID · texte numérisé non relu

OMAR, SEID

SËin.

Eh bien ! mon associé , les affaires , où en sontelles! pour le dernier jour... il parlât que Taffluence diminue.

OMAR

Oh ! oui , le bazar tire à sa fin , mais cela nous est égal ; toutes les esclaves qui nous restaient viennent d'être placées très avantageusement pour elles et pour nous.

SEID

Tant mieux! le profit qu'on fait dédommage un peu des désagrémens de notre métier. Dély vient d'envoyer ici.

le GULNARE,

OMAR

Ce jeune prince si aimable , si riche et si libéral ?

SEID

Lui-même , il m'a fait prier de passer chez lui ; les beautés de son sérail Tennuient.

OMAR

Je le crois bien... elles ne peuvent rien lui refuser.

SEID

Ensuite il s'est adressé à des femmes à talens , à ces joyeuses baïadères....

( n indique des danseuses.) OMAR.

Eh bien?

SEID

Charmantes! mais perfides!... Ah ! perfides!

OMAR

Elles en ont aimé un autre ? deux autres ; il n'y a pas là de quoi se pendre.

SEID

Non , mais de quoi les quitter... et c'est ce qu'il a fait. Il voudrait à présent trouver une esclave jolie , jeune , spirituelle.

OMAR

Le sort peut nous offrir...

SBID.

Mais il veut qu'eUe ait à-la-fois des attraits , des talens et des vertus.

OPÉRA-COMIQUE. ii

OMAR

ELn effet y il n^est pas aise... Mais si cela ne se trouve guère , au moins. ^

SEIP.

Cela se promet, n^est-ce pas? Dély ne se laisserait point tromper , son âme délicate et sensible lui donne trop de pénétration , et il y aurait de Fertrayagance à nous d^oser lui répondre des sentimens d^une jolie femme... qu^on achète encore ! Ah! j'ai trop d'expérience pour prendre un pareil engagement

AIR

Eh! quel mortel pourrait prétendre

A lire jusqu'au fond du cœur ,

D'un sexe qu'on dit si trompeur...

Et qui , pourtant paratt si tendre. ( bis.)

En effet, comment se défendre!

II nous trompe si joliment ;

Et le plus fin est bien souvent

Le premier à s'y laisser prendre. (5û.)

Feint-il de se mettre en courroux ,

C'est un torrent que rien n'arrête,

C'est la foudre, c'est la tempête,

Qui gronde , et va tomber sur nous ;

Calme-t-il enfin son courroux,

Daigne-t-fl abaisser sur nous ,

Ses beaux yeux languissans et doux...

L'horizon s'épure et s'éclaire,

Tout semble embeIK sur la terre ;

Et nous tombons à ses genoux.

QMAR.

Tu as bien raison ; mais si nous pouvons of-

Si. •. :

GULNARE

OU

OPÉRA-COMIQUE EN UN ACTE

BXPRKSXNTi POUR LA PREMIÈRE FOIS PAR LES COMEDIENS ORDINAIRES

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