‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 8 sur 203 · TRIO · texte numérisé non relu

TRIO

OSMIN

Seîd , écoute ma prière !

C'est à moi de sauver un père ; Et je dois m'immoler pour lui.

GULNARE

Seid, écoute ma prière!

A mon amant, pour rendre un père, Je dois m'îmmoler aujourd'hui ; Ah! Seid, daigne m'écouter.

OSMIN

C'est moi seul que tu dois entendre.

TOUS DEUX

A tes genoux je vais rester ; Seid , promets-moi de me vendre.

GULNÀRE.

S'il faut le savoir malheureux.

OSMIN

S'il faut la voir infortunée!...

TOUS DEUX

Ciel , termine ma destinée !

Le trépas vaudrait £ent fois mieux.

SEID, examinant Guinare.

La taille leste, bien tournée! Elle a ma foi de très beaux yeux ; Le bras , la main, le pied au mieux,

gulnâre.

Trouves-tu ma taille élégante ?

Me tiens-je bien ?... je sais un peu danser , Et quelquefois lorsque je chante , Ma voix parah intéresser.

SEID

Oui , je le crois. ( à part) Elle est charmante.

GULNÂRE, le tirant àpart.

Mais , mon cher Seid, tu sens bien

Pourquoi Gnlnare ici se vante?

Tu sais quel motif est le sien?

SEID

Oui , je le sais. ( h part) Elle est charmante.

OSMIN

£coute à ton tour.

SEID , regardant Gtilnare.

Bien , très bien.

OSMIN

Je possède mainte science ; JTai parcouru bien des climats, Je puis être utile aux combats ; J'ai du savoir... de la prudence...

Si je me vante , tu sens bien Pourquoi je veux la préférence?

Tu sais quel motif est le mien.

Oh ! oui... je sens... c'est bien , très bien ; Et les vertus , et la science , Et la valeur , et la prudence...

Ici cela ne se vend rien.

OSMIN

Âh! quel chagrin!

GULNARE

Douce espérance !

Je pourrais adoucir tes mauir.

' OSMIN

Plus de bonheur , plus de repos !

GULNARE , à Seid.

Oh! prends pitié de ma douleur extrême !

Je dois faire cesser ses pleurs.

OSMIN

Faudra-t-il perdre ce que jVme!

C'est le plus grand de mes malheurs.

i8 GULNARE,

OSMIN , GUIiNARE.

Seid , daigne exaucer mes vœox , Ah! c^est moi que ta dois entendre ; Qu^elle soit libre et toujours tendre !

Qu'il soit tranquille et toujours tendre!

^ \ SEIB.

M I Calmez- VOUS, amans généreox;

Non, non, je ne puis m'en défendre, Vous l'emportez sur un cœur tendre , Et... je vous vendrai tous les deux.

SEIB.

A présent; parlons raison... Tenez, mes amis, je ne veux pas vous tromper , ni vous voir perdre le fruit de votre voyage et de votre sacrifice : dans une jeune femme , une jolie femme ! on trouve toujours ce qu'il faut pour séduire les yeux , toucher un cœur , enflammer Timagination , avec cela on va loin ; on charme les connaisseurs ; on ferait même des dupes si cela était nécessaire... (A Osmin.) Mais pour vous, qui êtes un bon fils! un amant tendre , délicat , un savant , un hônmie d'esprit... Ah ! mon cher Osmin , je vous l'ai dit , comment diable voulez-vous que dans une viUe comme celle-ci je trouve le débit d*une pareille marchandise ?

GULNARE

C'est donc moi qui aurai le bonheur...

OSMIN

Quoi ! je souffrirais ?...

GULNARE, à Osmin.

Il faut se soumettre , il le faut... c'est un devoir

OPÉRA-COMIQUE. ig

sacré!... Famour devait bien s'immoler une fois à la reconnaissance.

S£ID f «e parlanL

De mieux en mieux ! une expression dans les traits î une grâce, un son de Toix!.... (Arec joîe, à Osmin. ) Mon chcr Osmin , soyez tranquille.

OSMIN

Comment?

SEIB.

Elle ne tous restera pas , j^en réponds.

OSMIK.

Ah ciel!

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